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09/05/2010

Quelques années plus tard

Ca m'a fait tout drole samedi... Je n'aime pas voir les gens mal à l'aise et encore moins les mettre mal à l'aise...
Samedi donc,je me rends dans un magasin où je ne vais quasimment jamais. Et en entrant, je vois la caissière effondrée, en larmes, soutenue par des collègues.
Brrr... J'essaie au maximum de ne pas la gêner plus par des regards trop insistants... Je fais un grand détour pour ne pas trop m'approcher de la caisse et laisser la jeune femme se reprendre, loin de mes regards lourds et curieux.

Bref je fais mon tour dans le magasin et de loin, quelques instants après, je vois cette caissière. Et je la reconnais.
C'est une ancienne stagiaire qui a travaillé avez moi il y a plusieurs années. Ouch....
Ca me fout un coup.
Cette fille avait fait des études de psy , avait donc déjà un Bac+4 quand elle bossait avec moi....Et la voilà caissière...

Alors attention. Je ne veux pas dire que le métier de caissière soit honteux. Je tire mon chapeau moi aux caissières ou caissiers, car c'est dur physiquement et moralement. Et des fois, voilà, on a pas le choix, on prend le boulot qu'on trouve.
J'ai plusieurs amies qui l'ont fait à un moment (et moi aussi pour un lointain job d'été), loin de moi l'idée de porter un jugement de valeur sur ce métier.
Mais pour elle, là... Je trouve ça triste. 4 années d'études post bac, un stage de psychologue avec moi, et la suite ? Normalement, ça aurait du être diplome, boulot de psy... Que s'est il passé  pour être caissière ici ?... Ce n'est pas tant qu'elle soit caissière, mais le pourquoi qui m'intrigue et m'attriste un peu.
Et en plus, je la vois pile le jour où elle est en larmes au boulot...Brrr... C'est glauque quand meme tout ça.
Elle avait fait un stage long à l'hopital, on avait finit par sympathiser un peu, se tutoyer, donc ça me fait quelque chose quand même..

Je finis mon tour dans le magasin. Je chercher ce que je peux bien lui dire....

"Alors quoi de neuf ?" "Je suis caissière, ça se voit pas CON..ARD !!!"
Non, pas très adroit.
"Ah tiens, bonjour, ça faisait longtemps, ça va ? " "Ouais, je chiale, tout va bien. T'es psy toi ???"
Grrr, toujours pas...
"Ah mais on se connait ? " "Ben oui, ca serait malheureux, après dix mois de stage..."
Pas terrible non plus.

Bref pas facile. Que dire... Rien de négatif surtout quand à son boulot actuel... Mais quoi ???
J'arrive en caisse.

Je lui fait un grand sourire et dis un grand "bonjour" de la facon la plus amicale que je peux, tout en faisant gaffe de ne pas y mettre de pitié non plus (elle a les yeux encore un peu rouges)... L'exercice est délicat.

Elle me regarde, de facon appuyée, très appuyée même, droit dans les yeux. Et me dit d'un ton sec :
"Vous payez par chèque ou par carte ?".

"Vous" ?

Ok.
Je comprends.
Je comprends le regard.
On fait comme si on se connait pas.
Pour éviter de parler de là où elle en est. Pour éviter de parler des larmes que j'ai vu en arrivant.
On fait comme si...
Ok.

Je respecte sa pudeur.
Mais pourquoi je me sens si mal en sortant de ce magasin ?....

19:13 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (22) | |  Facebook

Commentaires

Je suis peut-être complètement à côté mais la première chose qui m'est venue à l'esprit en te lisant est que vous vous faisiez un peu écho, l'infirmier urbain et toi.

Parce que comme lui, tu avais peut-être envie de l'aider cette ex-stagiaire. Bon c'est un peu différent puisqu'elle n'était pas ta patiente, mais si vous aviez sympathisé, ça me paraît juste humain d'avoir envie de la consoler un peu…

Ou peut-être que… je ne sais pas… une culpabilité de ne pas avoir osé ?

