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11/06/2010

Confession

Le papa est en face de moi, dans la chambre d’hôpital. Il pleure en silence...
Derrière lui, dans le petit lit, son bébé de quatre mois, monitoré, perfusé reste dans un demi-sommeil, les séquelles neurologiques étant toujours là  Il n'a plus une vigilance normale.

« Je vous jure…Je ne voulais pas…. Je ne savais plus comment faire. J’étais tout seul ce jour là, sa maman était partie pour la journée… Il pleurait…. Il avait pleuré la nuit déjà et il pleurait encore. Toute la matinée. Je ne savais plus comment faire. Je n’avais pas dormi…Je ne savais plus…
Je ne voulais pas lui faire de mal, je sentais que ça montait, mais je ne voulais pas m’énerver, le frapper… On ne fait pas de mal à un bébé, on ne frappe pas un bébé ! Je voulais pas lui faire de mal, je voulais pas lui donner une gifle,  mais il pleurait toujours... J'en pouvais plus….Alors. Je l’ai secoué… Je voulais juste qu’il se taise… Je voulais juste qu’il arrête de pleurer. »
(il pleure encore)
« Qu’est ce que vous allez dire à ma femme ? … Qu’est ce qu’elle va penser de moi …
Et mon fils...Vous vous rendez compte ? C'est son père qui l'a mis dans cet état là...
Je suis désolé…J’aurai du le dire aux médecins plus tôt… Je pouvais pas…
Je pouvais pas. »

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Syndrôme du bébé secoué

 

08:49 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook

Commentaires

Autant ce qu'il a fait est terrible, autant je comprends le geste. Ne pas craquer, c'est bien beau de dire ça à tête reposée.
Quand on ne sait pas pourquoi un bébé pleure après biberon, calins, changement de couche... que peut-on faire à part subir ? Aller voir un médecin ? On peut penser que c'est ridicule d'aller voir un médecin juste parce que le bébé pleure. Donc on continue de subir. Jusqu'à...

Écrit par : Sylvon | 11/06/2010

Je n'ai que ce mot en tete aussi, "terrible"... à la fois ce qu'il a fait mais aussi la confession, la situation dans laquelle il se retrouve... devoir annoncer à sa femme qu'il a sans doute tué son fils. Vivre avec cette culpabilité de l'avoir tué toute sa vie...

Ce n'est sans doute pas un tortionnaire ni un homme violent, il a "juste" cédé à son trop plein, son énervement du moment, sachant qu'il n'avait pas dormi de la nuit... Ce n'est pas une excuse, mais je rejoins Sylvon la dessus, ca doit etre dur de subir quand un enfant ne fait que pleurer, tout le temps. Terrible.

Écrit par : celia | 11/06/2010

Ces moments-là, les premiers mois d'un bébé, sont vraiment des moments très durs. Je les ai vécus moi-même il y a longtemps, mais je les ai surtout revécus il y a quelques mois à travers mon frère et ma belle-sœur qui vivaient juste à côté de chez moi, avec leur 1er bébé tout neuf.
Et j'avais oublié.
Tout m'est revenu à l'esprit. A quel point on est fatigués, au bord de la crise de nerf, à quel point on a envie de hurler qu'on n'en peut plus, qu'on voudrait juste dormir, ou bien du silence, ou bien seulement comprendre pourquoi ce bébé pleure encore et toujours et comment le soulager… Comme le dit Sylvon, il y a la peur du ridicule aussi. On ne va quand même pas retourner voir le pédiatre, qu'on a déjà vu la semaine dernière et qui dit que tout va bien. Il va se foutre de nous, nous dire qu'on est des parents anxieux, stressés… Peut-être même avec un petit sourire en coin…
Ce sont des moments terribles qui, fort heureusement, finissent dans la grande majorité des cas par passer sans qu'on ait "craqué".
Mais je comprends le geste (et la grande culpabilité) de ce papa.
Pour peu qu'on soit peu entourés, qu'on ait un boulot fatiguant, que le couple ne soit pas très solide voire solidaire…
Je comprends ce qui amène à ce craquage-là.
La question que je me pose par contre, c'est si ça a toujours existé, si ça existe partout, ce syndrome du bébé secoué, ou si c'est propre à notre société occidentale et d'aujourd'hui ?

