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12/08/2011

J'ai vu dans son regard...

Le Dr E. ne m'appelle jamais. Non pas qu'elle me déteste. Je crois même qu'elle m'apprécie un peu. Non. En fait, elle n'appelle jamais personne dans le service des urgences où elle travaille.
Il faut dire que le Dr E. est un peu timide. Ou un peu  schizoïde. Ou un peu les deux.
Bref, en résumé, c'est pas une grande causeuse. Elle panse, elle recoud, elle soigne avec diligence dans les salles des urgences, mais n'esperez pas la croiser dans la salle café, ou la voir s'arrêter dans les couloirs pour parler de la pluie et du beau temps. Elle fonce tête baissée entre deux patients (qu'elle soigne fort bien apparemment) et évite toute autre rencontre que la pince à suture ou la poche de perfusion.

Tout ça pour dire que ce matin là, en entendant sa voix au téléphone, je me doutais bien qu'il y avait quelque chose d'un peu sérieux. Pour qu'elle ose appeler quelqu'un à la rescousse.

Un grand adolescent serait là suite à une agression dans le bus. Le Dr E. l'a accueilli pour les soins et établir un certificat de coups et blessures (pour la police).
Sauf qu'à part un demi-hématome sur le coin du front, ce jeune homme ne présente pas de plaie. Fort heureusement, dira-t-on après cette agression.
Mais là où le Dr E. est surprise, c'est que malgré la modestie des lésions, le jeune garçon est arrivé en état de choc intense. Et elle est très inquiète.

J'arrive donc prestement (je trouve cet adverbe d'une élégance rare non ?...).
Dans la salle de consultation, je trouve un jeune homme allongé, les yeux rougis, un peu hagard, fixant le plafond et donnant la main à sa mère (qui vient d'arriver, appelée par l'hôpital) sans pouvoir la lâcher.
D'après le médecin, son agression remonte à maintenant plus d'une heure, il a été amené par les pompiers. Mais visiblement, l'état de choc est toujours très intense.
Je vois que de l'autre main, il bouge fébrilement les doigts : et je vois qu'il n'arrête pas de froisser et refroisser le ticket de bus.... Qu'il n' a pas lâché depuis plus d'une heure. Dans un état quasi dissociatif, je crois qu'il ne voit même pas que sa main droite agrippe toujours ce fameux ticket sans pouvoir le lâcher...

Il est décrit des réactions de sidération intense comme celle-ci après des évenements traumatiques.
On pourrait penser qu'une agression physique "modeste" en terme de conséquence ne déclencherait pas une sidération aussi intense : mais la réaction n'est pas liée à la gravité objective des faits, mais à leur vécu par le sujet.
Or pour ce jeune homme, tranquille, sans histoire, un peu timide, ces deux jeunes adultes qui lui ont sauté dessus dans le bus, donné un coup de poing et volé son portable.... C'est un traumatisme terrible.
Pour un autre ado, bagarreur, habitué des mauvais coups et des hématomes multiples et variés, le vécu aurait sans doute été différent.

Nul ne sait comment il va réagir face à une situation traumatique. On se targue de dire "Ah moi à sa place, j'aurai fait ça !  Ou ça !!". Ca nous rassure probablement. Mais le fait est que personne ne peut prédire quelle sera sa réaction.
Aura-t-on une réaction appropriée ?
Dans les théories du stress, les réactions appropriée face à une source de stress sont de deux sortes : fuir ou combattre (fight or flight).
En gros, soit on affronte l'évenement (on frappe son agresseur, on cherche à éteindre l'incendie, on prend des mesures adaptées), soit on s'enfuit au plus vite pour se protéger.

