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26/02/2010

En passant

Je suis désolé de vous avoir abandonné ces dernières semaines, mais pas mal de soucis personnels et professionels m'ont fait déserté le net.
Le blog me manque, vos commentaire aussi.
Je reviens dès que je peux !

03/02/2010

Efficacité administrative

A l'hôpital, il faut rapporter des sous.
Et pour ce faire, il faut facturer au client au patient tout ce qu'on peut facturer.
Là où je travaille, avant de rencontrer le psy, le médecin, l'infirmière, le patient doit d'abord se présenter au bureau des entrées, où il donne carte de sécu, mutuelle et où on prend tous les renseignements administratifs nécessaires.
Cela prenait quelques minutes.

Mais, nos chers administratifs ont du trouver que cela ne convenait pas. Ils se sont surement réunis, longuement, et maintes fois, pour se demander comment ils pourraient soigner facturer avec encore plus d'efficacité nos clients patients.
Ils se sont dit qu'il faudrait surement ajouter tel et tel renseignement. Demander telle information au patient.
Au total, plein d'infos en plus pour être sur de ne rien oublier et que le patient la facture soit bien soigné bien réglée au final.

Tout cela allait surement faire de plus belles facturations, et beaucoup plus de sous pour l'établissement. Youpi !

Mais zut, le logiciel idoine pour cela n'était pas prévu pour absorber tant de nouvelles données. Heureusement, nos chers têtes pensantes administratives se sont dit qu'on pouvait rajouter là une fenêtre, là une nouvelle page, là une case, là une flèche...
Bref...Une très complète mais très confuse usine à gaz ce logiciel...Ils étaient très satisfaits probablement au bout de leurs quarante douze réunions d'avoir concocter un logiciel complet qui permettait de recenser toutes les données pensables et inimaginables pour la facturation. Pour un peu, ils en auraient pleuré de bonheur.
"Oh regarde, si je rajoute une nouvelle fenêtre ici, je peux te calculer le ratio de machintruc sur bidulechose !
"Purée, je suis trop jaloux, alors moi je te rajoute trois nouvelles cases à cocher, et une liste déroulante,  comme ça je te calcule le taux de trucmuche normalisé !"
Bref, c'était super rigolo. C'est un truc de comptables, vous pouvez pas comprendre.

Ils avaient juste oublié un truc. On accueille un patient à l'hôpital, et pas un bilan comptable.
C'est sympa dans un bureau de se dire "on pourrait demander ça et ça et ça".
C'est moins rigolo pour le patient en face qui se prend douze mille questions à l'entrée, en préambule de toute consultation.
C'est nettement moins drôle quand on s'aperçoit que le logiciel a été conçu pour les comptables mais pas pour les patients : c'est à dire qu'il est extrêmement peu pratique, lourd et très long à manipuler. Des tas de cases à cocher, de listes à dérouler, de pages à afficher. Ca passe dans un bureau : c'est plus dur avec un patient en face...

Résultat : là où on accueillait un patient en quelques minutes, il en faut maintenant entre 10 à 15 .Les files d'attentes devant le bureau des entrées se rallongent. Les patients râlent.L'attente initiale, à l'accueil donc, avant d'avoir vu le moindre médecin, infirmière ou psy, se monte en moyenne à 30 mn.
Les patients arrivent donc systématiquement en retard à leur rendez vous médical.
Les plannings sont désorganisés, les médecins (et moi !) tous en retard.
Les services d'hospitalisation râlent, car les médecins retenus dans leurs consultations, n'arrivent plus à passer voir leurs patients hospitalisés.
Les retards finissent par se cumuler, et les consultations prennent facilement une heure de retard en fin de journée...

