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21/05/2010

Mea culpa infirmier

Suite à ce post sur ma brillantissime intervention orale à l’institut de formation en soins infimiers, les commentaires ont donné lieu à une bataille rangée entre, à ma gauche, les défenseurs de l’IFSI et des étudiants qui demandaient à ce qu’on ne fasse pas de généralités, et à ma droite, les ceusses qui avaient comme moi vécus de mauvaises expériences IFSIesques et qui en témoignaient.
Ne voulant point passer pour un anti-infirmier(e)s, je me suis donc résolu à écrire ce post en forme de mea culpa (surtout par crainte des représailles de qui-vous-savez).

Ne nous méprenons pas, donc, j’ADORE les infirmières du service (désolé les gars, mais je n’ai pas d’infirmier, aide-soignant ou auxiliaire homme dans mon service, donc je mettrai au féminin). Je vous explique.
(attention, généralisations abusives et mauvaise foi inside)

J’adooooore quand, appelé dans le service, j’arrive pour voir un enfant, et que l’infirmière présente, à qui je demande pour qui-pourquoi je fais cet entretien et que c’est-ti pourquoi qu’elle m’a appelé, me dit « oui, ben je sais pas moi, c’était écrit sur le dossier : consultation psy . Alors voilà, quoi, je t’appelle. L’enfant est chambre 5. »
Euh… Zut, c’est ballot, j’ai oublié ma boule de cristal ce matin. Quel idiot je fais... Bon, je peux tenter de voir le marmot de 5 ans et lui demander quel problème psychopathologique il pense avoir. Ou bien s’il sait dans quelle case du DSM IV il est inscrit ou s’il a une idée des mécanismes de défenses psychologique qu’il présente? On essaie ?…Pffff..
Je me demande si on peut faire le même coup au chirurgien tiens ? Le gamin en salle d’opération, tout le monde en stérile, le bambin déjà endormi et l’infirmière qui dit au chirurgien « Oui ben je sais pas, moi, pourquoi on l’opère. C’était marqué « Chirurgie », et pis c’est tout. Bon on y va ? ».

J’adore quand, je suis en plein entretien dans la chambre du-dit enfant, la porte s’ouvre d’un coup et l’infirmière lance « C’est l’heuuure de la tempééératuuuuure ». Ou de la tension. Ou de la vérification de la perf-qui-a-même-pas-sonné-mais-si-je-t’assure-il-faut-vérifier-là-maintenant.
Ah ben oui, c’est sur. C’est à 16h00 qu’on note la fièvre. Ou la tension. Pas à 16h03, tsss, tsss. Ca se voit bien que vous n’y connaissez rien, vous, en recueil de données.
A 16h00, la fiabilité de la prise de température et de tension est maximale. A 16h03, c’est foutu. FOU-TU on vous dit. C’est de la chronobiologie, vous pouvez pas comprendre.
Notez cependant que c’est la même infirmière qui m’a accueilli tout à l’heure dans le service et qui donc sait très bien que je suis en entretien et avec qui. Non, non on ne peut pas dire qu’elle ignorait que je me trouvais là.
Mais (one more time, sing with me ) :" c’est-l’heuuuure-de-la-tempééééératuuuuure ".

J’aime beaucoup quand le téléphone sonne et que au bout du fil, l’infirmière me dit « oui j’ai vu dans l’ordi que tu n’avais pas de rendez vous cet après midi, alors, COMME TU NE FAIS RIEN, je me suis dit que tu pourrais passer voir cet enfant dans le service. ».
Zut, je suis démasqué.
Je fais mes courriers, je remplis mes dossiers, je passe des coups de fils professionnels : je ne fais rien…Zut zut zut…. Honte…

J’adore quand je vais faire cours à l’IFSI et que…
Ah oui, je l’ai déjà raconté.

Mais un doute m’étreint soudain.
Me serai-je légèrement éloigné du mea culpa que j’étais sensé faire ici… Zut….
Alors, ok, on reprend.
Pouf, pouf, on disait que vous avez rien entendu.

Donc, pour être réellement objectif :

Si j’aime travailler à l’hôpital, c’est pour le travail en équipe. Quand ça fonctionne, et que tout le monde apporte son petit élément sur l’enfant et la famille, l’infirmière, l’auxiliaire, le médecin, le psy, et que là, tout à coup, la notion de travail en équipe prend tout son sens.