Écrit par : Seashell | 09/05/2010

Ah non je n'ai rien de commun avec cet infirmier moi. D'abord c'est lui qui me pique mes idées ! ;-)
Ben ouais, un mélange de culpabilité, de honte de n'avoir rien pu dire d'intelligent, de tristesse pour cette jeune femme qui n'a pu faire le métier qu'elle voulait

Écrit par : spyko | 09/05/2010

Si vous saviez le nombre de personnes qui n'ont pas pu faire le métier qu'elles voulaient, non pas parce qu'elles étaient incapables, mais parce le destin en a voulu autrement, (j'en fait partie). Cette jeune femme a encore la possibilité de changer sa route si elle le désire, puisqu'elle est jeune. Rien ne vous dis non plus qu'elle ait eu encore envie de perséverer dans la voie qu'elle avait choisi, peut être a t-elle décidé de faire autre chose et qu'elle est caissière en attendant ?
Vous vous êtes senti mal parce vous la connaissiez, que des tas de questions vous ont assailli sur ses larmes et son nouveau statut et que vous avez imaginé qu'elle pouvait être malheureuse ?

Écrit par : totem | 10/05/2010

Et surtout, qu'elle n'ai pas souhaité, avec insistance, me parler à ce moment.
Après, c'est vrai, on peut aussi imaginer d'autre scénarios

Écrit par : spyko | 10/05/2010

dur..
J'ai mal pour elle..
Je me souviens quand mon rêve d'être instit s'est cassé la gueule, je n'ai plus jamais osé retourner voir mes anciennes instits alors que j'y allais tous les ans,qu'elles savaient que j'étais à l'IUFM..
Leur dire quoi ? J'ai fui devant l'oral ? C'est mon passé (qu'elles ne connaissent pas) qui a commencé à remonter et voilà ça a tout foutu en l'air...

Oui, dur pour elle, et je trouve que tu as fait ce qui était le mieux surtout dans ce lieu, ne pas insister et respecter sa pudeur.

biz

Écrit par : Opale | 10/05/2010

Bah c'est tout con:
Tu es un être humain au grand cœur alors forcement, tu te mets à sa place et bien entendu à sa place, on est mal!
Ou/ET
Ça te renvoi à un vécu, le p'ti truc qui aurait été piqué au dedans de toi...

Moi j'aurais dit:

Ben ca alors ? Tu es bien une des personnes que je n'aurais jamais imaginer rencontrer dernière la caisse de ce magasin... Si tu veux bien en discuter... Une pause café peut être ? Un soir, un jour ? un téléphone ?

Écrit par : Catherine | 10/05/2010

Tu sais il n'y avait pas grand chose à dire en fait et parfois les mots font plus mal que le silence surtout je pense dans ces circonstances et puis c'est délicat, nous sommes psy et les personnes dans ces cas là ne savent pas trop si c'est par sympathie ou de par notre profession que nous leur parlons.

Écrit par : femmepsy | 10/05/2010

Aïe aïe aïe! L'angoisse...

c'est vrai qu'il y a des situations où il n'y a rien d'intelligent à dire.
c'est vrai que c'était pas l'endroit.
c'est vrai qu'il faut plein de choses pour finir ses études, pas seulement de l'intelligence pure et un bon contact avec un de ses chefs; mais c'est vrai aussi qu'il y a des gens qui changent d'avis, et qu'il n'y a pas qu'une façon d'être heureuse, et qu'elle a la vie devant elle...

