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26/10/2011

Juste écouter

Un petit article autour d’un mot lâché par inadvertance par un médecin du service.

Il m’appelle ce matin pour me demander de voir en urgence un patient et sa maman, qui sont suivis par une autre collègue psy.
Je lui explique donc que, si suivi il y a, il est plus logique d’attendre le retour de ma collègue pour éviter à la famille de répéter à nouveau son histoire à une autre personne, et pour tenir compte du travail déjà effectué avec l’autre psy (sans mentionner tous les aspects transférentiels qui ont pu se nouer également).
Le médecin se fait insistant car « la maman pleure ce matin ». Pour moi, ce n’est pas forcement un signe d’urgence psychologique…
On peut pleurer pour tout un tas de raisons et de malheurs dans la vie, sans forcement avoir besoin du psychologue à ce moment. Et heureusement.
Je n’ai pas eu besoin du psychologue pour surmonter par exemple les décès qui ont touché notre famille, quand bien même ils purent être difficiles.

Que la maman « craque » alors que son enfant est hospitalisé ne me semble pas pathologique en soi et ne pas être automatiquement une urgence. nécessitant l'envoi du psy sous les 10 minutes toutes sirènes hurlantes.
Je m’imagine moi, mon enfant hospitalisé en urgence :  j’ai peur, je craque et hop, on m’envoie le psy. J’avoue que bien que psychologue moi-même, je n’aimerais pas bien ça !

Bref, j’explique tout ça au médecin : existence d’un autre suivi psy, le fait que « craquer » ne veuille pas dire forcement consultation psy en urgence, etc…

Et là, il me lâche « Non, mais pas forcement une consultation longue alors. Je crois qu’elle a juste besoin d'être écoutée ».
Oooops.
Alors là, boum, ça touche un point sensible.
Mon métier ce n’est pas « Juste Ecouter »
Et ça m’agace quand on le résume à ça

Bien sur que l’écoute est primordiale.
Je veux dire la vraie écoute : l’écoute entière, non jugeante, qui laisse l’autre dérouler sa pensée en influant le moins possible et en l’aidant au mieux à mettre en mot et synthétiser ses pensées et ressentis ( cf la maïeutique socratique, l’approche non-directive de Carl Rogers …)
Bien sur qu’écouter, ça s’apprend.
Et je suis toujours surpris d’ailleurs ,quand par exemple je fais des consultations communes avec tel ou tel autre soignant, de voir à quel point on croit écouter et à quel point on peut être pourtant influençant ou dirigiste. Comment certains médecins et infirmières qui croient écouter le patient n’essaient en fait que de le convaincre de rallier leur pensée, sans même en être conscients.
Ecouter vraiment, ce n’est pas facile et ça demande de l’entraînement, un travail sur soi pour ne pas laisser ses pensées et émotions parasiter l’entretien. Et des connaissances théoriques.

Mais quand j’entends que la patient a besoin d’être « JUSTE ECOUTE ». Le « juste » m’irrite. J’ai l’impression qu’on a là une vision terriblement limitative de mon travail.
Genre je pose mes fesses, je fais « hmm hmm » pendant 45 minutes, et le patient qui s’est vidé ressort miraculeusement guéri.
Non, ça ne marche pas comme ça.

Implicitement, cela veut dire que l’on croit que « parler fait du bien » et qu’il faut « vider son sac ».
Mais ça ne marche pas toujours comme ça. Non, parler ne fait pas toujours du bien. Dans les cas de traumatismes psychologiques, parler fait tout, sauf du bien.
On est en plein, dans ces cas là, dans le syndrome de répétition où parler de l’événement fait revivre à chaque fois les mêmes émotions, la même souffrance, la même peine inlassablement répétée et toujours aussi aigue.
Penser que parler du traumatisme suffit à la guérir est une méconnaissance terrible de la psychologie et de la clinique. Une torture inutile pour le patient.

Pour que parler puisse aider, le psychologue a un rôle. Qu’on va définir différemment selon les techniques et théories utilisées, mais en tout cas, pas un rôle passif du psy qui fait « hmm hmm » et qui hoche la tête.

Dans le traumatisme par exemple, parler de l’événement va faire du mal. De toute façon. Mais si le sujet le fait en présence du psychologue, celui-ci pourra aider petit à petit le sujet à mettre un sens sur ce qui lui est arrivé, à envisager les choses sous un angle un peu différent, à l’empêcher d’être submergé sous les émotions qui l’envahissent pendant le récit et qui l’empêchent de penser l’événement autrement. Qui vous aide à comprendre par quels mécanismes cet évenement vous a touché. Qui vous accompagne dans des solutions dans votre vie actuelle.
Ce n’est pas juste de l’écoute passive.

Parler fait du bien si vous avez en face de vous quelqu’un qui écoute certes, mais qui fait quelque chose de votre parole et vous aide à lui donner un sens. Sinon la parole n’est que logorrhée inutile. Et vous multiplierez les entretiens indéfiniment.
Certes « pleurer un bon coup » peut faire du bien transitoirement, par un effet un peu cathartique.
Mais si pleurer un bon coup fait du bien, c’est aussi surtout que, dans ces moments où toutes nos défenses s’effondrent, on s’autorise à lâcher des choses qu’on aurait peut être pas dites à d’autres moments. Si l’autre en face entend réellement alors notre parole, sait en faire quelque chose, nous aide à cheminer dans notre pensée, alors pleurer n’a pas été inutile. Mais idem, ce n’est pas juste pleurer un bon coup qui a permis d’avancer.

Alors voilà, j’étais un peu en colère aujourd’hui et j’ai expliqué, surement en vain d’ailleurs, que mon rôle était un peu plus qu’une simple écoute.

Que je n’ai pas juste passé cinq années à la fac à apprendre à faire « hmm hmm », à poser mon menton sur ma main en opinant de la tête et à dire « la séance est finie, à la semaine prochaine, ca fera 50 euros ».

Quant à moi, j’espère que vous m’avez un peu plus que juste écouté.


Commentaires

Le médecin ne pensait (probablement) pas à mal. Si quelqu'un a "juste" besoin d'etre écouté à un moment donné, ca ne résume pas votre métier à ca. De meme si j'ai juste besoin d'une piqure, ce soir, ca ne resume pas le metier d'infirmiere a ca. Le fait de partir au quart de tour sur une formulation potentiellement maladroite ne vous montre pas sous un jour très flatteur.

Desolée pour les accents et cedilles, je fais ce que je peux en QWERTY.

Écrit par : Misccold | 26/10/2011

Et bien oui, c'est assez consternant de voir comme les gens se plaisent à faire des raccourcis. C'est bien connu, le MG ne soigne que des otites et des angines, l'ophtalmo ne fait que des fonds d'oeil, et vous psychologues, ne faites qu'écouter. De toute façon, chacun a droit à sa caricature devant l'ignorance d'autrui. Mais est-ce le reflet réel de la pensée "populaire" ? Je ne le crois pas, tout du moins je ne l'espère pas. Dans ce cas particulier, le médecin demandeur est peut-être juste maladroit... mais tu le connais mieux que moi. Ce doit être assez pénible de se sentir caricaturé de la sorte et je le déplore. Honte à ceux qui oublient que tu tweetes en même temps que tu écoutes ;-p
Traite de plaisanterie, réponds lui la prochaine fois que, s'il ne s'agit que d'écoute, alors il est aussi bien que toi habilité à le faire.

Écrit par : MeSH_r | 26/10/2011

Je crois que malheureusement, pour de nombreux médecins que je cotoie, le psychologue ne sert qu'à ça : juste écouter. Parce que ça prend du temps et que ce n'est pas si facile que ça en a l'air.
Pour avoir cotoyé à l'hôpital tes collègues et en avoir consulté un, je suis tout à fait d'accord avec ce billet : écouter c'est difficile. Il faut se taire et laisser vider, parfois ré-orienter, aider à éclairer des situations... C'est très dur. Mais c'est très utile. Et c'est pour ça que parfois j'essaie de faire comprendre à mes patients que certains sont mieux formés que moi pour ça.
Tes patients s'en rendent compte. Bonne continuation

Écrit par : Fluorette | 26/10/2011

Mais je vais peut-être le remercier finalement ce toubib, grâce à lui on a enfin un nouveau billet hihi ;-)

Plus sérieusement je suis effarée de voir que même dans le milieu médical ton métier soit perçu ainsi.

En tant que patiente je peux dire que non, mille fois non, ma psy ne fait pas "que écouter" .

Très vrai ce que tu dis sur la parole et les traumas...ça me parle :-)

Écrit par : Opale | 26/10/2011

je suis vraiment ravie de vous lire, je dirais seulement que si cest "juste écouter " pourquoi le medecin ne la t-il pas fait ?

Écrit par : psyka | 26/10/2011

@Misscold : dites donc, vous ne m'aimez ni sur Twitter où vous me faites remarquer mes fautes de manière abrupte, ni sur ce blog où vous me jugez sur un seul article ?
Alors, pour être clair : effectivement, je ne crois pas du tout que le médecin pensait à mal. Mais, cela m'a agacé. Parce que c'est la 1000ème fois que j'entends ce genre de remarque, et que pernicieusement s'incruste dans l'esprit des équipes que je ne suis là que pour écouter.
La preuve en est quand certaines (pas toutes !) infirmières pensent qu'interrompre l'entretien n'est pas dérangeant, puisqu'après tout, "je me dépeche et vous laisse discuter tranquillement après".
Voilà, c'était la petite goutte d'eau qui m'a fait déborder. Petite je vous le concède.
Et enfin, vous êtes la bienvenue ici, et je suis heureux de vous accueillir, mais par pitié, pas de sentence définitive et abrupte sur une seule phrase !

@ Mesh_R : comme je disais plus haut, il ne pensait pas à mal et mon énervement résulte d'une cascade de mêmes petites remarques entendues de façon chronique. Cependant, je n'aime pas être percu de façon réductrice, toute comme l'infirmière n'aimerait surement pas être "celle qui pique et point barre. Voila tout, je me suis fait du bien en deversant ma petite colère ici ;-)
Quant à la rumeur qui veut que je tweete en consultation (oui madame, asseyez vous), elle est (je vous écoute) totalement (hmmm hmmm) fausse (mais encore ?), rassure toi (ça fera 50 euros, merci).

@FLuorette : je dirai que si tu es déjà consciente des écueils qui peuvent exister pour écouter vraiment alors tu n'es pas une mauvaise "écoutante" ;) Je dira que le médecin a un rôle d'écoute fondamental et indispensable. Je n'aime pas le fait de découper les soucis, d'un côté la patho organique, de l'autre la souffrance psychologique.
Certains medecins, heureusement pas tous, ont peur ou refusent de gérer la partie psychologique de leurs consultations, et envoient, parfois de façon un peu brutale et maladroite,le patient chez le psy. Du genre "ça n'est plus mon domaine".
Mais ce n'est pas si simple et si dissocié, enfin je ne pense pas.
Est ce que le médecin dont je parle ici aurait pu écouter cette patiente sans avoir besoin d'appeler le psy à la rescousse de toute urgence ? Je pense que oui, du moins en partie. DIsons que nous avons été complémentaires alors

@Opale : j'ai écrit la partie trauma en me disant justement "ça, ça va parler à Opale" ;)

@Spyka : il aurait pu le faire. Il a eu peur de la détresse de la maman qui était aigue. Peur de mal faire, de ne pas suffir, plutot que mauvaise volonté.

Écrit par : spyko | 26/10/2011

@Spyko
Je vous ai repondu ici car sur Twitter c'est trop court, ce qui m'obligerait a etre encore plus abrute.
Je lis votre blog depuis quelques mois et je vous suis sur twitter. Ce n'est pas une question de vous aimer ou pas. Jusqu'ici j'ai plutot une bonne opinion de vous ou pas d'opinion du tout, le blog est interessant en tous cas.

Ce post-là (et le tweet correspondant) ne donne pas une bonne image de vous, et je concois tout a fait que ce ne soit pas sa vocation. Cela etant, il donne l'impression que vous avez eu une reaction arrogante. Face au medecin qui vous demande d'ecouter cette patiente qui "craque", vous agissez comme si cette tache etait indigne de vous car vous avez fait "5 ans d'etudes". Ca me donne l'impression que vous montez sur vos grands chevaux pour pas grand chose. Qui peut le plus peut le moins.

Il vous demande par trois fois d'aller la voir, lui qui l'a deja vue et estime que ce serait necessaire. Vous semblez reticent car vous n'etes pas convaincu de l'urgence ni de la necessite. Et alors? S'il est possible qu'elle s'en sorte sans votre aide, qu'est-ce que ca coute de la lui donner quand meme? Ou d'aller verifier son etat? Pourquoi ce medecin, qui s'inquiete pour cette femme, doit-il essayer de vous convaincre, puis se resoudre à un compromis ("pas forcement une consultation longue alors")?