Les administratifs, finalement convoqués par les médecins, ne comprennent pas que personne ne s'extasie devant leur beau joujou.
"Mais on a besoin de toutes ces infos nous !"
Oui...Mais nous, on a de l'humain en face de nous. De l'humain qui n'aime pas être accueilli par une file d'attente de 30 mn à l'entrée du service, pour aller ensuite dans la salle d'attente  du médecin où il attendra aussi.
On est en pédiatrie. Attendre une heure avec des enfants, cela veut dire pleurs, colères, énervements.... Consultations qui se passent mal...

Ah oui... Quand on est administratif, quelque fois, on oublie qu'il y a des patients, en bas, dans les services, et pas que des ratios, des pourcentages et des statistiques.

Au final, devant le tohu-bohut et le ras le bol général, de l'infirmière au chef de service, les administratifs ont trouvé la solution.
Pour faire fonctionner leur beau logiciel qui devait rapporter plus de sous à l'hôpital, il a été décidé de doubler les agents d'accueil pour éviter l'attente....
Du coup, ça coute plus cher qu'avant.

J'aime l'hopital...!

 

 

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27/01/2010

Dites "Je le jure"

Je viens de recevoir ma convocation pour le tribunal dans quelques temps. Pour un enfant vu à l'hôpital il y a quelques années, dans une affaire de violences familiales.
Autant le dire, je ne suis pas très fier ! Allez déposer derrière la barre, ce n'est pas ce que je préfère, ce n'est rien de le dire.
Ce qui m'ennuie, c'est que j'essaie de faire aussi bien que je peux mon métier, d'aider les enfants que je peux rencontrer, de proposer une aide et une écoute. Et que une fois au tribunal, la perspective change du tout au tout : me voilà mis en position quasi d'accusé, sommé de m'expliquer sur ce que j'ai dis/demandé/entendu dans l'entretien avec l'enfant,  titillé par l'avocat de la défense qui cherche des failles, des fautes, qui décortique tout ce que je peux dire pour me discréditer...
(Pardon pour les avocats qui me lisent... Mais j'ai une vision assez critique de la défense, il est vrai !)
Tout comme je n'aime pas le coté "théâtre" du tribunal, les effets de manche de certains avocats, la technique du "c'est celui qui crie le plus fort qui a raison" pour impressionner tout le monde.
Ce n'est pas la première fois que je me rends au tribunal. Ce n'est pas pour autant une partie de plaisir. Je me dis que si ça peut aider l'enfant que j'ai vu, alors ça fait aussi partie du job. Mais qu'est ce que je n'aime pas ça !...

Pour l'heure, moi ça va, les avocats ont plutôt toujours été sympas avec moi. Mais des collègues m'ont raconté certains procès auquels elles étaient appelés...Et c'était carrément l'attaque personnelle de l'avocat de la défense : remise en cause violente des capacités professionnelles, critiques personnelles, accusations d'incompétences.... Le tout pour permettre à un abuseur sexuel de recouvrer la liberté, ça a de quoi irriter, lorsque vous avez vu l'enfant en entretien auparavant et constaté les dégats psychiques...

Bref, je vais tâcher d'être à la hauteur, de faire valoir la parole de l'enfant. Et jusque là, je vais me mettre à une pratique intensive du Yoga, me mettre sous perfusion de tisane au tilleul, écouter de la musique planante, parler à mes plantes vertes.... 
Ca devrait m'aider à affronter tout ça hein. Les psys peuvent ils être stressés eux aussi ? Mais non madame, c'est impossible ça, JA-MAIS !

