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29/04/2010

Les psys qui ne disent rien aux parents

 

Suite à une discussion avec un ami à ce propos, je crois que ça valait le coup de faire un post là dessus.
Beaucoup de parents, et quand je dis « beaucoup », c’est réellement un nombre impressionnant, me disent que lorsqu’ils vont voir un psy pour leur enfant, celui-ci ne leur dit rien des entretiens. Mais rien de rien de rien. Il prend l’enfant dans son bureau, le rend aux parents ensuite et pas de restitution de rien du tout de l’entretien.

Bon ok, je comprends, par dessus tout, il y a la confidentialité des entretiens. Confidentiels même pour l’enfant.
Ca, on est d’accord. C’est fondamental.
Je vois mal comment l’enfant ou l’ado pourrait être en confiance, faire sien un lieu de parole, s’il savait que la moindre chose peut être reprise et répétée à papa et maman.

« Mon père est un vieux C…. Euh vous allez lui dire ? Ah ben non je l’adore, il est génial »
Et hop, on ne parle plus des conflits à la maison.

« Ma mère boit en cachette, c’est vraiment dur…Vous allez lui dire ?….AH ? En fait, elle boit de l’eau, de l’eau ok ? »
Et hop, on ne parle plus des secrets familiaux non plus

« J’ai un petit copain, on commence à avoir des rapports mais si ma mère le sait, elle me tue…Vous allez lui dire ?….Naaan, je déconnais hein ».
Et hop, plus rien sur les relations amoureuses

"J'ai peur que mes parents se séparent, ils se disputent, mais j'ose pas leur en parler...Vous leur dites pas ? Si ? En fait, je pense que c'est pas si grave finalement"
Et hop, on parle plus de ses peurs.

Etc, etc, etc…

Alors d’accord, la confidentialité des entretiens, on ne peut pas revenir dessus. Si elle n’est pas là, il n’y a plus aucune raison que l’enfant me dise autre chose qu à ses proches.

Mais pour autant, confidentialité, est ce que ça veut dire qu’on ne doit pas rencontrer les parents, qu’on ne doit RIEN leur dire ?
Moi je trouve ça très lourd. Ne RIEN dire aux parents. Et pourtant, encore une fois, j’entends plein de psys qui pratiquent comme ça.
Je trouve ça lourd car ces parents sont venus me voir, ils ont des questions, ils sont inquiets, ils vivent au quotidien les soucis de leur enfant. Et moi je me retrancherai dans ma tour d’ivoire en disant « je gère, je vous dirai quand ça aura suffisamment avancé, en attendant amenez moi votre enfant et un chèque toutes les semaines »


Moi ça me va pas…
Donc je vois les parents.
Pas forcément à chaque fois mais je les vois.
Et en tout cas, à chaque fois, lors des premiers rendez vous, je discute avec eux du « protocole » qu’on va mettre en place : est ce qu’on fera un point après chaque consultation, est ce qu’on fera un point seulement tous les mois ou les deux mois après plusieurs consultations.
Je rappellerai que mes entretiens sont confidentiels mais pas top secret : que je pourrai leur dire des choses « globales », mais pas de détails des paroles de l’enfant. Sauf si celui-ci le souhaite. Et qu’en tout cas, avant chaque rencontre avec eux, je ferai le point seul avec leur enfant pour voir avec lui ce qu’il souhaite que je dise ou pas.
Je pourrai aussi leur donner quelques conseils, quelques pistes au fur et à mesure que je pourrai comprendre les soucis de leur enfant.

Ca me semble fondamental quand même, de les soutenir, ces parents !