Enfin une derniere chose: comme l'ecrit "psyka" "si cest juste écouter, pourquoi le medecin ne la t-il pas fait ?" Visiblement parce qu'il se rend compte que ce n'est pas si simple.

Écrit par : Misccold | 26/10/2011

abruPte. Difficile de se relire quand tout est souligne de rouge, dictionnaire anglais oblige :(

Écrit par : Misccold | 26/10/2011

Spyko arrogant ? C la meilleure de l'année !

Écrit par : Opale | 26/10/2011

@Misccold : un enquêteur ne file pas de suspects tout le temps, il a aussi sa vie à part.

De la même manière, un homme dont le métier est psychologue - bien que plus instruit sur les mécanismes psychologiques que la plupart des gens - reste un homme comme un autre, qui a le droit à un temps de pause, qui peut exprimer un avis personnel sur un blog.

@Spyko : Bon retour ! La remarque est juste. On retrouve partout ce préjugé du psychologue chasseur de mouches, prélassé dans son fauteuil, de la même manière qu'on voit les étudiants en psychologie comme des branle-rien littéraristes...
Mais les thérapies expérimentales étant (enfin) de plus en plus connues et reconnues par le grand public, le meilleur reste à venir. Patience, on se vengera ! ;D

Écrit par : Psychosomatix | 26/10/2011

Au delà de ces mots très réducteurs j'y vois quand même une reconnaissance implicite que "écouter" n'est pas donné à tous et que cela suppose un "savoir". Sinon que n'aurait-il pris 5 mn pour écouter cette dame et lui apporter le "juste" qui lui lui manquait. Formulation maladroite certes, mais insistante car ce médecin ne conçoit pas cette "écoute" autrement que par un psy donc, avec tout ce qu'il faut, sur la forme, sur le fond, et les années d'études qui évitent les paroles inadéquates... C'est "juste" une remarque.

NB : Si on inverse les mots ça donne "une écoute juste"... tout un programme

Écrit par : Nina | 26/10/2011

@Miscccold : ok, je comprends à vous lire que, sans me connaître, on puisse croire trouver une certaine arrogance dans mes propos. Ce n'est pas le cas, loin de là.
Je ne trouve pas indigne de moi d'aller voir cette maman qui pleure, ou tout autre patient. Je ne cherche pas à montrer mon indépendance par rapport au médecin.

Le problème ici est celui de la demande : quelle est la demande ?
Celle du médecin ? "La maman pleure". Comme je l'ai dit : cela indique qu'elle a besoin d'aide, certes. Mais a-t-elle besoin d'une consultation psychologique ?
Une infirmière peut poser sa main sur son épaule et lui proposer un café et un temps d'écoute. Le médecin peut reparler du diagnostic et de l'avenir avec elle.
Une consultation psychologique ce n'est pas anodin : je dois poser des questions sur les antécedents, la famille, l'histoire de la personne, pour faire des liens : je ne peux pas arriver et juste écouter les pleurs. Vuus dites : aller verifier au moins son état. Certes. Mais il ne faut pas oublier que je ne connaissais pas du tout cette maman, alors que les médecins et infirmieres, si.
Vérifier son état pour moi implique de faire toute une consultation psy, parfois lourde, parfois remuante, juste pour "vérifier".
Alors que peut être la présence rassurante d'un soignant, qui la connaissait, aurait pu apporter une aide suffisante ?

Quelle est la demande du médecin alors ? Je crois celle de sa propre détresse face au pleurs. Est ce que la maman a fait la demande d'un psychologue elle ? Pas le moins du monde.
C'est ce que j'essaie d'expliquer : on n'envoit pas chez le psy toute personne qui pleure. Sinon on psychologise et pathologise tout. Pleurer reste humain, et peut se résoudre aussi de façon humaine : la famille, les amis, une attention, une écoute, une présence. Avant tout je dirai. En tout cas avant le psy.
Je ne me vois pas débouler dans toute chambre de l'hopital où un patient pleure.
Je serai très en colère qu'on m'envoit le psy direct si j'étais hospitalisé, à la première larme. SAUF SI JE LE DEMANDE.
C'est ça qui change tout : la demande du patient. Or, cette maman encore une fois n'avait pas demandé le psy !

Ensuite sur l'écoute : quand je parlais des cinq ans d'étude, ce n'était pas pour me valoriser, mais pour dire que le métier de psy est probablement plus complexe que juste écouter s'il faut cinq ans de fac pour l'apprendre.
Je n'aime pas qu'on ai cette vision un peu réductrice de mon travail et comme je l'explique dans l'article : parler pour parler ne sert à rien.
Et pourtant, j'en entends des petites remarques quand je sors d'entretiens "alors on a bien discuté ?",
Encore une fois, ce n'est pas cette seule remarque qui m'a fait démarré, mais le fait qu'elle ne soit pas la première.


@Opale60 : Arrogant, certes, me définit assez mal. On peut même dire que ça pourrait être un objectif à atteindre pour moi ;)

@Psychosomatix : les préjugés sur les psys sont souvent en lien certes avec l'image caricaturale du psychanalyste qui ne dit rien et dort en consultation... Encore du boulot !

Écrit par : spyko | 26/10/2011

@Nina : belle remarque sur "l'écoute juste" ;)
Mais pourquoi certains médecins ne veulent ils pas accorder cette simple écoute, et voir ensuite si cela a suffit ou pas, avant d'appeler le psy en catastrophe ?
Ce que je pointe là, c'est l'impression que certains soignants fuient à la moindre détresse chez le patien, à la première larme, et sous-traitent toute souffrance aussitôt au psy (certains seulement, ouf).
Or être malade implique une certaine souffrance, malheureusement... Que tout soignant doit accepter de gérer en partie, avec la collaboration du psychologue quand cette souffrance déborde de trop, bien entendu.
Je suis là pour aider les gens, qui le souhaitent, à prendre de la distance, réflechir sur leur vécu. Et j'ai des fois l'impression qu'on me considère comme un pansement qu'il faut vite vite appliquer sur toute détresse sans plus chercher à comprendre.
Mais peut être que j'exprime mal mon ressenti, je vois que cela créé un peu d'incompréhension.
Merci de votre commentaire

Écrit par : spyko | 26/10/2011

"Mais pourquoi certains médecins ne veulent ils pas accorder cette simple écoute, et voir ensuite si cela a suffit ou pas, avant d'appeler le psy en catastrophe ?"
Ca allait être mon commentaire mais voilà tu viens de le dire :)

Dans sa façon de présenter la chose le médecin avouait sa propre incapacité : si c'était "juste une écoute" (sous-entendu "pas un gros chantier psy") ça ne nécessitait pas un recours spécialisé. En tant que soignant il aurait du être en mesure de pouvoir proposer cette "écoute". Je ne crois pas qu'il dénigrait ton boulot, finalement c'était la solution de facilité parce qu'écouter effectivement cette femme, bah il avait pas le temps / ça le gonflait / ça lui faisait peur, que sais-je... En cabinet je n'adresse pas à un(e) psychologue tous les patients qui arrivent en pleurant, loin de là. Et pourtant ça arrive régulièrement!

Écrit par : Gélule | 26/10/2011

Hélas, j'ai peur qu'en déclinant la gentille invitation de ce médecin somaticien, vous ne le confortiez dans sa considération possiblement péjorative des psychologues (branle-rien littéraristes!).
A votre place, j'y serais allé, je l'aurais pris par la main, et je lui aurais montré ce que c'est : "écouter". Comme ça, la mille et unième fois, il saura comment faire...
Sinon, histoire de faire la fine bouche, je relève une sorte de paradoxe dans votre discours : vous constatez que "certains médecins et infirmières qui croient écouter le patient n’essaient en fait que de le convaincre de rallier leur pensée, sans même en être conscients", puis quelques lignes plus bas vous consacrez l'action du psychologue en arguant que "celui-ci pourra aider petit à petit le sujet à mettre un sens sur ce qui lui est arrivé, à envisager les choses sous un angle un peu différent". N'est-ce pas là, dans cette notion, que dis-je, cette obsession à donner du sens à tout, une manière de chercher à convaincre le patient de se rallier à votre pensée.
Je vous imagine me répondre qu'en fait, c'est le patient et non vous qui "donnez un sens" mais, pour être honnête, vous le guidez tout de même un minimum. Entre guider et convaincre, il n'y a qu'un pas.
J'ai toujours considéré qu'une démarche psy comportait finalement une part minimum de "manipulation bien intentionnée", et il n'y a pas de mal à s'en cacher.
Bref sinon, j'ai bien apprécié votre billet, qui m'a rappelé mes journées en tant qu'interne en psychiatrie de liaison, lorsque le psy est appelé pour rassurer une équipe quand ils découvrent qu'un patient prend du lexomil, qu'un autre pleure ou perd l'appétit, ou encore qu'un autre dit croire aux fantômes...

Écrit par : Igor Thiriez | 26/10/2011

Sur la tendance à demander une intervention psy dès que quelqu'un larmoie, j'aurais beaucoup plus la dent dure que toi... Pour certains médecins, je pense que c'est une façon de se rassurer, de calmer sa culpabilité, son inquiétude : il a ainsi l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait. Les mêmes qui demandent une radio à la moindre plainte douloureuse, une IRM cérébrale à la moindre céphalée, on ne sait jamais. Pour d'autres, c'est tout simplement une façon de se débarrasser de la composante humaine de leur profession, alors on fait sous-traiter...
Bonne remarque aussi sur les traumatismes : il est dans certains cas judicieux de ne pas trop remuer les souvenirs traumatiques. D'où mon agacement face à cette tendance agaçante de faire intervenir des cellules d'aide médico-psychologiques à tout bout de champ. Contrairement à la vulgate propagée par les administratifs et les journalistes, il n'est pas du tout certain que le "debriefing" systématique après un traumatisme soit forcément bénéfique. Il semblerait que chez certains ça a au contraire pour conséquence de rendre le traumatisme plus traumatique qu'il ne l'était.

Écrit par : YannnSud | 26/10/2011

j'ai toujours ressenti que parler des choses qui fâchent pouvait faire plus de mal que de bien, malgré que beaucoup de gens ne sont pas de cet avis apparemment :(
J'ai une question mais il n'y a peut-être pas de réponse simple à ça : par quels mécanismes parler peut-il chez certains améliorer les choses et chez d'autres aboutir à l'exact contraire ?

Écrit par : kee | 27/10/2011

@kee : il y a déjà l'autosuggestion du sujet qui amène ou non l'effet cathartique.
C'est à dire que si on est persuadé que parler de telle chose nous libérera (ou envenimera la situation), on va sans doute pousser les probas dans ce sens.

À quantifier et à vérifier, je chercherai d'ailleurs des études stats pour aborder cette question intéressante !

Écrit par : Psychosomatix | 27/10/2011

J'ai beaucoup de mal à saisir le sens de « Non, mais pas forcement une consultation longue alors...», je l'entends surtout comme une demande d'aide de la part du médecin plus que de la patiente. "Je ne me sens pas capable/je n'ai pas le temps matériel? pour être présent, pour accueillir la souffrance de cette mère, donc j'utilise le "joker" psy, je botte en touche et je m'évite de culpabiliser..."

C'est très humain... :) mais je ne crois pas que ce soit ce dont ELLE avait besoin. Ca peut faire du bien de pleurer... sans qu'on t'envoie directement "en consultation", sans "pathologiser" ces pleurs, elle avait probablement simplement besoin que ceux qui "partagent ces moment là" soient capables de les accueillir.

En tous cas personnellement, je ne sais pas ce que c'est une "consultation courte" où on "parle juste" "simplement pour vérifier" (vérifier quoi ?). Quand je rencontre un patient, c'est quelque chose de profond et d'impliquant qui se noue, bien différent d'un "café de réconfort" (tout à fait essentiel par ailleurs, mais différent), et je ne crois pas qu'agir "dans l'urgence" en multipliant les "relations psychothérapeutiques" soit bénéfique à la patiente, c'est plutôt sécurisant pour le médecin...

C'est peut-être là-dessus qu'on peut "rassurer" en tant que psy, ça s'apprend de prendre le temps de s'asseoir avec une patiente, de rassurer, d'être là... Je crois profondément qu'on a tous (et j'aimerai croire encore plus les soignants) ces "capacités là", même s'il nous arrive d'en douter.

Écrit par : Eclypx | 27/10/2011

Bonjour,

J'ai été assez ému par votre texte et surtout :

Je veux dire la vraie écoute : l’écoute entière, non jugeante, qui laisse l’autre dérouler sa pensée en influant le moins possible et en l’aidant au mieux à mettre en mot et synthétiser ses pensées et ressentis .

