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01/07/2010

Devenir psy...

Une très belle note de Philippe, psychothérapeute, qui décrit bien qu'être psy, c'est avant tout un savoir être beaucoup plus que des connaissances...
D'autant plus que lui est spécialiste des thérapies cognitives et comportementales, un champ où le savoir être et le travail sur lui du psy n'est pas fondamentalement au centre de la thérapie. Et pourtant, il souligne que c'est essentiel.
(J'en profite au passage pour lui dire qu'il a un excellent blog et qu'on ne peut pas y laisser de commentaires sans être enregistré chez Google, dommage !)

Cela m'a rappelé et ramené à mes début de psychologue.
Quand on est fraîchement sorti de la fac, rempli de connaissances, le diplôme en poche, on se dit que c'est bon, qu'on peut bosser et aider les gens.
Mais les connaissances ne sont qu'une partie de la profession de psychologue.
Car être psy, c'est aussi avoir bossé sur soi, se connaître à fond...Pour mieux aider son patient.
Qu'on se connaisse par une psychanalyse, une autre thérapie, une supervision par un psychologue plus aguéri, finalement peu importe, mais le psychologue ne peut pas faire l'impasse sur cela.

Car l'outil de travail du psychologue, au final, c'est lui même.
Et si on ne connait pas son outil de travail, si on ne sait pas bien "l'utiliser", on se plante. C'est soi dommage pour le patient. Soi dommage pour le psy lui même si il se prend dans la figure toutes les souffrances des autres, sans arriver à prendre de recul.

Le psy en entretien va utiliser son ressenti, ses connaissances, son empathie pour aider l'autre.
Et si il ne comprend pas un minimum pourquoi ce patient déclenche ceci ou cela en lui, il va droit à la catastrophe.

Si ma femme m'a quitté et que je suis en pleine dépression, et que je recois à ce moment là un patient qui vient parce que sa femme est parti... Je risque de tout projetter sur lui si je n'ai pas un minimum de recul.
Si j'ai telle ou telle pensée, ou telle émotion envers mon ex femme, alors je risque de croire qu'il y a la même chose chez l'autre, alors que finalement, il ne vit peut être pas du tout les choses comme moi.
Si je ne comprends pas que ce patient m'agace car cela me renvoit à des liens anciens avec mon père, alors tout risque de se mélanger dans la relation et au final, j'aide mal ce patient.

Je me souviens de cet entretien qu'on m'a demandé de faire pour des parents qui venaient de perdre leur enfant de mort subite... Au tout début de mon arrivé à l'hôpital.

J'ai paniqué avant l'entretien comme un malade. Comment je pouvais faire ? Cette mort m'apparaissait tellement horrible, violente, injuste... J'étais submergé d'émotions en me mettant trop à leur place.
Je  me voyais dans le même cas, tellement mal, j'étais envahi par mon ressenti à moi.
Et à cause de cela, je me sentais absolumment incapable de les aider. Je me serai cassé la jambe à ce moment que j'en aurai été soulagé...Pour dire.
Et pourtant, l'entretien s'est magnifiquement passé. J'ai rencontré des gens droits, sincères, émouvants par leurs efforts de rester dignes malgré leur peine. Ils étaient tristes, évidemment, mais pas du tout débordés par leur peine comme moi je le craignais. Car c'était là mon ressenti, pas le leur.

Là j'ai compris vraiment ce qu'était le contre-transfert. Je le savais, je l'avais appris, je connaissais cette notion.
Mais là, j'ai "réalisé" vraiment ce que pouvait être ce terme. J'ai vu et compris que si je craignais cette consultation, c'était par mes répresentations et mes peurs à moi. Ce que ces gens me renvoyait, et non pas ce qu'ils pouvaient ressentir eux.
Et ces parents m'ont énormement appris...
Je crois que c'est ce jour là que j'ai vraiment fait mon premier pas pour devenir psychologue.
Les cinq années d'études auparavant à la fac...C'était du bachotage, des théories, mais je n'avais pas appris le moins du monde à ETRE psy. J'avais des connaissances, mais rien pour ETRE.

Oui, je crois qu'il faut avoir beaucoup bossé sur soi même pour se connaitre, réussir à rester neutre, à l'écoute, complètement ouvert à l'autre. C'est en réalité très difficile à faire !

Merci Philippe pour cette très belle note.

08:50 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

Commentaires

Evidemment, je vais encooooore faire mon monsieur-je-sais-tout... Mais bon... j'avoue je suis un peu pointilleux sur certains sujets... notamment lorsqu'il s'agit de l'utilisation de concepts psychanalytiques...