Leur rôle n’est pas juste de tourner les pages des Femmes Actuelles de la salle d’attente (Oohhh Eh, ça va, c’est pas moi qui choisit les magazines de la salle d’attente !).
Ce qui me fait le plus drôle, c’est que des fois, je vais chercher dans la salle d’attente un patient que je ne connais pas encore. Jamais vu.
Et si la famille a déjà consulté un autre psy pour cet enfant, souvent, quand j’arrive, l’enfant se lève et les parents eux restent assis en me disant « on vous le laisse ».
A chaque fois, je suis étonné : « Mais on ne se connaît pas ! J’ai besoin de vous voir un peu pour que vous m’expliquiez les choses ! »
Et beaucoup de parents me répondent, étonnés, que chez le psy précédents, on ne leur parlait jamais…

Bon c’est ma pratique-personnelle-rien-qu’à-moi qui ne s’appuie sur rien de validé, juste sur mon expérience, mon feeling, ma façon de faire.
Confidentialité n’implique pas ne pas parler à la famille. On peut discuter avec la famille sans rien trahir du discours de l’enfant.

Et je ne parle pas des psys qui applique la confidentialité jusqu’au bout en refusant de me donner un seul élément sur leur suivi parce que c’est « confidentiel vous comprenez ».
Oui mais, patate, moi j’ai en service là, hospitalisé, un gamin que toi tu suis depuis deux ans !! Je suis d’accord de ne pas trahir les secrets, mais tu pourrais me donner quelques pistes sur ce gamin, zut-euhhhh !

Je sais pas, des grandes lignes, sans trahir des secrets ça peut être un truc du genre « traits dépressifs, suite à une séparation parentale conflictuelle et un enfant qui n’arrive pas à trouver sa place ». Voilà, ça me donne déjà des indications moi, et je ne pense pas qu’on ai trahi la parole de l’enfant en donnant des infos globales… !

Après, chacun a sa conception fort personnelle du secret professionnel…

08:51 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook

Commentaires

Bonjour,
ça fait quelques temps que je lis ce blog sans jamais intervenir, mais cette note me rappelle le parcours de mes enfants au CMPP.
Je me souviens que j'avais été très surprise d'apprendre que la psy qui suivrait mes enfants me verrait moi aussi environ une fois par mois, pour "faire le point".
En fait, effectivement, c'est 1000 fois appréciable parce que certes si on amène nos enfants voir un psy, c'est qu'il va mal. Mais c'est aussi que nous, parents, on patauge dans la semoule.
Ces rendez-vous m'avaient beaucoup aidée à aider ma fille, à comprendre ce qu'il se passait dans sa tête et à l'accompagner.
Et puis, j'avoue, ça m'avait rassurée aussi.

Écrit par : Seashell | 29/04/2010

Je découvre ce blog qui m'a l'air très intéressant, mais c'est écrit assez petit, ce qui me fait mal aux yeux à la longue et je ne peux pas agrandir la taille de texte de ce site sur mon navigateur. Dommage...

Écrit par : Sylvon | 29/04/2010

Bonjour, je lis ce blog silencieusement depuis quelques temps, mais là, une chose me fait réagir : que vous soyez assujettis au secret professionnel, normal. Mais entre médecins ? Il me semblerai pourtant logique que dans ce cas, les informations passent... comment pouvez vous suivre un patient deja suivi par un autre sans rien savoir... En tant que vétérinaire je comprends parfaitement le secret médical... mais là... cela me semble absurde...

Écrit par : vetote | 29/04/2010

Tu sais, tu n'es pas le seul à fonctionner ainsi et heureusement. Ma choupinette a eu à consulter une pédopsy l'an dernier et elle me recevait après les rendez-vous...
Si nous venons c'est que nous sentons notre enfant mal... et souvent que nous ne savons plus comment faire pour l'aider. Si il n'y a aucun retour pour nous donner quelques pistes, comment avancer ? Comment retrouver de la sérénité dans notre rôle de parents ?
Heureusement qu'il y a des professionnels, comme toi, qui humanise les choses !