 

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23/01/2010

Le petit bal perdu

Ce clip de Découflé sur cet air nostalgique de Bourvil... Ca m'a toujours procuré une belle émotion. Je suis retombé dessus cet AM grâce à internet.
J'adore cet humour inventif, et touchant à la fois, dans la chorégraphie. Faites attention aux jeux de mots (ou plutot : jeux de gestes !), plus je regarde et plus j'en trouve. Je viens juste de comprendre le "peler" à la fin du dernier refrain...!
Bon WE à tous

 

 

07/01/2010

Pas d'antidépresseurs pour tout le monde

Dans une méta-analyse sur l'effet des antidépresseurs, des chercheurs américains confirment que l'indication du traitement reste la dépression sévère. Plus efficaces que le placebo dans ce cas, les antidépresseurs par contre n'ont pas plus d'effet que le placebo pour les dépressions légères. C'est comme s'il fallait une certaine intensité symptomatique pour que le traitement fonctionne.
Or, et surtout en france, les antidépresseurs sont prescrits à tour de bras...
On confond "déprime", "coup de blues" avec dépression.
On confond tristesse réactionnelle, et souvent normale (un deuil, une rupture) avec dépression.

Deux explications :

- D'une part, le démarchage actifs des labos, de Mr Pro.ac surtout à sa sortie, médicament presenté comme miraculeux et sans aucun effet secondaire (ce qui est faux), ce démarchage actif donc a porté ses fruits. Les professionnels sont sortis de leurs réserves face aux antidépresseurs : ainsi donc, le fameux Pro.ac serait sans danger, diablement efficace, aussi n'hésitons pas !

- D'autre part, le généraliste est malheureusement souvent coincé... Le patient qui présente une dépression légère veut des solutions ! Et tout de suite maintenant ! Il ne veut pas du psy car il n'est pas fou, c'est cher, c'est long, il faut raconter sa vie, donc nannnh, pas question. Il a entendu parler de la molécule miracle dans Femme Actuelle. Donc il vient chercher son médicament. Et le généraliste a une marge de manoeuvre réduitre : on peut aider, on peut être empathique, mais en 15 mn, on ne peut pas faire des miracles, pour peu que la salle d'attente déborde de patients pas-patients et que le retard s'accumule..
Donc la tentation de la molécule qui arrange tout est grande !

Et puis, dernier argument, distinguer la dépression légère de la dépression sévère n'est pas des plus aisés ! Une dépression légere, réactionnelle, peut se présenter tout d'abord sous des symptômes bruyants, par exemple après le décès d'un proche : pleurs, abattement, sidération.... Et l'inverse est possible, une dépression sévère chez un patient inhibé, habitué à ses symptomes, qui ne va pas tout dire, peut se présenter d'abord sous des symptomes mineurs de troubles du sommeil, de troubles psychosomatiques avant qu'un suivi au long cours nous apprenne que la dépression était beaucoup plus sévère... Mais il faut du temps et du recul pour cela.
Quelques questionnaires pratiquables rapidement sont quelquefois cependant utiles : d'une part pour quoter tout de suite la sévérité de la dépression,  d'autre part pour pouvoir être repris lors d'une consultation ultérieure et voir comment évolue le score. Le Beck est le plus employé mais il y en a d'autres. C'est utile, mais évidemment, rien ne remplace les élements cliniques recueillis lors d'un entretien soigneux et empathique.

Pour apporter de l'eau à mon moulin, cela veut donc dire que pour les dépresions légères à modérés, rien ne remplace l'aide psychologique...Alléluia ! Mais quand je dis aide psychologique, je ne pense pas forcemment psychologue. Le généraliste peut apporter une aide indéniable et efficace. Si prendre du temps est possible, si écouter son patient ne le rebute pas.  Tout comme le spécialiste ou tout autre intervenant de santé de toute façon,  pour peu qu'il puisse prendre le temps, informer sur la dépression, ses symptomes, ce qu'il faut faire ou éviter. Rencontrer la famille ou le conjoint aussi pour accompagner,  éviter les préjugés sur la pathologie (il le fait exprès, il ne fait pas d'effort, il lui faut un peu de volonté !)...