J’ai appris énormément de choses aux contacts des infirmières. Parce qu’à la fac on vous apprend plein de choses théoriques, mais le « savoir être », comment aborder l’enfant, la famille, dans le cadre hospitalier, j’en ai appris beaucoup au début de par les infirmières et les auxiliaires. Certaines sont assez magiques dans leur approche des patients.

Les souvenirs de fous rires, de décompression complètement barrée dans la salle café, c’est aussi pas mal aux infirmières que je les dois.

J’ai reçu aussi pas mal d’étudiants infirmiers qui demandaient à me voir pour des questions concernant la préparation de leur mémoire.
Et la plupart du temps, je me suis trouvé face à des jeunes gens qui avaient bien bossé leurs questions, bien cerné leur sujet et qui posaient des questions pas du tout naïves.
C’était même souvent très agréable ces discussions.

Je tire un grand coup de chapeau aux infirmières qui nous ont accueillis en hospitalisation lors d’un moment très lourd où planait un diagnostic sombre sur un de mes enfants. Si on tenu le coup, nous et lui, c’est aussi en grande partie grâce à l’équipe.

Et puis, pour finir, si je suis appelé en service, reconnaissons le, le plus souvent, c’est parce que l’infirmière ou l’auxiliaire a repéré tel ou tel signe chez un enfant, et qu’elle en a parlé au médecin. Celles qui gèrent l’enfant toute la journée et toute la nuit, ce sont bien elles. Celles qui recueillent les confidences des parents éreintés à trois heures du mat.
Et ce sont elles qui ont les observations les plus précieuses (si on excepte mon amie infirmière du premier exemple plus haut qui elle n’avait aucune observation de quoi que ce soit à me donner.)

Alors pour finir avec ce billet aux allures démago, mais néanmoins sincère : merci les filles !

08:56 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (25) | |  Facebook

Commentaires

heu... ne confondrais tu pas la bêtise humaine (les gens bêtes quoi) avec les infirmières ? Qui, il faut le rappeler, sont en grands nombres auprès de toi et pour cause!

Vois ça avec l'instit et l'Atsem par exemple:
C'est lheuuuuuuuure du piiiiiiiiiiipiiiiiii les enfants!

Des gens bêtes y'en a dans tous les métiers ;-)

Écrit par : Catherine | 21/05/2010

Une petite intervention qui ne prétend rien.
Dans des contextes non médicaux, on voit la même chose. Les élève-ingénieurs, par exemple, supportent mal qu'on leur dise "malheureusement, c'est comme ça, mieux vaut vous y faire qu'attraper un ulcère" à propos, je sais pas, disons de l'arrogance peu rigoureuse de beaucoup de commerciaux, étudiants ou non.

Pour les élève-ingénieurs, ça reste "pas normal ce comportement", et la nature humaine n'a qu'à bien se tenir : les équations sont pourtant claires, les affirmations du commercial ne tiennent pas debout.

Que le commercial n'ait pas choisi de filière scientifique justement pour ne pas s'enfermer dans la dure réalité matérielle, n'est pas un argument recevable car pour les ingénieurs, le monde n'est que ça, une réalité matérielle. Que l'ingénieur n'ait pas choisi le commerce, justement pour ne pas s'enfermer dans des calculs d'enjeux et des coups de poker, est incompréhensible pour les commerciaux : pour eux, la réalité n'est que ça, des calculs d'enjeux et des coups de poker.

Ils se fâchent tous pour beaucoup d'autres choses aussi. Le temps assagira les plus lucides, et fatiguera ou même blessera les autres.

Chaque jeunesse est modelée par son métier, lequel est souvent choisi en fonction de modelages déjà présents à l'intérieur des personnes. Quelles sont les lignes de force qui tendent les âmes infirmières, et les forment à l'école ? (entre coeur de métier et cruelles circonstances contemporaines, par exemple) ça en dirait peut-être pas mal sur le "style de révolte" qu'elles manifestent, et sur les pistes pour les apaiser et s'entendre avec elles.

