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11/07/2010

12 mauvaises habitudes des psychothérapeutes (chez Psychologik)

Un excellent article sur Psychologik !
Merci Yann.

Et c'est pas pour faire ma mauvaise langue, mais j'en connais quelques uns qui cumulent plusieurs critères....

 

08/07/2010

Entretien d'embauche

Je lisais l’article de Jack Addi sur la morphopsychologie, la graphologie, et toutes les pseudo sciences qui se réclament peu ou prou de la psychologie…
J’y ai été moi même confronté. Il y a déjà quelques années, lors de mon embauche à l’hôpital.
Le pire, c’est que lorsque vous postulez pour un job, quand en face, le professionnel utilise des méthodes de recrutement à la noix, vous n’avez pas d’autres choix que de vous la fermer… Sinon, votre dossier de candidature atterrit en bas de la pile…
Et comme les postes sont rares pour les psychologues, vous savez que si vous vous manifestez trop, il y a en dix autres derrière qui feront moins les difficiles…

Bref.
Lorsque j’ai fait tout le parcours d’embauche pour l’hopital, il a déjà fallu rencontrer les différents médecins avec qui j’allais travailler, pour que chacun valide ma candidature. Puis ensuite, le chef de service.
Fort heureusement, mon expérience et mes diplômes correspondaient à leurs attentes, on a pu discuter de projets, de choses à mettre en place : tout le monde était ok.
Mais c’est là que j’ai découvert toutes les subtilités du monde hospitalier…

Car même quand tous les médecins d’un service et le chef de service sont OK pour votre embauche, rien n’est encore joué.
« On ne peut rien vous promettre encore, m’a-t-on dit, il faut que le dossier soit validé par la D.R.H. »

Et là, quand vous prenez rendez-vous, vous découvrez le summum.

Car, en tant que candidat à l’embauche, ce n’est pas le directeur des ressources humaines qui vous recevra.
A pas le temps. Est trop occupé. Ne voit jamais les candidats.
Non, il a délégué.
A sa secrétaire.

Oui. Vous avez bien lu : dans notre hopital, c’est la secrétaire du DRH qui décide au final qui sera embauché ou pas.
Qu’importe que ce soient les médecins qui soient les mieux placés pour savoir quel profil de poste correspond le mieux à leur service.
Non. Ca compte pas : au final, c’est la secrétaire qui décide !
Bien sur, elle n’a aucune connaissance en soins infirmiers pour décider de l’embauche des infirmières.
Aucune connaissance en kinésithérapie pour décider quel kiné fera l’affaire.
Et aucune connaissance en psychologie pour faire le tri parmi les candidats.
Mais, ô joie de l’administration, vous avez beau pesté, c’est comme ça.
Au final, c’est elle qui choisira…

Le jour J, vous découvrez que la secrétaire en question est une sorte de cerbère, avec paralysie des zygomatiques, imbue de sa personne et toute gorgée de son pouvoir.
Qui vous prend de haut, voire de très très très haut.

Premier contact : « oui ben bonjour, tenez, vous me remplissez ce dossier de candidature et vous me faites une lettre de motivation ».
- « Euh…Mais j’ai déjà donné tout ça au chef de service, mon cv, une lettre, je l’ai rencontré et…
- « Ca, ce n’est pas mon affaire. Ici vous êtes à la DRH. Il faut remplir le dossier de la DRH et une lettre de motivation. Manuscrite.
- « Pourquoi la lettre manuscrite ?

Regard au ciel

- « Et bien, pour l’analyse graphologique ! »

(Hmmpff ….Je manque m’étrangler….Analyse graphologique ? Quand on connaît le peu de validité scientifique de tout cela….M’enfin, apparement pas le choix).

Je remplis tout consciencieusement et je le donne à la charmante dame.

- « Merci. Maintenant vous me remplissez ce questionnaire de personnalité »

- « Euh…C’est à dire que je suis psychologue…Les tests je les ai étudiés à la fac, donc je suis pas bien sur que ce soit utile que je…
- « Mais Môssieur, personne n’est dispensé des tests ici ! »
- « Non bien sur…Je ne dis pas que je dois être dispensé…Je vous dis que ça risque d’être biaisé car je les ai étudiés à la f… »
- « Et bien c’est comme ça ici, Môssieur, tout le monde fait le test ! »

(Abandonne Spyko, tu n’arriveras à rien avec elle…Le greffe de neurones n’a jamais pris…Abandonne !)