Je ne suis pas totalement d'accord avec la définition que tu donnes implicitement du contre-transfert. Le contre-transfert, ce n'est pas l'émotion que nous ressentons par rapport AU CONTENU de l'entretien, mais les émotions qui nous viennent EN REPONSE AU MOUVEMENTS TRANSFERENTIELS DES CONSULTANTS... Bref, en l'occurence, par rapport à l'exemple que tu présentes, ton contre-transfert se situerait davantage dans l'admiration (? - je ne sais pas si c'est vraiment cela, mais c'est le mot qui me vient pour résumer la façon dont tu parles d'eux) que tu exprimes face à la dignitié de ces parents qui ne sont pas dévastés par l'émotion alors qu'un autre psy aurait pu par exemple de façon contre-transférentielle, les trouver froids ou ambivalents parce qu'ils ne donnaient pas davantage à voir leur souffrance...

La question de ton ressenti par rapport à la mort subite du nourrisson aurait quant à elle été la même indépendament du couple rencontré. C'est en effet une émotion qui t'es propre, mais elle n'est pas de nature contre-transférentielle puisqu'elle n'est pas induite par le transfert du couple à ton égard.

Lacan (qui ne se préoccupait pas tant que cela du savoir-être d'ailleurs ! Ou alors qui le cultivait d'une façon étrange...) posait contrairement aux analystes du courant de l'Ego Psychologie que le contre-transfert était davantage un obstacle à la cure (ce que Freud avait pu dire lui-même d'ailleurs), là où certains pensaient qu'il était une réponse en négatif à la teneur du transfert, et que c'est en se centrant sur son contre transfert qu'on comprenait mieux le transfert de l'analysant... Ce qui tient quelque peu de l'identification projective tout de même... Le contre-transfert ne nous renvoie jamais qu'à nous même de toute façon.

Mais bon peu importe...

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Le savoir-être du psy... C'est une notion que j'ose trouver pour ma part un peu surfaite en réalité...

A trop miser sur un savoir-être, ne risque-ton pas parfois de négliger la question du savoir faire ? Et d'ailleurs cela mériterai peut être que l'on détaille ce qu'on entend par savoir être... La compétence du psy ne réside pas dans sa seule capacité à "séduire" sa clientèle pour s'assurer qu'elle revienne... Même s'il est évident que si le consultant a face à lui une personne à peine polie et qui lui fait la tronche, il n'aura certainement pas envie de revenir... Par ailleurs, on rencontre souvent des psys qui misent uniquement sur leur savoir être, sans justement que le savoir-faire ne puisse servir de "garde fous" et ramenant tout le travail à quelque chose d'une simple relation affective où le patient doit guérir de par le simple désir de guérir du thérapeute... ce qui conduit parfois à de sacrées impasses cliniques, ou à une un phénomène de dépendance affective pour le patient.

Le savoir-être serait-il lié à une bonne connaissance de soi... Cela peut aider évidemment, mais ça ne fait pas tout. J'ai déjà croisé une brochette bien garnie de personnes ayant fait une longue analyse et qui étaient pourtant particulièrement imbuvables...

En outre... pour reprendre la question de la psychanalyse comme moyen de connaissance de soi... j'aimerai rappeler que ce qui fait la fin de l'analyse et son effet n'est pas nécessairement le fait d'avoir exhumé un nombre exhaustifs de connaissances cachées sur soi! Ce qui constitue l'effet de l'analyse c'est qu'au travers de cette exhumation, le sujet parvient à identifier le fantasme organisateur de son rapport au désir EN OPERANT DES REAMENAGEMENTS PSYCHIQUES PROFONDS CONCERNANT SON RAPPORT AU DESIR ET A LA CASTRATION... Pour l'analyste la question du savoir-être, pour tant est qu'elle se pose en ces termes, se poserait plutôt là : dans sa capacité à faire avec la castration et à la façon dont il va s'en débrouiller dans le désir qui l'a amené à une place d'analyste.

Et le cadre technique... le savoir théorique... sont autant de choses qui sont là pour faire barrage à vouloir "être" trop pour l'autre. D'ailleurs, la psychanalyse (lacanienne) cible assez peu l'"être", le Moi et ses idéaux, instances du narcissime et de l'imaginaire pour d'aventage se centrer sur la question du désir, beaucoup plus concrète. Pour l'analyse le savoir-être relève plutôt d'un savoir y faire avec son désir (et son symptôme - ça va avec !).

Et ça... Je trouve que c'est une dimension qui est souvent laissée de côté quand on parle de "savoir-être" du psy...