Moi, ce qui me révolte, c'est que les psys ne soient pas des saints. Ca c'est un truc, c'est pas possible. C'est leur métier alors ils devraient le savoir, les psys, que les humains sont faillibles et que les jeunes sont effrontés.

Moijdi, c'panormal.

Écrit par : Plouf | 21/05/2010

Plouf : déjà il y a une différence entre "comprendre" et "accepter". Je peux comprendre ce qui sous entend tel ou tel comportement, car c'est mon métier, mais ca ne veut pas dire que je dois dire "amen" à tout et tout accepter.
J'essaie de respecter le boulot de tout le monde à l'hopital car je considère que le travail de chacun est important. Donc en retour, je n'aime pas qu'on ne respecte pas le mien.
Apres, je ne fais de généralités. Il y avait (beaucoup!) de second degré dans ma note, et comme dans tout corps de métier, infirmieres, ou psychologues, ils y a des bons éléments et des moins bons. C'est tout. Affaire de personnalité, de professionnalisme, etc...
Enfin, j'avoue, je suis psychologue avec mes patients, je prends le temps, je fais les choses sérieusement : mais je ne suis pas psychologue à 100%, et pas psychologue avec mes collègues. Et je ne vais pas chercher forcement à faire douze séances de thérapie avec la soignante qui ne veut pas respecter mes entretiens pour comprendre le pourquoi et le comment. Donc je râle. Ici (beaucoup) et au boulot (un peu moins !)

Catherine : oui merci de ton commentaires, je ne fais pas de généralisations. J'ai déjà fait un billet sur certains psys qui m'énervent, donc voilà, je n'en ai après aucun corps de métier en particulier ;-)

Écrit par : spyko | 21/05/2010

(Désolé si j'ai manqué de tact : quant au "saint spykologue", je plaisantais. Je plaisantais complètement)

Tu sais, c'est pas recevable, ton argument : le second degré, ça veut rien dire. Tiens, par exemple, en radian, ça fait combien ?

(j'ai peur de la réponse : me dis pas que tu as oublié ce qu'est un radian [ http://fr.wikipedia.org/wiki/Radian ] C'est un coup à finir pendu par un petit orteil, et ces sadiques d'élève-ingés diront que c'est pour une expérience de bio-mécanique)

Si j'avais eu la tête un peu plus claire ce matin, je me serais abstenu : le commentaire de Catherine dit la même chose en mieux et en concis.

Écrit par : Plouf | 21/05/2010

Alors là le piège est trop grossier pour que je tombe dedans monsieur le psychologue...
(et pourtant pour réussir à me faire louper une polémique il faut y aller...).

Je n'irai donc directement qu'à ta conclusion : oui les infirmières nous sommes toutes des êtres de lumières sur humaines...
Parce qu'on le vaut bien, schlaf, schlaf...
("schlaf, schlaf" c'est le bruit de nos cheveux soyeux avec le soleil dedans qu'on remue...)
(on remue les cheveux hein, pas le soleil, tu as bu ou quoi?)

;)))

a+

yann

Écrit par : yann | 21/05/2010

Un étudiant, c'est juste un bachelier qui continue d'étudier. Ce n'est pas quelqu'un qui "est dans le métier". En plus, un ingénieur n'a pas forcément été élève ingénieur, et un élève ingénieur ne sera pas forcément ingénieur.
Le but des études, c'est d'apprendre un métier, mais aussi de filtrer ceux qui sont capables de le pratiquer. Et des filières où seulement 10% des étudiants aboutissent au métier concerné, il y en a certainement plus qu'on ne croît puisque le Bac ne fait plus le tri.
Donc parmi le paquet d'étudiant(e)s auquel tu as eu affaire, tu as certainement remarqué ceux(celles) qui ont le moins de chances de réussir, tandis que les futur(e)s professionnel(le)s ne se faisaient pas remarquer et suivaient efficacement ton intervention.

D'où ma conclusion : tu as fait des observations sur le milieu étudiant, pas sur le milieu des infirmières.

Écrit par : Sylvon | 21/05/2010

Plouf : pas de souci. Et surtout ne t'abstiens pas de commenter. Des fois, je crois comprendre quelque chose en lisant vite le commentaire, alors qu'à la relecture, je vois que je passé à côté du second degré.

