28.06.2009

Le dimanche au soleil (c'est quand même mieux...)

petit-dejeuner-terrasse.jpg

Bon ok, c'est un super  lieu commun de parler du beau temps, du soleil revenu, que le moral revient, que ça fait du bien, mais j'y peux rien....C'est vrai !!!
Moi qui habite le pays de la pluie et des nuages, bien connu pour son micro climat pourri, que voulez vous... Si je vois un rayon de soleil, c'est alléljuia, miracle, à genoux par terre, mains jointes, regard embué et empli de reconnaissance vers le ciel ... (sans oublier un verre de jus de fruit à la main et les lunettes de soleil, quand même : on peut remercier le ciel et prier en restant estival et confortable quand même !)

On en a profité pour un petit déjeuner en famille, au soleil sur la terrasse (le premier dans la nouvelle maison).... Je précise que la photo n'est pas chez moi, dommage, ça avait l'air sympa aussi ...
Puis ensuite, j'ai profité jusq'au bout du beau temps et suis aller courir dehors une petite demi heure... Soleil, bonne musique dans l'Ipod...
Que dire de plus ?
C'est ça ce que j'appelle un Week end !!

26.06.2009

Elle aime pas l'eau de toute façon !

Je vois Elodie à la demande du pédiatre qui la suit ici pour, au départ, un problème de poids.
En fait de problème de poids, ce sont surtout ses parents qui sont très inquiets. Elle a a priori une petite baisse sur sa courbe de poids, mais minime et qui n'inquiète pas la pédiatre. Mais l'inquiétude des parents sur le poids est telle qu'ils consultent à tour de bras, cherchant des solutions "miracles" pour faire manger davantage leur enfant et la faire grossir.

Je vois donc Elodie aujourd'hui avec son papa. Elle a environ 3 ans et semble très futée.
Le papa m'explique qu'elle est "très difficile" au quotidien. Et que pour la nourriture, c'est la catastrophe.
"Elle ne mange que de la purée, des pates, du blé. Elle ne veut rien d'autre. Elle ne veut boire que du sirop. On a tout essayé..."

Souvent je tique sur le terme du "on a tout essayé". Parce que souvent, le "on a tout essayé" signifie que les parents ont essayé plein de méthodes différentes pour venir à bout du problème, changeant la méthode et les régles un peu tous les jours, désespérant au bout d'une journée que ca ne marche pas. Au final, on a un enfant déboussolé d'avoir eu plein de régles éducatives différentes et changeantes au gré du ras le bol parental.
Alors en réponse au "on a tout essayé", souvent, j'essaie de faire réflechir les parents sur UNE méthode à adopter et s'y tenir...

Et je tique aussi sur le "elle ne boit que du sirop". Quoi ? J'imagine mal une petite fille de trois ans se déshydratant devant un verre d'eau en pleine chaleur parce qu'il n'y aurait pas un peu de grenadine dedans.
Pour moi, la soif est un besoin tellement irrépréssible et vital qu'on ne peut pas (surtout à trois ans !) refuser de boire.

Non ce qui se passe, ce qu'Elodie refuse son eau. Une fois, deux fois. Et le refus finit par rencontrer l'inquiétude parentale qui enfle, et enfle, et boum, au bout de pas-longtemps, bingo, la bouteille de grenadine sort du placard.
Et le papa est sur, sur de lui, à 200% quand il me dit "de toute façon, jamais elle ne boira de l'eau. Elle n'aime pas ça"...
Si je voulais être un peu confrontatif, je lui dirai d'essayer d'emmener sa petite en randonnée, une journée, un jour de beau temps, avec juste une gourde d'eau. Je lui donne pas deux heures moi à la petite pour "aimer" l'eau...