Écrit par : Chab'instit | 29/04/2010

il me semblait que le secret professionnel ne s'applique pas aux soignants impliqués dans le suivi du même patient... avoir des collègues qui refusent de vous donner des infos, c'est vraiment se marcher sur la tête...

Écrit par : kee | 29/04/2010

Vous parlez sans doute des enfants qui vous sont amenés par leurs parents, mais pour ceux arrivant par un autre circuit, comment cela se passe t-il avec les parents? (je veux parler de suspicion de maltraitance).

Écrit par : totem | 29/04/2010

Je suis entièrement d'accord avec toi. En te lisant, je me dis que c'est exactement ce que je fais dans ma pratique auprès des enfants et des parents tous les jours. Je pense que la confidentialité est essentielle pour faire un travail avec l'enfant mais que comme tu le dis on a aussi un rôle de soutien par rapport à la famille. ça me fait rire aussi de voir qu'on a le même type de collègue psy. Il y en a eu un dans mon institution qui appliquait aussi avec moi le secret professionnel. Au final, il fallait lui arracher les infos et je me rendais compte qu'en fait derrière ce silence il n'y avait pas grand chose d'intéressant. Heureusement que tous les psys ne sont pas comme ça et il faut diffuser notre nouvelle approche. C'est souvent que je rencontre des parents heureusement surpris quand je les reçoit avec leur enfant sans les mettre tout de suite à l'écart, quand je leur leur explique le cadre avec la règle de confidentialité tout en leur disant ainsi qu'à l'enfant qu'on parlera de manière globale pour avancer ensemble. J'aime bien ton mot protocole car c'est aussi comment je vois les choses surtout avec les enfants avec qui parfois ça évolue vite et heureusement. L'idée de fixer un temps de bilan sur quelques entretiens et de décider ou non de continuer permet aussi de ne pas s'enfermer dans un travail sans objectif où on se coupe des parents et on récupère le chèque à la fin. Je suis assez d'accord avec toi que c'est pas facile de travailler avec les parents qui veulent savoir mais il faut leur expliquer en quoi consiste notre travail tout en gardant en tête qu'on peut faire avancer l'enfant qu'à condition d'être aussi à l'écoute des parents tout en gardant de la distance bien sûr. Je trouve que c'est bien de diffuser cette nouvelle façon de pratiquer, peut être que j'en dirais aussi un mot sur mon blog en faisant référence à ton article que je trouve très bien écrit.

Écrit par : celine b | 30/04/2010

Ouh là pleins de commentaires ! (chic !)

Seashell : ton témoignage de parent me confirme que c'est utile et rassurant... Un parent qu'on laisse dans l'angoisse, je vois mal comment il peut être aidant pour son enfant.

Sylvon : zut, maintenant que vous le dites, oui c'est peut être petit. Mais du coup, tout le blog est comme ça. Est ce qu'il faut que je change ? Est ce que ça gêne d'autres personnes ? Je m'étais jamais posée la question.

Vetote : ca a beau être absurde, certains refusent de donner des infos. Ou s'ils en lâchent, c'est vraiment microscopique....Alors que dans les faits, il suffit de demander aux parents, à l'enfant "est ce que ça t'ennuie si je te donne qq infos au Dr truc qui va te suivre ?", et dans 99% des cas, la réponse qu'on me fait "Oh non je préfère que ce soit vous qui expliquiez !".... Alors, beaucoup de mauvaise volonté je crois !!

Chab instit : je sais pas si j'humanise. J'essaie de voir l'enfant dans son globalité et si il y a deux parents qui flippent et qu'on aide pas, je suis pas sur d'être fort utile.

Kee : Normalement, dans une équipe soignante, il y a la notion de "secret professionel partagé". C'est à dire que le secret vaut pour l'équipe et pas individuellement.
Mais bon qqfois, le patient ne veut pas que ses propos soient diffusés. Par ex, s'il trouve que le Dr X. est un crétin et qu'il n'a aucune confiance, effectivement, ca sert à rien de dire les choses comme ça ! Cependant, on peut faire passer la notion par ex. que le sujet a perdu confiance dans son suivi médical, sans incriminer personne en particulier, mais simplement pour discuter de comment on peut corriger les choses.