Écrit par : Seashell | 11/06/2010

Yesss, comme Seashell, je me pose la même question : on sait quoi sur ce syndrome, son histoire, son évolution dans le temps, dans le monde, dans les sociétés ?

Spyko, le lien à la fin de ton article donne des infos pratiques, et là-bas, un autre lien sur les pleurs du bébé en disent un peu plus long

http://sante-medecine.commentcamarche.net/contents/bebe/13_les-pleurs-d-un-bebe.php3

mais je ne suis pas d'accord avec ce qu'ils disent là-bas : on ne trouve "anormal" que bébé pleure "dans notre société actuelle", on est plutôt moins en mesure de le supporter, la somme de stress que nous subissons nous rapprochant du seuil de tolérance.

C'est comme pour tout : à un moment ça casse. Une corde peut supporter un certain poids, quand on le dépasse, elle s'effiloche puis elle casse. Des parents qui subissent des journées trop dures et un stress permanent et usant n'ont plus assez de marge pour supporter les pleurs du gosse, et comme la corde, ils s'effilochent et ils cassent.

Nos vies sont de plus en plus tendues et agressées (entre autre par la pub, sans rire. Tous ces mendiants bien mis qui nous tirent par la manche pour ceci et cela en permanence, à coup d'affiches et de clic et de sponsors, ça frise le racket) avec une ambiance de menace diffuse et permanente, je trouve. C'est d'autant plus pénible que d'un autre côté, nos conditions matérielles et notre espérance de vie suggèrent qu'on vit "mieux que nos ancêtres".

Donc on se sent mal dans nos vies, et en plus on culpabilise et on se croit des enfants gâtés, alors on garde tout pour soi et ça ajoute à l'acide qui ronge la corde.

On vit dans un monde psychopathe, je trouve (mais c'est parce que j'aime bien le mot, faudrait que je regarde ce qu'il veut dire)

Par ailleurs, les enfants sont sensibles à l'humeur qui les entoure. Sans qu'ils s'en rendent compte, le stress des parents peut aggraver les pleurs du bébé. C'est un cercle infernal, peut-être, et d'autant plus infernal que lorsqu'on est stressé, on est moins compréhensif de ce qui nous arrive, bébé le sent, etc. etc.

Bon, c'est des idées comme ça, des suppositions. Si quelqu'un connaît les réponses à la question de Seashell, ce serait cool.

Écrit par : Plouf | 11/06/2010

Bon, je reconnais, je me suis laissé emporter par ma marotte du moment : la pub pèse pas lourd face à la crainte de perdre son boulot, les tensions conjugales, et autres vrais sujets de tension.

Mais bon, hein.

Écrit par : Plouf | 11/06/2010

J'ai eu l'occasion d'étudier le syndrome du bébé secoué en médecine légale, ben ça me glace toujours autant le sang de lire ça. J'en suis tout retourné...

Écrit par : Mottate | 11/06/2010

Merci à tous de vos commentaires.
J'ai mis cet article (et je vois que vous l'avez tous compris comme ça d'ailleurs) pour montrer que ce syndrome du bébé secoué, c'est beaucoup plus compliqué que ce qu'on peut en penser.
De prime abord, on peut réagir affectivement, dire que c'est horrible et que ces parents sont tous des monstres maltraitants.
Et en fait, on s'aperçoit que la réalité peut être tout autre : des parents "aimants", mais qui un jour, se retrouvent débordés, boulot, soucis, stress, et qui craquent.
Qui ne voulaient surtout pas faire de mal à leur enfant, mais qui choisissent sans le vouloir le pire moyen de le calmer.