J'ai commencé ces derniers temps une thérapie pour des raisons difficiles. Avant je ne savais pas trop à quoi m'attendre. La seule approche de la psychologie était "les 5 leçons" examinées en philosophie au bac, il y a - longtemps -. En le lisant, je n'avais pas l'impression que l'on puisse se connaître soi même et agir sur soi.

Si j'avais su : j'ai ressenti cette vraie écoute avec le psychothérapeute. Sans jugement, ni orientation, comme s'il ramassait toutes les pages de mon histoire pour les ordonner et m'aider à avancer, mais sans les réécrire lui même. Manifestement, avec un peu de recul, c'est vraiment un métier qui ne s'improvise pas et va au delà de l'oreille attentive.

Sur le médecin, je ne peux m'empêcher (d'y mettre mon grain de sel mais) de penser que si l'on met en avant dans le discours le bien être du patient, les réponses sont souvent strictement médicales et sans tacts (à 80%). Si l'on s'aperçoit d'un désarroi des patients, le réflexe est devenu " voulez vous voir notre psy?" sans se demander si un peu plus d'explication, d'attention de sa part, de choix des mots pourrait y faire autrement.

Merci pour votre article

Écrit par : Si seulement | 27/10/2011

Cet article m'aide à faire un pas de plus dans ce qui aboutira certainement un jour à une consultation chez l'un de vos confrères...

Cela mis à part, l'écoute active est une chose loin d'être naturelle chez certaines personnes (n'est-ce pas Mr mon mari), et ceux qui peuvent en bénéficier (= parler à ces personnes) sont chanceux.
Je suis capable d'écouter les gens sans juger, par contre, complètement incapable de les aider à avancer (ça me panique, même)
Le métier de psychologue est souvent pris à la légère, ou bien au contraire les gens se disent qu'ils ne sont pas "fous au point d'aller consulter", bref les 2 extrêmes existent malheureusement...

Cette maman a surtout besoin du soutien de son entourage, j'ai l'impression.

Écrit par : PurpleNessa | 27/10/2011

Ouah, débat de l'apocalypse chez Spyko oO
Je vous épargne le laïus sur "excellent article et patati et pâte à tarte", bon, ça va finir par se savoir que j'aime votre plume.Cette parole malheureuse d'un autre soignant m'évoque celles que je me suis souvent entendu adresser : "t'aurais dû faire psy", simplement parce que j'ai écouté un(e) ami(e) me conter ses malheurs (souvent un peu plus, mais c'est l'idée...). Je ne manque pas de rappeler, à chaque fois, que le psychologue ne sert pas juste "à écouter", et je l'ai rappelé un bon nombre de fois, ainsi le titre et le thème de cet article m'ont particulièrement interpelé.

(oui je sais, ma vie est trop cool)

Écrit par : mottate | 27/10/2011

On carbure tous à l'imaginaire. La personne que j'ai reçue ce matin en entretien a passé une heure à se plaindre de son syndrome du nez creux (!), paniqué par mes silences, paniqué par mes questions, paniqué par mes reformulations, paniqué d'être paniqué, les larmes aux yeux il m'explique qu'il a vraiment mal à ce putain de nez et que l'envoyer chez le psy le fait se sentir comme une Cassandre d'Hôpital psychiatrique ("mais puisque je vous dis que NON JE SUIS PAS DEPRIME !!!!"). Probablement parce que c'est plus facile pour moi à ce moment-là (plus facile que de me remettre en question j'entends), je finis par demander au généraliste de le recevoir en urgence (re ! Parce que le mec, il est quand même loin du pronostic léthal hein ...). Je me dis qu'elle elle va comprendre de suite avec ses jesaispascombien d'années d'études à décrypter les arcanes du corps humain. Je m'attends à une brillante explication paternaliste (oui, même si c'est une femme) sur le syndrome de Truc avec thèse, antithèse, synthèse, ordonnance tamponnée, et merci monsieur. Mais non. "Mais je suis pas ORL, moi !" qu'elle me répond. Ben moi je croyais, par exemple, qu'un médecin généraliste pouvait diagnostiquer et traiter tout et n'importe quoi "de façon générale". Je pense toujours que l'infirmière sert à donner un "si besoin" et à faire le boulot que le médecin ne veut pas faire. Je pense que les ASH sont là pour nettoyer les WC et nos bureaux avec le même "pshit pshit" qui fait tout. Que les cuistots réchauffent de la bouffe en barquette. Et quand mon PC affiche "fatal error", j'appelle le mec-de-la-technique, le même qui est venu réparer le chauffage il y a deux jours, remplacer la fenêtre la semaine dernière, et chez qui ont vient pleurer quand la machine à café veut pas rendre la monnaie. Parfois je crois même que le psy, c'est fait pour écouter. Même si je suis psy aussi. (Tout ça pour dire rien du tout, vu que je suis fondamentalement d'accord avec vous).

Écrit par : C'est l'insane | 27/10/2011

Bonjour Spyko,

Cela faisait longtemps...

Ton article est très représentatif en effet d'une grande part des demandes qui nous sont formulées par d'autres professionnels, sur la base de leur vision souvent réductrice de notre métier... et non en fonction du repérage clinique réel des besoins du patient et de la prise en compte de ses prises en charge déjà en cours.

- En effet, les pleurs ne sont pas obligatoirement la conséquence d'un trouble psy...
- Toute souffrance ne fait pas nécessairement l'objet d'une intervention clinique...
- Et... Non, un psy n'a surtout pas à intervenir et à faire une "proposition de service" auprès d'une personne déjà suivie par un confrère à moins d'une éventuelle demande explicite de la personne elle-même (et encore... après avoir pesé soigneusement la demande)!

Je rajouterai que souvent les médecins oublient que nous ne sommes pas des paramédicaux, et qu'une "prise en charge psy" par le psychologue du service ne relève pas d'une prescription du médecin (qui peut toutefois la suggérer au patient), mais dépend avant tout d'une demande du patient. Cf les textes de lois qui définissent notre champ de compétence et notre autonomie technique.

Un survol rapide des commentaires qui ont suivi m'amène également aux deux constats suivants :

1 - Réagir à un billet est parfois plus un moyen de faire sa pub pour son propre blog que d'apporter une réflexion constructive suite à un article qu'on a manifestement pas lu avec beaucoup d'attention...

2 - Il serait grand temps que tu finisses par te faire à l'idée que le monde entier (et en particulier les non-psychologues) sait bien mieux que toi ce en quoi consiste ton métier, ce que recouvre ta formation, ce que tu dois faire dans ton institution, et ce que tu es autorisé à en dire sur ton propre blog.

Car... Aujourd'hui... La seule chose que le psy est autorisé à faire... C'est de répondre à la demande telle qu'elle est formulée... Et certainement pas d'en questionner la légitimité éthique ou technique... C'est faire du mauvais esprit... Ne pas reconnaître la réalité de la souffrance des gens... Et être bien arrogant!

Bienvenue au club.

Écrit par : Jack | 28/10/2011

Naaan, moi je suis sure que vous avez des cours de posture à la fac. Je suis même persuadée que vous apprenez à faire des siestes les yeux ouverts en ayant l'air concerné :].

Écrit par : Marie | 30/10/2011

Je réagis pour la deuxième fois à ton article qui m'a bien fait réfléchir et aussi pour te dire que je l'ai mis en lien sur mon blogue parce que je trouve que c'est bien écrit et qu'il fait écho à un sujet que j'ai développé sur la question du sens de la parole et du tout dire.

Écrit par : celine b | 04/11/2011

Dommage, j'avais laissé un premier commentaire mais il n'a pas été enregistré, fausse manip.

Écrit par : celine b | 04/11/2011

Je suis très contente que vous ayez écrit cet article, Spyko.

Vu du "côté patient", j'en ai un peu marre quelquefois de l'à-priori qui veut que "parler fait du bien", alors que, non, parler ne fait pas "forcément" du bien mais peut faire énormément de mal, remuer le couteau dans la plaie, et maintenir la souffrance "à la surface". Ce "mal" peut, il me semble, être salutaire à plus ou moins long terme, mais au cours d'une psychothérapie suivie, pas lors d'une simple "écoute d'urgence" (même si certains de vos billets montrent qu'une seule séance dans laquelle vous pouvez mettre des mots sur des maux peut aider à guérir, voire même guérir tout court).
Guérir... j'ai utilisé le mot "guérir"... Non, la souffrance n'est pas toujours pathologique. C'est normal que la mère d'un enfant malade soit inquiète et pleure. C'est normal qu'une veuve récente ait du chagrin. C'est normal que les condisciples d'un suicidé se posent des question. Pourquoi "pathologiser" à tout prix ? Pourquoi vouloir à tout prix faire intervenir un "psy" ? J'ai parfois l'impression que l'on attend de celui-ci qu'il fasse des miracles, que sa simple écoute puisse gommer les aspérités de la vie. Et ce n'est pas vrai.
J'ai même envie de dire "et heureusement".

Écrit par : lambertine | 05/11/2011

Si la souffrance n'est pas forcément pathologique, l'intervention d'un psy(chologue) doit elle se limiter au pathologique? Cette femme étant alors en souffrance (non pathologique), son médecin perplexe et démuni face à cette souffrance, n'y aurait-il pas une autre conduite à adopter que celle de décliner (plus ou moins gentiment) l'invitation? Et puis apparemment, cette femme est suivie par un autre psy, ce qui doit bien signifier quelque part qu'elle a besoin d'aide...

Écrit par : Igor Thiriez | 05/11/2011

"Et puis apparemment, cette femme est suivie par un autre psy, ce qui doit bien signifier quelque part qu'elle a besoin d'aide..."

Et bien justement : si elle est déjà suivie par ailleurs, pourquoi lui proposer d'aller voir encore un autre psy supplémentaire???

Une telle proposition est assez symptomatique de la façon dont on appréhende la relation thérapeutique... Et dont on peut aussi nier le besoin du respect de l'intimité du patient.

Soit on aborde le soin psychique comme une simple transaction technique applicable par n'importe quel professionnel... Et le contenu du discours du patient comme quelque chose de parfaitement déchargé de tout impact émotionnel... Soit on considère la relation thérapeutique comme reposant sur un lien humain réellement investi (certains diront transférentiel) et se développant dans la durée... La confiance... La confidentialité... Ce qui suppose que la personne du thérapeute n'est pas interchangeable.

Que la souffrance de cette femme soit normale ou qu'elle résonne avec ses propres problématiques déjà en cours de traitement n'est en réalité pas le fond du problème technique qui se pose là, mais de savoir sur quelle base on considère l'essence d'une relation thérapeutique ou de soutien psychologique.

C'est aussi un point de courtoisie (voire de déontologie) confraternelle : on ne propose pas ses services à quelqu'un qui est déjà investi dans une relation thérapeutique ou de soutien avec un collègue. Quand une personne rencontre une période de crise et qu'elle est déjà suivie, on la renvoie vers son thérapeute habituel. On ne lui demande pas d'aller voir le psy du service... Ou pire, on ne demande pas au psy du service d'aller la voir alors que cette personne n'a rien demandé!

C'est vrai pour les psychologues... Mais aussi pour les psychiatres avec qui j'ai pu travailler jusque là. Ces usages qui ont cours en général dans le champ du soin psychique, ne sont pas sortis gratuitement du chapeau.

Il y a aussi à respecter le fait que les personnes en souffrance psychique n'aient pas à aller raconter à chaque fois ce qui ne va pas à tous les professionnels qu'ils rencontrent.

Il y a encore, à notre époque ou règne la transparence absolue, ou le normal est idéal, et où l'extime remplace l'intime... des psys convaincus que le meilleur moyen de susciter la parole d'un consultant... C'est de commencer par respecter son droit à se taire tant qu'il ne demande rien.

Écrit par : Jack | 05/11/2011

"Et bien justement : si elle est déjà suivie par ailleurs, pourquoi lui proposer d'aller voir encore un autre psy supplémentaire???"

Et bien parce que son Psy n'est pas disponible et qu'elle ne semble pas aller pour le mieux.
Il faudrait nous dire en quoi l'intervention ponctuelle d'un autre Psy pourrait se révéler nefaste pour un patient dans une telle situation...

Visiblement, vous êtes capable de savoir à partir d'un simple coup de téléphone que les pleurs d'une femme et sa souffrance ne nécessitent pas d'intervention, ce alors que le médecin qui vous fait la demande pense le contraire.
Votre conduite paraît plus dictée par cette courtoisie confraternelle que par une courtoisie envers un patient dont vous considérez d'emblée qu'il ne demande rien. Vous demandez à ce que l'on respecte son droit de se taire or il ne se tait pas : il souffre activement et vous ne savez rien de cette souffrance.
Le seul moyen de savoir si un patient a besoin d'aide n'est pas de spéculer par téléphone mais de se déplacer jusqu'à lui et de lui demander s'il a besoin de vous parler.