Totem : excellente question que la maltraitance. Là je crois qu'il faut que je fasse un billet complet sur les relations avec les parents dans ce cadre là. Je me le note et je diffère ma réponse, ok ?

Celine : merci chère confrère de me rassurer et d'argumenter dans mon sens !
Ce que j'adore dans tes propos : les psys qui veulent donner aucune info, en fait, c'est pour masquer leur incompétence. Déjà, ça me rassure (et ouais, je parle aux parents moi !). Mais je crois que tu n'as pas tout à fait tord dans le fond : plutot que d'avouer qu'on ne sait pas ou que le travail stagne, certains se retranche derrière la confidentialité.
Mais zut, on est pas omnipotents. On a le droit de pas savoir, de pas avancer, de rien comprendre à l'enfant devant nous ! Alors autant en parler en équipe et partager les interrogations.
A moins qu'il n'y ai quelques fois de la prétention ou une certaine forme de supériorité mal placée.
Merci Céline en tout cas de ton commentaire !

Écrit par : spyko | 30/04/2010

Bonjour,

lectrice habituellement silencieuse, je me permets de commenter cet article. Ma fille de 4 ans voit une psy qui -heureusement- a trouvé ce juste équilibre que vous semblez vous aussi posséder. Je ne sais rien de ce que dit ma fille et c'est tout à fait normal mais je sais aussi que les progrès sont là, que je peux être rassurée. A la première séance j'ai d'abord eu un entretien avec la psy et ma fille. Nous avons parlé toutes les trois et j'ai trouvé cela merveilleux, je me sentais en confiance. J'ai pu me retirer dans la salle d'attente en étant apaisée !
J'ai aussi été de l'autre côté, ayant été moi-même suivie à 15 ans. Le psy m'avait expliqué qu'il aurait une fois par mois un entretien avec ma mère tout en me rassurant sur la confidentialité de ce que je dirais. Loin de m'angoisser cela m'a beaucoup soulagée. On sous-estime la peur d'un enfant (ou ado) devant le soucis qu'ont ses parents. "Je vais mal, je fais du mal à mes parents". Un gosse peut trop se préoccuper de protéger sa famille. Parfois un enfant occupé à culpabiliser devant ses parents n'aura plus la force d'aller mieux... Alors rassurer/informer les parents c'est avant tout aider le patient.

Écrit par : Frau Torchon | 30/04/2010

@Spyko : OK ;)

