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22/08/2011

S'agit d'apprendre à ne pas être heureux

Je vais chercher Sarah dans la salle d’attente et comme d’habitude, Sarah est toute seule.
Elle se lève à mon approche, me tend une poignée de main franche avec un grand sourire.

Du haut de ses 13 ans, Sarah a l’aplomb d’une jeune adulte. Elle se gère. Depuis longtemps.

Depuis deux ans, je vois plus ou moins régulièrement, selon comment elle va, Sarah en entretien.
Elle est toujours à l’heure au RDV, même si celui-ci l’oblige à traverser la moitié de la ville en bus. Elle n’en oublie jamais aucun.
Elle se gère. Depuis longtemps.

Il faut dire qu’avec une maman dépressive au long cours, dont l’alcool a été à un moment le seul refuge, on apprend à se gérer seule. On a pas le choix.
Il faut dire que quand, petite, on voyait  régulièrement sa mère se faire tabasser par son père, on apprend à fermer sa gueule et à gérer ses soucis toute seule. Sans bruit.

Aussi Sarah vient sans sa mère.
Non pas que celle-ci se désintéresse de sa fille. Bien au contraire. Je l’ai déjà eu au téléphone et on a échangé par courriers interposés. Elle est sincèrement inquiète pour elle.
Mais pour Sarah, je crois qu’elle a enregistré quelque part au fond d’elle qu’elle devait se gérer toute seule, que c'était comme ça et pas autrement : aussi elle vient seule.

Je suis quasi certain que la maman n’est même pas au courant de la moitié des rendez vous donnés.

Alors bien sur, se gérer toute seule, gérer le quotidien d’une maison où tout va à vau-l’eau, s’occuper un peu du ménage, un peu du petit frère, un peu du collège, un peu de maman, ça prend de l’énergie tout ça.
On a beau prendre sur soi, dire bonjour à la dame et faire un grand sourire, au fond, il y a des lézardes et des craquelures qui ne demandent qu’à s’élargir.

Aussi, dans sa vie qui officiellement va très bien, Sarah a commencé il y a deux ans à se faire des scarifications. Discrètes. Que personne n’a remarqué pendant longtemps.
Parce qu’elle n’avait le droit d’aller mal. Pas le droit d’inquiéter sa mère ou les adultes.
Parce qu’elle voulait se gérer toute seule et qu’elle n’y arrivait pas.
Non, elle n’y arrivait pas et cela la rendait malheureuse. Pire : cela la rendait coupable.
Au fond d’elle, elle se sentait coupable d’être triste, coupable potentiellement d’inquiéter sa mère qui avait tellement à gérer de son côté, coupable de ne pas arriver à affronter les évènements.
Alors qui dit coupable, dit punition. Et méthodiquement, tous les soirs, pendant des mois, Sarah s’est punie de se sentir triste en se scarifiant. Parce que c’était forcément sa faute.

Sarah avait pris la culpabilité de tout le monde dans sa famille.

Celle de sa mère qui n’arrivait pas à arrêter l’alcool, et où Sarah se reprochait de ne pas arriver à l’aider.
Celle de son père qui avait été violent, et où elle se disait qu’elle aurait du l’empêcher.

Elle portait tout.
Et tous les soirs, sa culpabilité ressortait en larmes rouge sang.

Jusqu’au jour où sa mère apercevant une marque bizarre sous les pulls à manches longues que Sarah portait en toutes saisons, sa mère donc l’amena aux urgences.
Où je fis sa connaissance.

Depuis deux ans, un peu de chemin a été parcouru. Pas beaucoup.

Mais elle est toujours là, fidèle au rendez vous, avec son sourire avenant, sa poignée de main franche, et toute la façade de la jeune fille-qui-va-bien.

Sarah se sent un peu moins coupable. Sarah ne se fait plus de scarifications.

Mais Sarah continue à ne pas vouloir inquiéter sa mère, qui pour elle a déjà trop subi, et elle continue à se gérer seule, à la maison, au collège, à l’hôpital.

Ne disant rien de ses soucis à la maison.
Allant voir l’infirmière du collège quand le vernis craque.
Allant voir le psychologue de l’hôpital.
Mais toujours seule.