Yann : Merci pour cette image mentale qui m'est venue : Yann secouant doucement les cheveux au ralenti, parce qu'il le vaut bien. ;-)

Sylvon : Bouh, bouhhh,... pourquoi tout le monde y croit que je dis du mal des étudiants ? Ou alors tu t'adressais à Plouf ?

Écrit par : spyko | 21/05/2010

tu t'es bien rattrapé...sur la fin lol
et oui y a des cons partout, c comme ça mon brave monsieur c les statistiques! ;-)

Écrit par : Opale | 21/05/2010

si un métier vaccinait contre la bêtise ça se saurait :)

Écrit par : Kcenia | 21/05/2010

En fait, j'en conclue qu'il est difficile de parler d'un métier sans risquer de froisser. Même au second degré. Et il y a des corps de métier plus soudés que d'autres à mon avis. En même temps, la première partie ne ressemblait pas vraiment à un mea culpa ;-)
Mais donner des exemples à mes yeux ne sera jamais faire une généralité. Seulement on parle plus facilement de ce qui nous agace ... sinon c'est moins drôle.
Je me demande pourquoi je lis des tonnes de notes amusantes sur le corps médical, enseignant, sur les fonctionnaires aussi mais ... jamais sur les comptables.
Je me demande tiens ...
:-)

Écrit par : kaliuccia | 21/05/2010

Bon... Spyko...

On va dire que ce sont les étudiants EN GENERAL (et pas seulement en IFSI) qui sont immatures, casse-pieds, mal élevés, bêtes et méchants etc... En fait, je pense que c'est la solution la plus diplomatique :

- Les étudiants, ne sont pas destinés à être étudiants toute leur vie (ou alors dans ce cas, c'est qu'ils sont réellement affectés d'immaturité chronique qui pose question :-D !), donc une fois qu'ils ont fini leurs études, ils n'ont plus de raison de t'en vouloir...

- On ne sais jamais, si un jour tu dois aller à l'hosto (on ne sait jamais, un ongle incarné, les amygdales, l'appendicite que sais-je encore !), les infirmières n'auront aucune raison de t'en vouloir et ne verseront pas l'alcool directement sur une cicatrice, ou ne rateront pas ta veine trois fois en disant "Oups, j'lai pas fait exprès !"...

- Dame Mon Epouse est infirmière en bloc opératoire... Et des fois elle m'inquiète quand elle joue avec les instruments barbares qu'elle utilise au boulot... Veux pas me fâcher avec elle... Brrrrr !

Écrit par : Jack_Addi | 22/05/2010

Sur les comptables, un jour j'ai entendu ça :

"Ah, les comptables... pas facile de négocier avec les comptables, mais c'est normal : dans 'comptable', il y a 'table'."



(J'ai rigolé avec la même mauvaise foi que celle de mon interlocuteur. Des fois, c'est bon, la mauvaise foi)

Écrit par : Plouf | 22/05/2010

Quand on est très rigoureux et conscencieux, on a tendance à ne pas supporter que d'autres le soient moins, et comme malheureusement tout le monde ne l'est pas, quelque soient les professions.........dur dur...de ne pas criser parfois.

Écrit par : totem | 22/05/2010

Vous savez quoi ? moi je vous aime bien !!


tous !

Écrit par : Myriam | 22/05/2010

Merci à tous pour vos commentaires...
Mais tout le monde souligne ma part critique, mais personne ne semble voir que je suis content au final et de façon générale de bosser avec les infirmières du service !
Si si si, je vous jure !
Quelques élements, comme partout, sont un peu revêches, mais bon, elles sont peu nombreuses comme ça, je dois bien le reconnaitre.
Kaluccia : sur les comptables ? Je ne les ai pas encore pratiqué ! Peut être le jour où je suis en libéral. Mais entre Yann et Psyblog, suite à leurs deux posts, ça me donne pas tellement envie !
Jack Addi : j'ose espèrer que les infs ne voudront pas se venger sur moi....Aie...Je suis déjà pas tres bon patient en général, alors là, ca sera la Bérézina !