Je m'excuse si mes propos sont abrupts mais il se trouve que les excès de passivité m'énervent autant que les abus d'interventionnisme vous irritent.

Écrit par : Igor Thiriez | 05/11/2011

@Gélule : je crois que ça lui faisait un peu peur d'aller se confronter à la peur et la souffrance... En tant cas ce qu'il en imaginait beaucoup plus que la réalité, je pense.


@Eclypx : merci de votre intervention, qui résume bien ce que j'essaie de faire passer ici. On a tous les capacités à aider l'autre et l'écouter. Et c'est avant tout d'un peu d'humanité qu'a besoin la personne qui souffre plutôt que du psy d'emblée.

@lambertine : merci de votre commentaire ! Ne pas tout pathologiser, voila aussi ce que je voulais dire ici ;)

@Jack : un grand merci de tes différentes interventions qui ont synthétisé tout ce que j'aurai pu répondre...Bon je n'ai plus qu'à aller me recoucher alors...

@Igor Thiriez :
Pour vous, faire intervenir un second psy ne pose pas de soucis ? Pour moi un peu : car c'est faire fi de toute la relation qui a pu se créér entre le premier psy et la patiente, obliger celle ci à réexpliquer son histoire, son parcours, faire intervenir en catastrophe un psy qui ne sait rien et ne pourra pas faire de liens entre ce qui se passe ici et l'histoire de la personne.
Comme l'explique tout cet article, si c'est "juste écouter", alors pourquoi le psy ? Pourquoi le médecin, l’infirmière, qui connait la patiente dix fois mieux que moi, ne peut lui accorder dix minutes d'écoute et de présence ?

Pourquoi penser après un simple coup de fil que cette dame n'a pas forcement besoin du psy ? Parce que la seule demande se bornait à "elle pleure".
Elle n'a rien demandé. Elle ne montre pas d'autres signes de perturbation : son enfant est hospitalisé pour un problème sérieux, elle pleure : réaction tout à fait normale, j'ose l'espèrer !
Pourquoi vouloir coller à tout prix du "psy" là dessus ?

Ces dernières années, je me suis retrouvé devant des tas de patients qui n'avaient rien demandés. Le médecin, l'infirmière, avait jugé sur des critères purement subjectifs et personnels que CE patient avait besoin du psy.
Mais remuer la souffrance, le passé, les plaies intimes de quelqu'un qui n'a rien demandé, dites vous que c'est encore une autre agression faite à cette personne.
Je n'aimerais pas qu'on m'envoie le psy sans autre forme de procès, si j'écrasais une larme devant mon enfant malade. Je l'enverrai valser et bien !

A froid, je pense que la meilleure réaction du médecin en question aurait été de prendre quelques minutes à s'asseoir avec cette maman. Lui permettre d'exprimer sa souffrance. Et ensuite, de juger si cela devait déboucher sur un travail psychologique supplémentaire ou pas.

Quant à votre jugement sur des excès de passivité... Mon dieu... Si vous constatiez combien de fois j'interviens auprès de familles qui n'ont rien demandé, malheureusement... Combien de fois j'essaie de créer une demande face à des gens qui portent une souffrance terrible mais qui ne veulent pas en parler (défense, pudeur, etc...)... On peut me reprocher beaucoup de choses, mais la passivité n'en fait pas partie.
Mais peut être que c'est cela qui semble ressortir de cet article ? En tout cas ce n'est qu'un fragment de mon activité, croyez le !

Écrit par : spyko | 06/11/2011

Merci de votre réponse.
Je comprends vos points de vue, et je vous rejoins lorsque vous dites que le médecin aurait du prendre quelques minutes pour écouter et évaluer la demande de cette mère. J'aurais d'ailleurs tendance à imaginer qu'il l'a fait avant de vous appeler à la rescousse... Si ce n'est toujours pas le cas après plusieurs années de collaboration, c'est qu'il y a visiblement un problème...

Il est vrai que l'on oppose souvent la nécessité de tout (re)raconter lorsqu'un second psy doit intervenir, ce qui irrite souvent les patients d'ailleurs. Mais ce n'est selon moi pas un argument suffisant pour décliner toute intervention.

Quant à mes jugements sur les excès de passivité, ils ne vous concernent pas dans votre activité globale dont je n'ai aucune connaissance. Ce que je peux à la rigueur juger ici, ce sont vos propos et ceux de certains commentateurs. Mais contrairement à ce que vous pourriez avancer, je ne juge pas plus, ni ne donne davantage de leçons que certains ici. Je ne fais que donner mon point de vue qui n'est pas forcément partagé par la majorité mais qui peut et doit être respecté autant que les autres.

Écrit par : Igor Thiriez | 06/11/2011

"Quant à mes jugements sur les excès de passivité, ils ne vous concernent pas dans votre activité globale dont je n'ai aucune connaissance. Ce que je peux à la rigueur juger ici, ce sont vos propos et ceux de certains commentateurs. "

Mais... vous ne connaissez pas davantage mon activité globale que celle de Spyko cher Monsieur Thiriez...

Je rappelle d'ailleurs que mon commentaire ne porte que sur la situation présentée par Spyko, que moi j'ai pris la peine de lire attentivement, à partir des éléments amené par mon confrère, au lieux d'en tirer des conclusions généralistes s'éloignant beaucoup des réalités cliniques de la situation présentée.

Par pitié, n'imposons pas la "furor sanendis" du thérapeute trop empressé aux patients, en faisant du respect du patient à être en droit de formuler ou non une demande, de l'éthique et de la déontologie une coupable passivité!

La seule chose à faire dans la situation présente était de signaler à cette dame que le service avait un psychologue à disposition des familles... et rien de plus, une fois que celle-ci avait signalé qu'elle bénéficiait déjà d'un suivi. Point barre! Inutile après ça d'interpeller le psy pour lui demander de s'imposer là où il n'était pas attendu... Le mettant dans une situation difficile... et lui renvoyant une vision très dévaluée de sa fonction en lui renvoyant implicitement que nous ne sommes là que pour écouter les gens dont on imagine qu'ils ont besoin de parler.

Mais... Peut-être ne considérez-vous pas mieux les psychologues que cela... Alors forcément... Dans ce cas... On ne pourra pas se comprendre.

Écrit par : Jack | 06/11/2011

Ne vous laissez pas aller à ce petit numéro théâtral cher "Jack", ce numéro du psychologue victime, maltraité par la société et les autres intervenants du système de santé.
Personne n'a jamais insinué que les psychologues étaient interchangeables ou qu'ils n'étaient que des techniciens. Toutes ces angoisses ne sont que les vôtres.

Je ne vous permets pas d'insinuer chez moi le moindre manque de respect à l'égard de la profession de psychologue. Vous ne me connaissez pas plus que je ne vous connais.
Vous m'accusez de généraliser mais vous ne vous gênez pas pour le faire de votre coté, à coup de furor sanendis, d'éthique, de déontologie ou de victimisation.

Quant à cette femme, vous semblez vous convaincre qu'elle a refusé l'aide d'un psychologue qui n'est pas le sien. Or j'ai beau relire cet article que vous prétendez avoir mieux lu que moi, je n'y vois aucune preuve de ce que vous affirmez. J'ai la désagréable impression que vous présumez un peu vite de ce que souhaite ou non cette patiente. C'est hélas le problème de beaucoup de psys, qu'ils soient "chologues" "chiatres" ou "chanalystes". Beaucoup croient mieux savoir ce que désire un patient que le patient lui-même, ce même sans l'avoir rencontré une seule fois.

Écrit par : Igor Thiriez | 06/11/2011

@Jack "Par pitié, n'imposons pas la "furor sanendis" du thérapeute trop empressé aux patients, en faisant du respect du patient à être en droit de formuler ou non une demande, de l'éthique et de la déontologie une coupable passivité!"

Cette généralisation s'applique difficilement à la situation relatée où un médecin demande un service, et où c'est au psychologue de choisir s'il est nécessaire de prendre la température.

Pour vous reprendre, le fait que la patiente n'ait rien demandé peut en effet inciter à ne pas sur-pathologiser, mais il est aussi vrai qu'une visite de contrôle ne coûte rien s'il n'y a pas de situations plus graves à gérer sur le moment.

Je ne vois pas le mal qu'il y aurait à passer un instant, s'entretenir de l'avis de la mère sur un éventuel soutient du psychologue pour quelques minutes, pour - si c'est sa décision - l'aider à approcher la situation d'une autre manière, plus forte, qui l'aiderait à réconforter son fils.
Sans parler de l'effet cathartique.

Donc finalement, je ne pense pas qu'Igor Thiriez considère mal le titre de psychologue, au contraire.
Mais pour ce qui est du grand public (jusqu'au médecin qu'évoque Spyko), j'imagine que l'importance croissante que prend le programme bio/neurosc/psy.cognitive dans les cursus de psychologie amènera progressivement à une revalorisation de la profession.

Patience ! ;)

Écrit par : Psychosomatix | 06/11/2011

Spyko,

Je viens de relire votre billet, ainsi que les commentaires, et quelque chose m'a frappé dans cette histoire : le médecin ne vous appelle pas parce que la maman "est en souffrance" (qu'elle ne le soit pas serait d'ailleurs étonnant) mais parce qu'elle "pleure". Je me trompe peut-être, mais ce qui me frappe, c'est que c'est l'extériorisation de cette souffrance qui semble poser problème, plus que la souffrance elle-même (qui doit être soignée, ou du moins prise en compte, par le psychothérapeute habituel de cette maman). Ce sont les larmes qui sont "pathologisées", alors que les larmes sont normales, ou devraient être considérées comme telles. Alors que la souffrance la plus extrême et destructrice peut être "sans larmes".

Ca m'a sauté aux yeux à cause du (ou grace au) dernier post de psychosomatix, dans lequel il parle d'aider la mère à être "plus forte" pour son enfant. Mais pourquoi devrait-elle être "plus forte" ? Et que sait-on, d'ailleurs, de sa "force" ? Elle pleure devant son enfant, et son enfant la voit peut-être pleurer, est-ce un mal ? Doit-on toujours être "forts" ou du moins le paraître, devant les malades, ou autres personnes en souffrance ou en danger ? Cette "force" apparente ne peut-elle pas induire chez eux une obligation de "jouer la comédie", de faire semblant, eux aussi, d'être forts pour ne pas faire de mal ? Je suis peut-être hors-sujet, je m'en excuse.

Écrit par : lambertine | 06/11/2011

@Lambertine : Observation très juste, les pleurs sont plutôt compréhensibles dans une telle situation, c'est pour cela qu'il est malsain de sur-pathologiser. Ce qui n'interdit bien sûr pas de proposer un soutient, on ne sait jamais.

"Forte" est un mot que j'ai en effet mal choisi comme exemple, merci de l'avoir souligné (et expliqué).

À bientôt !

Écrit par : Psychosomatix | 06/11/2011

Cher Spyko,

Entre des étudiants de première année sans aucune expérience clinique qui ne comprennent pas pourquoi un psy ne peut marcher sur les plates bandes d'un confrère (mais qui écument tous les forums et blogs de psys pour y balancer ses avis péremptoires avec une assurance plus que troublante)... Et des psychiatres qui semblent ne pas apprécier que nous ne répondions pas par l'affirmative aux demandes de leurs confrères médecins (pas forcément psychiatres d'ailleurs), le petit doigt sur la couture du pantalon, et que nous osions faire valoir l'autonomie technique que nous reconnaissent la Loi et la jurisprudence (et se permettant de décrédibiliser les propos de leurs interlocuteurs en les qualifiants de théâtraux et en leur prêtant des "angoisses" et des lamentations de victime imaginaire - combien dois-je pour ces interprétations gratuites?) afin de faire valoir notre spécificité professionnelle et de rappeler que c'est à NOUS SEULS qu'il appartient d'évaluer la pertinence de notre intervention auprès d'une personne qui ne nous a rien demandé...

Il apparaît que votre blog soit hélas de plus en plus mal fréquenté.

Heureusement (mention spéciale à Lambertine) qu'il y a encore des gens pour rappeler qu'il appartient au patient seul de décider s'il a ou non envie de consulter un psy... Tant qu'on n'est pas dans le cadre des soins sous contrainte.