Tu t'es pris deux trucs d'un coup en travers de la tronche: déception et tristesse de la voir exercer un métier difficile et peu gratifiant, alors que tu la voyais faire ton métier préféré; et en même temps tu la vois pleurer, alors forcément tu fais le lien, tu crois que c'est pour ça, alors c'est encore pire... (mais si ça se trouve c'était juste que son poisson rouge était mort). Ce qui déclenche la culpabilité de celui qui a réussi pour celui qui a raté, du riche pour le pauvre, de l'homme sain pour le malade... et la crainte qu'elle lise tout ça dans ton regard. Ça c'est ce que je lis entre les lignes de ton poste. Tu essaies de dire que tu ne méprises pas son métier, mais c'est pas vrai, c'est un métier de merde; c'est donc les caissières qui sont méritantes de le faire...

après tu dis que tu est aussi triste parcequ'elle n'a pas voulu en parler. Mais tu es qui pour elle? même si vous aviez sympathisé, vous n'étiez pas devenu amis, vous étiez restés maître et élève (ou alors j'ai rien compris à ton histoire). On peut parler de ses week-ends avec ses chefs, c'est quand même eux qui valident le stage à la fin toussa toussa... faut pas confondre! Donc tu ne pouvais pas te présenter comme un ami; pas comme un psy non plus, tu peux pas lui imposer une consultation à la caisse. Par élimination, si elle avait voulu en parler, c'aurait été pour obtenir de l'aide ou des conseils, et je pense que c'est le seul registre que tu aurais pu aborder... mais ça aurait été la mettre face à son échec.

enfin bref remets-toi! encore une des ses situations où on ne trouve la solution que deux heures plus tard!

si tu te sens mal purement à cause de sa situation, tu n'y peux rien, faudra attendre que ça passe
si tu te sens mal parce qu'elle n'a pas voulu parler, je pense que c'est de l'ingérence mal placée et que tu peux te mettre un bon coup de pied bien placé (mais jte comprends +++ hein j'aurais fait pareil)
si tu te sens mal parceque tu aurais vraiment voulu l'aider, je pense que t'être montré est suffisant, elle sait où te trouver après tout!

(merdeuh quoi je suis pas psy moi keske ch'fous là?)

Écrit par : Clarinette | 10/05/2010

Il m'est arrivé plus ou moins la même chose avec un de mes anciens stagiaires.

Il est passé dans le service où je travaille (je l'avais reçu en stage dans un autre établissement) pour accompagner une personne qui y avait rendez-vous... Je suis donc allé vers lui pour lui dire bonjour... Et lui demander des nouvelles. La dernière fois que je l'avais vu, il avait réussi le concours pour être psy dans un service public spécialisé pour le suivi de jeunes délinquants...

Il m'a brièvement expliqué qu'il avait laissé tomber parce que ce service lui était trop difficile, et avait accepté un poste d'éducateur en foyer. J'étais évidemment un peu déçu pour lui, sachant que tout de même... les postes de titulaires temps plein ne sont pas monnaie courante...

Mais cette anecdote soulève une réelle question : s'il est difficile d'obtenir son diplôme de psychologue, et si certaines problématiques nous touchent plus que d'autres... et que certaines nous rebutent... sommes nous toujours tous en mesure d'affronter les réalités de ce métier au delà de l'aperçu pas forcément très représentatif que sont les stages cliniques ? La fonction de psy en institution n'est pas simplement d'effectuer des actes cliniques, mais a souvent beaucoup à voir avec notre capacité à tenir une posture professionnelle et éthique différente... A pouvoir se dégager des enjeux de pouvoir et demeurer à une place neutre auprès des équipes et de la structure hiérarchique etc... L'université n'y prépare jamais réellement et les stages non plus...

Et souvent... Il nous faut continuer à nous former au-delà du diplôme encore plusieurs années (DU, analyse perso, séminaires... et pourquoi pas doctorat ?) avant de rassurer l'employeur potentiel sur notre capacité à pouvoir trouver notre juste place dans l'institution. Cela les préoccupe souvent plus que le déploiement de la palette des actes techniques que nous pouvons proposer.