Et pour la nourriture, j'entends que c'est un peu pareil. Elodie n'aime "que les pates", mais c'est sur que lorsqu'il y a des légumes, là encore, papa et maman trop inquiet par son petit poids (qu'elle n'a pas...), finissent par craquer;

Alors au final, c'est clair qu'elle aurait tort de se priver la petite Elodie ! Elle a tout compris ! Des parents inquiets par son poids qui sont prêts à finalement tout pour qu'elle avale quelque chose. Aussi, la petite use et abuse de cette inquiétude pour obtenir un peu tout ce qu'elle veut.
Mais dire ça, c'est facile et ça ne change pas grand chose, car les parents sont réellement inquiets du poids. Le discours médical ne les a pas rassuré.
Alors on essaie de comprendre. Et on trouve une famille (grand-mère, tatas...) qui font beaucoup de remarques à la maman sur sa façon d'élever sa fille. La petite n'a pas le meme poids que les cousines. Elle est "plus maigre" dit la maman.
Or, la courbe de poids est désesperemment normale. Mais rien à faire : elle est plus mince que ses cousines, les critiques fusent dans la famille, donc la maman se sent responsable, coupable. Elle ne s'occupe pas bien de sa fille.
Du coup, cette pression explique en partie pourquoi la maman craque si facilement devant les caprices, somme toute assez ordinaires, de leur fille.
Car la maman parle d'une petite fille capricieuse mais je ne note que du très standard : elle n'aime pas les légumes, elle préfère le sirop, elle adore les féculents... Je dirai comme 80 % des enfants de son âge !! Mais voilà, ses refus rencontre une angoisse tellement énorme en face que les choses se sont enkystées...

Le problème du jour c'est que le papa et la maman, épuisés par des combats incessants avec leur fille, épuisés sur leur angoisse par rapport au poids ("elle va pas tomber malade ?"), n'en peuvent plus et attendent du psychologue une solution miracle. Des conseils qui vont tout résoudre.
C'est rigolo parce que beaucoup de parents ont cette attente par rapport au psy : donnez moi une solution pour mon enfant ! Comme si j'avais un grand livre de la psychologie avec pour chaque problème, une marche à suivre.
"Alors, vous me dites une enfant qui refuse les légumes ? J'ouvre mon manuel à légume....Je cherche... Ah, Légume... Refus des légumes, voila...."

C'est quelque fois une première étape bien longue que de permettre à tout le monde dans la famille de se remettre en question, se questionner. Il n'y a pas de recette miracle, il y a un autre mode de pensée, de fonctionnement à trouver. Et c'est sur que c'est pas toujours très aisé d'accepter la remise en question...

En tout cas, pour Elodie, le papa a un peu entendu en fin de consultation que son angoisse à lui déteignait beaucoup sur tout cela... C'est déjà un premier pas. Affaire à suivre...

21.06.2009

J'y crois pas

Après avoir lu cette note, "Croyez vous aux psys ?" chez Le coin du hérisson (via Grangeblanche), j'avais envie d'y aller de mon petit avis.


Moi j'ai un problème :ce sont souvent les papas qui n'y croient pas...
Déjà pour poser les choses, je dirai comme ça au pif, que dans 80% des consultations, je vois l'enfant et la maman seuls.
Je dirai en gros toujours au pif que sur les 20% qui restent, 15% viennent en couple et en gros, 5% c'est le papa tout seul qui s'y colle.
Est que c'est révélateur ? Oui mais de quoi ? Est ce que les pères ne "croient pas" au psy ? Ou bien c'est juste culturel, et c'est à madame de s'ooccuper des problèmes de santé des rejettons, que ce soit psy, médecins kiné ou orthophoniste. Si les autres professionnels de pédiatrie voient aussi les mères en priorité, alors ce n'est pas que moi hein (ouf ).
Mais y'a tout de meme de ça. Parce que ça arrive souvent quand meme que Papa soit là, là dans la salle d'attente, ayant emmené toute la petite famillle à l'hopital pour la consultation et quand j'appelle l'enfant dans la salle, maman et rejetton se lèvent et papa reste dans son magazine.
Plusieurs fois j'ai meme entendu des mères demander "tu viens avec nous ?" et le père dire ou faire signe que non...
Ooops.... Il y a eu quelques fois où j'ai été déliberemment provocateur en disant des phrases comme "ah ben, j'espère que c'est pas moi qui vous fait peur ? " ou bien, avec le sourire "Ah non désolé c'est même motif même punition pour tout le monde".
Mais sincèrement, mon impression, dans ces cas là, c'est que Papa s'en tappe. Il s'en contre fout du psy.
Car une fois dans la salle de consultation, venu contraint et forcé, Papa ne dit rien, laisse tout le monde causer, ou bien juste en remet une petite couche sur les défauts ou troubles du comportement de l'enfant. Mais Papa ne se remet pas en question...Ouh là non, il est pas venu pour ça lui. C'est sa femme qui voulait voir un psy pour le gamin, lui il a fait le taxi, si en plus on lui demande de se remettre en cause...Nonmého ca va pas ou quoi ???


