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17/05/2010

Mort subite et recidives

"Je suis contente de vous voir", me dit la maman du petit Thomas en m'accueillant dans la chambre.

Deux semaines que son petit bonhomme de sept mois est hospitalisé pour une affection pulmonaire traînante, depuis des mois, avec des hauts et des bas. Deux semaines que les examens se multiplient sans qu'une hypothèse médicale consistante ne soit trouvée.
"Vous savez, ce n'est pas facile...Deux semaines d'hospitalisation pour un bébé comme ça...Enfin...Heureusement, les médecins font tout pour trouver, je suis rassurée"

C'est elle qui a demandé aux infirmières à ce que je passe . Elle n'en peut plus de l'hospitalisation. Et puis, cette pathologie insidieuse qui est là la renvoit irrémédiablement au passé.
"Elle avait cinq mois ma petite Sophie quand elle est décédée... Pas facile...J'ai toujours les images... J'arrive dans sa chambre pour la réveiller... Je crois qu'elle dort encore... Elle ne bouge pas... J'appelle, je la bouge...Mais...Rien...Rien..."

La maman de Thomas se met à pleurer. Et me raconte son histoire.
Le décès de Sophie. Le deuil impossible. Son compagnon qui s'enferme dans le silence de plus en plus. Les tensions. Les disputes.
La séparation.

Et puis quelques temps plus tard, le papa du futur petit Thomas qui entre dans sa vie. Et revoilà la maladie qui refait surface aujourd'hui.
Je sors de la chambre longtemps après, très ému par tout ce que j'ai entendu.
J'en discute avec les infirmières, qui, toutes, comme moi, sont ébahies par la force de cette maman qui malgré tout, reste solide auprès de son enfant, accepte les examens sans broncher, veut trouver se bat,...

Les journées passent. Les médecins ne comprennent toujours pas. Thomas s'améliore puis rechute. Aucun examen n'est vraiment concluant.
Quand un jour, un médecin du service dit en blaguant : "Bah si ca se trouve, c'est la maman qui lui donne un truc pour qu'il soit malade. Elle a l'air tellement bien avec nous !"
Tout le monde rigole... Quelle bonne blague. Pas cette maman là. Non.

Encore quelques jours. Doucement, tout doucement, la piste de l'acte volontaire revient dans les discussions. Et si ?
Non. Impensable. Mais pourtant. A part cette hypothèse, quoi d'autre ?

On se met à contacter l'hôpital qui a accueilli la petite Sophie à son décès.
Ils n'ont pas de dossier à ce nom. Non. Aucun. Vraiment, on vous assure, rien.
Etonnement.
Questions à la maman. Qui se reprend "Ah mais je me suis trompé de ville. J'ai confondu. Avec l'inquiétude pour Thomas, je suis un peu chamboulée.". Elle donne donne un autre nom d'hôpital. Enfin elle n'est plus sure. Elle n'était pas là quand on a amené le corps de sa fille. Elle explique ne l'avoir retrouvée qu'à la morgue  des pompes funèbres, quelques jours plus tard. L'hopital ? Pfff...Ca fait loin tout ça, cette histoire.

Les médecins insistent, cherchent. Finissent par contacter les états civils de différentes villes. Pas d'enfant du nom de Sophie. Non, il n'y a eu qu'un seul livret de famille. Oui c'est celui que vous avez en main. Non il  n'y a qu'un enfant. Thomas.

Thomas qui rechute. Tousse. S'étouffe. Puis récupère encore une fois. La maman est dans tout ces états.
Mais le regard des soignants a changé : la suspicion s'est installée.

Je passe la revoir : rien n'a changé. Même avec la suspicion en tête, je suis ébahi par le comportement naturel de cette maman. Qui pleure. Qui veut combattre ce qui arrive à son fils. Qui essaie de lutter contre les peurs liées au passée et à l'angoisse de mort.

Les médecins décident de prendre les choses en main. Ils ont analysé tout ce qu'ils pouvaient analyser chez Thomas : mais aucune trace de produits, de substances. Pourtant, maintenant, plus aucun doute. Quelqu'un empoisonne régulièrement Thomas. Comment et avec quoi, on ne sait pas bien. Mais personne ne voit d'autre piste.
Mais en l'absence de preuve, difficile de contacter la justice. Aussi le médecin entre dans la chambre de la maman et déballe tout : l'enfant mort qui n'existe pas. Les symptomes tres "bizarres" et surprenants de Thomas. Le doute très très très important qu'on aurait sur la maman si quelque chose de grave venait à se passer maintenant.
Elle écoute. La résistance passive dans toute sa force. Un roc.