Et si je dois dire une chose personnelle sur cette jeune fille, c’est que moi, elle m’émeut : par son courage et sa volonté de rester toujours debout dans l’adversité.

Je dois dire que ça me fait toujours quelque chose de la voir face à moi, essayant de rester digne, de prendre sur elle, d’affronter seule les évènements,  contenant ses larmes et ses émotions.

D’un coté j’aimerai bien qu’elle recolle un peu plus à ses émotions, qu’elle soit plus dans le ressenti et moins dans l’évitement et l’agir.
D’un autre côté, c’est  en évitant de ressentir qu’elle a aussi avancé dans sa vie et qu’elle a tenu bon.
Alors quel est le mieux ?…

Je crois que finalement, seule Sarah me dira un jour ce qui est bon pour elle.
Et moi, je ne l’aurai qu’un peu accompagnée sur son chemin.

18:22 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (22) | |  Facebook

Commentaires

Bon t'arrête de me faire pleurer, c pas gentil ! ;-)
"se gérer seule"...

"D’un coté j’aimerai bien qu’elle recolle un peu plus à ses émotions, qu’elle soit plus dans le ressenti et moins dans l’évitement et l’agir.
D’un autre côté, c’est en évitant de ressentir qu’elle a aussi avancé dans sa vie et qu’elle a tenu bon.
Alors quel est le mieux ?…"

Ca me parle trop pour dire quoi que ce soit d'intelligent...

Juste merci pour elle...et toutes mes pensées s'envolent vers elle..

Écrit par : Opale | 22/08/2011

Un texte magnifique, plein de sensibilité sur ces fameux dilemmes qu'on a souvent dans nos milieux...
"il faudrait qu'elle verbalise plus mais en même temps ces évitements et son humour maladroit, presque choquant l'aide à ne pas s'effondrer" serait ma phrase pour ma patiente en fin de vie ce jour...

Merci pour ces mots, comme toujours si justes :-)

Écrit par : Minimoiz | 22/08/2011

Oui, on survit de cette manière, je ne sais pas encore si on vit...Je suppose que oui quand même, cette façon de faire décrite dans l'article et dans ta phrase Minimoiz m'a permis d'avoir une vie sociale, un boulot, de gérer ma vie seule , là où d'autres ne le peuvent plus tant tout s'effondre...
Je dis souvent que c à la fois un avantage et un handicap...un avantage pour cet équilibre trouvé même si très précaire, et un handicap car souvent le sentiment d'être intérieurement en prison et sous tension permanente ce qui est épuisant...

Écrit par : Opale | 22/08/2011

waouh ! sacrée petite personne

Écrit par : collie | 23/08/2011

Bonjour,

Oui, elle est bien émouvante cette jeune fille.

Elle me fait penser à un ouvrage assez agréable à lire de Gisèle Harrus Revidi "Parents immatures - enfants adultes" que je vous recommande chaleureusement... Et incidemment à quelques un de mes petits patients.

C'est toujours triste et regrettable de voir un enfant privé de son droit à une enfance, et jeter bien précocement dans l'autonomie et dans des responsabilités écrasantes.

Hélas... D'expérience ce que je constate, c'est que ces enfants ne lâcheraient leur famille pour rien au monde tant ils s'imaginent être en effet responsables de la survie psychique de leurs proches. L'intervention des services sociaux, une mesure éducative ou même un placement n'y changeraient rien et ne suffiraient pas à leur permettre cette distanciation psychique dont ils auraient besoin par rapport à la responsabilité qu'ils portent.

Vouloir en tant que thérapeute leur permettre d'avoir la même enfance que celle que l'on cherche à proposer à ses propres enfants est un réflexe bien naturel... Mais dont ces enfants ne savent plus que faire au bout d'un moment, tant leur situation les a mis en décalage par rapport à leurs pairs.

Nous ne pouvons pas faire autre chose que de leur proposer cet espace où ils sont autorisés (s'ils le veulent bien - et ça n'est pas gagné!) à régresser un peu en sécurité, sans risque... A avoir un Autre en position d'étayage disponible pour eux... Le temps de souffler, avant de repartir au combat.

Je vous souhaite bien du courage pour ce suivi... Et bien du courage à Sarah évidemment!