Mais paradoxalement, notre corps est capable de nous conduire à des réactions de stress innapropriées : Louis Crocq, psychiatre grand spécialiste du psychotraumatisme, décrit quatre grands types de réactions inadaptées face à un stress aigu :

- La sidération : et c'est le cas de notre jeune homme. Qui se traduit par une absence de réactivité, de pensée, d'émotion. Le sujet est absent à lui même et au monde qui l'entoure. Ceci pouvant entraîner des conduites dangereuses (rester assis devant sa maison qui brûle n'est pas la définition même de la sécurité)

- L'agitation stérile : la personne tourne en rond, crie, commence douze actions en même temps, n'en finit aucun, elle adopte un comportement hyperactif mais qui n'entraîne aucune action efficace et suivie

- La fuite panique : le sujet court droit devant,  dans une sorte de fugue dissociative, ne sachant pas où il va vraiment, ne réflechissant plus mais ne pensant qu'à fuir ... Ce comportement se rencontre volontiers en groupe, dans les mouvements de foule : la fuite panique éperdue entrainant alors des morts par écrasement, la foule avançant sans regarder ce qu'elle fait

- Les comportements automatiques : le sujet est en mode "pilote automatique" mais complètement dissocié, avec souvent une amnésie de cet épisode : par exemple, une personne  rentre chez elle en voiture après un accident et ne réalise qu'une fois à la maison qu'elle est revenue : sans se souvenir du trajet ni de comment elle a conduit . Les comportements automatiques peuvent être relativement élaborés et utiles (l'exemple d'avant). Ou être très frustres et inutiles : notre grand ado garde son ticket dans sa main, et ne peut le lâcher...

A savoir si, face à un évenement intense, vous aurez une réaction appropriée ou pas. Nul ne peut s'en prévaloir.
J'étais un peu outré d'ailleurs en entendant certaines réactions style "café du commerce", après l'histoire de DSK et N.Diallo. J'ai entendu des collègues dire "Mais elle invente, comment on peut obliger quelqu'un à une fellation hein ? Elle n'avait qu'à le mordre...C'est ce que j'aurai fait !!!" (pardon pour l'exemple glamour mais bon, il est parlant).

Sans préjugé de la véracité ou pas des propos de N.Diallo, si on tient compte des réactions aiguës face au stress,  il est tout à fait possible que dans un état de sidération, de dissociation traumatique, quelqu'un fasse des choses de façon automatique, déconnecté de ses émotions, de ses pensées, sans réagir de façon approprié. Mais paralysé par la peur. 
Dire "elle n'avait qu'à", "moi à sa place...", c'est oublier qu'on ne réagit pas face au stress comme on le veut.  

J'amène donc ce grand adolescent dans mon bureau, pensant qu'un environnement plus calme serait propice à la verbalisation. Mais rien. Il me parle, un peu. Il relate l'agression, un peu. Mais visiblement, "il n'est pas là" : les émotions ne sont pas adaptées, il raconte avec détachement.
Et à côté de cela, des larmes coulent de manière itérative à des moments complètement anodins de la conversation.

Cet ado présente ce qu'on appelle une "dissociation péritraumatique", c'est à dire une sorte de coupure à la fois interne (le sujet est dissocié entre ses émotions, ses souvenirs...Les souvenirs traumatiques se mettent à part dans le psychisme, et fonctionnent à leur propre compte, sans arriver à faire de liens avec les autres pensées) et externe (du mal à communiquer et à tenir compte de l'environnement).
La dissociation est un concept ancien, que Janet, un psychologue français, a beaucoup développé au début du XXme siècle. Janet est ensuite passé complètement de mode en france alors qu'un regain d'intérêt vigoureux a eu lieu aux Etats Unis, dans le champ de la psychotraumatologie.


Bref, notre jeune est complètement dissocié et le psychologue est bien impuissant ce jour là à l'aider par la parole... Je pense que c'est beaucoup sa famille, sa maison, son environnement habituel sécurisant qui va l'aider à reprendre pied avec la réalité. Aussi je demande à la maman de le revoir dans 48h.