Ouais je caricature car il y a aussi des pères charmants, ouverts, intéressants et intéressé par la psychologie de leur enfant et ce qu'ils peuvent faire. Mais dans la plupart des cas, quand même, le fond du truc, c'est que le père n'y croit pas. La psy c'est de la connerie de bonne femme qui a trop lu Femme actuelle et Biba.
Le gamin avec un bon coup de pied au cul, ca ira mieux. Et puis lui, dans son temps, on prenait pas de tant de temps à parler et à pleurer sur son sort (déjà entendu...).
Et comme pour Le coin du Hérisson, moi aussi plusieurs fois j'ai entendu "de toute facon j'y crois pas, à la psychologie".
Ben merde.... Je suis rangé dans le meme clan que la foi ? La scientologie ou l'imposition des mains ?
J'aurai passé cinq ans à la fac pour des conneries ?
Le pire c'est que les gens qui me disent "j'y crois pas" le pensent sincèrement : ca a toujours été des hommes et toujours dans le sens où c'est bien pour les femmes de causer et pleurer, mais quand on est un mec, on avance et on se tait,point barre.

A la limite, il me laisse le gamin, parce que ça peut lui faire peut etre du bien, mais jamais le papa ne se remettra lui en question...IL n'y croit pas...
Et lorsque les gens en face ne sont pas en position de se questionner, de changer, je ne peux rien travailler bien entendu. Bloqué.

En tout cas, vous qui croyez un tant soit peu à la psycho, entrez dans ma secte aujourd'hui, conditions tarifaires intéressantes. Bien entendu j'en serai le grand gourou, et promis j'essaierai de bien me tenir avec les nouvelles recrues, jeunes, blondes et à forte poitrine.
Pour les autres, c'est 1500 Euros cash. Mais vous irez mieux ensuite, ça vaut le coup. Venez nombreux.

10.06.2009

On gère...

Depuis tout à l'heure, je suis fixé sur le petit tremblement de sa lèvre inférieure. Le signe d'une énorme tension intérieure qu'elle tente de toutes ses forces de maîtriser. Je remarque le tremblement, j'essaie en même temps de ne pas être trop insistant par mes regards. Je me sens un peu coincé.

Depuis tout à l'heure, cette maman me parle de sa vie. Sa vie de maman de deux enfants handicapés, atteints tous deux d'une maladie incurable et évolutive. Elle a du arrêter son travail. Elle passe sa vie en voiture entre médecins, kinés, examens et hopitaux.
Ses enfants ne sont pas très facile à vivre au quotiden. Des troubles du comportement, une exigence, voire une tyrannie envers leur mère que leur handicap a décuplé. Car avec la culpabilité que la maman a en elle, elle n'arrive plus à dire non aux demandes multiples de ces enfants.
Et pour aider au mieux, son mari est parti l'an passé, la laissant seule avec tout cela.

Alors oui, nécessairement, ça ne peut être que difficile à gérer. Et pourtant, depuis tout à l'heure, elle fait tout son possible pour donner le change. Rigolant, plaisantant, dans un espèce d'activisme douloureux. Il faut combler. Combler le vide, combler l'espace, surement pour ne pas réflechir, pas s'apesentir. Elle parle, elle parle, elle évoque tout ce quotidien difficile comme si on parlait de la météo ou du dernier cinéma qu'on a fait.
Elle me parle de sa vie difficile avec plein d'éclats de rire et de plaisanteries. Mais moi je suis mal. Car je sens la douleur là dessous et je sens tous les efforts qu'elle fait aussi pour la mettre à distance.
Je me sens mal car j'aimerai bien respecter ses défenses, la laisser jouer ce personnage sur qui tout glisse.
Mais je sais que ce n'est qu'un rôle, et qu'il est douloureux et couteux en énergie. Car elle est épuisée. Elle le lâche, comme ça, au détour d'une phrase. L'épuisement physique, elle veut bien le dire.
L'épuisement psychologique, lui, il n'existe officiellement pas. Ca va. On gère.

