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21/10/2009

I did it

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Je l'ai fait. Ca y est. Je me suis fait vacciné contre Hachun-nin-nin (comme dirait Anne Romanoff).
Et oui, en tant que soignant hospitalier, j'ai le droit à la primeur du vaccin.  Remarquez que je n'étais pas obligé. Contrairement à ce que j'ai lu dans plusieurs journaux, il n'y a pas eu de pression particulière dans les services pour pousser à la vaccination. Il y a eu diffusion de l'information que le vaccin était disponible, mais pas plus, chacun était libre de faire ce que bon lui semble.

Donc j'y suis allé... Me voilà donc officiellement cobaye pour ce nouveau vaccin. Pourquoi l'avoir fait ? Parce qu'il y a des doudous à la maison surtout et que je n'ai pas envie de leur ramener un virus qui traîne dans les couloirs hospitaliers. Parce qu'il y a dans le lot des doudous un doudou en particulier qui cumule les facteurs de risques péjoratifs quant à la grippe. Alors voilà, c'est fait.

A lire ce que j'ai lu sur certains forums, je n'ai plus qu'à faire mon testament, vous dire adieu et attendre d'agoniser dans d'atroces souffrances. Probablement que d'horribles substances sont déjà en train de remonter le long de mes vaisseaux sanguins, me grignotter de l'intérieur et qu'on me retrouvera demain matin bavant et convulsant dans mon lit. Je serai décoré à titre posthume de la médaille d'or du cobaye. Super.

Bon, le côté rigolo du truc, c'est que quand je suis allé me faire vacciner, au service médical du personnel, y'avait pas un chat. Les soignants ne s'étaient pas déplacés en masse, c'est le moins qu'on puisse dire. Je remplis en arrivant quelques papiers et là, je vois un petit attroupement au fond du couloir. Il me semble apercevoir une caméra.
Et je vois le logo d'une chaine de TV nationale qui s'approche. Etant le seul dans le couloir, je sentais bien que ca allait être pour ma pomme.
Bingo.
"Bonjour, nous faisons un reportage sur les soignants et la vaccination H1N1, vous accepteriez de témoigner ?"
Deux secondes d'hésitation. Télé. J'imagine la suite. Ma mère folle de joie appelant ses amies ("Mon fiiiiiils à la télé, si je te jure"). Moi bredouillant devant la caméra.
Et puis surtout, pas envie d'être celui qui fait de la pub pour la vaccination ! Pas envie d'être le porte parole de quoi que ce soit.
Je me vaccine avant tout en pensant à ma famille, je n'oblige personne à faire de même, et je ne suis toujours pas rassuré à 100% sur d'éventuels effets secondaires. Donc je veux pas être celui dont l'acte va être utilisé en propagande !

Je décline l'offre avec un "non" poli.
Mais devant l'étendue déserte des sièges dans le couloir, la journaliste insiste "S'il vous plait, vous voyez, il n'y a personne d'autre, juste un mot".
Mais non, je tiens bon, je ne me vois pas en apotre du vaccin grippal. Niet.

Alors voilà chers lecteurs, j'espère à bientôt ! Je joue les cobayes pour vous, attention, puisque le vaccin pour le grand public n'arrivera pas avant quelques semaines. Je vous tiendrai au courant, promis. Même en réa, intubé et scopé, je demanderai une connection internet pour tout vous raconter. Promis.
Pour l'heure, ce soir, hormis une petite douleur au point d'injection (ca me fait la même chose tous les ans avec le vaccin de la grippe saisonnière), je survis.
On verra demain.

Jusque ici, tout va bien !

21:33 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

18/10/2009

Le docteur a voulu que je vous vois pour son poids

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"Le docteur a voulu que je vous vois pour son poids"

Ah...Quand ça commence comme ça, c'est souvent mal parti. Pas l'ombre d'une demande parentale là dedans.
"Le docteur a voulu", sous entendu "moi j'ai rien demandé" et ce qui donne souvent en filigrane "me demandez pas de changer"
Parceque lorsqu'il y a une vraie demande parentale, ça commence par "on vient vous voir car on ne sait plus quoi faire", "on vient chercher des conseils", "on voudrait l'aider". Ca reste encore à travailler un peu (je ne suis pas un distributeur de conseils....), mais au moins il y a une demande quelque part.