Et deux jours plus tard, c'est un ado souriant et avec un très bon contact que je revois en consultation.
Certes, lorsqu'on aborde l'agression, le ton change, mais là les émotions sont au moins adaptées : il est triste quand il le faut, revit la peur quand il parle de l'agression.
Il ne comprend pas pourquoi il a été "sonné" comme cela il y a deux jours, parce qu'a posteriori, il dit bien que rien de grave ne lui est arrivé. (c'est bon signe là aussi quand le sujet est capable de raisonner, prendre du recul, cela veut dire que le souvenir traumatique s'est réinséré dans le fil des pensées, et n'est plus "à part" dans le psychisme).

Mais en reparlant avec lui, la cause de son choc initial devient clair.
Comme dans la plupart des chocs traumatiques, notre ado a été confronté avec la mort. Il a cru mourir. Il le dit. Ce jour là, il a cru y passer.
On pourrait sourire : quoi ? Avec un minuscule hématome, il a cru y passer ?
Mais la peur n'est pas la réalité.
On peut vivre un très grave accident sans avoir eu conscience qu'on pouvait mourir.
Et on peut, comme lui, vivre un évenement modeste en terme de conséquences physiques et croire qu'on aurait pu mourir.

Ce qui lui a fait peur, il le dit : le regard d'un de ses agresseurs. Au moment où il l'a frappé,  il a croisé son regard et il y a lu "de la haine... Comme si il voulait me tuer... Il voulait me tuer, j'en suis sur".
Comme il n'a pas lâché son portable de suite, l'agresseur s'est mis en colère et l'a frappé. Mais le regard qu'il a croisé l'a terrifié. Il n'avait jamais vu autant de haine à son égard.

Voilà ce qui l'a choqué. Bien plus que l'hématome. Comprendre d'un coup que quelqu'un peut le haïr, vouloir le tuer "pour rien", pour un portable volé. 
Ce regard l'a complètement déstabilisé. Comment quelqu'un pouvait vouloir le détruire à ce point ? Comment sa vie pouvait basculer subitement, en une seconde, d'une vie tranquille, à la mort ?

Et ça malheureusement, pour la police qui a demandé un certificat de coups et blessure, ca n'apparaitrait pas. Le certificat parlera d'un hématome très modeste. La police qualifiera l'agression de très modeste.
Alors que ce jeune homme, dans son vécu, a cru mourir, a manifesté des réactions psychologiques intenses.
A subi un choc immense.
Mais qui en tiendra compte dans son parcours judiciaire ? Qui comprendra qu'en terme de conséquence, il y aura probablement pour lui, un avant et un après cette agression dans sa vie ?

Alors, en consultation, nous avons essayé de remettre des mots sur son vécu, son ressenti. Intégré cet épisode à son histoire, essayer de lui donner du sens, etc...
En faire quelque chose pour l'aider à avancer, et ne pas rester bloquer dans ce souvenir traumatique.

Revu à un mois de distance, ce jeune homme allait maintenant très bien. L'humeur était bonne, les peurs avaient beaucoup régressées, la scolarité était parfaite.
Mais prendre le bus tout seul lui restait toujours difficile...

 

 

 

09:31 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (29) | |  Facebook

Commentaires

Mis à part le décroché dur dsk (oiseux, tellement oiseux parce qu'on ne saura jamais rien de cette histoire ;) ) c'est un très bon article qui nous prouve que notre spyko préféré est en forme... et a bine révisé ses cours... ;)))
J'en profite pour t'embrasser, tiens allez c'est l'été on est entre nous ;)))

a+

yann (qui reprend son blog le premier octobre!!! bon sang mais pourquoi personne ne comprend cette info???? ;))) )

Écrit par : yann | 12/08/2011

Welcome back Mister Yann.
Pour DSK, j'ai bien dit que je ne préjugeait pas de la véracité de tout cela. On ne saura jamais, je pense que tu as raison. Mais je trouvais qu'expliquer la sidération et les comportements automatiques avec cette histoire était assez parlant. Même si effectivement, je ne sais pas si cela s'est passé comme ça ou pas.

Quant au 1er octobre, je mets dans panneaux, des banderoles et des affiches dans ma ville pour annoncer ton retour. Il faut bien ça non ?