Écrit par : spyko | 24/05/2010

Lorsque j'avais lu ta note, celle auquel tu fais référence, je m'étais fait in petto la reflexion que c'était exactement la même chose pour les étudiants-instits. Il y a en avait quelques unes dasn mon groupe (bah ouais exclusivement des filles, c'est fou nan ?) dont l'impolitesse et le manque de respect pour nos profs me défrisaient totalement. Qui lors des pauses alimentaient les cancans, et râlaient sur le fait qu'elles n'avaient pas le temps de prendre des notes. Si elles avaient bavardé un peu moins et cherché à réfléchir vraiment... Le seul truc qui m'ait consolé, parce qu'il ne faut pas s'étonner de l'image des instits avec de tels buméros dans nos rangs..., c'est qu'elles n'ont pas eu le concours. En tout cas pas la même année que moi, peut-être l'ont-elles eu l'année suivante.
Ouaip', je m'étais dit toussa en lisant ta note, mais j'avais eu la flemme de laisser un comm'... ^^
(Remarque le pb est en passe d'être résolu, puisqu'"on" a supprimé la formation des instits dès la rentrée prochaine... hop hop hop, concours sans préparation et youplaboum directement dans les classes. )
(Sérieusement si vous êtes parents, il est plus que temps de vous demander si ça vous convient que l'instit de votre enfant n'ait pas reçu de réelle formation... Parce que là, on y est.)
Mais ceci est un autre pb, désolée d'avoir squatté tes comms, Spyko !
Peut-être d'ailleurs est-on en train de sucrer aussi la formation des infirmiers ???

Écrit par : Je Rêve | 24/05/2010

Je reve : c'est vrai que ça fait peur ce que tu dis : si les jeunes arrivent directement dans les classes sans être formés !
En résumé : personne pour former ou dépister les gens impropres au métier.
Et donc ce sera apres trois ou quatre années d'enseignements (et de degats) qu'on se dira que celui ci ou celle là ne fera pas l'affaire.

Écrit par : spyko | 24/05/2010

"Personne pour dépister les gens impropres au métiers..."

Impropres à quel titre ? Si c'est pour des questions relatives à la formation... C'est toujours perfectible. Si c'est pour des questions de personnalité, là on touche à un problème éthique... Puisque théoriquement on ne peut refuser l'accès à une formation en présumant du fait qu'une fragilité personnelle sera un obstacle insurmontable à la réussite à l'examen.

J'ai toujours trouvé odieux que des passations collectives de projectifs soient effectuées dans les concours d'entrée à certaines écoles d'IFSI, d'éducs ou d'assistantes sociales. D'autant qu'on ne leur donnait jamais de résultats... et que d'un point de vue aussi bien éthique que technique c'est totalement déconnant. Je passe sur cette école privée de psycho hors de prix, qui elle fait passer des batteries de tests entières...

Que l'on développe ou facilite la mise en congés administratif et le reclassement de professionnels que leurs fragilités rendraient objectivement incompétents, pourquoi pas... Que l'on corse l'exigence techniques et les mises en situations de stage qui permettraient à certains étudiants (et à leurs enseignants) de se rendre compte qu'ils ne pourront pas tenir le coup et de l'inopportunité de valider leur formation... pourquoi pas.

Mais en amont de la formation... c'est très problématique d'un point de vue éthique et même légal... Oui, les étudiants ont perdu leur temps... En même temps... Ne pas pouvoir faire un métier parce qu'on s'est rendu compte qu'on avait pas le niveau, ou qu'on ne pouvait pas tenir le coup sur le plan humain... C'est dur... Mais certainement plus facile à accepter à long terme que de n'avoir même pas pu tenter le coup du fait d'une décision qui sera de toute façon vécue comme arbitraire et forcément erronée.

Écrit par : Jack_Addi | 24/05/2010

Merci de ton intervention, encore une fois pertinente.
J'ai été peu précis dans mon commentaire.

En fait, je voulais dire que dans une formation digne de son nom, on fait des stages, on tâte le terrain : on ne fait pas que de la théorie.
Or, être enseignant, certes c'est "savoir", mais c'est aussi "etre". Et ça, ça ne s'apprend pas dans un amphi. Pour faire classe, pour donner l'envie aux élèves, pour faire passer le savoir, on ne peut pas avoir n'importe quelle personnalité.