Mais là, aujourd'hui, pas trop.
Le petit Simon a six ans, un surpoids important et une maman qui me dit que le docteur lui a demandé de me voir.
Parce que "voyez vous, il ne fait rien que manger, on n'y arrive plus".
Je pose quelques questions. La boulimie est rare à cet âge. On peut trouver des troubles approchants, mais ça reste du domaine de l'exceptionnel. Je pose mes questions, le quotidien, les repas...Et je suis vite éclairé.
"Il ne veut boire que que soda"
"A quatre heures, il mange plein de gâteaux"
"Il se ressert à table en plus !"

Et là j'entends une avalanche de plainte. Mais ce qui me choque, c'est plutot que j'ai l'impression que les parents assistent impuissants à tous ces comportements en simples spectateurs, sans avoir la notion qu'ils peuvent y faire quelque chose.
"Il ne veut boire que du soda" : là je me demande : s'il est suivi pour surpoids, pourquoi y a t il du soda? Quelqu'un peut il lui dire non ?

"Il se ressert à table" : ben y'a pas un papa ou une maman sur cette même table qui peut dire les trois lettres magiques : N.O.N ?

Là on voit des parents spectateurs, qui se plaignent du comportement de leur fils, que je qualifierai absolumment pas de boulimique, mais simplement d'opportuniste : il a des parents qui n'arrivent pas à donner un ordre clair, alors il aurait tort de se priver !

On dit que l'obésité infantile augmente et c'est vrai. Quelques fois il y a un facteur génétique et là c'est difficile et long.
Il a quelques fois comme je l'ai dit des vrais troubles psychologiques de type boulimie.
Il y a notre société de consommation où la surabondance de plats riches et sucrés n'aide pas.

Mais surtout, surtout, surtout, ce que je vois en consultations : des parents démissionnaires. C'est la grande majorité malheureusement.
Quand le "petit" est suivi depuis un an pour surpoids et que la maman me dit qu'il a un trouble parce qu'il va manger des gateaux en cachette dans le placard, je me demande bien ce qu'ils font encore là ces fichus gateaux dans le placard !
Non, souvent le parent attend de l'enfant qu'il "comprenne" ou que moi, je lui fasse comprendre (c'est souvent la demande).
"Moi il ne m'écoute pas, si vous pouviez lui faire comprendre".

Mais lui faire comprendre quoi ? Il a six ans, huit ans. Ce n'est qu'un gamin. C'est déjà dur pour un adulte de se restreindre au niveau alimentaire, alors n'y comptez pas pour un gamin ! Il ne le fera pas de lui meme !
Et bien au contraire, le gosse de cinq ans qui n'irai pas piocher en cachette dans le paquet de sucreries qui lui tend les bras dans le placard, là je dirai qu'il a un trouble. Un gosse normal, ben oui, il y va.
Car il n'a pas de limites en tête bien strictes, car il n'a pas les memes objectifs que nous, pas la volonté que pourrait avoir un adulte. Pas les mpemes attentes, les mêmes représentations. Lui, il vit dans le présent. Alors entre le paquet de bonbons et son surpoids dans cinq ans, le gamin il ne fait pas de détails !

Alors oui, la gestion d'un surpoids de l'enfant, c'est pas marrant, mais c'est à 95% le boulot de papa et maman.
Dire "NON", refuser d'acheter certains aliments.

Mais ...mais...La nourriture, c'est plus que de la nourriture. C'est aussi de l'Amour. C'est pas pour rien que le premier lien mère/enfant passe par la nourriture, c'est aussi un lien d'attachement et d'affection.
Donner un bonbon, demandez à toutes les grands mamies du monde, c'est aussi une façon de montrer qu'on aime ce petit bout de chou.