Écrit par : Jack | 23/08/2011

je vous lis et je me revois avec mon ado.
à 14 ans on lui a diagnostiqué un cancer,3 ans de lutte, deux rechutes, 4 ans après nous recollons les morceaux, mais bizarrement c'est pour nous adultes que cela semble plus difficile.
notre presque adulte ( 18 ans aujourd'hui), vit sa vie à fond, mais je sais aussi que les enfants protègent leurs parents, je ne sais ce que penser, pourtant la psy d'hémato pense qu'il va plutot bien, qu'il est équilibré.....envie, besoin de la croire....
val

Écrit par : valérie | 24/08/2011

Bonjour

Je lis le blog depuis un moment...
Plusieurs fois ça parle de scarification, de "sang qui coule"... et je me dis que c'est important pour une jeune fille de 13 ans. Elle va "devenir femme" et ne peux pas s'identifier à sa mère.
Dans quelle mesure ce confie-t-elle à un psy homme d'ailleurs ?
interessant tout ça.

Écrit par : lolo | 26/08/2011

J'ai beaucoup aimé cette description de cette petite sarah. Il y a beaucoup de sarah, j'ai connu une sarah, moi. Une sarah un petit peu comme ça. Cette sarah elle a du coup fait tout hyper vite. Quitter la maison un peu vite a 18 ans en culpabilisant de laisser sa maman, traverser la France seule en train, chercher seule un logement potable et pas cher, s'inscrire en fac et vite trouver un chéri. Tout aussi vite mariée a 21 ans tout frais parce que cette sarah là elle avait l'habitude de courire un peu, beaucoup. Et puis finalement elle allait hyper bien cette sarah là! Jusqu'au jour ou, toujours trés trés trés vite, cette sarah a eu un bébé. Et pis là pouf, la sarah elle s'est reprit toute son enfance dans le visage, la peur de la violence, la peur de faire mal a son enfant, la peur de pas tout tenir, de pas tout gérer! Et il a fallut réapprendre les choses simples de la vie!
Mais au bout du compte, les sarah, elles s'en sortent (presque) toujours!

Écrit par : Babou | 27/08/2011

C'est la vraie vie, malheureusement. Et comme le dit Badou, il y a pas mal de petites Sarah un peu partout dans les villes de France.

Écrit par : elisabeth | 28/08/2011

"il y a pas mal de petites Sarah un peu partout dans les villes de France"
C'est vrai, mais est-il fréquent de voir de façon aussi limpide une enfant porter un fardeau qui n'est pas le sien, assumer une place qui n'est pas la sienne ? Au-delà de l'émotion que ce cas m'a fait éprouver, je me demande quelle dignité il serait possible de rendre à la mère en la laissant affronter seule, sans l'aide de Sarah, son rôle de mère ?
Quand Sarah "continue à ne pas vouloir inquiéter sa mère, qui pour elle a déjà trop subi, et continue à se gérer seule, à la maison, au collège, à l’hôpital.", n'empêche-t-elle pas sa mère de reprendre la place qui est la sienne ? Ces deux souffrances semblent tellement liées : ne s'entretiennent-elles pas l'une l'autre, au lieu de n'aller que dans le sens descendant mère-Sarah ?

Écrit par : Laurent Gidon | 29/08/2011

Oh bah je suis pas suffisamment instruite pour débattre de ce propos mais même si d'une manière la souffrance de la mère et lié a celle de sa fille je dois avouer que j'ai un peu de mal a lire "n'empêche-t-elle pas sa mère de reprendre la place qui est la sienne".
Peut être parce que cette phrase me donne l'impression que cette fillette est en tord et ça me dérange.... Mais je parle bien entendu avec la sensibilité qui est la mienne et ne remet pas en cause votre propos ;)

Écrit par : Babou | 30/08/2011

C'est vrai, peut-être l'expression est-elle accusatrice et donc mal choisie. Sarah n'a aucun tort, mais me semble se débattre dans une situation qui se perpétue au-delà d'elle-même aussi du fait qu'elle assume un fardeau qui n'est pas le sien

Écrit par : Laurent Gidon | 30/08/2011

Je suis contente de vous relire ... :)
Amicalement

Écrit par : Célia | 01/09/2011

Ouh là j'arrive tard après la bataille moi ! Reprenons

@Opale : Je ne voulais pas te toucher autant par cette note. Cependant comme tu le soulignes, un comportement de ce type peut être à la fois un avantage et un inconvénient. Chaque médaille a son revers, chaque défaut sa qualité.

