Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/09/2011

Love at first sight

C’est quand je rentre dans la chambre pour voir l’enfant qu’elle se lève.
Une jeune femme de 18-20 ans. Légèrement vêtue. Très maquillée.
 « Oh vous devez être le psychologue, je suis contente de vous voir » dit elle d’une voix mi sussurée, mi parlée, tout en midinant à 250 %.
Ma grande puissance de déduction (eh psychologue quand même !) me dit que cette jeune femme de 20 ans ne doit pas être la mère du petit Jason, 11 ans, qui est au fond du lit.

« Oh, non, dit elle en réponse à ma question, je suis sa sœur. C’est que je suis trèèèèès inquiète pour lui » me dit elle avec une œillade et un mouvement de cheveux digne d’une pub de shampooing , qu’on aurait cru que c’était au ralenti, mais même que c’était pas au ralenti. Trop forte.

Je demande si la maman/le papa/la grand-mère/la voisine/la cousine du frère de la fleuriste du coin de la rue, bref n’importe qui d’autre moins travaillé par ses hormones, pourrait me renseigner et commencer l’entretien avec moi.
« Non…Il n’y a que moi… » ajoute-t-elle avec un regard appuyé et en laissant planer le silence…

J’ai comme l’impression que cette jeune femme n’est pas tout à fait disposée à me donner des renseignements bien informatifs sur son petit frère. Ni même qu’elle se soucie beaucoup de lui (elle ne lui jettera pas un œil du temps de l’entretien).
M’est d’avis qu’elle est venu chasser du mâle hospitalier. De l’infirmier. Du médecin. Du psychologue. Oui, je sais, je suis affreusement macho de dire ça. N’empêche que…

« Vous savez, je suis contente que vous soyez psychologue (œillades, bouche en cœur, minauderies…)…J’aurai teeeeeeellement de choses à vous raconter…. (silence appuyé)… »

Et bien, je me suis retranché derrière mon professionnalisme et ma froideur de psy-pas-empathique. J’ai pris les renseignements généraux sur l’enfant avec une rigueur et un détachement administratif. Et j’ai conclu que je repasserai quand la maman serait là.

« Mais,moi aussi, je serai làààà tous les jours…. A bientôt (silence appuyé). J’espère, hein… (œillade)…. »
Et elle finit par me tendre une main. Pour une poignée de main qui n’était ni franche ni directe, mais plutôt très caressante.

Voilà comment j’ai failli perdre ma virginité hospitalière (en service je suis asexué moi, jamais de pensées ou de propos tendancieux. Les fantasmes d’infirmières nues sous la blouse, très peu pour moi. RIEN. Asexué je vous dis).
Mais le plus embêtant dans l’histoire, après avoir vu la maman, c’est que la grande sœur finalement semblait la plus « raisonnable » et la plus pragmatique de la famille… Autant dire que ce petit bonhomme ne semblait pas sorti de l’auberge…