Et donc, refuser un bonbon, c'est aussi, dans la tete du parent, et de l'enfant à 200%, comme une façon de dire "je ne t'aime pas".
Refuser, normalement, c'est sain, ce sont les limites par lesquelles on se construit.
Mais pour certains parents, pour x raisons (enfance difficile, mauvaise estime, etc...), pouvoir imaginer frustrer son enfant, lire dans ses yeux "tu ne m'aimes pas alors ?", c'est insupportable. Terrible. Douloureux.
Mieux vaut donner le bonbon, avoir l'impression de garder l'amour de l'enfant, et le surpoids on verra après. On comptera sur le psy pour "faire comprendre" au gamin ce qui est bon pour lui. On comptera sur le médecin pour lui redire les règles.

Papas et mamans de France, aimer vos enfants, c'est aussi leur donner les règles qu'ils ne peuvent pas se donner tout seuls car ils ne les comprennent pas. C'est avoir assez d'amour pour frustrer son enfant dans un intérêt supérieur. L'amour c'est aussi avoir des objectifs à long terme et pas juste être dans le présent et éviter la colère si on dit "Non". Aimer son enfants, c'est aller jusqu'à risquer son désamour si on sait que c'est bien pour lui (et le désamour à six ans, ca ne dure jamais très longtemps).

Quant à mon petit Simon, sa maman me fait comprendre qu'elle ne peut pas ne pas acheter de gâteaux (vous comprenez, c'est pour son père,  il adore ça) , qu'elle ne peut pas arrêter d'acheter du sirop (mais il n'aime pas l'eau !), que c'est difficile de l'empêcher de se resservir (c'est colère sur colère vous comprenez).
Et elle me redemande de voir Simon seul, car forcemment, "il a un problème avec la nourriture".
Mais non madame, c'est sa maman qui a un problème avec sa conscience et son amour maternel. Mais ça, si je le dis là, tout de suite, je sais que vous partirez probablement en claquant la porte.
Vous qui faites tout pour lui !...

 

19:39 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook

12/10/2009

Communiqué

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Droit de Réponse du Comité français des Jacqueline
et de la plainte sans fin

 

Monsieur Spyko,

Vous avez publié sur le torchon qui vous sert de blog un article tendancieux destiné à ce que nous, Jacqueline de France, devenions la risée de vos lecteurs. Ce procédé est tout à fait répugnant et ne nous étonne guère, vu le niveau de ce blog et les commentaires crasses qui l'accompagnent la plupart du temps.
Que vous vous prétendiez psychologue et en même temps, refusiez d'écouter un être dans le besoin, la douleur, est tout simplement révoltant. Je ne sais dans quelle faculté minable de quel quartier crasseux vous avez eu votre diplôme, mais sachez que vous n'honorez pas votre profession. 
Moi qui vient d'être touché par le deuil, oui car j'ai perdu la semaine passée mon chat persan, le regretté Gémalpartou, je peux vous dire ce que c'est d'être dans le malheur. Si seulement vous aviez un brin d'humanité, je vous parlerai alors de mes varices douloureuses les jours pluvieux, et qui m'empêchent d'aller marcher jusqu'au salon de thé voisin, où m'attendent quotidiennement Renée et Simone. De pauvres femmes qui ont vécu bien des malheurs, mais Dieu les préserve, bien moins que ma pauvre vie.
Car savez vous, vous qui vous dites psychologue, ce qu'est vraiment la souffrance, celle que j'ai vécue, celle où j'ai été quand mon pauvre Henri est mort, chutant accidentellement par la fenêtre de notre appartement, alors que je lui racontais par le menu le détail de mon opération des hémorroïdes et des douleurs qui l'accompagnaient ? Un bien brave homme que cet Henri. Que dire de ce psychologue, qui aussi incompétent que vous, avait prétendu  à l'époque qu'il s'était suicidé, n'en pouvant plus de sa vie de couple ?
Encore un sans-coeur comme vous, monsieur. Un qui n'a pas vu tout ce que j'ai fait et sacrifié pour cet homme, moi qui ai souffert dès mon plus jeune âge, et qui pourtant, l'a aimé et chéri comme nulle autre ne l'aurait fait. 
Ah, vous avez surement une vie bien confortable, vous, pour oser dire que les Jacqueline se plaignent pour rien et vous brisent les oreilles... ! Qu'il est confortable quand on a pas connu la misère, le deuil, la maladie, la descente d'organe et la mise en plis ratée, de se plaindre du malheur des autres !
Vous ne savez pas la peine que vous m'avez faites, monsieur le prétendu psychologue, moi qui ai failli mourir hier. Oui, vous avez bien lu, j'ai failli mourir hier, puisque en déballant mon paté de foie Carrefour, je me suis aperçu à temps, Dieu merci, que la date de péremption était fort dépassée. Qu'ai je donc fait pour que tant de malheurs s'abattent sur moi ... Peut être est-ce  du au décès précoce de mon frère bien aimé. Je vais vous raconter cela en détail, car je pense que cela vous instruira, monsieur le sans-coeur. Donc mon frère...