Merci pour la bise entre nous-que-personne-n'a-vue. Je suis sur que Closer a déjà un article là dessus en préparation ;-)

Écrit par : spyko | 12/08/2011

Je me suis fait agresser en plein jour en plein centre d'une petite ville calme alors que je chargeais mon linge dans la machine au lavoir. Le premier coup de poing m'a fracassé le crâne, littéralement, mais pas assez pour me mettre KO. J'ai donc heureusement réussi à fuir dans l'élan du premier coup.

Je SAIS que si je n'avais pas fui à ce moment-là, il aurait pu continuer jusqu'à me tuer ou me blesser très gravement. Ce type avait cette même haine au fond de lui alors qu'il n'avait pas la moindre raison de m'en vouloir. Prêt à tuer un étranger sans raison...

J'ai eu plus qu'un hématome mais le pire est de se dire que j'aurais très bien pu ne pas rentrer ce soir-là. A la maison, ma compagne et notre bébé m'attendaient. On en a encore des frissons dans le dos.

Je comprends très bien la réaction de ce jeune homme même si la mienne a été très différente.

Écrit par : Eric D | 12/08/2011

Les larmes aux yeux en lisant cela...pour ce jeune homme mais surtout parce que ce que tu expliques sur le "on ne sait pas comment on réagirait" est si vrai...et hélas tant de gens pour se protéger d'imaginer l'horreur préfèrent juger les autres ou dire "moi à ta place....j'aurais su"

L'exemple de ce que tu as entendu sur la fellation forcée soi disant impossible (comme toi je ne parle pas de la véracité DSK mais de ce que disent les gens sur le fait qu'on ne pourrait pas imposer une fellation à une femme ), je l'ai lu et relu pendant toutes ces histoires, j'ai lu des tas de gens dire ça, et ce genre de propos ça bousille toutes les victimes qui lisent ou entendent ça..tu as tellement raison de prendre cet exemple !

Merci d'expliquer que la gravité ne fait pas forcément le traumatisme, que les coups ne font pas forcément plus de mal qu'une violence cachée etc...

Ca valait le coup d'attendre !

Écrit par : Opale | 12/08/2011

Merci les flux RSS qui tiennent au courant des news de votre blog, ça fait plaisir de pouvoir lire des articles comme ça, étant étudiant en psycho c'est un réel plus d'avoir des explications sur des thèmes qu'on aborde pas forcément dans les cours =)
En ce qui concerne le sujet en lui-même, effectivement c'est très difficile de savoir la manière dont on peut réagir à une agression, pour avoir déjà subit des bousculades (jamais bien terribles dans mon cas) je sais que c'est assez choquant, surtout qu'en général on ne sait pas comment réagir... Dans mon cas je sais qu'au niveau physique mon coeur s'emballe et que je tremble énormément même si je n'ai pas l'impression d'avoir peur au sens propre du terme... Au niveau psychique disons que mes pensées défilent à toute allure, que le temps s'arrête, une sorte d'analyse ultra-rapide de toutes les solutions possibles qui peuvent aller de "je cours très loin" à "je lui pète les genoux". Bref tout ça pour dire que c'est pas évident de garder son calme et que je comprend tout à fait ce genre de réactions, après tout ça doit peu ou prou impliquer les mêmes types de réponses les miennes à un niveau encore plus élevé... non ? Personne n'a eu l'idée de tenter de recenser tout ça, pour voir ?

Écrit par : Quetzalcoatl | 12/08/2011

Juste, comme toujours.
J'aime à lire ces expériences de collègues (je suis infirmière) et mises en mots avec tant de justesse.
Longue vie au spykologue!