A la question : est ce que ça a toujours existé : oui je pense malheureusement. Mais auparavant, c'était un diagnostic qu'on ne faisait pas ou mal : personne n'avait l'idée d'imaginer que des parents avaient pu faire ça. Et puis ça fait peur aussi. Donc des fois, on préfère ne pas voir, ne pas entendre. On soigne et point.
Maintenant il y a plus d'infos, de préventions et du coup, je crois qu'on diagnostique mieux cela qu'auparavant.

Et effectivement, avoir un bébé ce n'est pas toujours des moments facile. On n'a pas toujours le bébé souriant et agréable de la pub Evian. On peut avoir un enfant qui pleure tout le temps, refuse ses biberons, fait des colères... C'est qqfois terriblement culpabilisant et douloureux pour les parents de voir que ces premiers moments ne sont pas agréables..
C'est là qu'il faudrait pouvoir aider et soutenir ces parents !

Dans le cas que je raconte, ses parents, jeunes, se retrouvaient dans une région sans famille, sans soutien....Ceci explique peut être pourquoi le papa a craqué un jour...

Pour finir, l'enfant a pu récupérer, avec des séquelles minimes.

Écrit par : spyko | 11/06/2010

allez hop, tout le monde a sa corde ?
Allez, à trois on saute tous du tabouret !

Le pire, c'est qu'on arrive à le comprendre et que la plupart d'entre nous auraient pu le faire aussi.

Écrit par : L'apprenti Docteur | 11/06/2010

L'apprentie docteur : eh oui ,je raconte mon quotidien. Y'a des jours drôles et des jours plus durs... Je le raconte ici parce que ça m'a renvoyé pas mal de questions en tant que parent, en me mettant à sa place et en constatant que, moi aussi, j'aurai pu ne pas être à l'abri de craquer aussi, un jour.

Écrit par : spyko | 11/06/2010

Moi aussi je comprends qu'on puisse finir par en arriver là... Et d'autant plus que ma fille a 2 mois dimanche, et que les jours sont longs, et les nuits sont courtes...
Mais bon, j'en suis pas là, hein, pas de panique ;)
C'est quand même rassurant de savoir que ce petit garçon a eu des séquelles minimes. Même si c'est toujours trop.

Écrit par : berengere | 11/06/2010

C'est terrible...et effectivement on sent bien en lisant ton article que ce papa est bien loin du monstre maltraitant...et qu'avec ce geste il se prend perpétuité en terme de culpabilité.

Il faudrait une vraie prévention généralisée dans tous les hôpitaux, les maternités, dire encore et encore...

J'imagine (je n'ai pas d'enfant) qu'il vaut mieux éventuellement quand on peut mettre le bébé dans la pièce la plus éloignée de nous quand on sent qu'on va craquer...mais bon les logements sont pas forcément ni grands ni insonorisés...

Écrit par : Opale | 11/06/2010

J’ai secoué mon bébé quand j'étais jeune sans en connaître le danger mais c'était pour une tout autre raison (heureusement, sans suites).
Voilà l’histoire : une de mes filles, bébé, pleurait tous les soirs à une heure où nous étions couché, c’était plutôt rasant, mais un soir après avoir bien pleuré, elle s’est arrêtée net, inquiète je suis allée la voir aussitôt, elle ne bougeait plus était toute molle, ne respirait plus, était bleue, j’ai flippé grave, paniqué et l’ai secouée, lui ai mis de l’eau froide sur le visage, rien, puis des petites tapes dans le dos, elle a fait un énorme rot (bien qu’elle en ait fait plusieurs après son biberon), et elle a à nouveau repris sa respiration par un cri, j’ai appelé le pédiatre, qui a pensé que c’était un spasme du sanglots. Perso je n’y ai jamais cru, j’avais une toute autre idée là-dessus mais je ne suis pas médecin alors…j’ai gardé cette idée pour moi et n’en démord pas et suis sûre qu’elle serait morte si je n’étais pas intervenue aussitôt.
Du coup après cet épisode, j'étais stressée inversement(peur de la mort subite du nourrisson).