Je m’isole donc pour remplir le questionnaire.
Il s’agit du Guilfort Zimmerman, un test couramment utilisé en recrutement.
Je l’avais vu rapidement à la fac.
Mais, comme j’ai tenté de l’expliquer à Mme Cerbère, les tests de personnalité, quand vous en avez étudié pas mal, vous constatez que les échelles qu’ils mesurent sont toujours un peu les mêmes, que les questions pour les évaluer se ressemblent un peu toutes. Bref, après avoir étudié ça pendant des années, devant un test, même inconnu, j’arrive en gros à voir ce qu’ils cherchent, quelle question mesure quoi, et ce qu’il vaut mieux répondre ou pas.

Donc… Je remplis consciencieusement mon test, en donnant le meilleur visage de moi même, en déjouant les échelles de mensonges, en recoupant les questions… Complètement faussé, mais bon… Elle a insisté après tout.

Et là, je vis le plus beau moment.
Au final, pendant une demi heure, la secrétaire me fera, à moi le psychologue, la synthèse de ma personnalité !
Cette dame qui doit avoir une formation en psychologie d’au moins 2h45 minutes dans toute sa vie, prétendait m’en apprendre à moi après cinq années de fac…
Là je vous jure, on ronge son frein !!!!

(Mais encore une fois, c’est toute la perversité du truc : on sait bien que si on la ramène, on est mal barré pour l’embauche….)
Mais, ô joie indicible, je savourais silencieusement ma victoire : la synthèse montrait un jeune homme équilibré, consciencieux, aimant travailler en équipe, etc… Bref, j’avais répondu tout ce qu’il fallait à son test, tout bien grugé et elle, toute gonflée de son pseudo savoir et de son pseudo pouvoir, ne se rendait compte de rien.

Quand j’ai raconté au chef de service que la secrétaire avait fait l’analyse de ma personnalité, il n’a pas voulu me croire…. Il a trouvé ça scandaleux, mais notre Directeur des Ressources Humaines n’a jamais remis en question sa manière de faire : jusqu’à la fin, ce fut sa secrétaire qui fit les entretiens d’embauche…

16:55 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (22) | |  Facebook

05/07/2010

Indécent...?

Et pendant que les journaux font leurs gros titres sur Liliane Betancourt, les footballeurs et le tour de France, je tombe sur ce simple entrefilet, minuscule, dans le Figaro, évoquant cette information :

 

Mozambique : 11,5 % de la population atteinte par le Sida

Près de 12% de la population du Mozambique est atteinte du sida, selon la première étude officielle réalisée dans ce pays sur la propagation du virus VIH."Lorsque plus de 5% des habitants sont atteints par le virus, cela signifie que le pays est dans une situation dramatique. Un taux de prévalence de 11,5%, c'est deux fois plus", a déclaré à Maputo le ministre de la santé Paulo Ivo Garrido, qualifiant la situation d'"extrêmement sérieuse".L'étude sur la prévalence du sida, d'un coût de 6 millions de dollars (4,7 millions d'euros), a été réalisée en 2009 par le ministère de la santé et le service national des statistiques, sur un échantillon de 16.600 personnes résidant dans les dix provinces du pays. Plus des deux tiers des personnes atteintes du sida dans le monde vivent en Afrique subsaharienne où le programme commun des Nations unies sur le sida (Onusida) établit à 5,2% le taux de prévalence du sida chez les adultes.L'étude menée au Mozambique souligne que les femmes sont les plus touchées avec 13,1% d'entre elles, comparé au taux de 9,2% constaté chez les hommes de 15 à 49 ans.

 

Dans un monde normal, chez des gens normaux, cela devrait déclencher des vagues d'indignations, de soutien, et de recherche. Potentiellement des millions de morts si on ne fait rien....
Mais chez nous, c'est quelques lignes dans le coin d'un site d'infos.
On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

Mais c'est en Afrique, ma bonne dame, c'est pas bien grave, hein.

Ok c'est facile de s'indigner bien confortable chez moi derrière mon ordi. J'ai qu'à y aller au Mozambique si je trouve ça si injuste ?...
Mais ça m'a vraiment fait drôle ce soir, voilà tout.

01/07/2010

Devenir psy...