Parce que dans ma carrière, j'en ai vu des médecins jouer aux apprentis sorciers ! Des ados d'a peine treize ans, avec une prescription conjointe d'antidépresseurs, anxiolitiques et somnifères. Pour des troubles plutôt banaux. Si, si, je vous jure, j'en ai vu. Et pas mal même.
Moi ça me fait super peur tout ces cocktails : à la potentialisation des effets secondaires, on ajoute le risque suicidaire ! Un ado avec en main toutes ces molécules, il faut être bien sur de soi ! Qu'on ai bien bien bien évalué avec certitude sa dépression, ses envies suicidaires possibles avant de lui confier tout ces médicaments....
Ajouté à cela qu'un antidpresseur nécessite un suivi rapproché au départ, en raison de la lever de l'inhibition qui augmente le risque suicidaire (au début d'un traitement, l'antidepresseur va lever dans les 15 premiers jours l'inhibition due à la dépression, pouvant entraîner du coup un excès d'impulsivité. Le mélange impulsivité/idées noires étant un cocktail idéal pour le passage à l'acte suicidaire).

Les auteurs ajoutent que de toute façon, ses médicaments ont été testés dans les dépressions sévères, ont prouvés leur efficacité dans ce cadre, et que c'est abusivement qu'on les a prescrits pour des dépressions légères.
L'écoute, donc, l'écoute, toujours l'écoute. Y'a que ça de vrai. Depuis le temps que je le dis !!

 

05/01/2010

Ecouter le patient

A l'heure où Lawrence Jean-Marie (gnfffrrr j'y arriverai un jour!) fait un plaidoyer pour l'examen clinique, délaissé au profit d'examens et d'investigations plus techniques et rémunératrices, je voulais y ajouter mon petit grain de sel. 
Parce que travaillant au quotidien avec les médecins, je constate que même confronté à des difficultés psychologiques ou psychiatriques, là où la clinique (l'interrogatoire, l'entretien) est fondamental, certains médecins ont cependant tendance à le bâcler. Peut être moins "glorieux" de prendre en charge un patient "psy" qu'un neuro qui aura trois IRM, un scan, un électro-encéphalogramme et trois examens biologiques. Le patient psy, lui, il aura rien comme examen complémentaire, il faudra prendre le temps de l'écouter, de le comprendre, de se poser et d'ouvrir la porte à l'empathie. Mais... Malheureusement, ça ne semble pas toujours intéresser les foules...

Pour nombre de médecins ici, il y a grosso modo deux types de patients, les "médicaux" et les "psy".
Les psy regroupent par défaut tous ceux qui ne sont pas médicaux.
En gros, ceux qui font chier. Parce qu'ils ne rentrent pas bien dans les cases, parce qu'on ne sait pas trop ce qu'ils ont, parce qu'on ne voit pas bien comment on va avancer,  là tout de suite. 
Et ça, la T2A, elle aime pas, les patients qui rentrent pas dans les cases. La T2A, elle veut des diagnostics précis, des conduites à tenir protocolisées, et des durées d'hospitalisations moyennes qui soient respectées. Alors, le patient psy, pffffff, il est pas très coopérant le loustic.
Du coup, peut être que pour gagner un peu plus de sous, et passer un peu moins de temps, c'est pour ça qu'on bâcle l'interrogatoire avec les patients supposés psy ?

Faisons un petit essai de traduction des diagnostics psy posés par certains médecins en deux coup de cuillères à pot, sans avoir pris le temps d'écouter vraiment le patient :

"Le patient est psy !" : traduction : "Je ne sais pas trop ce qu'il a, c'est donc forcement psychologique"

"Cette maman est dépressive !" : traduction : "elle a fondu en larmes avec le médecin du service lors de l'annonce du diagnostic. Il n'a pas pu finir sa visite à l'heure et lui en veut un peu de lui avoir pris autant de temps"

"Cet enfant doit être hyperactif" : traduction : "Il a fait du bruit dans la salle de consultations parce qu'il ne tenait plus au bout d'une demi-heure de discussion parents/médecin"

"Cet enfant est caractériel" : traduction : "il a refusé sa quatrième prise de sang"