Écrit par : Jack | 06/11/2011

Rooo... Jack... Pauvre victime que vous êtes... Maltraité par un étudiant et par un vilain psychiatre... Vous parlez d'interprétations gratuites mais vous n'êtes pas en reste. Il suffit de lire vos interventions pour le constater.
Visiblement, vous semblez détenir la vérité, ou plutôt celle qui devrait s'imposer à un étudiant, un à un psychiatre, et enfin et surtout à ce pauvre médecin.
Il est simple de déclarer qu'un lieu devient mal fréquenté lorsqu'il l'est pas des personnes qui remettent en question vos conceptions du soin.

J'adore particulièrement votre façon de renverser la vapeur au sujet du désir du patient.
Selon vous, il appartient désormais au patient seul de décider s'il a ou non envie de consulter un psy (ce que j'ai clairement écrit dans mon dernier post), or vous ne cessez de parler à la place de ce patient depuis le début en disant qu'il n'a pas besoin d'un psy en urgence.
Votre démagogie est bien regrettable, tantôt dirigée vers votre corps de métier, tantôt vers les patients, mais jamais en même temps. Vous êtes certainement un professionnel très compétent, mais vos propos ici relèvent de l'imposture à mon sens.

Une chose est ici certaine, dans cette situation précise, vous n'êtes pas du coté du médecin, ni de celui du patient : vous êtes un psychologue qui reste seul dans son bureau pendant qu'une femme pleure, et vous ne savez même pas pourquoi.

Quant à cette façon dédaigneuse et méprisante de vous adresser à moi par l'intermédiaire de spyko en le prenant à parti (Oh cher spyko! Que ton blog est mal fréquenté! Ces gens n'ont vraiment rien compris à notre métier), c'est pathétique...

Écrit par : Igor Thiriez | 06/11/2011

Vos incessantes et puériles attaques sur tous supports sont assez lourdes, Jack... À force de harcèlement, je n'arrive même plus à en rire.

Désolé d'exprimer un contrepoint (ce n'est pas même un avis) qui ne vous glorifie pas tout le temps, mais relisez un peu et vous constaterez que personne n'a souhaité la consultation forcée pour ce genre de situations.

À bientôt, j'imagine

Écrit par : Psychosomatix | 06/11/2011

Je ne suis que psy en formation mais je me permets de réagir quand même ! Je suis absolument d'accord avec tout ce que vous exposez dans votre billet et pourtant je n'ai encore jamais exercé en tant que professionnelle ; c'est dire si la vision du psy a la vie dure.
Ce qui m'interroge dans les réactions qu'a suscité votre article, c'est la légitimité de ceux qui jugent votre pratique de psychologue. Vous avez effectivement fait des études mais vous avez surtout construit une pratique qui est la votre, selon ce que vous êtes en tant que personne, entre autre. Vous connaissez le service dans lequel vous travaillez, j'imagine que vous avez réfléchi aux enjeux institutionnels. Et surtout il est clair que vous avez réfléchi au contexte dans lequel est intervenue cette demande d'écoute. Vous avez répondu à cette demande en connaissance de cause, en tant que professionnel avisé.
Par ailleurs, les psychologues ne se substituent pas les uns aux autres. Il est fou de penser que parce que cette maman a besoin d'un psy, n'importe lequel fera l'affaire. C'est bien mal connaitre le fonctionnement du métier.
Et puis, il est intéressant je trouve d'interroger cette demande d'écoute. Qui du médecin ou de la maman s'est senti le plus démuni ? La mère inquiète suite à l'hospitalisation de son enfant ? Ou le médecin face aux larmes de la maman ? Il me semble que le médecin, à travers votre position de psychologue, a peut être cherché à combler son "incapacité" à rassurer cette maman.

Votre article aura en tout cas eu le mérite de faire réfléchir !

Écrit par : Mélanie | 06/11/2011

C'est fabuleux...

Je viens de relire très attentivement tous mes commentaires... Et cette lecture me rassure sur le fait que je n'ai jamais écrit que cette femme (ce n'est pour le moment pas elle "la patiente", mais son fils qui est patient en pédiatrie) "REFUSAIT" de voir le psy, mais simplement qu'elle n'avait rien demandé.

On me reprochera de parler à sa place... Mais... C'est en définitive ce que fait le médecin qui a contacté Spyko... Et ce que font toutes les personnes qui pensent qu'elle a certainement besoin qu'on aille l'écouter... Là où je dis simplement qu'il faut respecter son silence à l'endroit du psy du service une fois qu'elle est informée de son existence dans le service.

Je n'ai jamais non plus dit que je me sentais maltraité. Ou que j'étais angoissé... Ce sont d'autres qui parlent de harcèlement ou taxent mes propos d'attaques puériles pour mieux faire oublier les ridicules illustrations de chats utilisées sur leur propre blog soi-disant sérieux... On me taxera de mépris, là où on me prête de faire dans le théâtralisme, de donner dans la victimisation, de parler de mes angoisses supposées, de mon indifférence aux larmes d'une femme... le tout en me parlant avec condescendance...

Pour mieux évacuer le fond du problème.

Alors... Que l'on continue donc allégrement à me faire dire ce que je n'ai pas dit... Les lecteurs attentifs de ces échanges sauront à n'en pas douter qui s'amuse à distordre le discours de l'autre...

Alors oui... Une femme pleure... Et je crains hélas fort que ce ne soit pas la seule dans ce service de pédiatrie... Mais ce n'est pas n'avoir aucune compassion pour qui que ce soit que de rappeler que je job du psy n'est pas de se précipiter pour distribuer les mouchoirs, là où les larmes d'une personne sont insupportables aux médecins qui ne sont pas en mesure de justifier leur demande par autre chose que "elle pleure"...

A des médecins qui nous enverrons consoler les patients, ou... pardon... "juste les écouter"... plutôt que de nous demander de les soutenir là où justement la confrontation à la douleur des patients et de leurs famille peut éventuellement leur être parfois trop lourde à supporter.

Car, sans vouloir spéculer sur cette situation particulière... Nous savons d'expérience que très souvent les personnes qui nous demandent d'en aider une autre... Le font au lieux de demander une aide pour eux-mêmes... Et on ne m'enlèvera pas de l'idée que le travail du médecin en pédiatrie puisse être parfois terriblement éprouvant.

La seule demande que le psy puisse traiter n'est jamais que celle qui lui est adressée par le demandeur lui-même avec ses propres mots... Mais il peut difficilement y répondre quand celui qui l'interpelle nie son propre malaise pour lui demander de traiter celui supposé chez un autre qui ne lui demande rien (et qui plus est est déjà pris en charge par ailleurs), en oubliant que le champ de compétence du psychologue n'est certainement pas l'urgence (sauf pour quelques psychologues imaginant être tout-puissants et indispensables... les seules urgences "psys" réelles concernent les psychiatres pour statuer sur la nécessité d'une hospitalisation et/ou d'un traitement).

Mais le médecin en question ne formulant pas de demande explicite pour lui-même... Nous ne lui proposerons rien directement... Si ce n'est éventuellement que d'en parler... S'il le veut bien... Mais pas trop directement non plus... Parce que s'il nous voyait venir avec nos gros sabots... il ne manquerait pas de nous rappeler assez brutalement que ce n'est pas lui le patient... Même si c'est lui que ces pleurs ont peut-être mis en difficulté... Alors... Nous n'insisterons pas...

C'est en tout cas ce que de nombreuses années de pratique institutionnelle m'ont enseigné.

Écrit par : Jack | 06/11/2011

Vous n'avez jamais dit qu'elle refusait effectivement, juste qu'elle n'en avait pas besoin, ce qui n'est pas plus rassurant.
Je suis désolé d'oser défier vos nombreuses années de pratique institutionnelle, mais votre raisonnement ne me convient pas. Ce médecin est peut être effectivement en difficulté face à cette mère qui pleure, mais de là à nous affirmer que c'est lui qui a besoin d'aide et non la patiente, ça devient franchement caricatural...

Là où je peux éventuellement vous rejoindre, c'est dans cette démarche d'aider le médecin à aider la patiente. Il s'agirait alors d'une sorte de consultation indirecte... Écouter, ça s'apprend et ça s'applique, à condition de prendre le temps. Si ce médecin ne souhaite pas y consacrer du temps, c'est très con, mais alors que faites vous? Vous restez dans votre bureau, accroché à vos principes, et c'est la patiente qui trinque?

Par ailleurs, je ne pense pas que ce soit une catastrophe pour un patient ou pour un psychologue alors absent si un autre psy intervient ponctuellement en cas d'urgence.

Écrit par : Igor Thiriez | 06/11/2011

Je dois vraiment mal maîtriser le français...

Là encore, on me fait dire ce que je n'ai pas dit! Je n'ai pas non plus écrit "qu'elle n'avait pas besoin d'aide" En tout cas pas comme ça. Seulement qu'elle n'en demandait pas. C'est tout de même très différent... Et évidemment, ça permet après de me faire des procès d'intention.

Comme par exemple de dire que "j'affirme" que c'est le médecin qui a besoin d'aide. Je ne fais que soulever cette hypothèse après avoir pris quelques précautions oratoires... En me basant en effet sur ce que constatent tous les psychologues qui travaillent dans des institutions où les équipes travaillent aux limites les plus douloureuses de l'humain, avec ce que ce ça a de douloureux à tenir également pour les autres professionnels. On nous demande souvent de nous coltiner les larmes, là où personne ne veut les affronter. Le dernier truc à la mode par exemple c'est de faire faire l'annonce des diagnostiques de maladies léthales aux psychologues et non plus aux médecins... Sous prétexte que les psys seraient plus doués pour ça... et que ça leur permettrait d'enclencher un soutien... Sauf que dans la réalité clinique... Celui qui donne la nouvelle angoissante s'invalide de fait pour accompagner le sujet dans le traumatisme qu'elle cause.

Enfin bon... Et si on faisait un peu confiance pour une fois aux psychologues eux-mêmes pour parler de ce qu'est la réalité de leur travail au lieux de considérer comme acquis qu'il appartient au reste du monde de définir leurs méthodes de travail?

En outre... CETTE FEMME EST DÉJÀ SUIVIE (je ne sais pas en quelle police de caractère il faudra l'écrire pour que ce soit assez gros!). Elle n'est pas sans soins du fait de l'immonde insensibilité du psy "qui reste dans son bureau", mais qui en tant que tel sait qu'il NE DOIT PAS INTERFÉRER DANS LE SUIVI MENÉ PAR CETTE FEMME AVEC SON THÉRAPEUTE.

Que cela ne vous convienne pas... C'est possible. Mais là je vous renvoie à mon premier commentaire : il faudrait savoir sur quelle base on appréhende l'acte clinique du psychologue. Si on prend en considération qu'il n'est pas interchangeable (comme vous dites le faire), et bien c'est vers son thérapeute qu'il faudrait renvoyer cette dame et pas vers le psy de l'hôpital.

Mais bon... c'est évidemment plus facile de laisser entendre que le fait de respecter les suivis déjà engagés, est une attitude de passivité ou d'absence de prise en compte de la souffrance des personnes... Même si c'est parfaitement injuste, grotesque, pour ne pas dire diffamatoire.

Écrit par : Jack | 07/11/2011

Oui, cette femme est déjà suivie, je l'ai bien compris. Ce que j'ai également compris, c'est que le fait qu'elle soit déjà suivie constitue l'argument principal et déterminant votre non intervention. C'est là que je conteste votre vision des choses.
Le besoin d'un patient à un moment donné n'est pas uniquement dicté par le fait qu'il ait déjà un "psy", notamment car ce fameux psy n'est pas forcément toujours présent quand le patient va mal...
Selon moi, le fait de "respecter des suivis déjà engagés" passe bien après les besoins ponctuels d'un patient. Et je peux honnêtement vous dire qu'il s'agit souvent d'un prétexte, qu'il s'agisse de psychologue ou d'un psychiatre, pour ne pas intervenir. Dans ce cas (qui n'est pas forcément le vôtre ni celui de spyko) il s'agit clairement de passivité, voire de lâcheté.

Je vois que vous accusez désormais vos contradicteurs de diffamation, de mieux en mieux. Vous vous sentiriez moins diffamé si vous commenciez par assumer ce que vous écrivez, ou ce que vous sous entendez plus ou moins...

Je vous cite :
"Nous savons d'expérience que très souvent les personnes qui nous demandent d'en aider une autre... Le font au lieux de demander une aide pour eux-mêmes..."

-C'est très clair pour moi

Encore :
"Non, un psy n'a surtout pas à intervenir et à faire une "proposition de service" auprès d'une personne déjà suivie par un confrère à moins d'une éventuelle demande explicite de la personne elle-même (et encore... après avoir pesé soigneusement la demande)!"

-Donc si la patiente ne demande pas "explicitement" à voir un autre psychologue en l'absence du sien, ce alors qu'elle se trouve visiblement dans un état émotionnel pour le moins douloureux, c'est que vous n'avez pas à intervenir? Franchement accordez moi au moins le droit de ne pas être d'accord, c'est la moindre des choses...