Écrit par : totem | 30/04/2010

Bonsoir,
Lorsque je reçois enfants ou adolescents, j'explique à mes jeunes patients que je suis à la fois leur journal intime et le passage vers leurs parents.
Il est vrai qu'aujourd'hui le dialogue est remplacé par la TV et que l'enfant frustré se couche et se lève avec ses soucis. Donc, à chaque fin de séance je leur demande ce qu'ils me permettent de laisser passer ou ce qu'ils souhaitent vivement faire passer.
Parfois ce sont eux qui font la demande de leur parler en ma présence, précisant que comme cela au moins ils seront obligés d'écouter ce qu'ils ont à dire (même les tous petits).
Lorsque nous avons instauré un climat de confiance les séances sont éblouissantes de spontanéité, mais cet état est fragile, comme vous l'indiquez.
Il faut dire aussi que certains parents sont pénibles en passant réellement par nous pour connaitre la vie de leur ado, comme cette mère qui m'a appelée sous couvert de savoir si le cas de sa fille était grave """" et qui m'a gavée de questions qui n'avaient rien a voir avec la thérapie de sa fille, à laquelle j'ai fini par répondre que le seul problème de sa fille c'était elle ! Séance suivante la petite m'apprenait que les rapports avec sa mère c'étaient nettement améliorés. Comme quoi...
Ma plus belle anecdote vient d'un petit bonhomme de 3 ans et demi, qui de lui même a demandé à me revoir vite en se reveillant et en pleurant. La maman paniquée m'a téléphonée et j'ai donné rdv le plus rapidement possible à mon petit patient, mais cela le portait deux jours plus tard, un peu long pour lui me dira t'il ensuite. Entre temps il avait rdv avec une amie orthophoniste à laquelle il expliqua son impatience à me revoir ; mon amie lui demanda donc s'il souhaitait lui parler de son souci en attendant. Offre à laquelle il répondit :
- Tu sais je veux bien te le dire mais c'est vraiment pour la psy ces trucs là
Mon amie sans vouloir insister lui répondit que c'était comme il voulait. Le petit repris donc et lui dit :
- Yen a un à l'école qui m'a dit 't'as le zizi qui pue'
Avec le sourire l'orthophoniste lui répondit qu'effectivement il avait raison cela concernait la psy.
- Ah tu vois !
Fut sa réponse
^_^
Je du donc suite à notre séance où il développa tout ça expliquer le souci du bout de chou à la mère qui outrée m'informa qu'il était hors de question que Néo emploie ces mots là à la maison et à moi de lui expliquer que comme elle, en rentrant du travail elle racontait des anecdotes ou autres à son mari ; Néo avait le droit lui d'exprimer les siennes en lui donnant un temps uniquement pour cela.

Oui nous devons parler aux parents, le tout pour nous est de savoir de quoi et comment ?!

Félicitation pour cet article ainsi que pour votre blog que je découvre grâce à votre visite sur le mien dont je vous remercie.

Bien amicalement
J'O

Écrit par : femmepsy | 30/04/2010

Bonsoir !
Ce n'est pas toujours les non dits qui me gênent, mais plus les discussions dans les couloirs, ou dans une chambre avec voisin, ou la porte entre ouverte, qui ai encore plus destabilisants . Bon et c'est vrai que je vois mal un psy dire à un parent " votre enfant est mal car vous divorcez, du à votre alcoolisme et votre endettement ... " qui doit être "suivi"?

bon c'est sûr qu'on ne peut forcer personne à écouter, parler et entendre

Écrit par : Myriam F. | 30/04/2010

Frau Torchon :bonne remarque que celle de la peur de l'enfant face à ses parents qui s'inquietent. Si l'aide psy peut apporter aussi qqchose là dessus, ça se répercute sur tous dans la famille

Femmepsy : merci pour ces anecdotes ! C'est vrai qu'il y a des parents qui ont besoin de tout savoir pour se rassurer. A nous de leur montrer que leur enfant a besoin aussi d'un espace à lui...

MyriamF : la confidentialité dans les couloirs de l'hôpital, oui, y'en a des choses à dire (idée d'article, merci !!!!)

Écrit par : spyko | 04/05/2010

Le secret professionnel en effet, pour moi, s'applique de deux manières : Il y a le secret secret, celui qui me fait dire à un enfant que tout ce qu'il dira ici restera entre nous, et il est vrai que sans cette règle, l'enfant ne peut que se sentir empêché de parler de ce qui le tracasse et en particulier de ses parents.
Et puis j'allais dire, il y a le secret familial, même si le mot "secret" n'est pas ici bien choisi. Je rencontre en général les parents toutes les cinq séances-enfant, non pour leur dire ce qu'il m'a dit, mais pour dire ce que j'en pense (c'est comme ça que je leur dis), en précisant que je suis là pour aider leur enfant mais aussi pour les aider.

Je suis effaré par le silence des psys en général -et même en colère parfois devant leur silence tour d'ivoire que je sais tout et que je ne vous dirai rien. Pas de retour, pas de paroles aux parents, rien qui puisse les aider à comprendre et aider eux-mêm leur enfant.