"Ces parents sont un peu limités intellectuellement" : traduction : " J'ai expliqué que les résultats de l'EEG, du scanner et de la génétique pointaient vers une maladie mitochondriale, ils n'ont rien compris"

"Cet ado est en opposition !" : traduction : il a refusé de prendre deux cachets aujourd'hui sur les trente qu'il prend tous les jours

Sinon j'ai déjà eu "Cet enfant présente des difficultés scolaires" : traduction : "Il fait un BEP".
Ben non, tout le monde na pas fait pas la fac de médecine sans que ce soit pour autant pathologique...

Vous avez l'impression peut-être que je caricature. Et ben non, même pas. Ce sont des conclusions que j'ai déjà entendues ! Pour être franc, ce sont toujours un peu les mêmes médecins qui posent ce genre de "diagnostic" psy en trois minutes trente secondes. Et heureusement, ils sont minoritaire. La plupart prennent le temps d'écouter la personne en face d'eux et ne font pas de raccourcis.

Pour terminer par le plus beau raccourci, j'ouvre un jour le dossier d'un ado que je suis pour troubles dépressifs.
Là, un interne avait noté dans les pages "Homosexualité refoulée".
Boum. Je m'interroge. Homosexualité ok, peut être, je ne sais pas, j'ai pas d'éléments là dessus pour cet ado. Mais refoulée ? Si c'est refoulé ,comment il le sait alors, notre interne ?
Je cours lui poser la question.

"Ben tu vois, il a quinze ans. Je l'interroge sur sa vie amoureuse et sa sexualité, comme tous les ados, pour savoir si on doit faire de la prévention, MST et tout ça. Et là il me dit qu'il a pas de copine, qu'il en a jamais eu. Et il rougissait, t'aurais vu. Je pense qu'il doit être homosexuel sans oser se l'avouer".
".......????????

Si ça, ça s'appelle pas de la conclusion bâclée, je m'y connais pas !

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04/01/2010

Vous avez dit bizarre ?

La fin de journée approche à l'hôpital, je commence à souffler. Journée calme !

Première erreur : ne JAMAIS JAMAIS JAMAIS dire à l'hopital : la journée a été calme. JAMAIS.
C'est là que le téléphone sonne pour douze urgences, qu'une infirmière vient frapper à votre bureau pour un truc ultra merdique à gérer tout de suite...
Bon. Ben c'était trop tard, je l'avait dit : c'était calme aujourd'hui... A moi d'assumer maintenant !

Car évidemment le téléphone sonne à ce moment : une maman est aux urgences avec deux enfants. Pour suspicion de maltraitance.
Boum. Le gros truc. En fin de journée. Bingo.

Bref, je reçois cette dame avec le médecin des urgences. Le premier contact est....Hmmm... Spécial.
De loin, on voit cette dame se balader dans le couloir des urgences, d'une allure étrange, très lente, mesurée... A t elle bu ?
Nous allons au devant d'elle, quand nous sommes attiré sur les chaises par un monceau d'affaires : deux énormes sacs chargés de tout un chantier de jouets, nourriture, livres, paquets vides,...
La maman va chercher les sacs. S'assied. Baisse la tête.
"Vous venez madame ?"

Pas de réponse. Dix secondes passent.
Elle relève la tête avec une lenteur inhabituelle. Et nous regarde d'un air éteint.
"Vous nous suivez ?"
Une lueur passe dans ses yeux...Elle se lève.

Dans la salle, la dame nous explique une histoire incohérente de suspicion de maltraitance de la part d'un proche sur ses enfants.
Alternant des vraies suspicions : "ma fille a peur de lui maintenant" et des choses totalement cryptiques "Et là, elle m'a dit "piment", vous comprenez, c'est inquiétant...."
.... Euh...Oui ?....
Le médecin et moi nous regardons, avec la même impression : Bizarre !!