Pourquoi vous-êtes vous senti si mal en sortant... J'imagine que ça ne ferait pas trop plaisir et que ça me décevrait beaucoup, de constater que l'amertume ait pu conduire quelqu'un que j'avais assez apprécié à une époque, faire comme s'il ne me connaissait pas. On peut le vivre comme une marque d'hostilité... d'autant plus dure qu'on en est pas responsable... Cela a aussi un petit côté "complexe du survivant" qui se sent coupable d'avoir survécu là où d'autres à qui il pouvait s'identifier sont morts... Moi aussi je suis toujours ennuyé quand je croise des anciens condisciples qui ne bossent pas... Je mesure ma chance d'avoir un job... Mais me sens tout de même très embêté d'avoir ce qu'ils n'ont pas... Si vous rajoutez à cela que l'autre préfère vous annuler de sa mémoire parce que votre présence lui renvoie trop son propre échec... Je crois en effet que ce doit être assez déconcertant.

Je n'étais pas venu depuis longtemps sur votre blog... Et je dois dire que j'en apprécie toujours autant la qualité.

Cordialement,

Écrit par : Jack_Addi | 10/05/2010

Opale : c'est dommage qu'on se refugie quelque fois dans la fuite, parce qu'on le regrette. Ce que tu dis sur tes anciennes instits, c'est un peu la même chose. Moi j'ai eu dans le post publié plus haut la désagréable sensation de fuir sans rien dire, faire...

Catherine : la petite phrase que tu proposes a le mérite d'être claire, de dire l'étonnement sans jugement... Oui c'était pas si difficile que ça !

Femmepsy : exactement. Je ne voulais pas donner l'impression d'être le psy, et cherchant à savoir pourquoi et comment elle était malheureuse... (si jamais elle l'était)

Clarinette : merci pour ta longue réponse qui a eu le mérite de reposer les choses à leur place et que j'ai pris bcp de plaisir à lire. Ouais, beaucoup de culpabilité, alors que je ne devrai pas, c'est clair. Et tu as pointé juste le fait que je me sente mal d'avoir "réussi" et pas elle, ça je ne l'avais pas mis en mots dans mes pensées, mais il y a surement de ça.
Quant au boulot de caissière...
Et puis oui, peut être qu'il faut que j'arrête de me dire qu'il faut aider tout le monde..Aie..Pas facile !

Jack Addi : merci de votre passage. Le coté "complexe du survivant", oui, il y a de ça, c'est vrai. Mélange de culpabilité d'y être arrivé, et beaucoup de projections sur ce que l'autre doit ressentir de sa situation actuelle.
Quant à la préparation (l'impréparation ?) des futurs psy à leur métier...On pourrait gloser là dessus longtemps ! Je suis toujours surpris que le fac leur fasse ingurgiter autant de théorie mais si peu de pratique et de reflexion sur leur futur métier.
Etre psy ce n'est pas seulement savoir mais aussi être. Une position particulière dans la structure, un positionnement particulier face à la souffrance d'autrui, savoir utiliser ce que nous sommes, etc, etc... Et ça, si on est pas prêt à travailler un peu là dessus, l'arrivée dans le monde professionnel va faire mal !

Écrit par : spyko | 11/05/2010

J'ai failli ne pas commenter mais j'aurais raté quelque chose : enfin les choses se remettent dans l'ordre et la justice universelle a parlé quant à nos blogs... ;)))

Ceci dit pour la note :
1- Qui a parlé de culpabilité dans mes coms à moi? mmmmm....? (ceci dit c'est un vieil adage: on ne repère bien chez les autres... que ce que l'on porte en soi)

2- En fait pour aller vite, je dirais que tu t'es fait des "nœuds au cerveau" et qu'a trop vouloir analyser en un quart de seconde une situation sans rien en connaitre... tu en as oublié la plus simple politesse et la simple attitude humaine: tu la connais donc tu lui dis bonjour et tu lui demandes si ça va. Du coup (sans t'enfoncer hein) ton attitude a surement fait exactement l'inverse de ce que tu voulais faire et elle a sans doute cru que tu ne la reconnaissais pas maintenant qu'elle n'était que caissière... (d'où sa froideur?).