Il m'arrive bien entendu parfois de dire à des parents inquisiteurs "laissez parler votre enfant", "ne vous en faites pas," soyez patients", mais jamais Oh grand jamais je n'ai reçu un enfant (un mineur) sans aucun retour aux parents. Je crois que si l'on veut inscrire ou faire en sorte que l'enfant s'inscrive dans une famille, il est important en effet de voir les parents.

Pour les cas de maltraitance c'est évidemment différent...

Écrit par : psyblog | 05/05/2010

Votre article me rappelle au moins deux situations proches. Ma femme est psychologue dans une instition qui accueille, héberge et fait travailler des personnes handicapées. Dans le cadre du suivi d'un résident elle a eu un refus de transmettre des informations ou d'échanges sur la situation de la personne par une psycholgue libérale qui travaillait avec ce résident depuis plus d'un an. Le motif était bien sur le secret professionnel. A l'époque ça nous avaient bien surpris cette attitude. L'autre situation renvoit au début d'activité de ma femme dans 2 structures. Elle est arrivée dans la première après le départ de la psychologue qui occupait le poste auparavant donc elles n'ont pu avoir d'échange. Ma femme a alors été très surprise de voir que dans le bureau qui lui était réservé il n'y avait qu'un bureau et une armoire sans clé et vides. Elle a réussi a contacter l'ex-psy de l'établissement qui lui a expliqué qu'elle gardait "ses" dossiers avec elle. Après négociation celle-ci a bien voulu renvoyer les dossiers des résidents en sa possession. Comme par hasard il y en avait très peu 8 ou 10 pour une centaine de résidents sur un an d'activité et bien entendu les informations liées au suivi psychologique quasi inexistantes. Dans le cas de son arrivée dans la seconde structure la psychologue remplacée a tout bonnement expliqué qu'elle ne gardait aucune trace écrite de son activité mais qu'elle était prête à échanger oralement sur les situations pour lesquelles ma femme souhaiterait l'interpeller. Ceci n'est qu'une expérience limitée mais semble indiquer qu'il y a effectivement parfois des difficultés même entre professionnels à donner de l'information ou a inclure les autres.
Pour ce qui est du post, il nous est arrivé de faire appel à un cmpp pour notre fille. La psychologue avait une attitude proche de la votre. C'est évident que cela a grandement participé à faire baisser notre inquiétude de parents, ainsi que la petite pointe de culpabilité de ne pas réussir à nous en sortir tout seuls. Enfin ce que vous décrivez me fait remonter quelques notions de l'approche systèmique abordée lors de mes études.

Écrit par : lecteur enchanté | 06/05/2010

Je partage aussi votre analyse sur le "secret" et l'alibi que devient ce secret pour certains thérapeutes. (Alibi pour protéger leurs incompétences, leur manque de confiance en eux...).

Par contre, lors de l'observation/bilan qd se met en place le cadre de la PEC, j'explique bien à l'enfant et à ses parents que je ne ferai pas de compte-rendu de ce qui se passe en séance mais que si l'enfant le souhaite, il en parlera. Ce qui est parfois difficilement compréhensible pour certaines familles qui ont subi un orthophoniste en libéral qui a joué les inquisiteurs et qui faisait faire des devoirs scolaires à l'enfant et à ses parents !
J'explique également que je les recevrai qd cela sera nécessaire, nous conviendrons d'un RV en dehors du temps de l'enfant et avec l'enfant (bien sur). Je ne suis pas partisane des échanges à chaud (cf le post sur l'urgence qui n'est que tjs relative).

Actuellement ce qui me pose le plus de soucis ds ma pratique ce sont les liens avec les familles d'accueil qui sont à la fois des professionnels et à la fois les personnes qui offrent les seuls liens affectifs sains à ces enfants. (Enfin toutes ne sont pas saines non plus).

Écrit par : Orthologo | 15/05/2010

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