Écrit par : totem | 11/06/2010

Totem, elle avait pas avalé sa langue, en fait ?

Écrit par : Plouf | 11/06/2010

Je me mets à ta place et je n'aurais d'ailleurs pas souhaité y être, peur de mes réactions sans doute.
J'ai une patiente dont l'époux a commis ce geste sur son bébé, il est en prison pour un long moment mais ma patiente lui a pardonné et semble avoir compris cet acte. Elle est prête également a reprendre la vie commune avec lui à sa sortie.
Comment ? Pourquoi ? Je ne sais pas....
Je reçois tellement de personnes à bout, surtout depuis quelques temps, la pression au travail se faisant de plus en plus grande, que je peux comprendre mais pas pardonner.
Merci spyko de partager avec nous aussi ces moments là...

Écrit par : femmepsy | 11/06/2010

Merci de nous avoir un peu "rassuré" sur cet enfant et les conséquences.
Je comprends tout à fait que l'on puisse craquer, en effet, dans notre société où il faut faire face, où la famille modèle est la famille ricoré...
D'ailleurs, je vois bien avec me p'tits élèves ou avec ma choupinette : lorsque je suis fatiguée, donc moins patiente, je réagis plus vivement et plus fortement (bon, pour l'heure, je ne les ais jamais secoués... mais parfois je me force à respirer, dédramatiser pour éviter une réponse disproportionnée).
A bientôt.

Écrit par : Chab'instit | 11/06/2010

Ravi de savoir que ce bébé ne s'en tire pas trop mal.

En parcourant les commentaires, je perçois beaucoup de compassion pour ce père auxquels certains d'entre nous s'identifient, posant que "ça peut arriver à tout le monde"...

Mais le fait est que dans la réalité cela n'arrive pas à tout le monde. Il ne faudrait peut-être pas banaliser les choses et clore par trop de compassion la question d'ordre clinique que Psyko soulève implicitement au travers de la confession du père.

Ce que je veux dire par là... C'est que tous les parents ne se retrouvent pas débordés par les pleurs de leurs enfants au point de leur faire du mal... Et que... Les pleurs persistants d'un enfant ne sont pas quelque chose de si "normal" que cela.

Un bébé ne pleure pas par plaisir, ou pour persécuter ses parents (ce que certains parents finissent parfois par fantasmer... Si,si...). Une fois qu'il a été nourri, une fois qu'on s'est assuré qu'aucune selle acide ne lui cramait le derrière, qu'aucune dent ne le faisait souffrir (certains bébés les font précocement), ou que des douleurs digestives (fréquentes) ne le dérangent pas, ou qu'on a vérifié qu'il n'y a aucun autre dérangement somatique... Et bien... Il se peut que l'enfant en continuant à pleurer ne fasse pas autre chose que d'exprimer sa détresse face... au stress de son parent...

Un bébé dont les parents sont suffisamment disponibles psychiquement pour pouvoir décoder le besoin exprimé par les pleurs... parviennent généralement à les apaiser à moins... qu'il n'y ait un problème médical nécessitant l'intervention du médecin.

Lorsqu'on reçoit des parents excédés par les pleurs de leurs enfants... et que ces pleurs là ne sont pas explicables par un problème somatique qui tarde à se soigner... Et bien on se rend souvent compte... que ces papas et ces mamans, sont encombrés par leur propre histoire, et envahis par bien des ambivalences à l'égard de leur enfant, ou de leur statut de parent pas si simple à assumer.