Alors je suis mal car si je veux bien faire mon boulot, je dois bien le pointer à un moment donné ce décalage entre ce qu'elle me dit et ce qu'elle vit. Je dois bien lui dire qu'à force de jouer ce role de maman super active, drôle, et pleine d'énergie, elle va s'épuiser.
Et je vois depuis tout à l'heure sa lèvre trembler, nerveusement, m'indiquant toute la tension qui l'habite et qu'elle essaie de mettre à distance. Et je suis mal car je ne suis toujours pas arrivé à me décider à dire que je ne crois pas à ce qu'elle me dit. Je n'y arrive pas car je me dis que si je le fais, je vais faire exploser ses défenses et qu'elle risque de tout décompenser d'un coup, la douleur, l'épuisement, la solitude, les peurs...

Cependant, il faut avancer et je lâche à un moment "quand même... Avec ce que vous me dites... Je pense qu'il y a des soirs où ça ne doit pas être facile avec tout ça en tête tout de même"...
Elle s'interrompt. Je vois les yeux qui commencent à briller.... On y arrive. Peut être enfin.
Et puis, non, elle se reprend et repart sur le discours convenu "je vais gérer...de toute façon, il faut bien. Ca va aller".

Je crois que quelques fois, c'est plus douloureux pour moi de voir quelqu'un de mal qui ne résoud pas à craquer, que quelqu'un qui pleure effectivement.

28.05.2009

- Mode Parano ON -

J'ai supprimé les deux précédents billets suite à une poussée de paranoïa aiguë (crainte que ce blog ne soit trop identifiable en fait).
Je voulais juste remercier toutes celles et tout ceux qui m'ont laissé des petits mots gentils, des encouragements... Supprimer les billets, c'est aussi supprimer vos commentaires, mais sachez qu'ils sont dans ma mémoire et m'ont beaucoup touché.
Pour le reste, dès que j'aurai un peu plus l'esprit à ça, je reprendrai ce blog avec un rythme plus soutenu que ces dernières semaines.
Merci encore...!

28.04.2009

Lâchez vos ados...

Je ne sais pas trop comment je serai plus tard avec mes enfants, mais j'ai un regard critique sur certains parents qui ont du mal à lâcher la bride de leur adolescent.
Je me doute que l'adolescence est source de stress aussi pour le parent, son enfant grandit, lui échappe. Il ne peut plus tout maîtriser à l'âge justement où on aime prendre des risques et découvrir de nouvelles choses.

Pour moi, à l'adolescence, l'intérêt de la consultation psychologique réside dans la confidentialité qui est là.
L'ado a à sa disposition un espace de parole à lui, où il pourra se dire sans être jugé.
Il pourra apprendre à penser et réflechir pour lui. Alors que, en tant que parents, on a beau faire, on est souvent dans le "il faut que /il faut pas".

C'est ce que je dis lors du premier entretien, en présence de l'ado et ses parents : confidentialité pour qu'un discours différent puisse émerger, sans pression.

Mais cependant, ce n'est pas toujours simple.
Je me souviens d'un consultation où, rendant l'adolescent à sa maman, celle-ci revient sur ses pas, referme la porte derrière elle brusquemment, laissant son ado dans le couloir. Elle se tourne vers moi, et me dit sur un ton agressif/stressé :
"Alors, qu'est ce qu'il vous a dit ?"

Fichtre ! Il me semblait bien avoir expliqué l'intérêt d'un espace de parole propre...
C'est si insupportable que ça que son adolescent ai besoin d'un jardin secret, d'un lieu à lui ?
Moi je trouve toujours formidable qu'un ado qui arrive en consultation renfrogné, opposant, visiblement agacé d'être là, finisse par me faire confiance et me parle de lui. J'aimerai autant que le parent soit content avec moi ! Quelque chose du genre "Moi je n'y arrive plus, mais si au moins il vous parle à vous, je suis rassuré".
Mais non, ce n'est pas toujours possible.

Dans le cas que je racontais, j'ai rappeler à la maman les règles, puis fait rentrer l'ado et repris cinq minutes pour dire quelque chose du genre "ta maman était inquiète de ce que tu as pu me dire, est ce que tu veux lui en dire quelque chose de ton côté ? ".

Je repense à cela car tout à l'heure, la secretaire me dit qu'une maman demande à ce que je la rappelle car, dixit, "elle voudrait savoir ce qu'a dit sa fille en consultation pour mieux l'aider à la maison".
Ben, tiens, comme c'est pratique ! "Je vous assure, hein, c'est pas pour ma curiosité, que je demande ça, c'est pour l'aider, je vous jure !!"

Il faut accepter que nos enfants ne nous appartiennent pas... Ce n'est pas évident, ce n'est pas facile, on veut les protéger, mais il faut l'accepter.
J'essaie de me faire à cette idée, moi même en tant que papa, ne pas être intrusif, ne pas vouloir tout savoir, mais être là comme guide, comme repère simplement.
Peut être que j'aurai moi aussi du mal à l'adolescence de mes enfants, qui sait !

Enfin, terminons par la palme, cette maman qui m'appelle après que j'ai vu sa fille la veille :
"Oui, je voulais savoir, elle vous a parlé de son petit copain ?"
"Euh... Pourquoi vous me demandez ça ?"
"Parce...Vous comprenez...Il faut que je sache...Ils ont des rapports, oui ou non ???".
"....(blanc).... Peut être que vous pourriez en parler avec elle directement non ?

Quant à une collègue à moi, des parents ont demandé la saisie du dossier médical pour voir ses notes et savoir TOUT ce que l'ado avait pu lui dire...

Tiens, d'ailleurs, c'est une prochaine question à développer : avec l'accès du patient au dossier médical, les parents peuvent demander à voir le dossier de leur enfant.
Moi qui note le résumé de mes consultations dedans, comment je me débrouille avec le secret professionnel ? Comment ce que me disent mes petits patients peut rester confidentiel ?...


27.04.2009

Hâche tes aimelles

Je ne sais pas ce qui me prend tout à coup cet après-midi, je me dis "tiens Spyko, pourquoi tu ne changerai pas quelques détails dans la mise en page de tob blog, hein, ca serait vachté sympa pour les bloggonautes qui te lisent par milliers, ...centaines, dizaines...Oh zut, pour ceusses qui me lisent quoi."

Bref, je ne sais pas ce qui me prend, mais voilà que je mets les mains dans le camboui, et que je farfouille le code HTML de mon blog, que je vais faire quelque chose de super beau que je me dis, que ça va vous en mettra plein les yeux qu'il se dit le garçon.
Je clique sur "actualiser". Et oh, merveille, je...

Ooops.... Le blog s'affiche n'importe comment. Horreur.

Ooop...Deuxième horreur, j'avais oublié avant de trifouiller l'HTML que je n'y connaissais rien. Mais rien. Et du coup, je ne sais pas remettre les choses en place.....

Et me voilà à passer une heure à modifier ce kdjqfsdkfzei de code HMTL, en espèrant que les choses reviennent à leur place.
Et après tant d'efforts, tant de sueur dépensé, je suis enfin arrivé à .....Rétablir mon blog tel qu'il était avant. Enfin même pas, car le bandeau s'affiche encore étrangement, les caractères des articles aussi, mais je laisse tomber pour ce soir !


Tant d'efforts pour rien...Tout ça pour faire un blog pluls beau... Vanitas vanitatum..

De retour



Me voilà de retour après une bonne semaine de vacances.
Je ne suis pas parti, resté chez moi, mais j'ai pris beaucoup de plaisir...A ne rien faire !
Ne pas se stresser avec les horaires.
Prendre le temps de lire, écouter de la musique, inviter des amis, faire un peu de sport.
Une semaine tranquille avec, en prime, le beau temps.

Je reviens donc en forme, prêt pour de nouvelles aventures hospitalières...!
(eh non, je n'avais pas disparu)

16.04.2009

Et de sept

Sept patients. C'est le record de la journée.
Sept patients non venus ce jour, qui, qui bien sûr, n'ont pas appelé, pas prévenu, pas décommandé.
Sept patients, si on compte que mes RDV font environ 45 minutes, vous comprendrez que la journée est bien entamée.
En fait, aujourd'hui, je n'aurai vu en tout et pour tout qu'UN patient.

Alors en bon fonctionnaire que je suis (allons y les clichés), je pourrai en profiter pour jouer au tarot, boire le café et discuter avec les collègues. Mais l'hôpital actuel ne fonctionne pas comme ça !
J'ai un tel retard qu'une journée sans patient me permet de faire les courriers de la pile de dossier que j'ai sur mon bureau, répondre aux dizaines de mail que je n'ai pas ouvert, voir les problèmes de rendez-vous avec les secrétaires, etc... Donc, je n'ai pas chômé. (je prends 10 mn de ma pause pour venir poster ici, honte, honte, honte !)

Mais cependant, le sans gêne des patients me déconcerte. Sept patients non venus la même journée ! Mais comment cela peut il être possible ?
Certains dans le lot m'ont appelé personnellement pour pouvoir obtenir leur rendez vous, je m'en souviens bien. Alors quoi ?
Et je suis furieux car des patients beaucoup plus urgents auraient été contents de pouvoir venir aujourd'hui ! Au lieu de quoi, on leur a répondu qu'il n'y avait pas de créneau disponible avant plusieurs semaines. Et voilà qu'aujourd'hui j'avais sept rendez vous possibles pour des gens qui en avaient vraiment besoin...

Généralement, lorsque cela arrive, je demande à la secrétaire de noter le nom des personnes non venues.
Si elles appellent ensuite, s'excusent, pas de souci.
Mais si il n'y aucun rappel, elles sont dans ma liste rouge.

Car les mêmes, ceux qui ne sont pas venus, sans appeler ou s'excuser, sont capable de me rappeler dans deux mois en disant que c'est là, ca devient urgentissime, que leur enfant va TRES mal, qu'il faut que je le vois tout de suite, "et non, pas dans un mois, c'est beaucoup trop loin !".
Autant dire que ceux là, lorsqu'ils sont dans la petite liste rouge , la secretaire leur rappelle gentimment qu'ils avaient déjà eu un rendez vous, qu'on les avaient attendu, et que bien sur, on leur donnera un rendez vous, mais absolumment plus de façon urgente.

Je ne sais pas si je me fais plaisir de la sorte, une espèce de vengeance ? Pour ma part, j'y vois plutôt une envie de rappeler qu'il y a un cadre, qu'on ne peut pas faire n'importe quoi, qu'il y a un certain respect mutuel à avoir. Si le message ne plaît pas, et bien tant pis.
A coté de cela, il y a des personnes adorables qui oublient leur rendez vous et m'appellent le lendemain complètement désolées et honteuses. Evidemment que là, je fais l'effort nécessaire pour leur retrouver une place.
Quoi que je pourrais aussi analyser le pourquoi du raté (acte manqué ?....), mais bon, je me pose déjà assez de questions avec les patients dans l'entretien, pour éviter de me les poser aussi en dehors.

Bref, voilà donc le record historique de ce jour, record de presque douze ans de carrière hospitalière : sept patients non venus dans la même journée !
Quand je pense qu'on me dit que l'hôpital est en déficit, hein, c'est pas quand même tout de ma faute : j'étais là moi aujourd'hui prêt à les recevoir ces patients !!

J'en aurai des exemples de cette désinvolture, et je pense aussi tous les professionnels.
Je repense à cette dame, venue un jour en rendez vous avec moi UNE HEURE en retard et qui me dit, tout sourire et un brin agressive : "Quoi? Vous me faîtes remarquer que je suis en retard ? Mais VOUS, la dernière fois, vous m'avez prise avec 30 mn de retard, je fais pareil !".
Autant dire que le psychologue à ce moment a intérêt à avoir une pratique régulière du Yoga, de la maîtrise de soi et du lâcher prise...
Etre à l'heure quand on est psychologue, c'est pas évident ! Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres psys, mais c'est difficile de tenir un horaire. J'essaie de m'y astreindre pour ne pas faire patienter tout le monde, mais quand un patient choisit le dernier moment de l'entretien pour lâcher un élément important, que faire ? Quand un patient s'effondre en larme, faut il le laisser repartir ainsi ou poursuivre un peu l'entretien pour l'aider encore un peu ?
Difficile de tenir un timing précis quand on travaille avec de l'humain. Imaginez ce que ça donnerait :

"Vous avez encore 4mn32 pour me parler du décès de votre mari, après c'est fini"
"Si vous pouviez arrêter de pleurer,s'il vous plait, nous pourrions refixer un nouveau rendez vous"
"Et bien, écoutez c'est fini pour aujourd'hui, oui vous venez de m'apprendre que vous aviez été abusée dans l'enfance, et bien on en reparle dans un mois ?"