(...) - - - - Cette lettre a été coupée pour éviter aux lecteurs de ce blog l'apparition concomitante d'une migraine foudroyante - - -

(...) et c'est ainsi qu'il finit dévoré par les charognards, aux fins fonds de l'Afrique.
Triste histoire, dont je ne me suis jamais remise. Mais peut être mon frère a-t-il eu cette chance de quitter de bonne heure cette vallée de larmes. Moi je dois supporter, sachez le, jour après jour, les difficultés. Heureusement que je suis forte, que je prends sur moi et ne me plaint pas !

Au nom de toutes les Jacqueline, je vous informe officiellement que plus aucune de nous ne lira votre blog et ses immondices. Soyez le psychologue des gens heureux, vous qui n'êtes pas capable d'écouter les gens qui ont vraiment besoin.  Je ne vous souhaite pas de souffrir comme je souffre - vous ai-je parler de mes genoux ? - mais la vie vous apprendra peut être l'empathie monsieur.
Je ne vous salue pas.

Jacqueline - Au nom de toutes les Jacqueline

PS : je voulais vous faire un P.S. mais mon arthrite me fait trop mal et puis sachez que je ne veux pas user pour vous ce stylo en or que mon père m'a offert sur son lit de mort, où je l'ai veillé avec ardeur pendant des nuits, bien que je souffris d'une pneumonie qui a bien failli m'emporter, mais ça c'est une autre histoire et je ne divaguerai pas sur ma vie personnelle, pour ne pas aller dans votre sens et vous donner encore matière à critique, ça jamais, moi me plaindre, vous n'y pensez pas.

17:38 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook

09/10/2009

Tous aux abris....!

Vous êtes tranquillement en train de prendre votre pause déjeuner dans la cuisine du service. Tous le monde discute tranquillement. Quand soudain, la porte s'ouvre et entre Jacqueline, une des secrétaires du service, venue elle aussi prendre sa pause.
Vous remarquez aussitôt un frémissement dans la cuisine. Les infirmières qui, jusque là, prenaient leur temps et profitaient de la pause, se mettent à regarder leur montre et à dire "oh il est déjà 13h00", "faut vraiment que je vous laisse", "désolé je dois partir".
Dès que Jacqueline arrive, le vide se créé en quelques minutes. Ça, c'est assez ahurissant.

Alors, vous, en bon psychologue neutre, les premières fois, vous vous dites que, tiens, c'est bizarre. Et après plusieurs fois, vous n'y trouvez plus une coïncidence, mais vous voyez bien que c'est une fuite et pas autre chose. Enfin pas une fuite, une évacuation sanitaire quasiment !
Les premières fois, en bon psychologue-qui-ne-juge-pas-et-ne-prend-pas-partie, vous décidez de ne pas suivre le mouvement et de continuer votre repas en compagnie de Jacqueline. Bien mal vous en prend ! On vous retrouvera une heure après, le visage décomposé, le dos courbé sous le poids du fardeau qu'on vient de vous déposer.

Car Jacqueline est adorable. Pas méchante pour deux sous. Mais Jacqueline semble avoir vécu tous les malheurs du monde. Tous. Sans exception. La mort d'un enfant, une enfance difficile, la maladie, des grosses et petites catastrophes du quotidien. Dès que Jacqueline ouvre la bouche, c'est "chronique d'un  malheur annoncé".
Alors, au début, bien sur, on compatit. Pas facile cette vie. Pauvre femme. Et puis, petit à petit, l'empathie commence à diminuer...