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

Si j'assume parfaitement ce que j'écris... Je n'ai en aucun cas à assumer ce que vous me faites dire en distordant mes propos en permanence. Je ne suis pas responsable de ce que vous lisez entre les lignes.

Le fait de citer ce que j'écris pour étayer les intentions que vous me prêtez sur la bases de vos interprétations... Ne met en effet pas en lumière que j'ai pû écrire que cette femme refusait ou n'avait pas besoin de suivi... Et si je rapppelle quels sont les usages professionnels en cours, et ce que nous enseigne la clinique institutionnelle... je ne vois pas non plus en quoi cela justifie que vous puissiez taxer les psychologues de lacheté ou de passivité lorsqu'ils justifie une décision qu'ils ont pu prendre dans un contexte particulier. C'est en ça que vos propos sont diffamatoires : ils portent gratuitement atteinte à l'honneur du professionnel.

La manière dont vous jugez les pratiques de certains de vos confrères psychiatre est une chose... Maintenant est-ce que cela justifie les commetaires que vous avez écrits suite à la vignette rapportée par Spyko? Et bien il semble que vous en doutiez vous même à vous lire :"Dans ce cas (qui n'est pas forcément le vôtre ni celui de spyko)"... Alors dites à vos confrères in situ ce que vous avez à leur dire si c'est justifié... Mais de détournez pas nos propos pour régler ici des comptes qui n'ont rien à voir avec la situation présente.

D'ailleurs...

Les psychiatres d'aujourd'hui aiment à utiliser des grilles de lectures diagnostiques et des protocoles très précis, évaluant et quantifiant bien des aspects des situations avant d'intervenir... Et bien si vous le voulez bien reprenons grossièrement cette manière de faire.

Car si tout argument utilisé par Spyko pour justifier sa décision, peut-être pris isolément, et critiqué... Sa décision, comme je l'ai déjà écrit (et je l'assume), il a dû la prendre avec un ENSEMBLE D'ELEMENTS juxtaposés mis à sa disposition, et non sur la base d'un seul.

- Constat clinique du médecin "Elle pleure". Rien d'autre. Sachant que les pleurs étaient parfaitement justifiés étant donné le contexte. Expression de souffrance, certes... Suffisante pour justifier une consultation psy? Pas forcément. Cet élément à lui seul ne peut être décisif.

- La femme est suivie. Il y a donc hypothèse d'une souffrance psychique, certes. Mais elle est prise en charge. Faut-il intervenir en plus sans que la personne ne le demande? Les usages ne vont pas dans ce sens.

- Contexte d'urgence? Pas pour le psychologue, les seules urgences "psys" concernant le psychiatre et pas le psychologue... Et le médecin qui a vu la personne avant Spyko, quelque soit sa spécialité, est censé avoir pu l'établir préalablement. Et s'il y a "urgence" c'est vers un psychiatre qu'il devait orienter cette femme.

La conjonction de ces trois éléments déterminant la demande ne justifient pas que l'on demande au psy d'aller vers cette femme. Comme je l'ai déjà dit plus haut (j'assume) on peut juste rappeler à cette femme qu'il y a un psy dans le service, si elle veut le voir... Point barre.

Tout comme on me répondra que même si on trouve quelques signes dissociatifs chez tel jeune et un rapport à la réalité fragilisé l'amenant à se mettre en danger ou à poser des actes de délinquance... Il n'y a pas assez de signes dissociatifs pour qu'on pose le diagnostic d'un syndrôme dissociatif, et que comme il n'y a pas de trouble délirant caractérisé, on ne demandera pas d'hospitalisation, même s'il n'existe aucune structure éducative permettant de l'accueillir, et que sa famille ne parvient plus à le protéger de lui-même.

Nous devons nous montrer compréhensifs face aux limites de l'exerccie de la psychiatrie? Ne pas attendre d'elle ce qu'elle ne peut pas donner? C'est en effet ce que je m'efforce de faire dans ma vie professionnelle... Alors j'attendrais donc que les psychiatres prennnent aussi en considération les limites réelles du rôle des psychologues dans leurs institutions, ainsi que celles inhérentes à leur éthique professionnelle et aux possibilités techniques dont ils disposent avant de leur balancer leur yaka-fokon assortis de mises en causes de leur probilité, ou de leur capacité à prendre en compte la souffrances des patients.


Alors pour finir...

- Il nous arrive chaque jour de bousculer notre emploi du temps pour recevoir certains consultants quand une question se pose vraiment, ou quand ce qu'on sait d'eux sur le plan clinique justifie cette souplesse... Mais nous ne pouvons pas le faire en permanence, donc cela demande à être réellement justifié. D'où la nécessité préalable de définir la demande... Mais les troubles psys nécessitant un soin urgent... Ce n'est pas à nous de les assurer. Chacun son travail.

- Même lorsque un partenaire lui même en difficulté et qui aurait besoin d'être aidé... nous parle de personnes en difficultés qu'il faudrait que nous puissions rencontrer... Nous le faisons lorsque d'autres éléments viennent en efet étayer qu'il y a quelque chose à faire... Parce que nous prenons toujours le temps de faire parler le partenaire de travail pour qu'il nous explicite ce qui l'inquiète... Et pour avoir suffisamment lu ce qu'écrit Spyko sur son travail depuis longtemps, je pars de l'a priori de compétence et de l'idée qu'il a fait son travail d'investigation auprès du médecin pour l'aider à approfondir les raisons de son inquiétude. Si le médecin n'a rien de plus à apporter... Doit on en blâmer Spyko? De quel droit remettre en cause son évaluation?

- Quand une personne prise en charge dans notre institution manifeste des signes de souffrance, elle est TOUJOURS informée de notre présence dans les murs, voire régulièrement incitée à venir nous voir par les autres intervenants... Et si ce n'est pas le cas, nous relançons les équipes pour qu'elles n'oublient pas de le faire.

C'est plutôt ça la réalité quotidienne du travail du psychologue en institution. Et la vignette rapportée par Spyko, qui tranche avec cette vision de notre réalité quotidienne de travail vient juste illustrer le caractère infondé de nombreuses demandes qui nous sont souvent adressées, sans que cela ne mette en cause la probité du comportement professionnel des personnes...

Nous ne sommes pas là juste pour écouter quelqu'un qui pleure. Mais pour engager un travail particulier et spécifique avec des consultants... Qui ne peut s'engager lorsqu'il y a déjà un suivi avec quelqu'un d'autre... Et seulement sur la base d'un "elle pleure" que le demandeur par procuration n'a pas pu développer.

On peut polémiquer autant qu'on voudra, et dire qu'on a le droit de ne pas être d'accord... Cela ne changera rien au fait que la loi, l'éthiques, les limites techniques, les limites matérielles, et les usages professionnels auxquels les psychologues sont astreints, et qui les guident dans leur pratique... Sont ce qu'ils sont... Et qu'avant de juger le travail des psychologues, la moindre des choses serait de savoir précisément de quoi il retourne.

Écrit par : Jack | 07/11/2011

Franchement, il n'était pas nécessaire d'essayer de noyer le lecteur avec un pavé pareil, ni de lancer des allusions dont vous avez le secret (la contrainte, les échelles d'évaluation etc.) pour essayer de me cataloguer. J'ai horreur de ce genre de manipulation et de provocation. Si vous êtes effectivement en guerre contre le biologisme, la génétique, le scientisme et la TCC comme l'atteste votre dernier billet, essayez tout de même de débattre sans crier à la diffamation à tous bouts de champs. Je sais que c'est dur de se sentir attaqué mais avec toute votre expérience institutionnelle vous devriez savoir y faire face avec un peu plus de tact.

Pour en revenir à cette patiente : elle pleure, effectivement. Si spyko sait peut-être pourquoi, vous, vous ne le savez pas. Cependant vous savez d'emblée que ce n'est pas suffisant pour vous faire déplacer, d'autant plus qu'elle est déjà suivie. Vous considérez donc que le risque de nuire au transfert établi avec votre confrère ne vaut pas la peine d'aller aider cette femme en urgence malgré la demande de son médecin (qui au passage en sait peut-être plus que vous sur elle). Et encore mieux : l'urgence, c'est le boulot du psychiatre, pas du psychologue! Génial, un nouvel argument au moins aussi solide que les autres! Donc au final, vous êtes psychologue, mais jamais en urgence.

Pourquoi ne pas simplement essayer de savoir ce qui se passe chez cette femme? Selon moi, se retrancher derrière le fatidique "si elle ne me demande pas, je ne viens pas", n'est pas une solution satisfaisante. Même si la probabilité reste faible, il est tout à fait possible que cette femme ait envie de parler, ait besoin de soutien à ce moment précis, mais qu'elle n'ait pas la force de le demander activement.
Cette éventualité rend nécessaire au moins d'essayer de prendre la demande du médecin en considération et non de nous emmener systématiquement sur "la loi, l'éthiques, les limites techniques, les limites matérielles, et les usages professionnels auxquels les psychologues sont astreints".

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

je suis désolée, Igor, mais le médecin qui veut envoyer Spyko à cette femme n'est pas "son" médecin, mais celui de son enfant. Cette femme est peut-être en détresse émotionnelle, mais est-ce spécialement un "psy" d'intervenir parce qu'une personne est... malheureuse ? Est-ce dans les bras d'un inconnu diplômé qu'elle doit nécessairement s’effondrer ? Pourquoi est-ce le psy du service que le médecin a appelé, et pas le père de l'enfant ou la mère de la mère ?
cette femme est malheureuse, et c'est normal. C'est bien qu'elle soit soutenue - de préférence par ses proches. Mais qu'elle soit "psychiatrisée" ?

Écrit par : lambertine | 07/11/2011

Le fait que ce ne soit pas son médecin, mais le médecin de son fils, change-t-il quelque chose à la détresse de cette femme? En quoi l'intervention d'un professionnel empêcherait l'entourage d'être également présent? En quoi l'intervention d'un professionnel aboutirait à une "psychiatrisation"?
Je résumerais en opposant votre point de vue (il n'y a pas de raison d'intervenir) au mien (il n'y a pas de raison de ne pas intervenir). Je ne suis pas sur que les deux soient forcément incompatible.
Je pense juste qu'avant de décliner l'intervention, il faudrait s'assurer un minimum que cette femme n'en a vraiment pas besoin. Et pour ça, il n'y a pas meilleure solution que de lui demander directement et simplement.

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

Non, ça ne change rien à la détresse de cette femme. Mais la détresse de cette femme doit-elle être prise en compte en elle-même, ou à cause de ses larmes ? Parce que ce sont les larmes qui poussent le médecin à demander l'aide du psy, pas la détresse, pas le fait que cette femme se retrouve à veiller son fils à l'hôpital. N'a-t-on plus le droit d'exprimer notre détresse par des larmes (autrement dit, sans jouer la comédie de la "force") sans nous retrouver avec un inconnu qui nous demande de nous "confier" sur le dos ? Et, à l'opposé, notre détresse ne doit-elle être prise en compte - et en charge - que quand elle s'extériorise par des larmes ? Et est-ce à un psy (-chologue,-iatre,-analyste) de prendre en charge notre légitime chagrin ?

Écrit par : lambertine | 07/11/2011

Mais pourquoi cherchez-vous à tout prix à démontrer qu'il est normal de pleurer? Personne n'oserait le contester, et certainement pas moi. La question n'est pas celle de la légitimité d'un chagrin...
Personne n'interdit à cette femme de pleurer.
Personne n'a jamais prétendu qu'il faut aider uniquement lorsque les larmes coulent.
Ce que je dis c'est que des larmes doivent être prises en compte et qu'on ne saura jamais ce qu'elles signifient tant qu'on ne sera pas allé à leur rencontre.
La question est simplement : faut-il aller lui proposer (et je dis bien proposer, pas imposer) de l'aide, du soutien, ou la laisser pleurer sans la solliciter?

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

"Franchement, il n'était pas nécessaire d'essayer de noyer le lecteur avec un pavé pareil"

Je vous laisse l'entière responsabilité de présumer de ce sont capables de lire ou de comprendre les lecteurs de mon développement. Si vous fantasmez que je les "noie" ça vous regarde.


"ni de lancer des allusions dont vous avez le secret"

Encore une fois, je ne suis pas responsable de ce que vous lisez entre mes lignes...


"J'ai horreur de ce genre de manipulation et de provocation"

Il est vrai que vous vous y connaissez en manipulation, vous qui ne cessez de détourner mes propos et d'affirmer de façon peremptoire, billet après billet que j'ai écrit des choses que nul ne verra sous ma plume en faisant une lecture attentive de mes commentaires... Mais vous pouvez m'attribuer je ne sais quel "secret" dans l'art de l'allusion...