La dame alterne des périodes  où elle baisse la tête et ne répond plus... Avec d'autres où elle reprend le même discours.
Elle semble chercher ses mots, semble épuisée, fatiguée. Désorientée même. Sa mémoire lui fait quelques fois défaut pour répondre, elle ne sait pas, elle ne sait plus, elle s'excuse...
Je me demande ce qu'elle est en train de décompenser là sous nos yeux... J'ai du mal à coller des diagnostics là dessus. Schizophrénie, Confusion mentale ?... Et même quelques éléments hystériques dans la façon très surjouée  et théatrale de montrer son ralentissement, tout comme son aspect vestimentaire et physique, très apprétée, look de bimbo, d'éternelle adolescente.

Je retrouve un vieux terme dans ma mémoire qui s'impose à moi pendant la consultation : "état crépusculaire". J'irai chercher dans le dico après la consultation pour me remettre la défintion en mémoire (honte, honte !).
Il faut dire que ça fait des lustres que je n'ai pas été confronté à de la psychiatrie pure et dure, surtout chez un adulte. Moi je fais de l'aide à la personne, du soutien psychologique surtout.... Et pratiquement plus jamais du diagnostic....
Bref, je note qu'on rencontre ce trouble aussi dans l'hystérie, ce qui collerait pas mal avec l'aspect de cette dame. Et qui expliquerait l'aspect un peu théatral de son ralentissement et des troubles mnésiques (ou pseudo mnésiques).

J'ai vu les enfants pendant que le médecin  voyait la maman seule pour comprendre la demande.... Enfants pas trop marqués par l'état de leur maman a priori, ouf. On  a essayé de passer des coups de fils pour organiser quelque chose pour cette mère, mais pas évident en fin de journée !!
J'aimerai bien savoir ce que le psychiatre qui la verra en pensera... Et j'aimerai bien savoir si il a eu des idées de diagnostic en tout cas !

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02/01/2010

Bonne année et Astrologie

Il est sur que, la nouvelle année arrivant, les horoscopes vont fleurir dans tous les magazines f... OOppss...j'allais dire "féminins"... Zut. Avant que je ne meure, lapidé par les pierres de la misogynie, je vais me rattraper.
Pouf, pouf, je recommence, on disait que vous avez rien entendu.

Il est sur que la nouvelle année arrivant, les horoscopes vont fleurir dans tous les magazines de mauvaise qualité, ce dont les femmes intelligentes, lectrices par milliers de ce blog, ne seront pas dupes. (ouf).
Est ce la peine de revenir sur les horoscopes et l'astrologie ?... Peut être alors.
Juste quelques petits rappels, juste pour le plaisir (j'aime bien sabrer les fausses sciences, je n'y peux rien).
Les douze signes du zodiaques sont donc douze constallations dans le ciel. Vous appartiendrez à l'une d'entre elle si le soleil, le jour de votre naissance, la traversait (ou plutot : semblait la traverser dans le ciel) à ce moment.
Douze, c'est un chiffre symbolique, dument choisi par les astrologues des temps anciens... Choisi effectivement, car de façon fort pratique, ils ont éliminé la treizième constellation, celle du serpentaire. Treize, c'est pas joli, ca porte malheur, alors on disait qu'il y en avait douze des constellations, et pis c'est tout. Du coup, vous êtes peut être du serpentaire, mais vous ne le saurez jamais...