"C'est ce que vous croyez ? Tres bien." dit elle, en s'enfermant dans le silence
"Madame, ce n'est pas ce que nous croyons : nous sommes certains que vous n'avez pas eu d'enfant décédé de mort subite".
"Puisque vous le dites..."

A partir de ce jour, Thomas ne fera pas un seul nouveau malaise...
Son papa apprend du jour au lendemain que sa femme n'a jamais eu d'enfant décédée de mort subite avant de le connaitre. Qu'elle joue un rôle de mère éplorée depuis des années.

Le lendemain, je retourne voir la mère. Je ne sais comment commencer l'entretien. Je ne peux pas faire celui qui ne sait pas. Impossible.

"J'ai appris ce qui a été dit hier", dis je, en restant sur la neutralité la plus neutre.
Silence.
"Je suis très surpris, j'avoue"
"Moi aussi, c'est tres dur pour moi".
Et là voilà repartie dans une plainte victimisante. A laquelle je n'adhère plus. C'est un rôle, maintenant je le sais.
Mais je crois bien qu'elle, elle n'a plus de distance : elle EST cette mère qui a perdu un enfant. Elle EST cette mère inquiete pour son fils malade. Elle EST cette mère injustement suspectée.
Elle n'a même plus conscience qu'elle joue. Ou bien, prise dans sa lancée, le déni étant par trop douloureux, elle ne peut que pratiquer la fuite en avant ?

Je ne la reverrai plus jamais. Le psychiatre qui l'a vu ensuite, sur demande insistante des médecins du service, l'a trouvée tout à fait normale...

C'était il y a quelques années.
C'était la première fois que je voyais un cas de Münchausen par procuration :

- Symptomes de l'enfant fabriqués  par le parent (ou bien simplement allégués)
- Parent "admirable" selon l'avis de tous, coopérant avec les soignants
- Souvent un intérêt pour le médical ou des études avortées dans ce domaine
- Trouve un bénéfice (inconscient) dans le rôle de parent admirable et se complaît dans le milieu médical
- La fabrication des symtômes est consciente pour la parent, mais le bénéfice recherché lui est inconscient (comme si cela s'imposait à lui d'agir comme cela)
- Réponse à la fois psychiatrique (soins), judiciaire (quand preuves indubitables...Là est souvent la difficulté), et sociale (accompagnement éducatif, etc...)

14:35 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (23) | |  Facebook

Commentaires

J'en ai froid dans le dos en te lisant...
Cette maman a gardé son bébé ? J'espère qu'elle ne lui a plus fait de mal, quelle horreur! Et j'imagine aussi que c un vrai choc pour l'équipe soignante et pour toi.

Écrit par : Opale | 17/05/2010

L'enfant n'a pas été placé : aucune preuve tangible n'existait contre la mère. La seule chose tangible : elle avait inventé un enfant décédé de mort subite, mais on ne peut pas être condamné pour ça.
Pour les symptômes de son fils : seulement de gros gros gros soupçons et le fait que tout s'arrête une fois démasquée.
Ce qui a été fait : suivi social et médical rapproché de l'enfant, assorti de menaces de signalement judiciaire si le suivi n'était pas réalisé (l'absence de suivi médical aurait pu être alors interprété par la justice comme preuve de négligence parentale)

Écrit par : spyko | 17/05/2010

ça me renvoie à une autre position très banale, celle de la mère toute-puissante, qui devant les psys et les enseignants se dévoue totalement à ses enfants, est une mère parfaite, vous saute à la gorge quand il s'agit d'eux, mais derrière le décor de théâtre, attention... :-(

Écrit par : la 400 | 17/05/2010

Etonnante histoire, bien que pas très exceptionnelle. Par contre, j'avais pensé à la mythomanie ou perversion narcissique.

Bien qu'il y ai (peut être) empoissonnement, cette femme est sûr de cette vie, qu'elle a inventée. Et son enfant, semble être son "bras armé"?