Car en effet, devenir parent ne va pas de soi. Cela ne manque jamais de réactiver (et parfois violemment) ce que nous n'avons pas nous-même pu régler de notre enfance, et la façon dont dont assumons avec plus ou moins de bonheur le fait de prendre la place de nos propres parents, parents qui en fonction de nos histoires personnelles ont pu ou non être des modèles "acceptables", pouvant ou non encore, nous servir de modèles. A cela s'ajoute notre propre capacité à reconnaître cet enfant comme un être distinct de nous, et à le respecter comme tel.

Chacun doit se débrouiller de cela en devenant parent... Et c'est plus dur pour certains que pour d'autres... Tout le monde n'a pas fait d'analyse avant de procréer !

Bref... Ce qui fait la difficulté à être parent, ne l'oublions pas... Ce n'est pas l'enfant... Ou les données intrinsèques ou matérielles du fait d'être en charge d'un petit être vulnérable. C'est ce qu'il en est de notre capacité psychique à assumer ce rôle.

Je ne sais pas ce que ce papa risque... Mais la moindre des chose me semblerait être qu'on lui permette de poursuivre ce questionnement qui s'est ouvert avec Spyko sur ce qui a pu le conduire à un tel geste et à se laisser déborder ainsi.

Écrit par : Jack_Addi | 12/06/2010

Merci Jack_Addi pour ces nécessaires précisions.

Dans ces cas, outre le problème légal, les thérapies brèves parents-enfants telles que les avaient pensé Bertrand CRAMER sont une approche très utiles et oserais-je dire efficaces (cela devrait plaire à ceux qui veulent tout évaluer !!).

Ce sont souvent ces enfants qui en fait nous amènent leurs parents en thérapie.

Écrit par : Orthologo | 12/06/2010

Qd j'écris "ces enfants" je parle bien sur des enfants qui pleurent sans cesse ou qui ont des troubles du sommeil...
Je pense que ce n'était pas très clair.

Écrit par : Orthologo | 12/06/2010

Un grand merci pour ce post : après l'avoir lu, je crois que je verrai d'un autre oeil les parents qui descendent aux urgences parce que leur enfant pleure. Un peu moins d'agacement, et surtout la pensée que s'ils n'étaient pas venus, peut-être auraient-il commis ce geste... Au moins les urgences posent un cadre et un moment où les parents peuvent sentir qu'ils ne sont plus seuls face aux pleurs de leur enfant.

Autrement je me pose la question : qu'en est-il au niveau légal? Il y en a un peu mention dans les commentaires, mais y'a-t-il systématiquement une enquête judiciaire? Dans ce cas, le père a-t-il été jugé/condamné?

En tout cas merci encore de tous ces posts, ils font réfléchir sur bien des aspects de la vie et des situations hospitalières.

Écrit par : Cig | 12/06/2010

Pour répondre à Cig,

En principe, lorsque tout professionnel s'occupant d'enfants, ou même lorsque tout citoyen lambda a connaissance de maltraitances portées contre un enfant, il a une obligation légale d'en avertir soit les services sociaux, soit la justice, sous peine de risquer des poursuites pour non assistance à personne en danger.

La loi est très claire à ce sujet : même lorsque le professionnel a un exercice couvert par les lois sur le secret professionnel, le secret doit être obligatoirement levé dans les cas de mineurs victimes de mauvais traitements.

Le procureur estimera s'il convient de saisir le Juge des Enfants en vue de la mise en place d'une mesure d'assistance éducative (qui ne sera pas nécessairement un placement, mais peut relever de la simple enquête sociale, à une assistance éducative en milieux ouvert), et s'il convient ou non de poursuivre pénalement les parents. Je précise que les parents ne sont pas nécessairement traduits au pénal pour maltraitance dans toutes les situations de maltraitances physiques. La nature accidentelle, ou volontaire du mauvais traitement, son caractère isolé ou répétitif, les éléments particuliers de la situation familiale seront pris en considération, au même titre que la gravité des faits.