Pour le reste...

"Pour en revenir à cette patiente : elle pleure, effectivement. Si spyko sait peut-être pourquoi, vous, vous ne le savez pas"

Mais vous non plus vous ne le savez pas!!! Et ça ne vous empêche pas de balancer des propos très jugeants sur ce qu'aurait dû faire Spyko (qui lui était là et connaît le détail des éléments qu'il ne donne peut-être pas de façon exhaustive) ou sur les remarques de tout autre psy (comme moi) qui vient soutenir que la position de Spyko était la seule à tenir eu égard à son rôle institutionnel, et ce qui lui avait été rapporté de la situation.


"Et encore mieux : l'urgence, c'est le boulot du psychiatre, pas du psychologue! Génial, un nouvel argument au moins aussi solide que les autres! Donc au final, vous êtes psychologue, mais jamais en urgence."

Ah ben oui. C'est ce que disent TOUS les psychiatres que j'ai rencontrés depuis que je travaille. L'urgence "psy" ne concerne que les états de crise nécessitant la mise en place d'un traitement (les psychologues ne prescrivent pas), ou d'une hospitalisation (les psychologues n'hospitalisent pas). Merci de reconnaître la solidité de cet argument dont j'avoue modestement ne pas être responsable puisque... Bien des psychiatres se hâtent de nous le renvoyer lorsque nous voyons une urgence là où ils ne la voient eux-même pas. C'est assez surréaliste de voir comment certains psychiatres voudraient que les psychologues traitent l'urgence en fonction non plus d'une définition claire de ce que c'est, mais en fonction de ce qui les arrangerait...


"Cette éventualité rend nécessaire au moins d'essayer de prendre la demande du médecin en considération"

Mais ce que vous ne saisissez pas, c'est que la demande du médecin a été prise en considération... Mais qu'il n'a pas été foutu de l'étayer lors de son contact téléphonique avec Spyko (cf son article et les commentaires de Spyko). Prendre en considération une demande vide d'éléments (à part le malaise du médecin face aux larmes de la patiente) pour justifier qu'on aille au devant de quelqu'un qui ne demande rien et bénéficie déjà d'un suivi? C'est un peu court...


"et non de nous emmener systématiquement sur "la loi, l'éthiques, les limites techniques, les limites matérielles, et les usages professionnels auxquels les psychologues sont astreints"."

Ah bon? Pour vous ces notions (loi, éthique, usages, limites institutionnelles et techniques) n'ont pas d'intérêt dans la compréhension du traitement de la situation qui nous occupe? Et bien figurez-vous que les psychologues ne sont pas tout-puissants, et que ceux qui sont revenus de ce fantasme apprennent à faire avec ces limites qui s'imposent à leurs pratiques.

Cela ne vous convient pas dans le cas présent, certes...

Mais...

C'est comme ça...

Et pis c'est tout!

Écrit par : Jack | 07/11/2011

Mais oui : personne ne sait pourquoi cette femme pleure, c'est ce que je dis depuis le début. Par ailleurs je n'ai pas "jugé" spyko, c'est vos propos que je juge. N'essayez pas à nouveau de vous cacher derrière lui ou votre titre.
Quant à votre "toute-puissance", je ne préfère pas m'étendre là dessus...

Vos interventions s'appauvrissent de plus en plus Jack. Il doit en être de même pour les miennes... Je vous propose que nous laissions désormais les autres s'exprimer et que nous cessions cette querelle stérile.

Peut-être tomberons nous d'accord un jour sur quelque chose, mais là c'est mal barré...

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

Personne ne sait pourquoi cette femme pleure ?
Ben... son gamin est gravement malade dans un service pédiatrique hospitalier. C'est déjà une bonne raison, non ?
Mais c'est vrai...
Peut-être son amant l'a-t-il largué la veille...
Peut-être sa fille de quatorze ans est-elle enceinte...
Peut-être son aîné vient-il de se faire incarcérer...
Peut-être son patron vient-il de la virer ...
Peut-être vient-elle de recevoir un avis d'expulsion...
Mais, bon, elle pleure dans un service d'hospitalisation pédiatrique. Et même si ce n'est pas la maladie de son fils qui la fait pleurer, le psy de service ne peut pas faire grand chose, en urgence, pour sécher ses larmes.
Parce c'est bien ça qui est important, non ? Sécher ses larmes ?

Écrit par : lambertine | 07/11/2011

Je ne comprends pas trop votre message. Vous pensez qu'un Psy ne peut pas faire grand chose face à une détresse émotionnelle? J'espère qu'un jour vous changerez d'avis.

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

Sécher ses larmes n'est en rien important.
Je dirai plutôt que si elle le désire, un psychologue efficace pourrait l'aider à envisager de gérer la situation d'une autre manière, moins tournée sur l'apitoiement mais plus sur l'attention, le bien-être et le soutien de son fils : la conforter au travers d'une démarche utilitaire.

Attention Igor, après "on" va dire que vous souhaitez la détresse émotionnelle de Lambertine ! ;D
Mais également que je fais des prophéties outrancières... :(

Écrit par : Psychosomatix | 07/11/2011

Ma détresse émotionnelle ? J'avoue qu'autant je compte sur ma psy pour aller mieux dans ma tête et dans ma vie, pour m'aider en ce qui concerne ma pathologie, autant ce n'est pas sur elle que je compte pour soulager cette "détresse émotionnelle" que vous me souhaitez et que je ressens au quotidien pour une raison... enfin, bref, ça n'a pas sa place ici. Et encore moins sur un psy inconnu. Et je ne vois pas ce que l'apitoiement vient faire dans cette histoire. Pleurer, avoir de la peine parce que son enfant est gravement malade, ce n'est pas "s'apitoyer", que je sache. J'aime bien vos chats, Psychosomatix, mais je ne comprends pas qu'un psychologue clinicien considère que pleurer pour une raison évidente soit considéré comme de l' "apitoiement".
(Et puis, zut, on a une femme qui pleure parce que son fils est gravement malade. Pas une femme en "détresse émotionnelle". Je ne suis qu'une patiente basique, mais il me semble qu'une vraie explication suivie d'un vrai contact avec le personnel soignant seraient mieux à même de la soulager qu'un psy occasionnel - quitte à son psy traitant de faire le travail en profondeur. Oui, j'avoue, j'ai d'autant plus de mal avec la situation décrite que je suis proche de la "détresse émotionnelle", puisque c'est ainsi que vous qualifiez le chagrin. J'ai envie de vous dire "mais laissez la pleurer, bon sang, ça fait peut-être des semaines qu'elle essaie")

Écrit par : lambertine | 07/11/2011

Vous n'étiez pas visée par le "on", Lambertine ! ;)

Je ne suis absolument pas psychologue clinicien (du moins pour l'instant, j'espère) ! Je ne souhaitais pas être pour autant réducteur en employant "apitoiement", je n'entendais pas ce mot à un sens péjoratif.

À propos des pleurs, je défend cette opinion justement car j'avais vu deux études selon lesquelles finalement (hors seuil placebo j'entends), pleurer ne fait pas comme on l'entend généralement "du bien".

À bientôt

Écrit par : Psychosomatix | 07/11/2011

Non, pleurer ne fait pas nécessairement du bien, mais ne pas pleurer peut faire du mal. Et je me permets de revenir sur l' "apitoiement". Les larmes, occasionnelles, de cette mère l'empêchent-elles vraiment d'être attentive au bien-être de son fils, de le soutenir ? Un enfant malade, une personne dans la détresse, doivent-ils toujours avoir en face d'eux des parents "solides", "forts" ? Le chagrin d'un être aimant ne peut-il pas être perçu, non comme une faiblesse, mais comme de la com-passion, au sens propre ?
Si Spyko le permet (sinon, qu'il efface) je vais me permettre une anecdote ; quand mon dernier fils est né, j'ai fais une rupture utérine. J'ai failli mourir et le petit était "noyé" dans mon sang (désolée pour les approximations médicales). Mon (ex) mari est resté "de marbre", solide, fort, tout ce que vous voulez. Eh bien, j'aurais donné, dans les heures qui ont suivi, n'importe quoi pour qu'il pleure un peu, pour qu'il ne se limite pas à un "s'il meurt nous n'en ferons plus d'autres" d'un air détaché. Je n'en avais rien à fou*** de sa force ! Alors, peut-être que ce gamin aussi, il a besoin de voir sa mère pleurer !

Écrit par : lambertine | 07/11/2011

@Lambertine : Bonne observation, et je justifie l'idée de s'enquérir de la situation car justement, cette situation comme son inverse sont possibles.

Il est pareillement évident que les larmes de la mère ne l'empêchent pas de prendre soin de son fils, et de la même manière les deux possibilités sont permises.

J'espère que votre petit a survécu et que votre situation générale s'est améliorée... À bientôt

Écrit par : Psychosomatix | 07/11/2011

Alors!

Si les études statistiques scientifiques disent que les pleurs ne font pas de bien... C'est qu'ils ne servent à rien... Et il est donc contreproductif de pleurer. On se fout de savoir ce qui conduit le sujet à ce genre de comportements inutiles, du moment qu'on arrive à y mettre un terme. D'ailleurs c'était l'urgence dont nous partions : faire que cette femme cesse de pleurer! Les décharges émotionnelles... Aucun intérêt! Cela fait les yeux et le nez rouges rouges, vous met des cernes, et vous coûte un fric fou en mouchoirs en papiers!

Et puis surtout... ça fait chier les gens autour qui ont autre chose à foutre... Sauf le psychologue qui est là "juste pour écouter"... Enfin... D'après les gens qui ne font pas son boulot mais sont plus qualifiés que lui pour en parler...

Dépressifs de toutes les nations! Fermez donc vos gueules! Et arrêtez donc de vous lamenter! Cela ne sert à rien puisqu'on vous le dit! Cessez donc de vous accrocher à vos émotions négatives qui n'ont rien de productif!

La nouvelle clinique moderne d'aujourd'hui vous permettra de trouver quelque chose de positif dans la mort ou le handicap de vos enfants! A jubiler en vous retrouvant au chômage et sur-endettés! A sauter de joie en vous retrouvant larguée avec trois mômes sur les bras à 50 ans sans trop d'espoirs de pouvoir refaire votre vie (les études statistiques... toujours elles!)! A crier youpeee en apprenant que vous avez un cancer incurable vous promettant une longue et douloureuse agonie! Et que sais-je encore!

Une bonne cure d'antidépresseurs, de bons conseils avisés de la part d'un thérapeute qui saura vous convaincre de la parfaite inutilité de s'apitoyer sur soi-même pour "gérer" les choses de "façon utilitaire", en ravalant votre angoisse et votre douleur, de sorte à ne plus emmerder le monde avec.

Voilà donc la clinique révolutionnaire qu'on nous promet : une clinique qui ne perd pas son temps à écouter la souffrance, mais qui vous apprend à "gérer". Une clinique "utilitaire" (par opposition aux autres approches cliniques qui sont donc peu utiles puisqu'elles perdent leur temps à écouter et à se centrer sur le vécu subjectif du patient).

Et c'est moi l'insensible parce que j'ose laisser pleurer une femme qui a déjà un psy avec qui travailler ça!!!

De mieux en mieux.

Signé "On"

Écrit par : Jack | 07/11/2011

Mon petit a survécu (difficilement, au début), il a vingt et un ans, et il va bien.

Écrit par : lambertine | 07/11/2011

@On : Le premier paragraphe n'est qu'une interprétation hasardeuse, je ne vais pas vous reprendre phrase par phrase sur ce que j'ai dit ou non, il suffit de relire.

La décharge émotionnelle est normale, et je dirai même peut-être utile, tout dépend de comment elle est orientée. Vous soulignez cela particulièrement dans votre appel superflu aux dépressifs de toutes les nations, je vous cite :

"Cessez donc de vous accrocher à vos émotions négatives qui n'ont rien de productif!"

Mais hélas, la nouvelle clinique moderne - bénie soit-elle - ne vous permettra probablement pas de trouver du positif dans les malheurs de la vie, cette idée tient du fantasme.
Cependant, les thérapies cognitives, bien plus efficaces ainsi qu'à mon goût plus saines que les antidépresseurs, aideront mieux à supporter ces épreuves que le curé du village qui se limite à vous écouter (et qui se moque pas mal des développements scientifiques sur le sujet).
Ce qui ne veut pas dire, comme vous l'affirmiez (par ignorance ou par mauvaise foi, je vais faire comme si je ne savais pas), que les cliniciens ne donnent pas d'importance au vécu subjectif du patient. C'est une part nécessaire de la thérapie. Ai-je contredit cela ?