Écrit par : Minimoiz | 13/08/2011

C'est pas tout à fait pareil mais ca me rappel une fois à Disney, j'étais dans un faux grand arbre assez haut, où le but était de monter les escaliers, passer sur des paliers, regarder le paysage ect...
Et a un moment, en voulant descendre une marche j'ai trébuché ! J'suis pas tombé, et si j'étais tombée ca aurait pas était de haut etant donné que le palier d'escalier était 20 cm en dessous et qu'il y avait des rambarde autour... Mais mes yeux voyaient le sol " terrestre" 176 marches plus bas!
Mais même si le sol des escaliers était pas loin, le vrai sol était vraiment plus bas!
5 min après mes jambes étaient toutes raides, toutes tendu, j'avais du mal à marcher... ce jour là j'ai compris l'expression " avoir les jambes coupés"

Pourtant je savais que j'avais rien risqué, mais avec les hauteur ca m'a juste foutu une frousse pas possible malgré moi !


Sinon le stress c'est vrai que si on pouvait l'éradiquer ... Parce que ca coupe nos moyens, je me retrouve assez dans le commentaire de Quetzalcoatl... Je travail dans une agence immobilière et l'autre fois un client est venu et à vraiment pété un plomb, il hurlait, il partait en voiture à toute allure, et revenait, trois fois il a fait ca en l'espace de 30min, il parait et revenait, plus ca allait plus il hurlait... Mais c’était vraiment impressionnant !
Et moi j'avais le coeur qui allait explosé, je ne disais rien, je fixais l'ordi, et me disais " j'appel les flics ? " " je pars?" "j'lui dis de ce calmer? " "J'ferme la porte de l'agence?" Avec les stress on ne sait pas comment réagir...
Ma collègue, elle, n'avait pas peur et c'est levée, elle parlait calmement mais fermement et s'approchait de lui " Vous vous calmez! Vous avez pas a avoir ce comportement" ect, ça l'a calmé il est partit ! Elle n'avait pas peur et a pu le calmer!

Et pour ce jeune homme dont vous parlez, je le comprend tellement... Ca doit être vraiment choquant de se dire qu'à n'importe quel moment, pour rien, par hasard, quelqu'un peut nous faire du mal et avoir la haine !

Écrit par : Maeva | 13/08/2011

@Eric D : l'agression purement gratuite, sans raison viable, je pense qu'objectivement, c'est cela qui fait le plus peur. Cela vient ébranler notre sentiment de sécurité interne, notre croyance en un monde tranquille, en un monde juste (si je n'agresse personne, personne ne m'agressera)... Il faut du temps pour arriver à se débrouiller avec ces croyances de bases abîmées et pour rebondir.

@Opale : je me doutais que ça allait te parler aussi. Disons que j'en ai un peu marre des discussions genre "café du commerce" entre Mme Michu et Mme Groseille, des gens qui disent n'importe quoi sur le traumatisme, qui jugent sans connaître... Une petite mise au point quoi.

@Quetzalcoatl : oh si, les réactions de stress sont bien connues et listées. Il y a les réactions physiologiques (le coeur qui s'emballe, tremblement, décharge d'adrénaline),les réactions physiologiques (la peur, la sidération, ) et comportementales (s'enfuir, combattre, etc...).
Mais là, ça mériterait un blog complet !

@Minimoz : merci de votre visite en tout cas

@Maeva: on a tous des façons de réagir face au stress (toi et ta collègue par ex) qui implique notre personnalité, nos expériences passées d'évenements difficile, notre état d'esprit le jour J... Bref, autant de réactions que de personnes

Écrit par : spyko | 13/08/2011

Héhé, Spyko, l'éternel retour ! Un article très intéressant sur les traumatismes, indeed, et quelle utilisation ébouriffante du "prestement" ! (à ce compte là, "diligemment" se défend bien aussi)
En espérant que vous avez passé de bonnes vacances, et de pouvoir vous lire plus fréquemment...

Écrit par : Mottate | 13/08/2011

Héhé, Spyko, l'éternel retour ! Un article très intéressant sur les traumatismes, indeed, et quelle utilisation ébouriffante du "prestement" ! (à ce compte là, "diligemment" se défend bien aussi)
En espérant que vous avez passé de bonnes vacances, et de pouvoir vous lire plus fréquemment...