Écrit par : Jack_Addi | 12/06/2010

Berangere : no panic non !

Opale : pas mal de maternité font de la prévention aupres des jeunes parents sur la facon de gérer les pleurs d'un enfant. Il a aussi dans certains départements une info sur le syndrome du bébé secoué dans les carnets de santé.

Totem : On ne saura jamais ce qu'a fait ton enfant effectivement. Il parait cependant (d'apres les parents) que le spasme du sanglot peut etre tout à fait spectaculaire et angoissant. Alors...Peut être ?

Femmepsy : oui la maman dans tout ça...Vivre avec son mari, pardonner ou partir ?... Aucune bonne réponse là dedans, trop facile de juger de loin. Mais ce doit etre terriblement douloureux comme "choix"

Chab instit : le message etait effectivement : ne jugeons pas trop vite, aucun de nous finalement n'est à l'abri

Jack Addi : merci (encore et toujours !!) pour tes interventions, qui mettent les choses en perspectives et ouvrent des reflexions (tu es sur, toujours pas de supervision via le net ? ...!)
Que les parents qui craquent aient un profil particulier, une anxiété particuliere, de par leur histoire, surement. On a souvent des parents aux histoires familiales difficiles, et qui souvent aussi se retrouvent seuls, sans familles, face à leur bébé.
Peut être des grandes failles narcissiques que les pleurs d'un bébé viennent titiller (tu ne sais pas t'occuper de moi...).
Probablement.
Face à ce cas, que faire ? Nous avons à l'hopital entamer une reflexion là dessus, rencontrer des professionels sociaux et de justice. La conclusion a été qu'il faut toujours alerter la justice. Ce n'est pas à nous de juger si ce papa est dangereux ou pas pour son enfant, si il peut s'amender ou pas, s'il peut accepter les soins psychiatriques ou pas : si il y a eu violence volontaire à l'enfant, c'est à la justice de trancher.
Au cas par cas. Dans ce cas, je pense qu'effectivement, il n'y aura pas placement de l'enfant car famille aimante, sans histoire. Si le père accepte une aide psychologique, si les services sociaux peuvent un peu suivre cette famille, voilà, je pense que les choses peuvent aller mieux....Car finalement, la peine la plus lourde, c'est le papa qui se l'inflige avec cette énorme culpabilité et douleur.

Cig : tres bonne remarque : les parents qui viennent aux urgences excédés par les pleurs d'un bébé ne sont pas du tout à prendre à la légère ! S'ils ont fait cette démarche, risquant le regard des autres, c'est qu'ils sont au taquet et qu'ils appellent au secours

Écrit par : spyko | 12/06/2010

avant je jugeais sévèrement ces parents...
Jusqu'a avoir une petite fille, un vrai démon, de vraies colères à moins d'un mois de vie (et que ceux qui veulent me convaincre que c'est impossible sachent que j'ai une hache dans mon sac à main).
Plusieurs fois j'ai appelé mon homme, paniquée, lui jetant littéralement le bébé dans les bras pour m'enfuir, terrifiée de mes envies de meurtre... Aujourd'hui à 18 mois, elle est toujours exigeante, impatiente, colérique et les menaces de mise au compost sont encore bien nombreuses! (Bon elle est très caline et pleine de joie de vivre aussi, non, je ne la vends pas)
J'ai eu il y a 4 mois une 2e petite fille. Un ange, facile à vivre, aucun soucis.
Tout ca pour dire que ca dépend aussi beaucoup des enfants...
(pour ceux, nombreux aussi, persuadés que pour un 2e, on est moins stressé, et que donc ca se passe mieux, rappelez vous... la hache... )

Écrit par : toinnette | 12/06/2010

Le fait de secouer n'est pas que lié aux enfants, les conséquences physiques et psychiques sont peut être moins acceptées car "sur des anges sans défenses et nait comme étant le plus beau". J'ai arrété de travaillé dans un centre (quartier difficile) quand je me suis apperçue que mes mains aggripées, secouer et n'etaient pas loin de frapper. car oui on demande de la compréhension !!!! et on a de l'incompréhension!