@Minimoiz : merci à vous!

@Jack : merci pour la référence qui m'intrigue. Il faut que j'aille voir ça.

@lolo : je ne me suis pas posé la question de mon sexe par rapport à cette jeune fille. Forcement qu'il y a tout un tas de choses qui vont se jouer dans les projections, le côté transferentiel, au niveau du sexe de l'interlocuteur. Mais pour l'heure, je n'ai pas encore eu besoin de creuser cette question dans le suivi de cette jeune fille

@Babou : merci pour votre témoignage, bien écrit et émouvant. Je souhaite aux Sarah de toujours s'en sortir, moi aussi

@Laurent Gidon : aider la maman à reprendre sa place : oui effectivement. La mère a été infantilisé, "chosifiée" par un mari qui la considérait comme une moins que rien. Même éloignée de lui,elle peine à retrouver confiance en elle, laissant la porte ouverte à l'hypermaturité de Sarah.
La maman est suivie de son côté, je souhaite qu'elle avance aussi. Pas évident

@Valérie : il n'y a pas qu'une seule façon d'aller bien. Votre ado va surement bien si la psy vous le dit, mais il a trouvé sa façon à lui de s'en sortir et d'avancer. Peut être en occultant certains aspects. L'important c'est qu'il avance.

@Célia : merci et à bientot !

Écrit par : spyko | 01/09/2011

Hep toi t'arrêtes tes bêtises ? Encore heureux que quand tu écris tu ne te dis pas "ouh la je vais trop toucher untel ou untel, ouh la un lecteur peut se sentir triste/mal en lisant ça" !!
Puis il n'y a rien de mal à toucher quelqu'un, ça montre que ton texte est vrai, percutant, et qu'il parle aux gens !
C'est ce qu'on aime dans tes articles, entre autre !!!
bizzzz

Écrit par : Opale | 01/09/2011

Elle me fait un peu (beaucoup) penser à Célestin, Sarah. Célestin qui a géré pendant plusieurs de ses années d'enfance sa mère malade (et la maison, la gestion financière du ménage, sa propre solitude), malgré ses terribles traumatismes personnels. Et qui s'est effondré (et pas qu'un peu) quand elle a été mieux, a retrouvé un compagnon (formidable) et la santé. Célestin qui depuis navigue entre la toxicomanie, les tentatives de suicide, les hôpitaux psychiatriques et la prison... Et qui reste un garçon pour qui j'ai plus d'estime que pour n'importe qui. Il ne veut toujours pas "inquiéter sa mère"...

Et elle me fait penser à mes enfants, aussi, qui ont dû gérer ma dépression de femme abandonnée, mais toujours active (et absente...). Mais qui, grâce à Dieu, ou au destin, vont bien.

Faites attention à Sarah !

Écrit par : lambertine | 02/09/2011

Sarah n'a pas eu d'enfance comme toutes les sarahs, seulement malgré son désengagement, sa mère a vu que sa fille n'allait pas bien et l'a envoyé voir un psychologue, donc elle devait aimer sa fille pour avoir trouvé le courage de faire appel à un intervenant extérieur.
Il y a tout plein de Sarahs mais aussi tout plein de Cosettes pour qui le manque d'amour vient se greffer au statut de bonne à tout faire.
Selon Alice Miller, ce petit plus d'attention peut changer tout dans le devenir de l'enfant, il s'aperçoit que malgré son sort peu enviable il existe quand même une petit peu d'attention voire d'amour.
Bon j'arrête là, ce post me parle un peu trop ;)

Écrit par : Totem | 16/09/2011

Cette histoire me touche parce qu'elle a de forte similitude avec la mienne. Je suis de celle qui peuvent raconter les atrocités de leur enfance, en pleurant, mais avec un grand sourire. C'est devenu tellement naturel de ne pas faire sortir le moindre état d'âme, parce que ce n'est pas possible d'ajouter sa propre souffrance à celle des autres. Pire, dire que l'on souffre, c'est dire que l'on souffre "à cause de", et quand il s'agit de maman ou papa, ce n'est juste pas imaginable ( surtout si maman a une forte tendance à s'ouvrir les veines).
J'ai vu ma 1ère psy à 25ans, elle m'a montré la voie de "l'égoisme". Ca m'a aidé, ca ne résoud pas tout, on ne peut pas toujours aller contre un mécanisme bien ancré. Je ne sais pas si on "guérit" de ca, on apprend à vivre avec. Je lui souhaite de trouver la clé pour sortir de cet engrenage.