En fait (nous "soignants") notre habitude d'analyser tout et la quantité d'infos qu'on reçoit qui nous bloque et nous fait faire des erreurs : a l'hôpital quand on a eu les trans, entendu ce que pense Monique du patient, entendu ce qu'à vu Geneviève, entendu ce que sait Josiane et ce qu'à compris l'interne il m'arrivait de ne plus savoir que dire ou que faire à ce pauvre patient...
Du coup, depuis, maintenant je fais au plus simple et je joue le simplet : je me base uniquement sur mes infos de premières main et je garde pour moi tout le reste qui se confirmera... ou pas. Ainsi en face d'eux j'ai une qualité essentielle pour être à l'aise : je suis "congruent" (et c'est rare qu'on te reproche de ne pas savoir... ce que tu n'es pas sensé savoir... ;) )
Et je crois que c'est aussi ce qui t'a manque non?

;)

a+

yann

ps j'avais une histoire aussi très drôle avec une caissière de virgin mais là, j'ai pas le temps... ;))

Écrit par : yann | 11/05/2010

Je crois que tu as tellement été surpris de la voir ici, et en plus si mal... que tu aurais voulu lui apporter un peu de douceur et tu n'as pas pu, pas réussi.
Ce sont des situations qui arrivent parfois, lorsque l'on est humain, non ?

A ta place, j'aurai réagi de la même manière que toi et pourtant, tu n'y es pour rien.

Écrit par : Chab'instit | 11/05/2010

il y a des années, alors que je finissais mes études supérieures, je suis tombée sur une très bonne copine de collège, derrière la caisse de la supérette où j'allais faire les courses de ma mamie. Au collège, c'était une bombe, ultra populaire, courtisée par les garçons, qui a finit par être virée pour son comportement laxiste. Dans sa petite blouse, le chevuex court, sans sourire, elle avait perdu de sa superbe. La sublime ado s'était transformée en petite dame bien triste. On s'est regardé tétanisées, sans savoir quoi se dire. Finalement, personne n'a ouvert la bouche, elle a baissé les yeux, m'a encaissé en voilà.

Écrit par : la 400 | 12/05/2010

Je te fais un copié collé de ma réponse à Yann... Ce n'est pas ton rôle??
Non allez tu as compris...
Parfois on est juste impuissant... Bon courage...
Zéb'

Écrit par : Zéb' | 12/05/2010

Je comprends c'est vrai que c'est dommage. ça peut être lié aux raisons économiques car comme on le sait tous il y a très peu de boulot de psy alors il faut avoir les conditions pour s'accrocher mais bon quand même...

Écrit par : celine b | 12/05/2010

Yann : c'est bien connu, nous ignorons la culpabilité. JA-MAIS.
(et le déni, je connais pas non plus)
Tu as raison à 100% sur le fait qu'être soignant nous a donné le tic d'analyser trop de choses. Et se comporter simplement sans se faire des noeuds au cerveau devient difficile !
Quand à la cassière de chez Virgin, alors c'est pour quand l'histoire ? ;-)

Chab instit : merci de ton soutien moral ;-) Humain, trop humain, je ne sais pas trop. Je réalise en lisant tous ces commentaires qu'en se comportant beaucoup plus simplement, avec moins de questions, je n'aurai pas raté cette rencontre

la400 : ah oui, les anciens élèves, ultra populaires quand ils étaient jeunes, et qu'on revoit maintenant. J'ai aussi revu quelques anciens camarades qui se la jouaient quand j'étais au collège et à qui la vie a semble-t-il réservé des surprises.