L'existentialisme nous rapelle que l'existence précède l'essence, ce qui en d'autre terme pour la psychanalyse (cf le stade du mirroir chez Lacan) nous renvoie au fait que "nous ne sommes QUE dans le regard de l'Autre", et que nous ne nous définissons qu'au travers de ce que cet Autre (dont nous intériorisons le discours) nous renvoie de nous-même.

Alors de ce fait, la notion de savoir être ne pourra jamais être que relative: tel patient appréciera ma façon d'être, tel autre non... Sachant que moi-même, je n'aurais pas forcément envie, malgré moi, d'être le même pour tel patient et pour tel autre... En fonction de la façon dont je le verrai...

Pffff ! Encore un long commentaire, qui mériterait d'être davantage développé... Mais il faut savoir se limiter...

Faut dire qu'avec cet article là, tu nous a donné du lourd ! Et qu'il y aurait beaucoup à en redire !

Écrit par : Jack_Addi | 01/07/2010

Merci Jadck ;-)
Un bel exemple de psy qui s'emberlificote dans ses explications : moi !
Effectivement, ce que je ressentais par rapport à ce que couple était plutot de l'ordre de mes représentations personnelles que du contre-transfert puisque je ne les avais pas encore vu.
Pour ma part, j'ai essayé d'avancer dans ma pratique par beaucoup de supervisions, groupes d'analyses de pratique. Mais effectivement, n'ayant pas fait de démarche psychanalytique personnelle, je suis au moins au clair que toi sur mon rapport au désir ou à la castration.
Pour moi le savoir être, ce n'est pas qu'une posture, être aimable, aidant et être le sauveur de tout le monde.
C'est se connaître, connaitre ses limites, connaître ses faiblesses, connaître ses réactions. C'est savoir utiliser tout cela dans sa relation d'aide à l'autre, avec la distance et la réflexion nécessaire.
C'est essayer de rester à une juste place, autant pour soi que pour le patient.

Mais c'est clair que je n'emploie sûrement pas les bons termes analytiques pour décrire cela, n'étant pas psychanalyste.
Ceci dit, ton commentaire apporte d'autres réflexions et je t'en remercie !
(t'étais pas sensé être en vacances dis, au lieu de m'aider à y voir plus clair ;-) )

Écrit par : spyko | 01/07/2010

Savoir-faire, savoir-être... j'ai découvert ces deux notions il y a seulement quelques années quand je devais trouver un nouvel employeur, lors de stages de recherche d'emploi.

Je dirais, du haut de ma petite expérience, que le savoir-faire est affaire de quantité, et le savoir-être est affaire de qualité. Quantité de connaissance, qualité de comportement. Mémoire, intelligence (je sais, c'est un raccourci facile).
Le savoir-faire est l'ensemble de la connaissance "livresque" enrichie de sa propre expérience. Le savoir-être est la capacité à s'adapter et à comprendre, afin d'adopter la meilleure attitude (ou mode d'action) face à une situation nouvelle ou connue. Le savoir-être va puiser dans le savoir-faire pour être plus "performant", et le savoir-faire va s'enrichir des leçons acquises.

On parle ici de savoir-être face aux gens, mais selon moi, adopter le meilleur comportement par rapport aux autres (le paraître) n'est qu'un cas particulier. Savoir être (sans le tiret), c'est s'adapter à toute situation rencontrée au cours de la vie, aussi bien au niveau des actes que de l'état émotionnel.

Mais une question se pose : meilleur comportement par rapport à quoi ?
Je pense que dans le processus de décision, on revient finalement à l'échelle de valeurs morales. Au sens large : nos valeurs personnelles, les valeurs de notre société, et même les valeurs animales (comme l'instinct de survie). Donc le choix d'une solution découle de ces valeurs, et l'application de cette solution dépendra de notre savoir-être.

La richesse du savoir-être est aussi dans la capacité de remettre en question ses propres valeurs morales quand la situation l'exige ou quand l'expérience le montre. Mais là encore, le choix de remettre en cause l'ordre de certaines valeurs morales se fera obligatoirement (ce n'est que mon opinion) par rapport à une valeur morale supérieure.

Voilà, j'avais envie de parler de ma manière d'appréhender le savoir-être. Je suis peut-être à côté de la plaque, mais ça m'a permis de faire un peu de gymnastique intellectuelle. :-)

Écrit par : Sylvon | 01/07/2010

Hmm.. C'est intéressant, d'avoir parfois le point de vue du psy. C'est vrai, jusque là j'ai l'impression que vous parlez surtout de vos expériences, mais sans trop évoquer ce qu'elles vous apportent, alors que là, je vois le Spyko d'un oeil nouveau :)

Écrit par : Mottate | 01/07/2010

Spyko : (t'étais pas sensé être en vacances dis, au lieu de m'aider à y voir plus clair ;-) )

C'est un peu plus compliqué que cela... D'abord, je n'ai pas deux mois de vacances ! En revanche... pendant ces deux mois d'été, il va me falloir être plus disponible qu'en temps normal dans le cadre d'obligations extraprofessionnelles, que je pourrais même qualifier de "familiales" sans vouloir m'étendre plus sur ma vie personnelle. Ce qui en terme de disponibilité pour mon blog, et surtout pour rédiger de nouveaux articles, revient au même que d'être en vacances deux mois puisqu'après tout le signifiant "vacances" peut renvoyer à ce qui manque, ou est absente... et pas forcément aux loisirs. Or donc... je vais être absent au blog, et pas forcément en train de m'éclater au soleil (à moins que ce ne soit lui qui m'éclate... parce que là, je t'avouerais, qu'une chute de 10° de la température ambiante m'arrangerait !)

Or donc, si je ne rédige déjà plus de nouveaux articles, je laisse paraître ceux qui sont déjà en réserve (jusqu'au 14/07) avant de fermer la possibilité d'échange de commentaire pour la VRAIE fermeture du blog.

Mais... J'avoue que mon emploi du temps professionnel actuel me laisse encore un peu de loisirs pour zyeuter ce qu'écrivent les collègues... Du moins... encore pendant quelques temps... (oui, il y a des fois comme ça où on en a moins à faire au boulot qu'à la maison... Plus de réunions ou presque... et plein de rendez-vous non honorés... Un coup des soldes sans doute...)

Donc... A bientôt

Écrit par : Jack_Addi | 01/07/2010

Comment je vois le transfert/contre transfert mais je me trompe peut être.
Je pense que le psy. ou la personne qui est à l'écoute fait un transfert le premier, parce que quand il reçoit son patient il doit pour obtenir la confiance de celui-ci se préparer à une certaine écoute et avoir une certaine attitude qui n'est pas la sienne dans la vie de tous les jours, (il est comme un acteur) que le patient décripte dès le départ et qui détermine s'il fera confiance ou pas, ensuite le patient dépose son "problème" d'une certaine façon, donc il y a transfert, la personne qui reçoit va réagir à ce qu'elle va entendre en fonction de son vécu personnel, de sa sensibilité, donc contretransfert qui peut être négatif de la part de du recevant (mauvaise réaction) ou positif et s'il est conscient de celui-ci il peut l'analyser et l'utiliser pour mieux rebondir. Je serais tentée de dire qu'il n'y a que des transferts d'un sujet à un autre, pourquoi pas?
En tout cas spyko tu nous donnes matière à creuser nos neurones.

Écrit par : totem | 01/07/2010

Je trouve que ton article ne manque de rien et que tout y est !
Bravo !!!
C'est ça être psy

Écrit par : femmepsy | 01/07/2010

Par rapport au commentaire de Totem :

- Il est vrai que si le concept de transfert a été théorisé dans le cadre de la cure analytique, il en dépasse largement le cadre... Et le transfert fait partie de toute relation inter-humaine. On peut opérer des transferts dans la vie de tous les jours, hors du cabinet de l'analyste, vous avez raison sur ce point.

- En revanche, il convient de ne pas oublier ce qu'est le transfert : c'est la répétition dans le cadre d'une relation actuelle, d'attitudes émotionnelles inconscientes remontant à l'enfance, et dans laquelle, la personne sur qui on reporte ces émotions, vient jouer le rôle d'un substitut d'une figure (souvent parentale) de notre passé... Ce peut être par exemple ce chef de service considéré comme un "père"... Cette épouse que l'ont prend pour sa propre "mère" etc... Ou cet analyste, qui dans le cadre de la cure va tour à tour pour l'inconscient du sujet représenter toutes les déclinaisons des imagos parentales (la mère nourricière, mais aussi la mère intrusive, le père protecteur, ou censeur etc...) Ceci pour dire qu'on ne passe pas non plus notre temps à "tranférer" les uns sur les autres. Cette notion recouvre quelque chose de bien plus précis.

- Et c'est à ce titre qu'on ne peut pas dire en réalité que le premier transfert dans une cure soit celui de l'analyste pour le patient. En tout cas... ce n'est pas comme ça que ça doit se faire si l'analyste est allé assez loin dans sa propre analyse et a parfaitement éclairci la question du désir qui l'amène à vouloir tenir la place de l'analyste. Et s'il a également parfaitement compris en quoi consiste une analyse... Et ça c'est aussi une question de formation... Car oui... il y a bien quelque chose du désir qui amène l'analyste à la place qu'il occupe, mais ce n'est pas un désir qui se fonde sur la personne réelle qui vient le voir... et on ne peut pas parler de transfert dans ce cas là. Par ailleurs, l'analyste n'est pas là pour "transférer" sur son analysant... Et il doit bien se garder de céder au "contre-transfert" c'est à dire à répondre à la demande affective (positive ou négative) que son analysant lui adresse dans le transfert, au risque de compromettre la cure.



- En outre, du côté de l'analysant, le transfert commence même dès avant la rencontre avec l'analyste. Par exemple dans les critères qu'il/elle va retenir pour choisir tel ou tel analyste... En fonction de son sexe par exemple (certains, pour ne pas dire la plupart des analysants voudront de façon très arrêtée qu'il s'agisse d'un homme... ou d'une femme selon le cas), de son âge... de son école... Et en fonction de ce qu'on en aura entendu dire par le bouche à oreille, et de ce qu'on aura bien voulu en retenir... Parce que d'une manière ou d'une autre, la personne de l'analyste vient déjà avant même la rencontre du premier rendez-vous, incarner ce Grand Autre à qui l'on adresse sa demande, un Grand Autre qui dépasse largement la personne réelle de l'analyste.

A bientôt

Écrit par : Jack_Addi | 02/07/2010

J'ai pas grand chose à rajouter à part à dire que je suis complétement d'accord avec cette vision du psychologue. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai préféré commencer à travailler en institution avant d'ouvrir mon cabinet car je pensais qu'en sortant de la fac je n'aurai pas la maturité professionnelle nécessaire. En étant maintenant psychologue en libéral je me rends compte que j'ai eu raison. Je pense que l'expérience institutionnelle nous forme aussi et permet ensuite d'affronter des situations plus difficiles où on se retrouve seule à gérer.

Écrit par : celine b | 02/07/2010

Mon Spyko favori, se connaître bien c'est aussi se relire quand on par de deux possibilité c'est SOIT blanc SOIT noir mais pas SOI blanc, ou SOI noir, même si je conçois tout à fait le lapsus, tant vous êtes pris dans les problème d'égo des autres :D

Excellent article, je vous bise.

Leto, qui ne blogue plus :D

Écrit par : Leto | 02/07/2010

Sylvon : je ne crois pas que le savoir être ce soit d'adopter le meilleur comportement. Mais de trouver un comportement qui soit "vrai" dans le relation à l'autre, qui permette d'accueillir la parole de l'autre entièrement, sans être parasité trop par son ressenti propre.
Donc je pense que cette attitude est variable d'une personne à l'autre. C'est pour ça qu'il n'y a pas de recette : mais qu'il faut travailler à mieux se connaitre et comprendre pourquoi certaines personnes ou situations nous ont fait réagir.

Mottate : c'est vrai que je ne fais pas trop de billets très persos... C'est un choix. Peut être que par le suite, ...Sait on jamais !

Celine b: pour les mêmes raisons que toi, je me sens encore limite pour le libéral. J'aime le travail en équipe pour les discussions et reprise de situations avec les collègues qui m'aident à analyser mon travail. La solitude du travail en libéral me fait un peu peur.

Leto : très heureux de te recroiser ! J'ai vu que ton blog avait disparu, oui.
Merci pour les fautes (j'avais relu pourtant...Faut croire que je tenais à mon labsus !)

Écrit par : spyko | 06/07/2010

Je ne suis pas professionnelle, pas psy mais je me retrouve dans ce billet. Il met en avant ce que je défends personnellement, par rapport à ce qui se passe, dans les groupes de soutien à la parentalité et les cours de portage. La prise de pouvoir de certaines personnes sur ces parents en demandes, un peu paumés par l'arrivée de leur enfant, par les remontées de leur propre enfance ... La grande difficulté, quand on est en contact avec le public, est justement de ne pas "plaquer" nos croyances, nos sentiments, ressentis, émotions, sur la personne que nous avons en face. Justement parce que nous ne sommes pas psy, nous devons faire attention à ce que nous projetons et il est de notre devoir de nous entourer de professionnels vers qui "orienter" ces gens, quand on sait que cela dépasse notre compétence. Et souvent, ce n'est pas fait .... je le déplore personnellement.

Écrit par : jalnadebourgogne | 06/07/2010

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