Écrit par : Mottate | 13/08/2011

Pour ceux que ça intéresse y a pas mal d'infos dans ce blog d'une psychiatre spécialisée dans le traumatisme (+ axé sur violences familiales, sexuelles...)

http://stopauxviolences.blogspot.com/

et surtout cette vidéo de 2 mn30 très explicite et claire pour le grand public sur le pourquoi on est sidéré, pourquoi on ne fuit pas etc..

http://stopauxviolences.blogspot.com/2010/02/une-video-de-france-5-partir-de-mes.html

Écrit par : Opale | 13/08/2011

Un p'tit coucou en passant, contente de te voir revenir. @bientôt !

Écrit par : Chab'instit | 14/08/2011

J'ai déjà vécu ce mode "pilotage automatique" mais j'en conserve un assez bon souvenir... une de mes expériences les plus étranges :)

Bon retour spyko !

Écrit par : Psychosomatix | 14/08/2011

Comment peut-on louer l'élégance d'un mot et le déformer en même temps? Prestement c'est déjà moyen, mais prestemment...
Juste pour aider à la discussion: une femme qui, lors d'un stress intense, répond par une conduite automatique, c'est à dire maintes occasions expérimentée, utilisée, mise au point, fignolée au point qu'elle puisse devenir automatique, ET que cette action automatique est de sucer une bite, démontre que c'est une salope ( dans la vie, hein, je ne préjuge pas du cas DSK ou bien sûr il se pourrait éventuellement qu'elle soit une pauvre victime, salope mais victime de surcroît). En effet, admettons qu'il s'agisse d'une vachère, sa réaction automatique n'eut-elle pas été de traire DSK? Et s'il s'était agi d'une tourneuse fraiseuse de lui broyer les couilles? Rien de tout cela et j'en déduis donc de cet article du spykologue qu'il nous impose de considérer N. comme une salope, avec toutefois un doute entre salope-victime et salope-intéressée.
C'est quand même sacrément sexiste, monsieur spykologue! ( Et au passage, je trouve " sacrément" bien plus élégant que "prestement", mais bon, ça se discute.
^^

Écrit par : pedopsy | 15/08/2011

@pedopsy : Pas d'accord du tout !
Prestement a bien plus de panache que le rugueux sacrément.

;)

Écrit par : Psychosomatix | 15/08/2011

@Mottate : Content de vous retrouver fidèle au poste !

@Opale : merci pour la vidéo. Je connaissais (de nom) le Dr Salmona pour avoir lu plusieurs de ses articles.

@Chab'instit : Coucou idem !

@Psychosomatix : Un mode "pilotage automatique" mais agréable ? Diantre, ma curiosité est titillée !

@Pédopsy : Et voilà ! Je veux jouer les marioles avec mon adverbe "Prestement" et je me vautre les deux pieds dans le tapis avec une belle fôte d'ortograf... Oui, ça le fait pas, je vous l'accorde...
Quant au passé de Mme N.Diallo... Que dire ? Mise à part la provocation de votre commentaire (mais ça me manquait ;-) ), doit on avoir une grande habitude d'un comportement pour réaliser le comportement sus-cité (attention : vanne pourrie) en mode automatique ? Je vous laisse cette question existentielle à réfléchir.

Écrit par : spyko | 16/08/2011

Tant de haine pour un portable...
En revanche je dois admettre que les commentaires qui parlent un peu plus de DSK que du cas de ce pauvre jeune homme m'ont bien fait sourire. C'est incroyable comme nous pouvons être dirigés par les médias et par la même occaion "vachement plus" interpellés par une simple phrase que par tout un article.
C'est marrant.
Barbara (qui depuis a une petite fille qui "kiff" la crèche! Le prochain qui me dit que ma fille est un ptit peu associal, je lui casse le nez, non? ;) )

Écrit par : Babou | 16/08/2011

La phrase sur DSK au contraire illustre bien l'article et la réaction des gens face au trauma des autres, que ce soit de ce jeune homme ou d'autres personnes. C'est pour ça me concernant que je l'ai soulignée et appréciée.
C aussi cette réaction maladroite voire jugeante des gens qui accentue le traumatisme ou en tout cas ses symptômes comme la culpabilité ou la honte...enfin je vois ça comme ça de mon point de vue de victime en tout cas.