Zeb : ouais le copier/coller est tout à fait adapté. Le pire, je n'avais pas fait le parallèle entre mon post et celui de Yann. Ce n'est qu'en voyant les commentaires que je me suis dit qu'effectivement, la lecture de Yann avait du me faire remémorer cela et ma culpabilité.
(faut pas lui dire, chuttt, ça reste entre nous, sinon il va me demander des droits d'auteurs sur l'idée du post du soignant et de la culpabilité. Je le connais : il est prêt à tout pour se payer son nouveau plancher)

Celine : Effectivement, trouver du boulot pour les psys, dans ce que j'entends, c'est tres compliqué en ce moment. Elle était pas mal en tant que stagiaire cette jeune fille, dommage qu'elle n'ai pu faire ce qu'elle souhaitait.

Écrit par : spykologue | 12/05/2010

Si je peux me permettre pyscho tu n'en sais rien, parce que si ça se trouve elle a simplement lancé un cabinet libéral et bosse le matin en caisse pour payer le loyer en attendant les clients...
vraiment se faire une clientèle en psy n'est pas simple et j'ai vu pire comme boulot "gagne pain"...

a+

yann

Écrit par : yann | 13/05/2010

Merci Yann de recadrer mes angoisses ;-)
C'est vrai que j'ai interprété à partir de peu de choses et que j'ai conclu qu'elle est forcement malheureuse, qu'elle avait gâché sa vie, etc...
Évidemment, je n'en sais rien. Et j'aurai du faire plus simple avec elle et ne pas laisser parler mes propres peurs.
(c'est quoi ce blog ? Ma psychanalyse ?....!)

Écrit par : spyko | 13/05/2010

J'en ai bien l'impression, tous les coms se rejoignent ;)

Écrit par : totem | 14/05/2010

La vie est dure, et nous conduit quelques fois dans des impasses professionnelles. Se vendre, se faire reconnaitre dans certains métiers c'est un calvaire. en psy je ne sais pas. Mais dans le cinéma ou le théâtre par exemple !!!! quelle engeance. Je suis contente que vous souleviez cette question qui me touche de près... J'ai fait des études et je suis maintenant hôtesse d'accueil dans un cinéma. De cette place, je me rends compte de tas de choses : que ce n'est pas la personne qui compte mais son statut social, sa "place", son rôle, sa fonction qui lui assure une respectabilité ou non. Pour les plus généreux : j'inspire de la pitié, mêlée d'indifférence. En réalité, si tout cela n'existait pas je souffrirais moins de ma situation, car malgré tout je continue à pratiquer ma passion et j'ai une vie pas trop désagréable ! Je connais pas mal de monde dans le secteur de l'exploitation cinématographique et un nombre incalculable de personnes ayant fait des études se retrouvent dans des situations comparables à la mienne. On n'en parle pas... mais c'est le signe des temps : tout le monde à accès aux études mais il n'y a pas de place pour tous, c'est la guerre économique, les plus fragiles en font les frais.

Écrit par : carole | 11/01/2011

encore ceci : quand on a des ressources on se sort de la frustration, mais le regard des autres ne nous aident pas. Soyez naturel, les personnes restent des personnes au delà de leur fonction, avec leur qualité, leur humanité !!! Ah ! là là de ma petite place que personne n'envie je peux avoir un regard de poète et alors... ça change bien des choses !

Écrit par : carole | 11/01/2011

Merci Carole de votre témoignage très appréciable.
Effectivement, la façon dont on vit les choses change tout et notre vie ne se limite pas à notre boulot. Ca ne résume pas notre manière de pensée, notre façon de voir le monde et notre personnalité.
Je pense qu'on projette trop sur les autres nos propres craintes. Et cela bloque la rencontre, la vraie, où deux personnes peuvent se parler sans faux semblants.
Votre commentaire permet de prendre du recul, merci beaucoup.

Écrit par : spyko | 16/01/2011

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