On commence à s'agacer car, quelque que soit le sujet abordé en cuisine, quel qu'il soit, absolument n'importe lequel,  en deux minutes, Jacqueline arrive à orienter les choses de telle sorte qu'on arrive à parler d'un des ses malheurs. 
Vous parlez de la météo : ça lui rappelle le temps qu'il faisait lors de l'enterrement de sa pauvre maman. Vous parlez TV : justement elle a vu hier une émission sur la maladie qu'elle a eu petite. Vous parlez de vos soucis à vous : et là, pas de bol, Jacqueline a vécu pire. Mais vraiment pire, et elle vous fait comprendre en deux secondes que vos malheurs, c'est peanuts, pipi de chat...
Là, on commence à moins compatir qu'au début. Cette litanie non stop de malheurs, prêts à sortir à n'importer quelle occasion, n'importe quel moment, ça commence à devenir lourd à porter. Surtout lors de la pause déjeuner où on aimerait bien décompresser, faire des blagues à deux balles et penser à autre chose.

Et vous commencez à comprendre que Jacqueline n'arrive à exister qu'en se posant en victime. Certes, elle a eu une vie très difficile, mais elle retourne complètement le truc en faisant de ses malheurs sa carte de visite. Et pire que ça, au fond, elle semble se persuader que ses soucis font qu'on lui doit de s'intéresser à elle, qu'on lui doit de l'écouter.

En bon psychologue que vous êtes, vous prenez sur vous les premières fois. Vous vous dites qu'elle a besoin d'un peu d'écoute et que ça va l'aider. Méchantes collègues qui fuient va ! Vous, au moins, vous restez un peu.
Mais hélas, vous comprenez vite que c'est sans fin. Heureuse d'avoir une oreille, Jacqueline va alors déverser des flots de plaintes, de soucis à n'en plus finir. Vous essayer de rebondir, vous dites quelques phrases pour l'aider à avancer, prendre du recul, mais vous comprenez vite que Jacqueline n'écoute rien. Elle déverses des torrents de récriminations, elle ouvre le robinet des plaintes et rien ne semble les arrêter. Elle s'arrête, écoute vos remarques d'un air poli, et bing, reprend aussitôt là où elle en était arrêtée, comme si vous n'avez rien dit.

Vous ressortez de la cuisine mal à l'aise face à tous ses malheurs. Un peu malheureux pour cette femme et sa vie compliquée. En même temps, vous vous sentez en colère face à Jacqueline avec l'impression qu'elle a abusé de vous et de votre écoute. Mais elle est tellement gentille que vous vous en voulez d'être en colère contre elle. Mais oui, vous êtes un monstre ! 
Seulement à force d'éprouver ce malaise face à elle, vous prenez vos distance, c'est trop lourd, bien trop lourd et quotidiennement. Et vous voilà à regarder votre montre quand Jacqueline entre dans la cuisine et à faire comprendre que "Oh zut je n'avais pas vu le temps passer".

Comment faire comprendre à Jacqueline qu'elle est simplement insupportable ? Energivore ? Pas évident parce qu'elle ne se rend surement pas compte de ce qu'elle provoque.
Cyrulnik dirait qu'elle n'a pas trouvé de facteur de résilience. Qu'elle est restée enfermée dans son statut de victime, sans rien trouver pour rebondir.
Vous, vous vous dites simplement qu'elle vous les brise menu, mais en même temps, vous ne pouvez pas vous empêcher de vous trouver méchant à éprouver cela. C'est assez pervers comme truc ! Vous l'écoutez, et vous n'en pouvez plus. Vous ne l'écoutez pas, et vous vous le reprochez...


Peut être avez vous déjà croisé quelqu'un comme ça un jour ? Si vous savez comment guérir la jacquelinite, surtout, n'hésitez pas. Je suis preneur.
Pour l'heure, oh, zut, je n'avais pas vu le temps passer, je dois vous laisser...A bientôt

 

09:17 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook