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20/06/2012

SuperPsy

Le décès récent de Psyblog m’a fait un peu réfléchir sur tout ce que le psychologue peut encaisser tout au long de son boulot.

Je ne vais pas vous faire long laïus plaintif et lacrymal sur ah-la-la-qu-il-est-lourd-mon-boulot.
Tout simplement parce qu’il est lourd. Point.
Ce n’est pas une vue de l’esprit ou un jugement : c’est un fait.
Il est lourd, mais c’est mon boulot, je l’ai accepté comme cela et j’ai été formé pour ça. Pas question de rentrer dans une longue plainte un peu exhibitionniste en vous parlant en détail de toutes les situations lourdes émotionnellement que j’ai du gérer et vous pointant les côtés les plus sordides à chaque fois.

On en prend plein la gueule, c’est un fait. Surtout à l’hôpital
Puisqu’à l’hôpital, lorsqu’une situation est « trop lourde » sur un plan psychologique, on appelle le psy.
C’est normal hein, là encore. C’est juste pour vous dire que ma patientèle est faite de ces patients qui deviennent trop lourds émotionnellement à gérer pour les autres soignants.
Moi je ne vois pas de patients psychiatriques. Je suis en médecine, donc je vois ceux qui sont atteint d’une pathologie médicale et pour qui c’est difficile, ceux qui ont subis des violences physiques ou sexuelles, ceux qui sont en fin de vie…
.
Là où ça devient difficile, c’est qu’on me considère comme surhumain.
Oui je suis formé, oui c’est mon métier, mais pour autant, puis-je tout encaisser sans séquelles ? Et bien, non, le scoop, c’est que moi aussi je suis humain.
Or, lorsque le besoin se fait sentir dans le service pour le psychologue de « débriefer », d’organiser des groupes de travail sur certains patients, certaines pathologies, de prendre du temps pour réfléchir à ce qui s’est passé pour moi dans cette consultation là, ouh là, ça devient complexe.
Parce qu’à l’hôpital, tout est urgent.
On est pris dans un maelstrom de choses urgentes, de demandes, d’impératifs. Tout doit être géré de suite, dans l’urgence, dans l’agir, dans le faire.
Or, émettre un autre son de cloche, vouloir sortir de l’urgence habituelle, dire que là, on a besoin de se poser, rencontrer d’autres collègues, réfléchir et échanger un peu sur certains patients, on nous fait bien comprendre que ça colle pas avec l’activisme du service.
Genre vos réunions bla-bla c’est bien gentil mais bon, y’a du boulot quoi !

Et ça j’ai du mal.
Je n’ai qu’un seul outil en consultation : c’est moi-même.
C’est à moi qu’on dit les choses. Ce sont mes émotions qui sont mobilisées dans la consultation, même si je sais les reconnaitre, et les empêcher d’envahir la relation.
Mais l’outil, c’est moi. Et pour le dire objectivement, on ne ressort pas indemne de certaines consultation. On a besoin d’en reparler, d’y réfléchir, de prendre de la distance.
Sinon on est tellement pris dans le faire, dans l’urgence, qu’on n’arrive plus à développer une relation singulière, et autre, avec le patient.
Or si je n’arrive plus à proposer autre chose que ce que les autres soignants proposent, à quoi je sers ?
Si l’outil risque de s’abîmer, alors il faut en prendre soin également.

Or l’administration n’arrive pas à reconnaitre cela. C’est un combat de tous les jours.
Et encore, nos demandes sont modestes…
Mais tout de suite, un regard suspicieux se lève, un sourire amusé, un jugement : « besoin de parler ? », comme si je parlais d’un besoin d’une pausé café ou d’une partie de tarot tous les après midi.

Je vois bien que dans ce service, moi, mes collègues, absorbons tous les jours des choses extrêmement lourdes en consultation, en ayant rarement le temps de reprendre tout cela.
On s’use quelques fois. On fatigue. On se surprend à être agacé du manque de progrès d’un patient. On constate qu’on n’a pas envie de voir tel autre patient.
Et toutes ces choses qu’on ressent qui viennent perturber la relation restent là en suspens sans pouvoir être discutées.

Il faut consulter, faire du chiffre, « de l’activité ».
Or comme je le disais, nous ne sommes pas plus surhumains que les autres.

Tiens anecdote révélatrice.
Dernièrement, un enfant est décédé subitement dans le service.
Les parents évidemment étaient très choqués. C’est arrivé un dimanche, jour, ô honte, sans psychologue. Le service a réussi à trouver une toute jeune psychiatre qui est allé voir les parents.
Moi et mes collègues avons entendu ensuite pas mal de critiques par les médecins : qu’il n’y avait pas de psys et que ce fut à la pauvre psychiatre de s’y coller. Que ce fut trop lourd pour elle Vous vous rendez compte, des parents endeuillés, choqués. Elle a du mal à encaisser. Elle est pas bien depuis.

Choses tout à fait entendables et compréhensibles. Sauf que…

C’est notre quotidien à nous les psychologues du service. Et jamais un médecin ne m’a demandé à moi ou mes collègues si on tenait le coup. Jamais personne ne s’est inquiété de savoir quelle répercussion a pu avoir une consultation sur nous.
Et pourtant, jeunes diplômés, on nous balançait aussi dans l’arène sans hésitation, puisque le psychologue « il sait gérer ».
Avec l’impression qu’on peut faire ça tout le temps, sans répercussion aucune.

Je ne sais pas ce qui s’est passé pour Psyblog et d’ailleurs, ça ne me regarde pas.

Je pensais juste de façon générale au rôle du psychologue et au fait que, pour pouvoir faire ce métier bien et sans répercussion, il fallait avoir à côté du temps.
Du temps pour soi, personnel, une vie de famille, des amis, des activités.
Du temps pour soi, professionnel, avec du temps pour débriefer, réfléchir à nos difficultés, nos ressentis, prendre du recul.
Or c’est ça que je reproche à l’administration hospitalière : nous envoyer au front sans nous laisser la possibilité de nous protéger de ce qui s’y passe.

Ceci dit, je ne veux pas vous inquiéter ! Nous sommes mobilisés, et les temps de paroles, informels pour le coup, sont là. Et on ne lâche pas nos revendications !!

15:42 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (37) | |  Facebook

Commentaires

"Dernièrement, un enfant est décédé subitement dans le service.
Les parents évidemment étaient très choqués. C’est arrivé un dimanche, jour, ô honte, sans psychologue. Le service a réussi à trouver une toute jeune psychiatre qui est allé voir les parents."
Autant te dire que si la jeune psychiatre, ça avait été moi, je n'aurais pas déféré à cette demande abusive. Sauf erreur de ma part, se sentir mal/choqué/effondré après la perte d'un enfant n'a rien de pathologique. Donc pas d'intérêt à voir les parents dans l'urgence. La douleur d'autrui ne doit pas nous conduire à laisser les émotions prendre le pas sur la raison, surtout pas nous.

Écrit par : Dr YannnSud | 20/06/2012

Effectivement ça paraît dingue de l'extérieur qu'il n'y ait pas de supervision, de groupe de "debriefing" ou je ne sais quel autre titre.
C'est vrai que trop souvent on a tendance à penser que le psy va forcément bien, c'est Superman il peut tout entendre, tout voir et ensuite rentrer chez lui tranquillou...

Peut-être que ça existe ce genre de psys mais pour le coup ils doivent être mauvais à mon avis, un psy totalement insensible ne peut , à mon sens, pas être un bon psy, amener une relation de confiance avec le patient.

Il exprime vraiment bien les choses ton article, tu avais peur de faire trop "le psy qui se plaint" mais pas du tout, car tu le dis bien également, si toi ou tes collègues êtes trop touchés sans pouvoir en parler, ça se répercute sur vos patients ...donc c'est loin d'être uniquement pour le "confort" des psys ces supervisions et debriefing qui devraient exister.

Prends soin de toi frérot ;)

Écrit par : Opale | 20/06/2012

@YannnSud Tu as bien raison sur le fond. Un décès en lui même, ca n'appelle pas forcement une consultation psy. Et encore moins dans l'immédiat du décès !
Sauf que chez nous, dès qu'une larme pointe le bout de son nez, c'est "Ohhhhh vite un psy". L'infirmière botte en touche. Le pédiatre botte en touche.
C'est pourtant leur role aussi, d'accompagner, surtout dans l'immédiat où aucun travaille psy réél ne peut avoir lieu.
Moi et mes collègues on a expliqué. Rééxpliquer.
Que certaines souffrances font partie de la vie malheureusement et n'appelle pas forcement le psy. Qu'on n'a pas à tout pathologiser. Que le psy ne pourra pas gommer toute détresse dans un service médical.
Mais il y a chez nous comme quelque chose d'insupportable face à la souffrance. Et un activisme non stop qui fait "qu'il faut faire quelque chose", à tout prix. Donc appeler le psy.
Pour rassurer qui au final ? Beaucoup plus le pédiatre que le patient !
Le psy est un pansement pour le service...

Écrit par : spyko | 20/06/2012

@Opale Oui demander des supervisions, c'est pour que le psy tienne le coup, mais surtout pour qu'il fasse bien son boulot Qu'il sache ajuster son ressenti, son travail, qu'il puisse prendre du recul face au patient.
C'est pas juste, comme l'administration semble le croire, demander du temps pour bla-blater autour d'un café.
C'est un vrai travail de fond, professionnel et très utile

Écrit par : spyko | 20/06/2012

J'ai qu'un truc à dire (puisque ce n'est pas mon domaine): courage ._.

Écrit par : Mottate | 20/06/2012

Mais le psy n'est en rien obligé d'accepter le rôle qu'on s'efforce de lui assigner s'il lui paraît inadapté. Concrètement dans ma modeste expérience, souvent le fait d'éclaircir la demande (qu'est-ce que vous attendez de la consult ? quel serait son objectif ?) faisait tomber la demande abusive (ou me faisait comprendre qu'elle n'était pas si abusive qu'elle semblait au 1er abord)

Écrit par : Dr YannnSud | 20/06/2012

D'après mes (maigres) lectures de blogs d'internes en médecine ou chirurgie, et de ce que j'en ai compris, il semblerait qu'il y ait des séances de débriefing lorsque l'équipe "de nuit" transmet les patients à l'équipe "de jour" ou quelque chose comme ça...
N'y a-t-il pas ça dans votre hôpital / votre service ?

(il se peut aussi que ces réunions et celles que vous souhaitez n'aient rien à voir)

Écrit par : Marion V | 20/06/2012

Je soutien à 100% votre combat! Ces revendications sont plus que normales, justifiées et nécessaires pour le bien être de tous, patients et soignants! Courage Courage!!!

Écrit par : Karrijini | 20/06/2012

Hello

Je rejoins tout à fait Yann sur la consultation abusive du dimanche, le mal-être des parents suite à un décès n'a rien de pathologique sauf passage à l'acte imminent ou quelque chose du genre, il faut aussi apprendre à respecter cela (pas toi bien évidement), le mal-être des autres nous renvoie le notre. La tristesse d'un cancer n'est pas pathologique.

Les psy chez nous sont deux elles peuvent en parler mais au final en parle assez peu entre elle mais plutôt avec nous, les autres membres: autres visions autres problèmes des solutions mutuelles apportés, un café sur la terrasse après une garde dehors à discuter, c'est rien, mais ça fait du bien, ça brise ce silence, ce poids.

Comme tu le dis l'activité à la performance a l'acte de l’hôpital nous fait tourner la tête et nous amène vers l'individualité, il faut se battre contre ça. La fatigue psychologique est elle la même que la fatigue physique, récupère-t-on de la même manière, je ne crois pas...on nous fait croire que si.

Nous avons tous un joli métier, tourné vers l'autre, l’hôpital restant (et j'y crois) le creuset de l'intelligence dévoué au bien-être de l'autre. Si dans cette épreuve tu as ressenti la peur d'un isolement à ne pas savoir avec qui partager...les coudes sont parfois là pour être serrés ;)

Bon courage à sa famille, bon courage a toi

Zorro

Écrit par : ragou37 | 21/06/2012

je vous rejoins tout à fait dans vos ressentis.
Je ne suis pas psy mais AMP, j'accompagne des personnes atteintes d'alzheimer.
Je suis formée pour "gérer" (les crises, les périodes de régression, la relation et tout ce que la personne peut projeter dedans..etc). N'empêche, c'est dur. Dur de recevoir et de contenir toute l'angoisse des personnes malades, celle de leur famille, dur de voir mourir une personne. Oui, même si c'est de son âge, même si c'est la vie, même si ce boulot je l'ai choisi. Il y a des situtations qui font parfois "écho" avec mon vécu ou mes propres angoisses. il y a des jours où je trouve la vie franchement dégueulasse. Bref, je "gère", et j'éprouve beaucoup de plaisir à rencontrer et travailler auprès d'humains. Mais je suis vivante et je ressens, je réagis, j'ai besoin de partager et d'être écoutée aussi, comme tout le monde. C'est vrai que l'hôpital est de moins en moins "humain"..si vos collègues ne vous reconnaissent pas toujours comme humain, c'est peut-être qu'eux aussi ne se reconnaissent pas toujours le droit d'être entendu à d'autres niveaux
bien à vous

Écrit par : libellule | 21/06/2012

le fait de reconnaître que vous n'êtes pas SuperPsy fait de vous un SuperHomme.

Écrit par : maosmaca | 21/06/2012

Plusieurs réactions à la lecture de ton billet.

1 - Savez-vous que la prochaine version du DSM a déjà provoqué une controverse dans les milieux psychiatrique, puisqu'il s'agissait de faire du deuil une pathologie pour justifier la prescription de psychotropes? Ce que tu évoque est totalement dans l'air du temps : un glissement dangereux de la notion de pathologique. Est pathologique non pas ce qui ne relève pas du fonctionnement normal de l'humain soit sur le plan physique ou psychique... Mais aussi toute souffrance découlant du processus pourtant "normal". Souffrir quand on perd un être cher (à plus forte raison un enfant) c'est une réaction normale... Ne pas se sentir super à l'aise quand on a ses règles non plus... Et pourtant il semblerait que le prochain DSM prévoit d'ériger le "stress prémenstruel" au statut de maladie mentale pour justifier que l'on puisse donner une seconde vie au Prozac (sous un autre nom), depuis qu'on a décidé scientifiquement qu'il était nul pour soigner la dépression (alors qu'on avait démontré tout aussi scientifiquement que c'était la panacée au moment de sa sortie)...

Combien de fois part on du principe qu'il faut proposer des rendez-vous psy à des enfants quand Mamie Huguette a la distraction de décéder à 98 ans? Ou qu'il faut leur proposer systématiquement un suivi psy quand leurs parents divorcent bien que l'enfant ne manifeste pas d'autres symptômes que sa tristesse à voir sa cellule familiale éclater?

En plus... Même chose que lors d'un long et pénible débat qui a déjà eu lieu au sujet de la question de savoir s'il convient ou non d'imposer un RV psy à des gens qui ne l'ont pas demandé... Tu ne précises pas si les parents demandaient quelque chose si ce n'est qu'on puisse leur rendre leur enfant (le psy ne pourra pas mieux faire que les médecins sur ce coup là)... Ou éventuellement un peu de chimie pour les assommer (figures-toi que ça je pourrais très bien le comprendre qu'ils veuillent quelques comprimés d'Abrutil 200mg histoire de moins ressentir leur douleur), mais ça c'est plus du ressors de la psychiatre si je ne m'abuse...

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2 - De là on en vient à une totale méconnaissance de la réelle place du psy dans les institutions à partir d'une méconnaissance grave et entretenue de ce qu'est la réalité de son champ de compétence.

Le genre de situation que tu évoques, c'est la patate chaude qu'on se refile toujours dans un service. Personne ne peut changer une réalité devenue atroce... Alors personne ne pense que d'accueillir la douleur de ces parents n'est de son registre... Alors on balance ça vers le psy parce qu'on considère que c'est son job.

Et ben non... Le job du psy ce n'est pas d'être réceptacle de la souffrance de ses patients. Même si quand nous recevons des gens, ils nous parlent de leurs souffrances... Ce n'est pas "juste" pour être un déversoir que nous les recevons! Combien de fois ai-je déjà entendu dire à des gens qu'on m'adressait "vas chez le psy... ça te permettra de déposer tes valises"... Comme si le fait de parler de ce qui fait mal suffisait à le faire disparaître! Le pire c'est que comme ça ne suffit pas, ces patients là repartent au bout de quelques séances en nous reprochant le fait que ça n'a servi à rien et qu'ils souffrent toujours autant. Et que les psys... ça ne sert à rien.

Evidemment, si on leur raconte que le psy ça sert juste à déposer sa souffrance chez lui pour en repartir libéré de toute douleur... Pas étonnant qu'ils ressortent de là déçus!

Notre job, c'est de les accompagner dans une compréhension de leurs problématiques psychiques personnelles que les incidents de vie peuvent faire (mais pas automatiquement) décompenser. Si un deuil devient l'occasion du déclanchement d'une névrose... Oui c'est du registre du psy... Si une maladie, un divorce, une perte d'emploi vient secouer l'équilibre préalablement fragile d'une personne du fait de ses difficultés structurales de personnalité... Oui, c'est notre travail que d'aider la personne à rétablir son équilibre... Mais nous n'avons pas à intervenir avant qu'une vraie pathologie psychique soit là.

Le deuil, les règles, le chômage, un cancer... C'est de la souffance oui... Mais pas une maladie mentale... Et on ne peut pas savoir si ces incidents de vie vont appeler une pathologie au moment de l'annonce d'un décès ou d'un diagnostic.

Le psy ne ressucite pas les morts, ne fait pas oublier qu'on les a connu... Il ne fait pas oublier un viol ou des maltraitances... Il ne reconstruit pas un sein, un organe ou un membre amputé... Il ne protège personne de la mort... Et il ne fait pas des règles un truc marrant...

Dit comme ça, ça parraît évident... N'empêche que... Dès que quelqu'un pleure... Hop, on nous le refile! Sans se préoccuper de savoir s'il veut nous voir... Ou si ses larmes sont normales ou non eu égard aux circonstances...

Le problème c'est qu'il y a toujours des collègues psys près à accepter de répondre à de telles commandes à côté de la plaque... Parce qu'il faut bien bosser...

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3 - C'est aussi une spécialité des établissements : on veut un psy sous la main à toute heure... Mais on ne veut pas le payer. Au delà du salaire misérable du psy débutant dans la fonction publique (1200 euros après 5 ans d'études universitaires minimum, auxquelles s'ajoute je ne sais combien de formations complémentaires payées à prix d'or et sur nos prorpes deniers)... Combien de collègue embauché(e)s et payé(e)s à mi-temps font du 75% de peur de perdre leur job si elles refusent de rester après l'heure... Combien de collègues à temps plein à qui on refuse leur temps de formation, ou à qui on demande de travailler même pendant leur pause déjeuner qu'on ne paiera pas... Combien de collègues en sont réduits à cumulés les heures sup non payées...

Bouh! Et ce salaud de psy ingrat qui s'obstine à ne pas vouloir venir travailler le week-end alors qu'on lui fait déjà faire 50 heures par semaine au lieux de 35!!!

Moi on m'a récemment fait le coup de me demander de prendre des patients d'une collègue en plus des miens, parce que certains soignants de son équipe la trouvent peu fiable... Et on n'a pas compris que je dise non... Ben tiens... En plus, mon institution ne me fournira même pas mon lit de camps pour dormir sur place...

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Bref... Ma conclusion... Ce n'est pas tant que notre métier soit plus éprouvant ou qu'il soit plus éprouvant dans certains lieux que dans d'autres(je pense que les psys d'hôpitaux voient des situations très dures... mais crois moi, ceux du champ socio éducatif public, ou ceux de la PJJ, sont logés à la même enseigne...) C'est surtout qu'on nous demande souvent de travailler à contre emploi... De répondre à des attentes qui n'ont en réalité rien à voir avec la réalité de notre champ de compétence dont personne ne veut rien savoir au point que certains psys finissent par se fourvoyer eux-mêmes... Il n'y a qu'à voir ces collègues qui proposent aujourd'hui des thérapies par téléphone (à 2 euros la minute c'est trois fois plus cher qu'en cabinet, qu'on se le dise...) soi disant parce que ça correspond à une demande dont on n'interroge pas la légitimité... d'autant que ça permet de faire des économies de loyers professionnels, de mobilier, et de certaines autres taxes... Le pire c'est de voir des psys qui se disent orientés par la psychanalise proposer des trucs pareils... Une honte... On dirait qu'ils ont oublié totalement ce que signifie le mot de transfert pourtant à la base de leur prétendue clinique... Ou alors on en voit d'autres qui sans rougir te disent qu'ils font à la fois de la systémie, des TCC, de la psychogénéalogie, de la sophrologie, et de la psychanalyse en fonction "des circonstances", en oubliant qu'ils se réfèrent donc à des approches incompatibles les uns avec les autres...

Enfin bref... Non seulment on nous demande de travailler à contre emploi, mais sans aucune reconnaissance financière ou statutaire... Dans un monde qui entre dans une considération totalement inflationniste du pathologique, pour des raisons mercantiles, sécuritaires... ou... qui tiennent à une évolution de la culture occidentale qui va dans le refus de toute castration et pose tout désir comme devant toujours être légitimement réalisé sans se préoccuper des ravages que cela provoque.

C'est ça qui est insupportable en vrai.

Écrit par : Jack | 21/06/2012

En quoi la rencontre de parents endeuillés serait-elle plus oourde pour une psychiatre que pour un psychologue? La profession de psychiatre est bien celle d'un médecin qui a dont du voir plein de choses pas beau, difficiles pendant ces études, non?!

Partout, la même chose du rendement, du CA et le humanisme n'en fait pas partie, dans notre moderne fou puisque marchant sur la tête.


Courage à tous et peut-être un jour...

Bonne journée

Écrit par : Chantal | 21/06/2012

@Jack: "- je vous cite: Savez-vous que la prochaine version du DSM a déjà provoqué une controverse dans les milieux psychiatrique, puisqu'il s'agissait de faire du deuil une pathologie pour justifier la prescription de psychotropes?"

Veut-on vraiment aller jusque là? Veut-on alors transformer tout sentiment, comportemnet humain qui "gêne" un peu le fluide de la marche de la société en maladie psychiatrique?! N'est-ca pas allez un peu lin et surtout nier ce que différencier l'Humian de tout être vivant?

Mais pour le deuil c'est vrai en pleurer est mal vu. J'ai eu l#expérience en 1997. Pourtant pleurer peut soulager et fait parti intégrante de la vie et surtout de l'Homme.

Bonne soirée

Écrit par : Chantal | 21/06/2012

Bonsoir,
Votre histoire sur le décès me fait réagir et je vous rejoints sur les représentations que l'on se fait du psychologue... Jeune diplômée, je travail dans une clinique à temps partiel. 15 jours après mon embauche, je me pointe un lundi à la clinique, où le médecin m'attend pour m'indiquer que la fille d'une patiente était décédée dans un accident de voiture il y a 4 jours et m'annonce tout fière que absolument personne n'a prévenu la patiente, en effet ils m'attendaient pour gérer ça....Il a pas compris ma réaction, où je tentais de lui faire comprendre l’aberration de ce comportement... Autre épisode, la direction a fortement insisté pour que je vienne travailler tous les jours (sauf le weekend) même si je suis à temps partiel après l'annonce d'un décès où l'équipe s'est senti démunie et où j'étais en repos...Obligé de se battre pour faire comprendre son rôle... pas évident. Et oui je confirme, difficile de faire comprendre à certains collègues que oui nous aussi on peut être retourné par un entretien très chargé émotionellemment...ou que non on est pas non plus des "détecteurs de mensonges sur pattes"...

Écrit par : maya | 21/06/2012

Les vocations de psy (-chologues ou -chiatres) n'ont elles pas aussi les origines dans des blessures personnelles ou celles de vos proches qui vous poussent inconsciement à réparer en aidant les autres ?

Cela fait de vous des hyper sensibles, biais de sélection de départ, condition indispensable surement. Les fêlures de certains étant parfois plus profondes et pouvant se rouvrir sans prévenir.
Devenir psy n'est ce pas aussi une façon de se guérir soit ?

Écrit par : renarde | 22/06/2012

"Devenir psy n'est ce pas aussi une façon de se guérir soit ?"

Encore un joli poncif qui a la vie dure et qui a le don de m'énerver sacrément tant il donne dans la généralisation souvent abusivement abusive. Et je pèse mes mots...

TOUT LE MONDE a des blessures. Cela inclu donc les psys, certes... Mais il serait urgent que les gens comprennent enfin que les psys n'ont pas le monopole de la souffrance psychique... Cela dit... C'est souvent plus facile de se dire que c'est les psys qui vont mal, plutôt que de regarder en face ce qu'il en est de ses propres blessures... Or comme par hasard dans 99% des cas, les gens que j'ai entendu dire ce genre de chose étaient les derniers à vouloir aller consulter et à regarder en face qu'eux aussi avaient leur points douloureux et qui s'en justifiaient en posant en substance qu'ils ne voyaient pas comment quelqu'un de plus taré qu'eux pouvait les aider.

Or donc... Je refuse énergiquement ce cliché qui voudrait que les psys soient plus "sensibles" que la moyenne... Ils le ne sont ni plus ni moins que la plupart des gens... Ce qui les différencie c'est qu'il ont fait ce choix professionnel parce que la prise de conscience qu'ils ont pu avoir de la question de la souffrance psychique et de l'énigme que cela pouvait représenter à leurs yeux, les a suffisamment intéressé pour ça... Et puis... Bon... Ils avaient aussi les moyens intellectuels qui vont avec pour valider leurs études et décrocher leur diplôme... Ben ouais... La "sensibilité" et les "souffrances personnelles" ne suffisent pas...

Alors... Si je n'exclue pas que certains psys soient loin d'avoir réglé leurs propres difficultés (mais je le répète encore... qui n'en a pas?), ou que certains d'entre eux sont peut-être particulièrement fragiles (comme il y a des gens psychiquement fragiles dans ous les corps de métier), je trouve TRES pénible ces généralisations à l'emporte pièce qui tendraient implicitement à situer la fragilité surtout du côté de celui qui est censé aider à la restaurer... pour mieux l'invalider défensivement.

Écrit par : Jack | 22/06/2012

@Chantal : allez donc lire le livre trsè séreux, documenté et référencé de Christopher Lane "Comment les laboratoires pharmaceutiques ont médicalisé nos émotions"*. Vous y comprendrez comment le DSM a fait de la timidité une maladie mentale diagnostiquée de diverses manières (trouble de l'affirmation de soi, inhibition sociale etc...) afin de mieux vendre du médoc et certaines "thérapies" rééducatives. Il y annonce le projet de pathologisation du stress menstruel... Et actuellement le monde de la psychiatrie ne cesse de parler du statut de pathologie que le DSM veut donner au deuil**...

OUI! On en est arrivé là...

* http://www.scienceshumaines.com/comment-la-psychiatrie-et-l-industrie-pharmaceutique-ont-medicalise-nos-emotions_fr_23573.html

** http://www.medscape.fr/humeur/articles/1362913/

Écrit par : jack | 22/06/2012

Il me semble important, en effet, de vous protéger en prenant le temps d'échanger avec vos collègues. Vous êtes humains et eux-aussi.
A mon avis, vous avez tous intérêts à installer ces moments là. Cependant, comme partout, de plus en plus, le temps est compté, tout est minuté.
Je vous souhaite d'y parvenir. Et, en attendant, prenez soin de vous !
@bientôt.

Écrit par : Chab'instit | 22/06/2012

je retrouve bien dans votre article le mode de fonctionnement de certains services de l'hôpital où je travaille: la nécessité d'avoir un psy à disposition pour pouvoir gérer les "urgences", la demande du patient n'est pas prise en compte, refiler au psy le patient parce que ça lui fera du bien de parler un peu (limite si on ne rajoute pas qu'il s'ennuie alors ça lui fera passer un peu de temps)...

Écrit par : claire | 23/06/2012

Je comprends si bien ce que vous décrivez .
Je suis médecin généraliste et je travaille depuis 17 ans dans un hôpital de jour d'onco-hématologie qui voit passer 40 à 50 patients par jour de 7h30 à 19h00 .le maître mot est la RENTABILITE : 45 patients pour 22 lits , ce sont les objectifs fixés par l'administration que nous n'avons aucun mal à tenir car les patients arrivent en masse pour des chimiothérapies diverses adjuvantes ou palliatives .Tout doit être réglé durant les 4 ou 5 heures où ils séjournent dans nos lits , tout se fait donc dans l'urgence .Il faut être efficace comme si on réglait la mise en boite de filets de sardines !La charge émotive est lourde et nous adressons les patients qui nous semblent les plus en détresse à la jeune onco psy qui tourne sur plusieurs services et dont le travail est remarquable .
Alors qu'un jour je sortais d'une chambre , passablement bouleversée , je lui ai demandais comment elle allait et comment elle faisait pour tenir .Elle m'a répondu qu'en ce moment , elle voyait son superviseur 1 fois/semaine !Cela m'a soulageait , moi qui vais "vidanger" toutes les 2 ou 3 semaines mon trop plein d'émotions mal digérées chez un psy en ville pour arriver à rester fréquentable à la maison , auprès de mon mari et de nos 4 gosses .Personne ne se pose jamais les questions que vous soulevez ici .Merci

Écrit par : la fée faribole | 23/06/2012

MERCI...

Écrit par : Heloise | 23/06/2012

Autrefois toutes les souffrances passagères étaient prises en charge par les familles, il semblerait donc que les psys. sont poussés malgré eux à se substituer au rôle que tenaient les membres de la famille qui à mon sens sont le plus indiqués pour toute souffrance non pathologique. De la même façon dans la société actuelle, les parents ne tiennent plus leur rôle d'éducateur, il y a une démission engendrant des souffrances, on voudrait que les enseignants et les psys. tiennent ce rôle. A ce train là nous allons vers des catastrophes humaines pour les générations futures, mais c'est pas grave on persiste et signe dans ces erreurs.
Ce post résume bien une partie des absurdités dans lesquelles l'humanité est précipitée et pour toutes les autres absurdités, le psy devra s'y coller comme par exemple la souffrance au travail par harcèlement qui prend une certaine ampleur, dont on connait le vecteur mais plutôt que de traiter le mal à la racine, c'est à dire s'occuper du ou des harceleurs on préfère envoyer le souffrant chez le spy.
Maintenant les boîtes se mettent à créer leur cellule harcèlement pour endiguer la souffrance au travail et éviter les suicides, du travail en perspectives pour les psys. qui auront les pieds et poings liés sur ce coup là car le fond du problème sera occulté.

Écrit par : Totem | 23/06/2012

@Totem: Même si le manque de moyen dans les institutions peut avoir des conséquences pénibles pour ceux qui essaient d'y travailler, et pour les patients... Le problème du harcèlement s'éloigne beaucoup du sujet initial et de cette problématique. Le manque de moyens ou la méconaissance entretenue des réalités du champ de compétences d'un professionnel n'a rien à voir avec le harcèlement.

Au risque de faire ruer dans les brancars... Je dois même dire en tant que psy... Que bien souvent, le fait d'adresser les personnes se disant harcelées chez le psy, est loin d'être un luxe.

D'une part parce quand elles sont réellement harcelées, ces personnes ont réellement besoin d'une aide pour remonter la pente...

Et d'autre part, surtout parce qu'il arrive hélas très souvent (c'est d'ailleurs tellement fréquent que c'est ça qui fragilise d'emblée la crédibilité de toute plainte pour harcèlement) que certaines personnes se sentent harcelées quand on leur rappelle certaines limites qu'elles transgressent en permanence, ou quand on se contente de leur rappeler quelles sont les attentes professionnelles légitimes qu'on est en droit d'avoir à leur égard... et qu'elles ne sont pas en mesure de tenir, du fait de leurs propres fragilités personnelles.

Et oui... Des sujets au narcissisme fragile se sentent facilement persécutés pour pas grand chose, ou s'entretiennent dans une identification à la position de victime dont elle jouissent en dehors de toute réalité... Je passe sur les personnes intolérantes à tout cadre ou à toute frustration qui voient une attaque personnelle dans le moindre rappel à l'ordre...

Des personnes se prétendant harcelées parce qu'on est obligé TOUS les matins de leur rappeler qu'ils sont censés être sur leur poste de travail une heure plus tôt, et parce qu'on leur refuse de partir une heure plus tôt le soir une à deux fois par semaine... Et à qui on est obligé de rappeler que les pauses déjeuner de deux heures, et les pauses cigarette de trente minutes trois fois par demi-journée c'est un peu exagéré... Et bien figurez vous qu'il y en a un paquet!

Comment se fait-il par ailleurs que certaines personnes se disent écrasées de travail par un employeur nécessairement malveillant là où... tous la quasi totalité de leurs autres collègues s'en sortent avec 20% de travail de plus que ces personnes?

Je passe sur la définition littéralement délirante que certaines personnes peuvent avoir de la notion de harcèlement sexuel, ou sur le fait que d'autres se sentent juste harcelées parce que vous leur demandez de taper un rapport urgent même lorsque c'est dans leur fiche de poste...

Qu'il y ait de la souffrance au travail c'est un fait... Mais on a vite fait de diaboliser le travail ou son contexte (ce qui n'exclue pas que certains contextes de travail soient particulièrement malsains évidement) pour poser que c'est lui qui rend malade, en évacuant très rapidement ce qu'il peut en être des fragilités préalables de la personne.

C'est pour ces raisons qu'afin d'éviter des contentieux destructeurs et de longues et violentes procédures et pour l'entreprise et pour le salarié (certaines plaintes pour harcèlement mettent surtout en lumière la pathologie du plaignant au travers des expertises ce qui n'en fait qu'en rajouter à leur douleur), que ce genre de cellule de gestion des risques psycho-sociaux se mettent en place afin de traiter ce genre de problèmes en amont de toute procédure disciplinaires ou judiciaire justifiée.

Les psys n'ont pas nécessairement les poings et les pieds liés dans ce genre de missions quand ils acceptent d'y participer. Je ne sais pas s'ils ont toujours les moyens matériel de bien faire leur travail (temps, locaux adaptés, matériel etc...)... Si ils sont assez nombreux... S'ils sont payés correctement... Comme dans toute structure où ils travaillent... Mais de là à dire que c'est pour mieux étouffer la réalité du problème... C'est aller un peu vite.

Je trouve de ce fait urgent de veiller à se sortir de ce discours facile et très clivé qui dénoncerait de façon systématique un salaud de "désigné harceleur" qui serait protégé par le système contre une pauvre "victime harcelée" qui n'irait mal qu'à cause du travail. Parce que la réalité clinique que nous percevons de ces situations est infiniment plus complexe que cela.

Écrit par : Jack | 25/06/2012

Quelques réactions en vrac:
-Libellule, bon sang vous êtes AMP alors ne le prenez pas mal mais non, vous n'êtes certainement pas "formée" pour gérer les affects. Un doctorat est à peine suffisant alors un cap, sur un métier aussi flou... Vous avez surement des qualités personnelles comme beaucoup mais non vous n'avez aucune formation psychologique, qu'on se le dise.

- Ensuite et oui le "faire", tellement confortable. Combien de soignants assument ou assumeraient de dire vraiment "on ne peut rien faire" ou "il n'y a rien à faire". Le pire c'est que cette situation absurde met la pression aux patients qui croient que la "norme" l'attente sociale est d'être neutre et froid. Ça me fait penser en néonat quand une jeune mère s'excusait de pleurer... et qui m'a regardé comme un zombi quand je lui ai dit "il y a 4 jours vous étiez enceinte et attendait un heureux événements, vous vous retrouvez d'un coup mère et propulsée entre la vie et la mort d'un enfant sans aucune préparation, sans rien avoir vu venir, alors oui pleurer me semble assez logique". La mort et les pleurs ne sont pas toujours des échecs pour des soignants... Mais ça, avant que ca passe dans les mœurs, je serais à la retraite ;)))

-Enfin psycho je m'étonne, rassure moi, tu es suivi de façon perso non? Tu fais des debriefs, au moins pour dénouer les nœuds du contre transfert? Sinon euh... je te le conseille ;)) Quant au suivi d'équipe par un psy, personnellement j'ai toujours été septique parce que ça me semble une oxymore psy et équipe... Et je pense qu'il faudrait trouver autre chose...Mais bon enfin, je dis ça je dis rien ;))

Des bises mon ami

yann

Écrit par : yann | 01/07/2012

Pour nous, les travailleurs sociaux, c'est un peu le même combat, il faut gérer l'ingérable, accompagner des personnes parfois dans des situations dramatiques et tout ça bien entendu avec un nombre d'accompagnement sans cesse en hausse et aucune soupape pour relâcher la pression, pas de supervision, pas de temps d'échange sur les situations...C'est bien dommage.

Écrit par : Ornella | 05/07/2012

Petite réponse, tardive à Marion V:
Ce que vous évoquez, ils me semble sont les "transmissions"! Il y en a effet entre les équipes de nuit et de jour, mais aussi entre deux équipes de jour qui se relaient...
Elles servent à donner les informations nécessaires à l'équipe qui va prendre le relais de soin auprès des patients... Elles n'ont rien à voir avec un "débriefing" ou une supervision!
Bon, parfois, pour ma part, je me permet de me défouler un peu de quelques dialogues de sourds dont j'ai souffert pendant le temps de travail (notamment sur le versant "éducation thérapeutique") mais c'est très informel!

Une infirmière

Écrit par : Céline | 11/08/2012

Salut.
J’ai toujours rêvé d’être psychologue mais je suis aujourd’hui professeur et je peux vous assurer que nous galérons aussi dans ce domaine. J’ai rencontré plusieurs situations que vous n’imaginerez même pas. Il faut énormément de patience et beaucoup de courage.
Au revoir.

Écrit par : Anne Marie | 17/08/2012

Un décès n'est jamais facile accepter ou à faire accepter.
Je vous souhaite beaucoup de courage pour votre situation.

Écrit par : Charrier | 29/08/2012

MERCIIII :)
Tu as lu le bouquin de Roland Gori : "La santé totalitaire" ?
Je crois que le job de psy à l'hôpital (adultes ou enfants) est bien un des plus exigeant tant nous devons sans cesse encaisser et défendre nos positions et objectifs...

Écrit par : teff | 11/09/2012

@ teff :

On a TOUJOURS l'impression que c'est pire chez soi... et forcément plus facile ailleurs. De poser comme vous le faites que c'est plus exigeant à l'hôpital qu'ailleurs est certainement très flatteur pour ceux qui y travaillent... Mais c'est aussi très peu respectueux des collègues qui travaillent ailleurs et dont vous semblez manifestement ignorer les réalités d'exercice.

Pour votre information personnelle... Si vous allez demander à nos collègues psys de la PJJ, ou intervenant dans les foyers socio-éducatifs... Auprès de bénéficiares du RMI... Club de prévention... Dans les points écoute jeune... Dans les écoles en ZEP... En réussite éducative, AEMO, prévention, que ce soit en associatif subventionné ou en structures publiques ou toute autre structure du secteur social touchant de près les misères humaines... Je peux vous assurer qu'ils voient eux aussi des situations bien lourdes, et bien violentes aussi... Et pas une de temps en temps... C'est leur QUOTIDIEN également.