Que la vie peut être mensonge tout de même ?

Écrit par : Myriam | 17/05/2010

J'ai vu un docu sur ce syndrome. Des mères ont été filmé dans un hôpital Américain à leur insu et on a pu voir l'une d'elle mettre un oreiller sur la tête de son bébé pour provoquer un étouffement. C'est assez effarant ce constat. Sait on d'où vient cette névrose?

Écrit par : totem | 17/05/2010

@ Myriam
Euh... si, les syndromes de Münchhausen sont assez rares et ceux par procuration encore plus.

Ils sont évidemment particulièrement marquants et médiatiques puisqu'ils mettent en oeuvre des mécanismes totalement fascinants/effrayants en associant des éléments de pure folie et de rationalité glaçante.

Bravo et merci pour ce récit qui décrit parfaitement cette situation. Je me rappelle que nous avions débusqué un syndrome de Munchhausen dans un service où j'étais interne. Deux jours pour recoller les pièces du puzzle après avoir évoqué le diagnostic et un parcours médical parfaitement effarant. Mais aussi parfaitement organisé pour éviter les recoupements d'information.

Écrit par : Borée | 17/05/2010

La400 : les mères parfaites sont parfois les plus castratrices ! ...Winnicott parlait d'une mère "suffisamment" bonne, pour que les enfants soient heureux. Il a pas dit parfaite !

Myriam et Borée : Eh non ce n'est pas si courant que ça.
De toute ma carrière je n'en ai vu que quelques cas, à compter sur les doigts d'une main, des vrais Munchausen par procuration.
A force de films américains, on l'évoque souvent en service, mais des vrais cas avérés, non c'est hyper rare.

Totem : à l'origine ? Ca je ne sais pas. Beaucoup de carences affectives probablement. Peut etre un milieu parental où exprimer des symptomes médicaux était la seule facon d'avoir de l'attention ?
Quant à savoir s'il faut ranger ça dans les nevroses ? A mon avis, c'est quelque chose de limite entre nevrose et psychose, avec des choses sub-délirantes.

Écrit par : spyko | 17/05/2010

je ne voulais pas dire que les cas de Munchausen n'étaient pas rare!

mais pourquoi avoir penser à Munchausen plus qu'a une mythomanie ou perversion narcissique ?

tiens me viens aussi en question, y a t-il plus de mère maltraitante que de père ?

ok en voila une bonne question à 23h (sourire et j'en rajoute)

Écrit par : Myriam | 17/05/2010

Beurk j'ai la nausée... Je n'ai même pas envie de mettre un commentaire. Enfin je ne sais surtout pas quoi exprimer. Juste mon ressenti de maman peut être, de maman d'enfant différent qui sait trop combien c'est difficile de regarder, impuissante, son petit garçon subir tous les examens médicaux depuis bientôt 4 ans.
Non vraiment beurk, j'ai la nausée...

Écrit par : Catherine | 18/05/2010

Myriam : mythomanie,oui on aurait pu s'arreter là vu l'histoire de l'enfant décédé.
Mais en dehors de cette invention, cette maman n'inventait rien d'autre d'abracadabrant, son récit ne partait pas dans tous les sens, restait construit, avec des émotions adaptées, elle ne racontait pas non plus une biographie completement folle.
Donc non pas mythomanie au vu de tout ça.
Le pervers narcissique aurait surement cherché à nous utiliser davantage, pour mieux nous rabaisser ensuite. Elle est était d'une politesse exemplaire et cherchait à aider l'équipe. Mere admirable...
Munchausen donc sur les mensonges, sur les soupcons qui pesent sur elle quant aux symptomes de son fils, et sur le profil de cette maman qui semble aimer etre dans le milieu médical, jouer le role de la bonne mere soignante et en tirer des benefices d'attention

Catherine : ca vient heurter de plein fouet nos comportements et nos ressentis de parents. Pas évident!

Écrit par : spyko | 18/05/2010

Toutes les maltraitances sont une horreur à vivre pour les soignants...
Mais en ce qui concerne le mun*** ce qui m'ennuie le plus c'est que cette pathologie a été très à la mode suite à un reportage de france 2 il y a 10 ans. Comme d'hab les médias ont monté en épingle ces cas rarissimes (heureusement d'ailleurs) et tout à coup tout le monde en a vu 5 ou 6 dans son service... Bonjour l'ambiance...