Écrit par : Opale | 16/08/2011

@spyko : Non non, mea culpa ;) par "j'en conserve un assez bon souvenir", je voulais juste dire que je m'en souvenais bien. Enfin, ça n'était pas non plus un "mauvais souvenir", je le prends plutôt sous l'angle de l'expérience enrichissante : son corps qui réagit non consciemment, avec instinct, quand il subsiste une part de conscience qui n'est là que comme observatrice... c'est unique !

Écrit par : Psychosomatix | 16/08/2011

Je découvre via le lien d'un ami votre blog, tout du moins cet article. Cela m'évoque effectivement beaucoup de cas que je vois dans mes urgences, et malheureusement beaucoup plus dans mes urgences médico-judiciaires ; aussi je souhaitais préciser que ce jeune homme aurait pu, à la demande de l'OPJ établissant sa plainte, demander à obtenir des ITT établis par un psychiatre, ce que nous appellons chez nous le "retentissement psychologique", car effectivement de plus en plus les juges s'interrogent non plus seulement des lésions physiologiques induites, mais également des conséquences psychotraumatiques causées par l'agression, physique et/ou verbale.

Voilà tout, je vais poursuivre la lecture de votre blog :)

Brice

Écrit par : Brice | 17/08/2011

Bonsoir,

j'espère que le jeune homme arrivera un jour à prendre le bus sans appréhension que cette agression ne sera vraiment plus qu'un mauvais et lointain événement.

Je ne pense pas dire un jour "moi à ta place". Chacun connait les réactions qu'il doit avoir envers telle ou telle situation, mais le savoir et l'instinct sont deux choses différentes. Les uns arriveront à maitriser leur peur et la réflexion primera, les autres subissent les "volonté" de leur sentiment. Là, chaque situation, chaque être humains aura un comportement différent. Ce qui prime est de s'en sortir indemne, non?

Bonne soirée

Écrit par : chantal | 17/08/2011

Ah! Enfin!

Du Spyko comme on l'aime! Du Spyko qui nous manquait !

J'ai eu plaisir à vous lire, d'autant que j'ai appris quelque chose sur la clinique du traumatisme grâce à la finesse de votre articulation entre théorie et clinique.

Merci beaucoup...

Et... Évidemment... A bientôt!

Écrit par : Jack | 21/08/2011

C'est là toute la force des thérapies psycho-corporelles : le thérapeute, avec la même compréhension que vous (peut-être même moins fine, je salue votre analyse), aurait pu avoir un autre biais que la parole, et communiquer avec le corps, qui "processait" le traumatisme. Il aurait pu aider même si ce jeune homme n'avait pas eu la chance d'avoir une famille aimante et sécurisante, et aider à la "digestion" du traumatisme.

Merci pour votre article.

Écrit par : Jolune | 22/08/2011

@Brice : oui il n'y a pas de psychiatre dans notre structure, donc pas de certif de retentissement psy. Du coup, c'est le pédiatre qui est requisitionné et qui utilise aussi l'évaluation du psychologue pour faire une ITT commune médico-psychologique.

@Jack : Ah si j'ai pu apprendre quelques petites choses au sieur Jack, j'en suis fort aise, et c'est bien normal, car j'en ai appris des choses de par ses écrits et ses commentaires de ci et de là.
Heureux de vous croiser Mister Jack

@Jolune : et de nombreuses études pointent vers les prises en charges psycho corporelles dans le traumatisme, surtout dans les traumatismes chroniques et anciens, là où la parole ne suffit pas.

Écrit par : spyko | 23/08/2011

On ne sait pas comment les gens réagissent à un traumatisme.
J'ai été cambriolée, et ma voisine le même jour. J'en ai plus ou moins haussé les épaules, elle est incapable depuis de passer une nuit, seule, chez elle.
Et elle est bien plus forte, psychologiquement, que moi.