Et ce, dans un contexte institutionnel tout aussi pesant (je ne sais pas ce que Gori qualifie de totalitaire dans le système de santé, mais qu'il se rassure dans le secteur socio-éducatif les objectifs normatifs et économiques sont également très très présents et très pesants)...

Psychoses non traitées, troubles graves de la personnalité (il n'y en a pas qu'à l'hôpital!!! Figurez-vous que tout le monde ne se soigne pas, et que même ceux qui se soignent font appel aussi à d'autres services!!!), meurtre, inceste, violences conjugales, acculturation, chômage, précarité, expulsions, abandons d'enfants, maltraitances, défaut de soins ou d'éducation, prostitution, délinquance des majeurs et des mineurs, défauts de papiers, abus de faiblesse ou de personnes vulnérables, viols, handicap physique ou mental, pathologies chroniques graves etc... La liste n'est hélas pas exhaustive...

Sachant qu'au sein des services publics ou associatifes où travaillent ces collègues... Ils le font aussi sur des statuts souvent précaires, risquant de perdre leur poste s'ils questionnent trop le sens de certaines commandes parfois pas toujours très compatibles avec les réalités de leur éthique... Que ces services sont souvent en sous-effectifs par mesure d'économie (c'est encore plus aigu dans l'associatif où les subventions se réduisent d'années en années!) et ne disposent pas toujours des personnels dont ils ont besoin... Au point que des psys finissent même par avoir des tâches administratives en plus de leur travail clinique... Qu'ils n'ont pas toujours le matériel de base nécessaire... Voire souvent pas de bureau... Doivent parfois travailler avec leur propre véhicule, sans remboursements de frais (quand on sait ce qu'ils sont payés... c'est honteux).

Les psys qui travaillent ailleurs qu'à l'hôpital ont eux aussi à faire avec les situations humaines les plus extrêmes et dans un contexte institutionnel loin d'être simple. Ils en bavent tout autant. Nous faisons tous un métier difficile où que nous soyons. Et je pense que l'unité dont notre profession à besoin ne peut être que menacée par le fait que certains puissent penser faire valoir en public que leur travail est plus dur que celui d'autres collègues... ce qui implicitement signifierait que certains seraient plus méritants que d'autres...

Écrit par : Jack | 14/09/2012

Hello mister Jack,
Vous voilà revenu et en pleine forme je vois ;)

Est ce que l'hôpital est pire qu'ailleurs pour le psy ? Non je n'ai pas voulu dire ça. J'ai peut être été maladroit dans mes formulations, je voulais juste pointer ce qui était difficile dans l'exercice à l'hôpital et pas dire qu'ailleurs, on travaille la fleur au fusil.
Mais j'ai beau relire, je ne vois pas où je me comparerais à mes autres collègues psy ? Je dis certes que mon boulot est dur, je ne compare pas avec les autres psychologues ?

De toute façon, quand on est psy, on se coltine la souffrance, la peur, la tristesse...

C'est vrai que je dis à un moment "surtout à l'hôpital". C'était davantage pour pointer les cotés les plus difficiles que pour dénigrer, soyez en certain !

A bientôt en tout cas.

Écrit par : spyko | 17/09/2012

@ Spyko,

Bonjour,

Heu... je crois qu'il y a une légère méprise. Mon précédent post s'adressait à Teff comme l'indique la mention @ teff: qui précède le développement de mon propos. C'est lui/elle qui écrivait "Je crois que le job de psy à l'hôpital (adultes ou enfants) est bien un des plus exigeant tant nous devons sans cesse encaisser et défendre nos positions et objectifs..."

Or donc, tu n'étais pas du tout visé par ce propos, et je ne faisais pas référence à quoi que ce soit que tu aurais pu dire.

Mais... Oui... Tu as raison sur ce point... Je suis en forme!

Toi aussi j'espère!

A bientôt.

Jack

Écrit par : Jack | 17/09/2012

Aie aie aie, mes traits paranoïaques sont dévoilés au grand jour...

Désolé !

Écrit par : spyko | 17/09/2012

j'ai souvent été surprise au cours de mes études par le détachement de certains médecins, notamment urgentistes, face à des situations de détresse de soignants engendrées par leur pratique.
J'ai deux exemples en tête.
Une de mes amies a eu un épisode de ras-le-bol total pendant son stage aux urgences. Elle arrive un matin dans son service, et s'effondre en larme en passant la porte. La réaction des médecins sur place a été: "rentre chez toi", ce qu'elle fait immédiatement. Le scénario se répète à l'identique le lendemain, puis le surlendemain, où finalement, elle s'entend dire: "rentre chez toi ET fais-toi arrêter". C'est un peu comme si on lui demandait de se barrer avec sa détresse, et surtout de ne pas aborder le sujet.
Le second exemple, je l'ai vécu moi-même, à une période où je faisais le trajet en train + vélo pour venir travailler dans un service d'urgences pédiatriques. Un matin, j'assiste à un suicide sur la voie ferrée. J'arrive plutôt déconfite et avec un certain retard au travail, où on me questionne sur le motif de mon retard et ma sale tête. Je me justifie succintement, et je reçois "ne nous raconte surtout rien, c'est trop dégueulasse, tu nous rejoindras bosser quand ça ira mieux".
On a l'impression d'être priés de devoir tout absorber sans sourcillier, sous peine de rejet!

Écrit par : armance | 10/11/2012

Bel article sur la solitude que nous éprouvons parfois, nous les psy. Et dire que parfois même nos proches nous prennent pour des psy avec armure increvable. Dur...

Écrit par : Co | 10/04/2013

Ah, j'avais oublié. Au cas où vous seriez interessés, je viens de créer un blog sur les psy, la vie, l'amour, la mort et les doutes.

Écrit par : Co | 10/04/2013

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