Et ça a été la même chose pour l'hyper activité tellement à la mode qu'a un moment toutes les instits en avaient au moins 3 par classe... ( et le pire c'est qu'on sait que ça a été monté par certains labos pour vendre leurs pilules miracle :0 )

Donc ok je botte un peu en touche de ton com mais je voudrais faire passer le message de toujours se méfier quand tout à coup une pathologie devient "à la mode"... Les soignants aussi regardent la télé... Et les soignants aussi se trompent parfois... (enfin je ne parle pas de toi dans ce cas là bien sûr... Enfin tu m'as compris hein...)

a+

yann

Écrit par : yann | 18/05/2010

Tout à fait d'accord, Yann, il y a eu une tendance (et encore maintenant) à évoquer ce diagnostic quand un enfant a une symptomatologie complexe et chronique. Quand une maman surconsulte et demande x examens (alors que dans 99% on est dans quelque chose d'anxieux, voire une sorte d'hypocondrie par procuration)
Donc en équipe, il faut redéfinir strictement le Munchausen et redire que c'est un diagnostic qui prend du temps à poser, que ça ne peut se faire qu'en équipe après mures réflexions.

Écrit par : spyko | 18/05/2010

Passionnant, il est d'autant plus dommage de n'avoir aucun angle juridique pour approcher la chose et sortir l'enfant de là. A moins que la mère ne soit déchue de sa capacité par le psychiatre ensuite.


Soulignons également le rôle qu'ont eu les blagues stupides dans cette affaire.

Écrit par : Le Branleur | 19/05/2010

c'est flippant. Vraiment effrayant. Quand on sait qu'étant enfant on est vulnérable au possible, impuissant.

Chaque jour je me dis que j'ai des parents supers...

Écrit par : Gonzague | 19/05/2010

Très intéressant. Une phrase a attiré mon attention : "entre dans la chambre de la maman". C'est un lapsus ? Il est intéressant en tout cas. J'imagine qu'il s'agit de la chambre de l'enfant ? Et que donc, l'histoire a été déballée devant lui ? Peut-être n'y avait-il pas d'autre action de la mère que ce que vous en avez vu...

Écrit par : hipparkhos | 19/05/2010

"A partir de ce jour, Thomas ne fera pas un seul nouveau malaise...
Son papa apprend du jour au lendemain que sa femme n'a jamais eu d'enfant décédée de mort subite avant de le connaitre. Qu'elle joue un rôle de mère éplorée depuis des années."

peut-être aussi est-il possible que les malaises de l'enfant aient été provoqués par ce mensonge, qui lui "empoisonnait" l'existence?
peut-être que le dévoilement de l'affaire par le médecin devant l'enfant a suffi à arrêter ses symptômes???? cf Dolto...
ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres...
le mystère reste entier...

Écrit par : une instit | 19/05/2010

Lebranleur : eh oui les blagues qui finalement nous mènent à la vérité. Amusant ce parcours !
Hipparkos : oui la chambre de la maman. C'est très révélateur en effet, car cette maman "admirable" passait toutes ses nuits près de son enfant à l'hopital, c'est probablement pour ça que j'ai dit "sa" chambre.

Une instit : intéressant ce que vous dites, une piste pure psychosomatique. C'est vrai que je ne m'y été pas arrété, car plusieurs médecins avaient évoqués la piste de toxiques et avaient même commencé à recherché lesquels étaient les plus plausibles sur les symptomes.
Vrai ou pas vrai, c'est sur que la chappe de plomb des mensonges devait être particulièrement lourde, meme pour cette maman, qui n'arrivait plus à dépêtrer le vrai du faux dans son histoire.
Quel poids peut avoir une histoire comme celle ci sur l'enfant ? Excellente question

Écrit par : spyko | 19/05/2010

glaçant...