Comme quoi...

Écrit par : lambertine | 02/09/2011

Et l'agresseur, qui pourrait tuer pour un portable (ou au moins signifier cette intention par le regard), que peut-on faire pour lui à part l'attraper et l'envoyer en taule puis le laisser recommencer ?
Ce n'est pas le sujet de l'article, certes - encore qu'on peut assimiler ce regard assassin à une réaction de stress de l'agresseur - mais je me demande si la victime se sentirait mieux a posteriori en sachant que personne d'autre ne vivra la même situation parce que l'agresseur aura lui aussi été aidé par un spykologue attentionné.

Écrit par : Laurent Gidon | 07/09/2011

"quand je faisais des colos,un jour en promenade en foret avec les enfants je leur dis:"vous avez vu ces petites boules noires dans l'arbuste,ce ne sont pas des myrtilles donc il ne faut pas ramasser n'importe quoi car vous pourriez vous empoisonner."
Quelques jours plutard coup de fil paniqué d'une maman à qui le fils avait écrit sur une jolie carte:"aujourd'hui j'ai failli mourir"

J'ai pu rétablir la vérité de vive voix."

Je viens en direct du blog de psyblog où je viens de lire ça. Et il me semble que ces histoires, quelque part, sont pareilles.
Le gamin d'ici a cru lire dans un regard (?) qu'il était en danger de mort. Et le gamin de la colo a visiblement cru, lui aussi, à cause d'un malentendu, qu'il avait été en danger de mort.
Il y a la réalité, et la façon dont elle est perçue. Aucun des deux gamins n'a jamais été en danger de mort (à la limite, peut-être plus celui de la colo que celui qui s'est fait agresser). Pas plus que la voisine dont je parlais plus haut n'a jamais été en danger de se faire violer-lacérer-voler ses enfants.
Mais ils l'ont cru...
Mais je ne veux pas faire de psychologie de comptoir.

Écrit par : lambertine | 09/09/2011

En lisant ce post j'ai pensé à ma soeur qui a eu le réflexe tout à fait contraire. Elle s'est fait agresser en sortant de son travail par deux hommes, mais la seule chose dont elle se souvient c'est la vue des deux hommes en face d'elle et un 3ème homme qui essayait de la faire lacher prise. En fait elle s'est mise en pilotage automatique comme vous dites et s'est jetée sur les 2 hommes et elle a eu le dessus sauf qu'elle allait tuer l'homme qu'elle a saisi en premier, l'autre s'étant sauvé en voyant sa réaction d'une violence certainement inouie. L'homme qui passait était un ami qui l'a reconnu. Elle dit aujourd'hui que sa peur a été tellement forte que ça a décuplé ses forces, qu'elle ne se souvenait plus de ce qu'elle faisait, et qu'elle aurait sans doute tué l'homme sans s'en rendre compte.
Lors d'une très grosse frayeur, le cerveau se mettrait il en pilotage automatique pour empêcher une surchauffe?

Écrit par : Totem | 16/09/2011

Ayant moi-même vécu des agressions, je ne peux que comprendre que chaque personne réagisse différemment... Les 1ères fois je n'osais rien faire non plus, trop irréel, je ne comprenais pas comment j'en étais arrivée là... Une autre fois, je me suis postée entre les agresseurs et mon petit ami qu'on frappait sans raison, j'ai tout fait pour lui permettre de fuir au risque qu'ils se rabattent sur moi ensuite. Et la dernière fois... j'étais dans une telle rage que je ne mesurais plus les coups que je rendais, et bizarrement le fait de ne plus me controler et de voir ce que j'étais capable de faire m'a bien plus marqué que les fois où j'étais restée sans rien faire...

(ps : ça fait longtemps que je lis ce blog, mais je n'avais jamais osé poster un commentaire ! Voilà chose faite ! )

Écrit par : little-big-secrets | 24/03/2012

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