Écrit par : ash | 18/09/2011

Merci Ash, Totem et Lambertine pour vos témoignages personnels et touchants. J'espère ne pas avoir réveillé de choses trop douloureuses.

Écrit par : spyko | 20/09/2011

@spyko

Ben si pour le coup. Mais c'est pas le genre de choses dont on peut parler, au risque de terroriser ou faire pleurer son entourage. Seulement à son psy.

Il y aura toujours une limite à ce que les gens peuvent comprendre de cette douleur d'avoir des parents inconséquents, qui n'ont pas joué leur rôle. Un psy ça aide à dire qu'ils sont en tort (j'ai attendu 18 ans pour comprendre que ce n'était pas ma faute), à pardonner quand ça va mieux et à dire l'indicible car cette violence, les parents eux-mêmes ne peuvent pas toujours la comprendre.

Je m'en sors mieux maintenant, mes parents aussi, et c'est grâce à des gens comme vous. Continuez comme ça, je suis sûr qu'avec Sarah vous aurez des résultats (hého, elle a déjà arrêté de se scarifier, c'est géant comme résultat!). J'ai pas si mal tourné, et mes parents ont compris ce qu'ils avaient à faire. Et vous aurez - peut-être - le plaisir de voir grandir une personne qui arrivera dans l'âge adulte avec un bagage dans lequel elle pourra désormais puiser une force.

Si je prends le temps d'écrire ce commentaire c'est pour vous remercier. Y'a du boulot mais vous tenez le bon bout.


@Ash D'accord avec vous sur toute la ligne. Je peux en parler maintenant sans revivre tout ça, sans me demander si j'exagère, ou peut-être est-ce de ma faute, ou ça n'aide pas...

Écrit par : Yop | 29/09/2011

Je viens de finir de lire tout votre blog, c'est un vrai plaisir de vous lire. Mais je n'arrive pas à fermer cette page que je lis et relis depuis quelques jours. J'entends encore mon psy me dire: "On ne prends que la place qu'on nous laisse, mais vous avez l'âge de pensez à vous et de vivre votre vie, de couper le cordon". Oui mais voilà à peine 5 ans après ma mère est diagnostiquée. Et elle est malade d'une de ses maladies neurodégénératives qui ne laissent aucune chance. Et je suis à nouveau la mère de ma mère. Et je le serais maintenant jusqu'au bout... ça laisse comme un arrière gout dans la bouche.

J'espère que votre Sarah saura saisir sa chance. Un enfant devrait avoir la chance de pouvoir rester à sa place d'enfant. De ne pas avoir à grandir trop vite.

Merci d'écrire ce blog ;)

Écrit par : Julia | 07/10/2011

Désolée de commenter longtemps après la publication de ce sujet, mais je viens de découvrir votre blog et ceci me touche particulièrement...

"se gérer toute seule, gérer le quotidien d’une maison où tout va à vau-l’eau, s’occuper un peu du ménage, un peu du petit frère, un peu du collège, un peu de maman, ça prend de l’énergie tout ça." Ça me parle... "Sarah a commencé il y a deux ans à se faire des scarifications." Ça me parle aussi...

Sauf que je suis la maman, que tout va à vau-l'eau (pas complètement, merci à mon mari), que mes filles doivent beaucoup s'assumer... L'une au collège, l'autre en primaire.
Et c'est moi qui me scarifie... seul mon mari est au courant (en dehors des soignants), je me cache de mes filles...

Votre sujet me fait pleurer, j'ai peur que mes filles pâtissent de ma maladie (dépression depuis six ans), elles ont l'air "normales" mais je culpabilise.

Merci pour votre blog.

Écrit par : suzie | 17/06/2014

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