Celà dit, je suis comme toi : passer des tests projectifs à l'embauche est une aberration. Je ne suis même pas sur que ce soit légal. Ensuite, la plupart des tests sont des tests à visée de diagnostic psychiatrique. Ca me parait pour le moins inadapté !

Ce dont j'ai peur, c'est que certains étudiants brillants à la fac, dans leur domaine de compétence, se revèlent completement incapables de faire classe. Moi, je pense par ex. que je ne serai pas tres bon dans cet exercice.
Mais si il n y a plus de véritable formation, pour changer ce qui peut être changé dans la manière de faire de la personne, pour dépister ceux ou celles qui véritablement ne sont pas destiné à enseigner, alors que se passe t il ?
Je sais bien qu'on peut apprendre : mais ca veut dire qu'on doit sacrifier les élèves des premieres classes que fera l'enseignant, le temps qu'il se fasse la main ?

Mais je suis de ton avis : pas de selection forcement en amont. On peut se perfectionner et changer. Ensuite, des stages encadrés permettent de progresser ou de se dire que vraiment, on n'est pas fait pour ça.
Mais sans ça, ben moi ça me fait peur pour mes gamins par ex. de me dire qu'une instit sans autre formation que la fac peut débouler devant eux.

Écrit par : spyko | 24/05/2010

Certes, pas de stage pratique préalable est une hérésie...

Mais... Il ne faut pas se leurrer... A relire Bourdieu on voit bien que la vocation égalitaire de l'école est une illusion... Que le système scolaire est là pour valider la reproduction des classes sociales à partir des valeurs des classes dominantes, et que les enfants qui réussissent le mieux à l'école sont ceux qui ont accès au "savoir" des classes dominantes au sein de leurs foyers.

L'école n'est pas là pour veiller à ce que tous aient accès à un "socle commun"... Elle est là pour valider que les enfants des CSP sup, obtiennent les diplômes qui justifieront leur maintient dans leur caste.

Perso, j'ai beaucoup aimé "La Princesse de Clèves" dont on a beaucoup parlé, et qu'aucun agrégé en littérature ne devra avoir négligé... Mais on sait très bien qu'aucun jeune n'est initié à une telle culture classique ailleurs que dans sa propre famille si celle-ci s'y intéresse... Et que les jeunes qui grandissent dans des familles où on ne lit pas les "classiques" ne se sentiront pas concernés par la majorité des livres qu'ils étudieront en français au collège. Et idem pour les autres savoirs !

Bref, tout ça pour dire que... La formation des enseignants... chez les "décideurs", on s'en tape puisque les enfants des gens aisés n'en pâtiront pas, leurs parents pouvant reprendre avec eux les ratés de la maîtresse débutante. D'autant que dans les écoles privées... On n'en trouve pas.

Cette régression dans la formation... a été décidée pour faire des économies sur un poste budgétaire qui une fois de plus n'aura qu'une incidence très limitée pour les "classes dominantes" qui sont les seules vraies bénéficiaires du système scolaire...

A quelques exceptions près...

Mais après tout... On ne peut pas dire non plus que toutes les filières de l'enseignement supérieur destinent à des carrières très "classes sup'"... Les psys en savent quelque chose à chaque fin de mois.

Écrit par : Jack_Addi | 24/05/2010

@ Jack-addi
La princesse de Clèves? ce bouquin m'a valu une colle et une confiscation du dit bouquin c'est dire:))) et pourtant je n'étais n'était qu'une enfant de famille modeste. Mais c'est vrai que les études supérieures concernent surtout les enfant de familles aisées (mon mari enseignant en ZEP en sait quelque chose).

Écrit par : totem | 25/05/2010

Alors... retour de l'étudiante sur le retour du post ;)

Déjà, "mea culpa", c'est inutile à mon point de vue, moi j'étais juste pas d'accord avec les commentaires généralisant :p