Écrit par : berengere | 20/05/2010

Pffff ! C'est "rigolo" mais je viens juste de sortir d'un entretien étrange avec une dame qui demande à ce qu'on s'occupe de son fils quasi-majeur... Qui selon elle a tous les symptômes possibles que l'on peut trouver, non pas dans le Larousse Médical, mais dans le DSMIV ! Le problème étant qu'ils ne les présente qu'avec elle et que les divers services déjà contactés à maintes reprises ne l'ont jamais admis ni médiqué... Une mère qui est à bout, et qui a héroïquement consacré toute sa vie à ses enfants, et qui connaît étrangement par coeur tout le Vidal, les posologies et effets secondaires etc... Bon, je n'ai pas encore vu le fils, mais ces éléments ainsi que d'autres que je ne peux pas trop détailler me font gentiement penser à une sorte de Munchomachinsose mais sur le registre psychiatrique... Ce n'est pas tout à fait pareil que sur le plan somatique (difficile d'induire les symptômes volontairement chez la "victime")... Mais... la projection d'une psychopathologie sur un proche, en mettant en échec les soins, en clamant à quel point on n'est pas soutenu par les "pros", et en laissant presque entendre qu'on en sait autant que le psy... ça y ressemble pas mal... Tiens... Je vais appeler ça le syndrôme de Jack_Addi... Ou la jackaddite ? Hop ! Je dépose le brevet !

Écrit par : Jack_Addi | 20/05/2010

Jack Addi : dans le Munchausen par procuration, les symptomes peuvent être certes produits par le parent, mais aussi simplement allégués (comme dans ton cas).

Mais attention, le Munchausen n'est pas une entité psychiatrique (toutes les mères par ex. n'ont pas un profil psy identique). C'est plutot une situation type.
Ce qu'il faudrait savoir dans ton cas, c'est si la mère y trouve des bénéfices secondaires (jouer le rôle de mère dévouée et admirable), si cela lui permet d'être en contact avec le monde médical et qu'il y a une sorte de plaisir là dedans.
Si le grand a un dossier médical hyper complexe et ancien (et la mère aussi peut être).

On pourrait faire un diagnostic différentiel avec une anxiété maternelle marquée sur le médical (ici le psychiatrique), dans une sorte d'hypocondrie "par procuration". Là au contraire, il y aurait une mère qui en aurait ras le bol du médical, et qui ne serait plus du tout la mère admirable du Munchausen.

Et peut etre, qui sait, qu'effectivement ce jeune ne présente que des symptomes avec sa mère ? Si elle avait raison ? Ca ressemble à une maman tres investie, dans une relation tres fusionnelle peut être encore, et dans laquelle les symptomes "psy" joueraient en quelque sorte le role de lien ?

Quoi qu'il en soit, je crois que ce jeune homme a bien besoin de toi pour défusionner de l'anxiété maternelle !

Écrit par : spyko | 20/05/2010

Merci pour ces pistes Spyko. Je ne peux malheureusement te donner plus de détails sur la situation pour les afiner. Tu sais bien que la clinique c'est avant tout une clinique du détail... et... les détails mettent le secret professionnel en péril. Je dirais juste que je perçois une certaine forme de jouissance dans l'emploi fait par la mère du verbiage psychiatrique et médical... Pour le reste en effet, il y a quelque chose de très fusionnel. Et il est fort possible que le jeune ne présente que des symptômes avec sa mère : elle semble tellement envahissante psychiquement que je ne serais pas étonné qu'elle le fasse dégonder... Même si ce n'est pas sur les modalités qu'elle nous raporte. On verra ce qu'il en est ces prochaines semaines.

Écrit par : Jack_Addi | 20/05/2010

Flippant...et instructif.
C'est parfois dément de voir combien le réel côtoie le virtuel, en matière de souvenirs. Et combien la force de l'imprégnation est identique pour le psychisme, vrai ou pas vrai.
Il m'est aussi arrivé de voir surgir le thème de la mère "modèle", si insupportablement parfaite, dans des séances en kinésio. Et les conséquences sur les enfants sont parfois vraiment douloureuses, même bien longtemps après.
Merci pour ce blog éclairant en la matière.

Écrit par : Gaelle | 08/07/2010

Gaelle : Winnicott insistait sur le fait qu'un enfant a besoin d'une mère "suffisamment bonne" et non parfaite : une mère parfaite , c'est un peu effrayant, glaçant, ce n'est pas une figure d'attachement réconfortante.
On a nos failles, tous, et si elles restent minimes, ca fait de nous des humains

Écrit par : spyko | 10/07/2010

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