Écrit par : Psychosomatix | 07/11/2011

@Lambertine : Simplement... :D

Écrit par : Psychosomatix | 07/11/2011

Là c'est moi qui vais pleurer...

Quelle triste exhibition réactionnaire et démagogique... Que de pathétiques procès d'intention (on voudrait faire taire les dépressifs)... Il s'agit bel et bien de manipulation : vous jouez de l'émotionnel et instrumentalisez le malheur de la veuve et l'orphelin (votre paragraphe central) pour les mettre au service de votre cause... Vous jouez encore la victime, vous victimisez également votre corps de métier...
Vous semblez vous enfoncer un peu plus à chaque message...

Ne soyez pas effrayé par la science Jack, elle ne joue pas toujours contre vous.
Pour ceux que ça intéresse, et qui ne veulent pas forcément se plonger dans l'étude dont parlait Psychosomatix, un résumé vulgarisé est disponible ici (s'il s'agit bien de l'étude dont il parlait) : http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-pleurer-oui-mais-comment-27208.php
On ne peut pas dire que cette étude soit exempte de biais mais il est toujours intéressant de se confronter un peu aux idées reçues.

Écrit par : Igor Thiriez | 07/11/2011

@Psychosomatix : Vous avez dit "pleurer ne fait pas comme on l'entend généralement "du bien"." et "Je dirai plutôt que si elle le désire, un psychologue efficace pourrait l'aider à envisager de gérer la situation d'une autre manière, moins tournée sur l'apitoiement mais plus sur l'attention, le bien-être et le soutien de son fils : la conforter au travers d'une démarche utilitaire."

C'est en soi effrayant,que de voir des apprentis "psys" de parler de thérapie comme s'ils parlaient de rentabilité d'entreprise : " un psychologue efficace", "gérer la situation", "moins tournée sur l'apitoiement", "démarche utilitaire"... Voyez vous seulement à quel champ sémantique vous vous référez? Ben non... apparemment pas.

Pour votre confiance dans le triomphe des thérapies scientifiques...

Une autre étude démontre que sur la prise en charge de sujets déprimés... Le taux de guérison (et de rechute) est rigoureusement le même sur trois ans pour des patients prenant des antidépresseurs AVEC ou SANS thérapie TCC. Mais celle-là, on n'en parlera pas chez vous...

@Thiriez : Encore des grands mots lâchés pour me faire passer pour une "victime" et un "manipulateur"... Deux positions qui sont d'ailleurs rarement compatibles en clinique... Mais bon... Je dois être un cas rare... Et après ça on dira que l'interprétation sauvage est une spécialité de psychanalyste!

Pour finir... Dans les dictatures... C'est une habitude que de taxer de maladie mentale les opposants aux nouveau régimes. Je ne m'en suis jamais pris qu'à vos arguments et aux détournements constants fait de mes propos... Jamais à votre personne ou à votre santé mentale. Moi. En outre... Le voudrais-je que je ne le pourrais pas, ne vous ayant jamais reçu en consultation (et quand bien même vous aurais-je reçu que je ne pourrais pas en parler non plus)... Question d'éthique... Ah! Mais oui, suis-je bête... J'avais cru comprendre que ces notions n'étaient pas si importantes que cela à vos yeux puisque vous ne me reconnaissiez même pas le droit de m'y référer pour argumenter mon avis sur la situation d'où ces échanges sont partis...

Alors pas de leçon sur qui se grandit et qui s'abaisse ici. C'est assez malvenu.

Écrit par : Jack | 08/11/2011

Ben voyons...
Je n'ai jamais porté de diagnostic vous concernant. Je ne fais que relever des comportements observables et votre dernier message le confirme par une assimilation douteuse : celle à un régime dictatorial dans lequel vous auriez évidemment le beau rôle, celui de la victime et moi celui du bourreau.
Si ça, ce n'est pas se faire passer pour une victime et manipuler l'opinion... Franchement c'est lamentable... Vous vous enfoncez encore, dans deux ou trois messages, nous aurons droit aux allusions au troisième Reich...
Je le répète pour la seconde fois : il faudrait que nous arrêtions ces échanges. Je suis prêt à ne plus surenchérir si vous ne me provoquez pas à votre prochain message.

Écrit par : Igor Thiriez | 08/11/2011

J'ai fini par me lasser de venir voir si notre cher psycho avait retrouvé sa plume,c'est dire qu'il y a un bout de temps que je ne suis pas venue par ici et paf ce soir je suis venue et j'ai vu (veni, vidi mais pas vici), wouah! ça a cartoné dur!!.
Une femme pleure parce que son enfant est malade, c'est tout à fait normal car les femmes sont très proches de leurs petits,j'ai élevé 3 enfants et j'en sais quelque chose, on est mal quand ils sont mals et je pense qu'elle avait besoin d'un réconfort immédiat, c'est à dire au moment de ses pleurs et pas après, donc le temps qu'elle soit vu par le psy. la crise de larme risquait d'être passée. Je ne vois donc pas d'urgence à cela. Si j'avais été là, j'aurais pris cette femme dans mes bras même sans la connaître et je l'aurais consolé avec quelques mots de réconforts, si, si, je sais faire et ça aide bien sur le coup, donc je confirme que c'est de cela qu'elle avait besoin et peut être aurait-il fallu faire intervenir un membre de sa famille de préférence, ce n'est que mon avis et je peux aussi me tromper sur ce cas.
En tout cas bravo pour tous ces hommes qui dans ce billet on chipotés sec pour pas grand chose je suppose parce que la femme en question a du régler son problème à rapidement
J'ai lu le lien sur l'étude sur les pleurs, s'il y a quelque chose qui me fait marrer ce sont ce genre d'études qui ne tiennent pas compte de tous les paramètres et en matière de statistiques on fait dire ce qu'on veut aux chiffres en fonction de ce qu'on veut faire passer comme message, ça je peux vous le certifier. J'ai vu dans ce billet comme un moment de défoulement devant des situations certainement récurrentes.
Bon Igor à eu le dernier mot, bah en fait c'est humain de vouloir avoir le dernier mot que l'on ait tort ou raison :))

Écrit par : Totem | 24/11/2011

merci pour cet article qui me fait "juste" des noeuds au cerveau pour essayer de comprendre au mieux ce que je viens "juste écouter" chez les patients en fin de vie et les familles que j'accompagne... :o)

Écrit par : Maya | 24/11/2011

formidable cet article :-)
un jour quand j'étais petite, j'en pouvais plus, plus du tout. C'est comme ça que je me suis retrouvé aux urgence, en service pédiatrique. Et je suis tombé sur un psy, à qui j'ai parlé un petit peu. Qui m'a "juste écouté", en faisant "mmmh". Gentil ce psy, je l'aimais bien. Mais j'ai compris que vite, très vite, il fallait que j'aille mieux, parce qu'il me semblait que ce psy comme les autres adultes n'avaient pas vraiment envie d'en entendre plus. Alors j'ai ravalé, j'ai souri, et j'ai pu repartir.

30 ans de silence plus tard, je me suis dit qu'il fallait peut-être que je parle enfin, dire enfin à psy. Que ça irait mieux, juste parce que j'aurais dit, et que je pourrais repartir. (allez, pleure un bon coup, ça ira mieux dixit le vieil adage)

Heureusement que ce spykologue là, il ne m'a pas que "juste" écouté.. :-)

Écrit par : papillon | 05/12/2011

le role d'un psychologue est avant tout de faire une écoute neutre mais après tout la patient veut un dialogue même si le docteur ne devrait pas donner son avis, il doit au moins réagir.

Écrit par : Alptis | 05/12/2011

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais l’image des psychologues qui ne font qu’écouter et gribouiller quelque chose dans leur carnet est souvent donnée dans les films. Un psychologue fait bien plus que cela et c’est dommage que tous ne s’en rendent pas compte. Ne vous découragez pas !

Écrit par : Caroline Lange | 18/12/2011

@Alptis
Le rôle d'un psychologue clinicien est de guérir les troubles psychiques pour permettre l'autonomisation / le bien-être de ses patients.
Ce qui exclut le jugement moral, mais induit l'usage de méthodes donc l'efficacité est validée.

Écrit par : Lousk | 18/12/2011

C'est avec bonheur que je découvre votre blog. Ce billet m'a fait sourire. Je suis médecin mais psychiatre donc pas un vrai médecin pour bon nombre de mes confrères ;-). Je suis tout à fait d'accord sur cette "définition" de l'écoute. J'ai beaucoup défendu cette "écoute". Responsable d'un pavillon d'entrées en hôpital psy j'ai eu la vie dure en arrivant. Car simplement je privilégiais l'écoute. Un patient entre, pourquoi se précipiter sur un traitement qui va le casser (sauf grande agitation) , écoutons le ! de toute façon il est dans les "murs" et pourquoi se précipiter sur les éléments de l'anamnèse dès le premier entretien, pour faire un beau dossier ? cela ne manquait pas d'irriter plus d'un soignant. Oui, je suis médecin et peut prescrire et alors? Donnons 2 ou 3 jours, si le comportement du patient le permet. Deux ou trois entretiens, les éléments des infirmiers et on voit. Un anti dépresseur ne peut être efficace: il faut que le psy croit en son médicament, et non en le labo, et l'efficacité résulte tant de l'antidépresseur que de l'écoute.
J'ai connu un analyste qui faisait "hmm hmm", mon premier analyste. J'ai vécu un évènement très douloureux et je pleurais pendant toutes mes séances , en ressortait encore plus mal. J'ai mis un moment à comprendre que ça ne collait pas, je débutais mon internat.
Ensuite j'ai bossé et lu et ai pris pleinement conscience de la nécessité d'une écoute de qualité quelque soit le côté de la barrière.
Ce qu'on me demandait souvent ce n'était pas "juste" d'écouter mais "juste" de prescrire une petite benzo. ça énerve de la même façon ! C'est plus frustrant car ces médecins ou autres soignants n'imaginaient pas qu'un psychiatre puisse écouter !

Écrit par : demoisellelibellule | 21/12/2011

Une écoute, oui... n'oublions pas pour autant les méthodes thérapeutiques validées. :)

Écrit par : Lousk | 21/12/2011

Je n'ai pas pris le temps de lire tous les commentaires, et je vais peut être dire quelque chose qui a déjà été dit, mais ce qui me choque, c'est surtout que le médecin demande à quelqu'un d'autre de venir pour "juste écouter" cette dame.
N'est-ce pas de son rôle à lui, de passer un peu de temps vers elle pour comprendre pourquoi elle craque?
C'est la première qualité que tout soignant doit avoir, d'écouter le patient, j'ai du mal à comprendre qu'on s'en décharge par une consultation avec le psychologue!

Écrit par : docteursachs | 21/12/2011

J'imagine qu'un médecin est malheureusement trop occupé pour pouvoir passer son temps à écouter des gens, même si ils en ont besoin.

Écrit par : Vianns | 11/01/2012

Bonne année, Spyko, revenez vite :)

Écrit par : mottate | 12/01/2012

Merci à tous et toutes de votre passage et de vos commentaires, que j'ai lu avec attention. Désolé pour le break sur le blog et à bientôt pour de nouvelles aventures sur cette page ;)

Écrit par : spyko | 19/01/2012

bah il faut reconnaitre que y a pas mal de psy qui se 'foulent pas trop' ..qui se contentent de faire comme il est écrit 'hum hum' ou d'écouter sans vraiment écouter ..et les psychiatres eux de prescrire des medocs ils sont bien appris leur boulot de prescrire ..
désolée mais bon y en aurait des choses à dire dans le milieu médical ..

Écrit par : myrtille | 02/02/2012

Je sais que la parution de l'article date un peu, mais j'aurais aimé avoir quelques précisions.
Tu écris "Bien sur que l’écoute est primordiale.
Je veux dire la vraie écoute : l’écoute entière, non jugeante, qui laisse l’autre dérouler sa pensée en influant le moins possible et en l’aidant au mieux à mettre en mot et synthétiser ses pensées et ressentis ( cf la maïeutique socratique, l’approche non-directive de Carl Rogers …)"
Comment peut-on écouter sans juger (ou plutôt qu'est ce que le jugement dans une écoute et comment se manifeste t-il ?) et comment aider quelqu'un à choisir ses mots sans influencer ? ça doit être super dur ! (oui, 5 ans d'études et 10 ans d'expérience, c'est ça ? mais comment être vraiment sûr qu'on influe pas ?)
Merci par avance !

Écrit par : Lela | 09/06/2012

Je tiens particulièrement à saluer le camarade qui a osé tenir tête à mon alter ego littéral et a visiblement réussi à démontrer toute la mauvaise foi projective dont je suis capable.

Écrit par : Jièmdéhelle | 09/12/2014

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