Ensuite je suis pas d'accord avec sylvon > pour "les étudiants que tu as vus ne vont pas terminer la formation" : si seulement ! malheureusement, il y a des infirmières qui sont arrivées jusqu'à la fin de la formation on ne sait comment, et ce sera toujours le cas, comme partout.
Ni avec jack addi > les étudiants en général sont bêtes et immatures... >_> (plouf! je m'ai noyé de désespoir). Ca, ce serait du mécanisme de défense (c'est pas la faute des professionnels, non, non) que ça ne m'étonnerait pas ;) (ça me fait penser à un prof de psycho qui disait "hmmm vous avez trouvé le devoir trop dur, ne serait-ce pas plutôt votre projection du devoir qui était trop simple ? hmmm ?" mais je m'égare)
Bref, tout ça pour dire que non, chez les étudiants, il y a à boire et à manger (tout cru), mais comme partout, ce sont les grandes gueules qui l'ouvrent et les gentils profs qui trinquent. C'est valable en entreprise comme à la fac, donc les généralités, voilà quoi. Groumpf.
D'ailleurs, les étudiants sérieux vont lâcher l'affaire et reprendre leurs révisions (assidues!) de psychopatho en allant regarder la vidéo de spkyo sur l'autisme ;)

Écrit par : kee | 25/05/2010

A Kee,

Quand vous me connaîtrez mieux, vous vous rendrez comptes que beaucoup de ce que je dis derrière des formulations parfois provocatrices, doit être entendu au second degrés...

Je réagissais par rapport à des questionnements cherchant à établir "qui était bête" dans cette affaire... Et de tels questionnements ne pouvant déboucher que sur des généralisations, je me suis juste amusé à proposer une autre piste de généralisation, en la justifiant volontairement (l'aurez-vous remarqué ?) sur des éléments assez mesquins et sans intérêt valables... pour en souligner l'ineptie.

Et oui, je ne sais plus trop qui disait ça, mais on est toujours "le con d'un autre"... Et les généralisations sont toujours abusives pour les personnes qui au sein du groupe que l'on désigne comme mauvais objet, ne méritent certainement pas les reproches qu'on lui fait...

Ce mécanisme est à l'oeuvre dans le racisme, les nationalismes, l'antisémitisme, et dans tous les conflits inter-institutionnels, et entre tous groupes... Et même à l'échelon plus individuel : l'égoïste c'est celui qui ne pense pas à moi !... Le chauffard c'est celui qui conduit aussi mal que moi, mais qui me gêne... etc...

Le "mauvais objet" est nécessairement toujours à l'extérieur du groupe auquel on appartient, c'est la condition de sa survie psychique interne... donc il se retrouve projeté sur n'importe quel autre groupe ou individu extérieur que l'on affuble des défauts qu'on a surtout pas envie de voir chez soi ou dans son groupe d'appartenance...

Je pense que ces petits rappels de psychologie sociale psychanalytique post-kleinienne, s'ils sont utiles à vos révisions (et encore ce n'est sûr que ça soit encore au programme, ces théories là ! Dommage, c'est tellement utile pour ne pas se laisser piéger par les crises qui traversent les institutions où l'on bosse, et savoir rester à sa place de neutralité!), sont loin d'être rigolos...

En effet, il ne s'agit pas des étudiants en général,n ni des étudiants en IFSI, ou pourquoi pas des étudiants en psycho (vous m'avouerez que certains d'entre eux sont parfois bien gratinés, non ?)...

Il s'agit de personnes qui ont oublié les règles minimales de la courtoisie et du respect dû aux enseignants... Et surtout... peut-être de la démission des institutions de formation sur ces points précis du respect dû aux enseignants, qui se retrouvent sans aucun appui pour pouvoir continuer à faire leur boulot sereinement face à ce genres de mauvais comportements.

A bientôt

Écrit par : Jack_Addi | 26/05/2010

J'ai dit que j'étais pas d'accord ? Ah oui. Oups. A la relecture le 2d degré m'était apparu pourtant clairement, je suis restée dans la rédaction de mon message sur la première lecture en diagonale. Sorry sorry.
Je ne comprends pas non plus comment on peut parler à un prof comme ça. Est-ce qu'on peut comprendre ce qui se passe dans la tête de ces élèves qui les fait réagir à ce point ?
D'ailleurs (et tout à fait hors de notre sujet) est-ce qu'on doit avoir expérimenté quelque chose pour la comprendre ensuite chez les autres ?

Écrit par : kee | 26/05/2010

Merci pour votre article, je découvre votre site et je tiens à vous remercier pour votre travail remarquable

Écrit par : paris locations | 15/06/2010

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