Oh le grossier psy qui caricature...Enfin, bref, vous avez saisi le concept : difficile de tenir un timing en consultation.
Donc j'estime donner toujours le temps nécessaire aux gens, prendre le temps quand il le faut. Je fais donc des consultations plutôt longues en général, je consacre du temps aux patients.
En retour, les patients doivent aussi s'attendre à ce que je ne sois pas toujours pile à l'heure...
(mais c'est peut être un mauvais calcul ?)

Allez, fin de la pause réglementaire, et maintenant, reprise des courriers (faute de patients).




15.04.2009

One more year

Aujourd'hui, j'ai un an de plus.
Ce billet, d'ailleurs, n'est qu'un prétexte éhonté pour vous faire savoir la nouvelle et ainsi vous passer subrepticement le message qu'il serait de bon ton de m'offrir quelque chose aujourd'hui. Comment ça, vous n'avez pas mon adresse ? Ah, ça y est, tout de suite, des prétextes !

Bon, un peu de sérieux.
Je parlais anniversaire. Pour dire que, depuis plusieurs années, je ne les fête plus. Ça ne me manque pas du tout. Je reçois toujours mes amis par ailleurs , j'invite toujours du monde à d'autres moments...
Mais j'avoue que fêter mon anniversaire n'est pas quelque chose que j'apprécie. Premièrement, je n'aime pas être le point de mire, le centre d'intérêt. Peut être de la fausse modestie, je ne sais pas, mais je n'aime pas l'idée d'organiser une soirée en mon honneur.
Et les cadeaux, c'est pareil. Il y en a qui ne savent pas donner. Moi je ne sais pas recevoir. Ça me met mal à l'aise, je me dis que c'est beaucoup d'argent dépensé pour moi. J'ai toujours peur que le cadeau ne me plaise pas, que je ne sache pas quoi dire en découvrant un truc complètement à côté de la plaque. Bref, ça me gêne beaucoup.
Et puis, j'avoue, je n'aime pas les grandes soirées, les anniversaires où on invite trente personnes. Je n'ai le temps de discuter avec personne réellement. Ça m'embête, de courir de l'un à l'autre, mais de n'être réellement avec personne. Je vois les gens qui font des petits clans, les personnes qui restent dans un coin parce qu'elles ne connaissent personne. Je me mets à leur place, je n'aime pas ça.
Je préfère inviter mes amis par petit comité, profiter vraiment d'eux, dans une petite soirée sympa, où l'on a le temps de discuter tous ensemble.

Alors quand je relis tout ça, je me dis : ouh là, ca fait pas un peu vieux con finalement ?
Je ne sais pas, en tout cas, voilà comment je vis les choses et voilà pourquoi je ne ferai pas de grande fête ce soir ou ce WE.
Par contre, je ne serai pas contre un petit resto sympa avec ma femme, et peut être un couple d'ami. Un truc tranquille, où l'anniversaire ne serait que prétexte à trouver un moment de se retrouver.(et pas de cadeau SVP !!! Ou juste un petit vin sympa pour le repas alors)

A coté de cela, vieillir, pour le moment du moins, ne m'ennuie pas plus que ça.
Tout à l'heure, un ami au téléphone me demandait : "au fait, ca te fait quel âge".
J'ai répondu en rigolant "ben 25 ans ! Ca fait 13 ans que j'ai 25 ans, mais 25 ans quand même" (si vous calculez juste, vous aurez en prime l'âge du capitaine).
Et là, l'ami de me dire qu'il regrette ses 25 ans, etc... Et ben moi non.
Quand je regarde en arrière, je me dis que j'aime finalement assez celui que je suis devenu.
J'ai plus de maturité, plus de recul face aux choses. Globalement, je me sens bien mieux dans ma peau, j'ai avancé sur pas mal de petits et gros soucis, je suis plus serein.
J'ai fondé une famille, j'ai un travail que j'aime où j'ai acquis une certaine expérience, ce qui me permet de l'exercer avec encore plus de plaisir.
Bref, je suis globalement assez satisfait !
(l'autosatisfaction n'étant pas inscrite dans mes gênes, je crois que c'est assez exceptionnel que je dise être content de moi !)

Le temps finalement ne joue pas toujours contre nous.
Alors évidemment, quelques rides en plus, quelques cheveux en moins... Mais je me sens plutôt pas mal à mon âge, voilà le constat du jour.

<Mode autosatisfaction : off>