Miracle de la coïncidence, le soleil traverse les douze constellations avec le meme laps de temps, ce qui rend la durée des douze signes rigoureusement égale. Quel miracle.
Et ben non, c'est un arrangement d'astrologue. Le soleil ne passe par exemple que six jours dans le scorpion, mais quarante-cinq dans la vierge (celui qui dit, avec un petit sourire, qu'on passe toujours plus de temps dans la vierge prend la porte tout de suite, non mais).
Bref, déjà là, vous commencez à entrevoir que savoir à quel signe vous appartenez devient aléatoire.
Mais il y a autre chose : c'est que la terre n'est pas tout à fait droite sur le plan de son orbite autour du soleil. Elle est légérement incliné sur son axe de rotation (c'est ce qui explique les saisons par ailleurs). Mais cet axe, lui aussi, a un mouvement de rotation. Minime, mais il en a un. Qui dure 25 000 ans. On pourrait dire, bof, on s'en fiche, c'est tellement lent que ca ne change pas grand chose.
Mais pourtant si. L'astrologie étant tres ancienne, entre le temps où on a "fixé" les dates des différents signes et maintenant, l'axe de rotation a bougé, le soleil s'est décalé par rapport aux constellations et les signes ne correspondent plus aux dates. Zut. Si vous vous croyez du Bélier, ben non, en fait, vous êtes du Scorpion.
(Allez ici pour connaitre votre "vrai" signe)

Bref, déjà à la base, comme vous le constatez, pour savoir de quel signe on peut être, c'est pas gagné...

Mais l'astrologie postule aussi que les planètes, en fonction de leur position, influent sur nous. Par quel biais ? Nul ne peut le dire. Aucune force connue par les astrophysiciens ne  permet de dire par exemple que même la plus grosse planète du systeme solaire, Jupiter, ai le moindre effet sur notre petite planète. Jupiter est trop loin et pas assez massif pour avoir une quelconque action.
Alors imaginez ce que ça peut être pour une planète aussi minuscule que Mercure, pourtant prise en compte dans les calculs astrologiques...

Ensuite, sur la base de l'astrologie elle même, je ne ferai que reprendre les critiques que les grecs anciens faisaient déjà de leur temps à cet égard.
Sur le fait que le signe astrologique permettrait de prédire l'avenir de la personne, alors il faudrait supposer par exemple que tous les morts lors d'une catastrophe avaient le même signe ? Non ? Zut.
Que les jumeaux alors auront une vie identitique, mourront le même jour, trouveront le grand amour le même jour puisque né sous le même ciel  ? Non ? Ah rezut.

Et sur le fait que le "portrait" astrologique puisse donner le reflet de notre personnalité... Si vous connaissez des jumeaux autour de vous, je pense que vous confirmerez qu'ils sont souvent loins, très loins d'avoir la même personnalité, le même fonctionnement, alors que rigoureusement du même signe et avec le même thème astral...

Bref, puisqu'il en est ainsi, pour la nouvelle année 2010, je vais vous offrir mes prédictions pour l'année.
Puisque l'astrologie est construite sur des contre vérités, alors autant faire à l'identique. Je vais donc créer le signe du Blogueur, qui démarrera le 1er janvier pour se terminer le 31 décembre.
Par un miracle incroyable, je crois bien que nous sommes du même signe vous et moi ! Ah, ce n'est pas pour rien que je sentais des affinités et que vous veniez me lire... C'est fantastique !
Pour 2010, si vous êtes du signe du blogueur, je vous prédis une excellente année, santé, joie, bonheur et prospérité.
Je note que vous passez peut être un peu trop de temps sur le net et qu'il faudra corriger cela.
Je note que vous avez des choix de lecture de blog particulièrement fins et cultivés, ne lisant que la crème de la crème des blogs. (oui, ben quoi, si j'invente mon astrologie à moi, je peux soigner mon ego non ?)

Bonne année à tous !!!

26/12/2009

Blog(s) de psy

Psyblog nous quitte.

Certains un peu cyniques, en dehors de la blogosphère, me dirait que c'est un non-évenement, qu'il y a douze mille arrêts de blog par jour dans le monde et qu'on ne va pas faire un article là dessus à chaque fois que cela se produit. Probablement oui.
Mais tout de même... Il n'y a pas tant que ça de blogs de psy sur le web. Ou alors j'ai mal cherché.
Et celui de Psyblog me plaisait dans le sens où il mélangeait billets "pros" et billets plus personnels. Et que l'on découvrait l'être humain derrière le psychologue. Evidemment, pour moi, c'était quelque chose de bien intéressant tout ça, et humainement parlant, de bien touchant souvent.

Il faut dire que je suis un peu la meme voie ici : j'ai ouvert ce blog avec l'idée de faire partager mon quotidien professionnel. Parce que c'est quelque fois lourd, parce qu'écrire les choses permet d'en évacuer une partie. Parce que je ne parle pas ou très peu de mon métier à mes proches, car c'est souvent pas rigolo et que ça plombe l'ambiance à chaque fois que je veux faire partager un peu.
Bref, j'ai voulu écrire tout ça ici. Et petit à petit, j'ai inséré des notes plus personnelles. Sans vraiment y réfléchir. Et je me dis finalement que c'est pas mal, que je ne suis pas seulement un psychologue, mais aussi un homme. Que j'ai comme tout le monde mes peurs, mes joies, mes peines, mes douleurs. A force que le psy mette une barrière, mette à distance les émotions, on pourrait se dire qu'on a tout réglé, qu'on est "en paix" avec soi meme. Foutaises, oui. On est comme tout le monde.
Peut être un peu plus conscients de nos points faibles, peut être un peu plus au clair sur ce qui nous tourmente, sur ce qui fait qu'on est "nous". Mais pas forcemment plus en paix avec tout cela.
Alors moi ça me fait du bien ce blog car c'est un des rares endroits où je suis moi, réellement moi : où je parle de ma vie professionnelle, où je parle de moi et ce que je ressens, les deux à la même place.

J'aimais le blog de Psyblog pour cela. Surement parce que je m'y retrouvais, et que je me suis dit, "ouf je suis pas le seul psy humain, alors !".
J'espère que tu trouveras, cher Psyblog, un autre lieu sur le net où te dire sans censure, où trouver un espace de liberté pour écrire ce que tu souhaites comme tu le souhaites. Il me tarde d'ailleurs de te lire si tu trouves cet endroit quelque part....

Quant à moi, je vais continuer ici à dérouler mon quotidien. Je sais que ce blog n'est pas tenu à jour très régulièremment ! J'espère que vous ne m'en tenez pas rigueur. Je dois lutter contre une tendance lourde à la procrastination.... Et j'écris ici seulement quand l'envie est là. Je souhaite pas écrire "pour écrire", parce qu'il faut faire un billet, parce qu'il faut remplir le blog. Ce coté obligatoire me lasserait vite, et j'ai assez d'obligations par ailleurs pour ne pas m'en rajouter ici.
Mais quand je passe ici, c'est avec grand plaisir....Pour le moment, je n'ai pas l'envie d'arrêter.

Sur ce, je pense que les enfants ont besoin de mon aide pour les cadeaux de Noël. J'entends des cris qui me font dire qu'il y a encore quelques cadeaux rebelles dans leur utilisation.... Allez, je vais me mettre à quatre pattes et aider ma fille à remettre d'aplomb sa maison playmobil. Aider mon grand à utiliser son robot aux vingt-deux-mille fonctions que-j'ai-déja-du-mal-rien-qu'à-comprendre-comment-on-le-met-en-route. Et mon autre fille semble avoir bien du mal à zigouiller les méchants sur sa console... Allez, super Papa, au boulot !

 

24/12/2009

Joyeux Nawel

Je sais, ça ne vole pas haut, mais je suis littéralement fan de la série québecoise (déjà ancienne) Le coeur a ses raisons.
Ce douzième degré, ce coté absurde, ça me fait mourir de rire.... J'y peux rien !
En tout cas, si vous ne connaissez pas, je vous conseille le monumental : Brenda Téléphone à Beckie.

Et pour les fêtes, Joyeux Nawel à tous !

 

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