Où les enfants ne souhaitent qu'amour,protection, nourriture et hygiène (un peu mieux que pipi caca)alors nos problèmes au boulot, la fatigue quotidienne et l'âge du capitaine ils s'en foutent !!!

Écrit par : Myriam | 14/06/2010

Et moi qui croyait que les Anges et les Démons n'existaient pas, n'étant pas autre chose que les figures imaginaires et métaphoriques de l'idéalisation et du clivage... On arrête pas les progrès de la génétique visiblement !

Écrit par : Jack_Addi | 14/06/2010

@ jack_Addi: et ouiii même par éprouvette !

@ tous: bonne semaine

Écrit par : Myriam | 14/06/2010

Je suis désolée pour le père, comme plusieurs l'ont dit, il ne semble pas violent, mais contrairement à beaucoup de gens, je ne justifie pas et n’accepte pas ses justifications. Mon conjoint (qui a eu une enfance très difficile) a vécu une situation semblable avec sa plus jeune. Elle pleurait depuis des heures, il n'en pouvait plus. Au lieu de la secouer il la mit dans sa bassinette et est sorti sur le balcon un bon 30min. il a pu se calmé. Même si bébé pleurait elle était en sécurité et lui en ne l'entendant pas, a pu retrouver son calme.

Chacun a son tempérament et son histoire, mais quand vous sentez ca monté, foutez le camp quelques instants.

Je parais surement drastique et sévère, mais personnellement, je considère qu'il n'y aura jamais de raison assez bonne pour accepter ca ou tout autre situation impliquant une perte de contrôle et/ou un enfant.

Par contre, je ne dis pas nécessairement de le trainer en justice. Son châtiment, il va l'avoir tout le restant de sa vie sur les épaules: la culpabilité, l'handicape de son fils, très probablement la fin de son couple, le regard de sa famille et de tout les autre au courant de la situation... sa vie va être un calvaire. Je trouve ca mérité, mais amplement suffisant pour cette situation

Écrit par : anoukette | 18/06/2010

anoukette : comprendre le papa, ce n'est pas accepter ni justifier.
Ce qu'il a fait reste terrible, puni par la justice....
Mais je voulais montrer que quelquefois le "maltraitant" n'est pas le monstre qu'on peut croire. Mais juste un humain qui passe à l'acte. Et peut avoir des remords aussi.
Et comme vous le soulignez, la peine la plus dure sera sa culpabilité...

Écrit par : spyko | 20/06/2010

Grosse émotion.
Pas seulement comme soignante
Pas seulement comme Maman de trois lutins.
Mais comme compagne d'un papa au foyer malgré lui qui ne semble plus les supporter, pour qui un peu est devenu trop et qui formule désormais "je ne PEUX plus".
Moi, ma thèse, mon exam de DES déjà hors délais et mes remplacements de médecine gé aux 4 coins du départements, on lui répondait "Oh si que tu peux, parce qu'on ne peut pas faire autrement, alors tu vas bien finir par vouloir supporter la marmaille".
Et la tension de monter, les lutins se gnomifier et de multiplier les tours diaboliques et les catastrophes exaspérantes.
Et le père de fermer les portes sur leur pleurs, de hurler plus fort qu'eux et marre!
Et les parents de s'affronter dans un magma de reproches, d'intimidation et de jet de pantoufle.
Excuse-moi, mon amour, mais là j'ai lu un texte qui m'a fait entendre que si on ne peut plus, c'est qu'on ne peut plus.
Vient, allons chez un collègue du Pyskologue pour famille implosante, parents héroïques-insomniaques-isolés.
On ne dormira pas mieux, mais peut être qu'on s'en voudra moins mutuellement.

Écrit par : agrinel | 14/10/2011

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