Une très belle note de Philippe, psychothérapeute, qui décrit bien qu'être psy, c'est avant tout un savoir être beaucoup plus que des connaissances...
D'autant plus que lui est spécialiste des thérapies cognitives et comportementales, un champ où le savoir être et le travail sur lui du psy n'est pas fondamentalement au centre de la thérapie. Et pourtant, il souligne que c'est essentiel.
(J'en profite au passage pour lui dire qu'il a un excellent blog et qu'on ne peut pas y laisser de commentaires sans être enregistré chez Google, dommage !)

Cela m'a rappelé et ramené à mes début de psychologue.
Quand on est fraîchement sorti de la fac, rempli de connaissances, le diplôme en poche, on se dit que c'est bon, qu'on peut bosser et aider les gens.
Mais les connaissances ne sont qu'une partie de la profession de psychologue.
Car être psy, c'est aussi avoir bossé sur soi, se connaître à fond...Pour mieux aider son patient.
Qu'on se connaisse par une psychanalyse, une autre thérapie, une supervision par un psychologue plus aguéri, finalement peu importe, mais le psychologue ne peut pas faire l'impasse sur cela.

Car l'outil de travail du psychologue, au final, c'est lui même.
Et si on ne connait pas son outil de travail, si on ne sait pas bien "l'utiliser", on se plante. C'est soi dommage pour le patient. Soi dommage pour le psy lui même si il se prend dans la figure toutes les souffrances des autres, sans arriver à prendre de recul.

Le psy en entretien va utiliser son ressenti, ses connaissances, son empathie pour aider l'autre.
Et si il ne comprend pas un minimum pourquoi ce patient déclenche ceci ou cela en lui, il va droit à la catastrophe.

Si ma femme m'a quitté et que je suis en pleine dépression, et que je recois à ce moment là un patient qui vient parce que sa femme est parti... Je risque de tout projetter sur lui si je n'ai pas un minimum de recul.
Si j'ai telle ou telle pensée, ou telle émotion envers mon ex femme, alors je risque de croire qu'il y a la même chose chez l'autre, alors que finalement, il ne vit peut être pas du tout les choses comme moi.
Si je ne comprends pas que ce patient m'agace car cela me renvoit à des liens anciens avec mon père, alors tout risque de se mélanger dans la relation et au final, j'aide mal ce patient.

Je me souviens de cet entretien qu'on m'a demandé de faire pour des parents qui venaient de perdre leur enfant de mort subite... Au tout début de mon arrivé à l'hôpital.

J'ai paniqué avant l'entretien comme un malade. Comment je pouvais faire ? Cette mort m'apparaissait tellement horrible, violente, injuste... J'étais submergé d'émotions en me mettant trop à leur place.
Je  me voyais dans le même cas, tellement mal, j'étais envahi par mon ressenti à moi.
Et à cause de cela, je me sentais absolumment incapable de les aider. Je me serai cassé la jambe à ce moment que j'en aurai été soulagé...Pour dire.
Et pourtant, l'entretien s'est magnifiquement passé. J'ai rencontré des gens droits, sincères, émouvants par leurs efforts de rester dignes malgré leur peine. Ils étaient tristes, évidemment, mais pas du tout débordés par leur peine comme moi je le craignais. Car c'était là mon ressenti, pas le leur.

Là j'ai compris vraiment ce qu'était le contre-transfert. Je le savais, je l'avais appris, je connaissais cette notion.
Mais là, j'ai "réalisé" vraiment ce que pouvait être ce terme. J'ai vu et compris que si je craignais cette consultation, c'était par mes répresentations et mes peurs à moi. Ce que ces gens me renvoyait, et non pas ce qu'ils pouvaient ressentir eux.
Et ces parents m'ont énormement appris...
Je crois que c'est ce jour là que j'ai vraiment fait mon premier pas pour devenir psychologue.
Les cinq années d'études auparavant à la fac...C'était du bachotage, des théories, mais je n'avais pas appris le moins du monde à ETRE psy. J'avais des connaissances, mais rien pour ETRE.

Oui, je crois qu'il faut avoir beaucoup bossé sur soi même pour se connaitre, réussir à rester neutre, à l'écoute, complètement ouvert à l'autre. C'est en réalité très difficile à faire !

Merci Philippe pour cette très belle note.

08:50 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook