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31/03/2010

Psychologie sauvage

Je déteste les psys qui voient du sens partout, tout le temps, avec tout le monde.
Je sais bien que Freud, dans Psychopathologie de la vie quotidienne, s’est ingénié à nous démontrer qu’on peut trouver du sens au moindre de nos actes quotidiens, mais quand même.

Certains psys avec qui je travaille ont cette détestable habitude de vouloir coller du sens partout. Alors, que ce soit au sein de leur consultation, avec un patient qui est venu les voir pour ça, qui est demandeur, franchement, rien de choquant.
Mais que ce soit en réunion, au détour d’un couloir ou au cours du repas, ca m’agace sérieusement qu’on veuille à tout prix coller du sens au moindre de mes mots, de mes actes ou de mes pensées. Je suis psy, ok, mais je suis pas psy 24h/24 en train de dire à ma femme « chérie, tu as fait brûler le gigot, est ce pour me signifier que notre amour s’est consumé ? ». Ou dire à mon fils qui me supplie « Papa j’ai envie de pipi » : « Ah mon chéri, tu appeles papa. Comme c’est intéressant. Et pourquoi pas maman ? »… « Papa je te dis que j’ai envie de pipi, là maintenant ! ». « Ah, d’accord. Mais je te sens stressé. Cette inquiétude est elle en lien avec quelque chose que j'ai fait dans le passé ? ».

Enfin bref, vous avez compris le principe.
Je déteste quand je discute avec une collègue psy, que celle-ci reprenne un mot dans chacune de mes phrases, qu’elle va répêter d’un air profond et pénétré, comme si j’avais dit une énormité.
Genre « Il fait beau aujourd’hui, ça fait du bien »

« Oui…Ca fait du bien tu as dis ? Tiens donc….Ca fait du bien ?…hmm hlmm  » (pour être un bon psy, finissez vos phrases par un hmm-hmm lourd de sens. Ca fait flipper les gens en face qui ont l'impression que vous savez tout sur eux. Ca marche à tout les coups)
Le tout en mettant le menton sur la main, en hochant la tête, et en répétant la phrase sur un ton mystérieux, lourd de sens, que moi, bien sur,  je n’ai pas capté.

Parce que, ou bien c’est une technique de certains psys, de repéter en écho les phrases des gens, juste pour les forcer à réfléchir et à trouver du sens (alors qu’eux n’ont aucune idée de ce que la personne a bien pu vouloir cacher).
Ou bien, ils sont véritablement clairvoyants, incroyablement doués, et saisissent instantanément le sens caché de chacun de nos mots et gestes. Alors que moi, je galère à parler longuement en entretien avec les gens pour bien comprendre leur demande et leurs souffrances, et que je capte rien instantanément des pensées cachées des gens, et même que j’ai du louper le cours sur la télépathie à la fac de psycho, franchement, c’est balot, ça aurait été vachement plus vite en consult.

J’aurai une petite préférence pour l’hypothèse numéro 1 (qui flatte un peu plus mon ego) .
Et je deteste toujours autant cette collègue à qui, quelque soit le sujet dont je parle, va toujours me renvoyer des choses personnelles, complètement hermétiques mais qui ont l’air d’être pleines de sens et de gravité pour elle.
Extraits :

« Oui, je voulais te parler de l’enfant Machin, je suis préoccupé par son cas parce que…

« Ah…Comme ça tu es préocuppé….Préoccupé….hmm hmmm….(air profond et pénétré. Hochement du menton)
« Euh…oui…Parce que…. Alors voilà, elle présente des troubles alimentaires avec refus, et donc j’ai essayé de la faire verbaliser par le jeu et..

« Essayé ? (rire qui semble être empreint d’une profonde pitié pour le benêt en face)… Tu as essayé ?…

« Euh…oui (là je perds mes moyens parce que je n’ai pas accès au sens profond, caché, mystérieux et profondément important de chacun de mes mots – je vous rappelle que j’ai raté aussi le cours à la fac sur « La profondité des mots qu’on dit et le sens caché de ce qu’on dit pas «  )

Enfin voilà, je suis son collègue pas son patient. Mais je vois que certains psys se comportent comme ça avec tout le monde, croyant que chacun d’entre nous, pauvres mortels, ne faisons qu’attendre anxieusement que le psy nous délivre la vérité sur nous-que-même-on-l’aurait-pas-comprise-tout-seuls.

C’est juste un chti peu prétentieux et ça m’agace prodigieusement.
Et franchement, je trouve que ça dessert complètement notre profession. Après tout, si je dîne avec un comptable, il va pas me demander de lui montrer ma feuille d’imposition. Si je discute avec un médecin, il me demande pas de relever mon Tshirt pour un coup de stétho.
Alors pourquoi le psy, hors de son cabinet, veut analyser tout le monde ? Non mais des fois ?

Sinon, je vous rappelle que j’ai aussi raté le cours à la fac sur « Je détiens la vérité sur les gens et je me dois de leur dire parce qu’ils sont trop bêtes pour comprendre tout seuls. Même s’ils ne m’ont rien demandé. Et SURTOUT s’ils ne m’ont rien demandé. »

Mais des fois, je suis bien content d'en avoir raté des cours à la fac...

 

15:13 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (43) | |  Facebook

Commentaires

"Alors pourquoi le psy, hors de son cabinet, veut analyser tout le monde ? Non mais des fois ?"
Parce que ça le rassure? on doit pas faire se métier par hasard non??
Allez je blague, pas pu résister à faire de la psycho de comptoir! mais c normal, je suis AS moi!

Écrit par : Zéb' | 31/03/2010

je trouve cet article très drôle, mais je compatis pour les collègues qui se donnent un genre (il existait des cours bizarres à la fac dit'donc...)

Écrit par : kee | 31/03/2010

A mon avis, tes patients doivent être bien contents que tu aies manqué quelques cours à la fac.
Elle est pas drôle cette collègue... mais il en ressort un article plutôt drôle ! Merci à elle ;-) !

Écrit par : chab'instit | 31/03/2010

oh là je compatis et je suis bien d'accord avec toi!
Je suis pas psy, je suis de l'autre côté du bureau de la psy, mais c vrai que ce que tu racontes là fait qu'on a tendance à penser que nos psys voient en nous et devinent tout, moi ça me faisait peur, c une des raisons qui m'empêchait de consulter, puis grâce à ma psy j'ai compris qu'elle n'allait pas deviner ce que je ne dirai pas, même si évidemment elle a des connaissances sur les séquelles majeures de l'inceste mais que quand même, elle ne devine pas, et d'ailleurs elle me dit "je peux être derrière vous, à côté de vous, mais jamais devant vous"

Ca donne aussi quand on va sur les forums de psycho (et surtout de psychanalyse) des patients qui se prennent le chou à savoir pourquoi ils ont oublié leur parapluie chez le psy ou pourquoi ils sont tombés là (euh parce que y avait un obstacle et t'as pas regardé lol), je trouve ça prodigieusement énervant .

T'as bien de râter des cours, ça te va bien!

Écrit par : Opale | 31/03/2010

et le coup du gigot, morte de rire!!!!

Écrit par : Opale | 31/03/2010

Zeb : je crois que tu as vu juste : ca doit rassurer le psy de penser tout savoir sur tout le monde, donner un sentiment du supériorité...Et surement combler un manque écrasant de confiance en soi, na !
Kee : on imagine pas le nombre de cours bizarres à la fac de psycho. On se demande pourquoi les psys sont plus dingues que leurs patients après ça
Chab : merci à cette collègue ? Remarque, elle a au moins le mérite de me montrer ce à quoi je ne veux pas ressembler !
Opale : j'ai pas fréquenté les forums de psycho mais ce que tu m'en dis me refroidit un peu d'emblée... Je ne dis pas qu'il n'y pas du sens derrière ce qu'on fait. Si, probablement. Mais je dis que c'est prodigieusement agaçant de vouloir en dénicher partout, tout le temps. Des fois faut faire "pause" et profitez de la vie comme elle vient sans plus se poser de questions !
Et ta psy a l'air très bien, j'aime bien cette phrase qu'elle t'a dite "je ne peux pas être devant vous"

Écrit par : spyko | 31/03/2010

Ouais ma psy c la super plus mieux du monde entier!! Hein quoi, qui me parle de transfert positif ? lol
Sérieusement c vrai qu'elle a un discours très pro, genre quand (souvent!) je voudrais que tout aille vite quitte à craquer une bonne fois et basta elle me dit (à l'époque où j'arrivais pas à pleurer) "ouvrir les portes c facile, les charlatans savent le faire, mais le problème c qu'il faut aussi savoir récupérer le patient ensuite, et les charlatans eux ne savent pas refermer les portes. Nous on y va à votre rythme, on est pas là pour vous retrouver en hp" (au vu de l'équilibre construit, boulot, quotidien etc)

Écrit par : Opale | 31/03/2010

Moi j'adore les psy.
Quand mon fils était au plus fort de sa dépression cet hiver j'ai eu une discussion surréaliste avec le remplaçant de son psychiatre;
- Mais Madame, vous ne pourrez pas continuer comme ça, il va falloir que vous craquiez!! (véridique).
- J'ai besoin de toutes mes forces pour soutenir mon fils. Et puis si j'ai pas envie de faire une dépression j'ai le droit quand même !!!
- Je ne répondrais pas à vos provocations.....

Après cette discussion je suis rentrée à la maison, j'ai raconté ça à mon homme; il était écroulé de rire. Mais moi j'ai enragé pendant des heures.
Le pire c'est que si je l'avais faite cette satané dépression le psy m'aurait sorti un truc du genre; "mais enfin Madame, il faut tenir le choc, vous ne pourrez pas aider votre fils dans cet état, voyons..."
Dans quel monde on vit, hein.

Écrit par : Marie lo | 31/03/2010

La question que je me pose c'est si ta collègue a une vie sociale... Moi ça m'agacerait prodigieusement de devoir intéragir avec elle ! Et est-ce qu'elle est vraiment compétente aussi ? (Est-ce qu'elle arrive à s'écouter parler sans se donner mal à la tête ?)
Quant aux psy plus fous que leurs patients... y en a quelques uns qui enseignent à la fac (dans la mienne en tout cas...) et ma mère a eu une formatrice psy complètement barge (elle les faisait se mettre en rond et hurler au milieu de la salle... l'intérêt de la chose m'échappe).
Heureusement, quand j'en ai eu besoin, les psy que j'ai rencontré étaient plutôt "normaux" et professionnels.

Écrit par : Prose | 01/04/2010

Prose : hurler en se mettant en rond ? Hmm...Intéressant ? Je vais proposer ça aux médecins du service, je suis sur qu'ils vont adorer et que je vais être très crédible par la suite... lol

Écrit par : spyko | 01/04/2010

Ah oui, tu es content... Hummm Hummm... content... Humm hummmm

Écrit par : NicoH | 01/04/2010

NicoH : euh non, je suis pas content, zut, je suis..euh...Heureux !
- Ah oui ? Heureux ? Intéressant ce changement d'adjectif...Heureux ?...Surprenant en effet...Hmm Hmmm

Écrit par : spyko | 01/04/2010

Marie Lo : faire craquer les gens effectivement c'est pas dur, et il faut bien savoir ce qu'on fait quand on essaie d'aller par là....
Tu le savais bien que ca n'allait pas fort, pour autant, tu avais tes défenses, tes objectifs, tenir le coup, avancer.
Craquer ce n'est pas toujours salutaire. Par contre, il faut juste ne pas se voiler la face et dire que tout va bien si ce n'est pas le cas. Après, on peut parler de ses soucis sans pour autant craquer. Heureusement.

Écrit par : spyko | 01/04/2010

Ah que j'aime le ton de ce billet! Je me suis pliée en 2 de rire! Tiens, si on mange un de ces jours ensemble, je te ferai le coup du T shirt (tu me le feras en wet, stp!), promis, histoire de ne pas te décevoir! Blague à part, les psys ne sont-ils pas des boucliers renvoyant l'image de leurs propres névroses à leurs interlocuteurs, pour se protéger dans leur petite coquille lancée sur les flots insécurisants de leur houleuse existence? Je vais pas me faire des amis, là! lol!

Écrit par : Med'celine | 01/04/2010

S'il y a trois choses que j'ai toujours entendu dire sur un bon psy c'est que
1/ il se remet toujours en question
2/ il est humain et arrête d'être psy en dehors de son cabinet et
3/ il est lui même en suivi analytique (psychologique simple ou psychanalytique et/ou psychiatrique) perpétuel afin de toujours prendre du recul sur lui-même et sa façon de pratiquer, avant d'essayer d'en faire prendre à leur patients sur eux-même et leur problème. Et généralement, c'est la que pas mal de psy pêchent (par orgueil humain de base, parce qu'ils pensent qu'ils savent et qu'ils pensent donc être à l'abris d'eux-même... Mais je suis certain qu'au moins un de leur prof a mentionné cette nécessité en fac. Ce qu'ils auront entendu. Ou pas !)

Un psy qui écoute réellement et activement, à mon sens, a deux attitudes possibles

Blanche : il écoute, note des choses, afine tout au long de l'écoute et pose des questions visant à affiner ses différentes piste et qui, à postériori, revient éventuellement sur une longue portion d'expression du patient va y pointer des choses. Typiquement le genre d'entretien couché ou l'on ne se regarde pas directement de patient à praticien. Généralement, il ne fait pas dans la répétition de mots comme ça parce que le principe c'est que le praticien soit silencieux, et s'il venait à le faire ça doit être dans un but actif de bloquer le patient ou de l'amener à préciser ou a dire quelquechose de précis. S'il fait ça de façon systématique à chaque phrase, il va perdre son temps et le patient aussi à gérer et débusquer des angoisses artificielles ponctuelles créée par le psy en séance.
Généralement, ceux là s'il analysent les gens par réflexe en dehors de leur cabinet, ne le montre pas, parce que la situation n'est clairement pas dans un contexte de travail et que la différence saute aux yeux en permanence.

Empathique : il est dans la chaleur, son but est d'accoucher le patient par le dialogue informel. Il est souriant, il note parfois des choses et s'il ponctue le monologue du patient, c'est pour introduire des "oui, d'accord", "je vois" ou pour lui demander de préciser des éléments. Encore une fois, il n'a aucun intérêt à prendre un air mystérieux et pénétré en insistant sur un mot par phrase, parce qu'il risque d'angoisser le patient et ruiner le sentiment de confiance établi par la méthode de départ.
Le travers de cette méthode à mon avis ? C'est qu'un mauvais psy peut vite oublier la dichotomie entre le psy qui travaille et l'humain de tous les jours pour devenir un mix des deux qui analyse à tort et à travers et qui perd de son recul (parce que pas de distance apparente, différenciée et claire avec les interlocuteurs ou les patients). (Un bon psy aura des trucs à lui pour contextualiser les moments de psy, aussi bien pour lui que pour le patient et les différencier du quotidien ou du véritable échange informel, même si ils sont discrets. Ex un élément vestimentaire visible qui ne quitte pas le cabinet sauf pour aller à la machine !)

Si en plus on ajoute le travers de votre collègue, qui est, toujours à mon avis, un énorme gyrophare/sirène hurlant "Psy de merde, aller voir quelqu'un d'autre", c'est le pompon.
Bref, dites vous bien que si elle ne sors jamais de son attitude/rôle de psy, c'est qu'elle même est mal (ou pas du tout) suivie !

Vous voulez la déstabiliser ? Faites lui remarquer ce tic de répétition et d'air mystérieux. montrez lui à quelle point ça pourrait être interprété comme un aveux d'incompétence, juste pour voir. Effet garanti !

Écrit par : Leto | 01/04/2010

J'adhère totalement et je suis bien contente de lire cet article. C'est aussi mon combat au quotidien de faire comprendre que je ne suis pas psy 24h/24. C'est vrai qu'il y a des psys qui se comportent comme ça. Un jour j'ai recadré un collègue qui a voulu se lancer dans de l'interprétation sauvage. Parce que je suis d'accord avec toi qu'en dehors du cadre des entretiens avec les patients, analyser les gens à tout bout de champ c'est de l'interprétation sauvage et ça ne sert à rien. Je suis convaincue que cette image du psy que certains cultivent dessert notre profession. Des fois, je dis à des gens qui me rencontrent pour la première fois et qui apprennent que je suis psy que je ne vais pas les analyser qu'ils ne s'inquiètent pas. ça arrive que les gens le disent sous forme de blagues et ça leur fait du bien d'entendre qu'on ne mange pas de ce pain là. ça permet de créer une relation plus saine à mon avis et plus détendue. Après tout comme tu dis, c'est un boulot comme un autre et en sortant du boulot on est plus au boulot. C'est pas toujours facile à faire mais c'est une ligne de conduite que je me suis donnée.

Écrit par : celine b | 01/04/2010

Med'celine : Je note dans un coin que je devrais relever mon Tshirt le jour où on se croise. Entre nous, tu risques d'être déçue, même avec un wet Tshirt (zut, je casse le fantasme là)
Sinon oui, tu as surement raisons pour les psys, cet agaçant sentiment de supériorité que certains renvoient a surement trait à de grave névroses (en même temps, ça nous rassure de dire ça, alors on va pas se priver)
Et content de te recroiser ici en tout cas

Leto : Ah Leto ! un ENORME Merci ! J'aime toujours autant la pertinence de tes remarques. Ici sur les différentes attitudes du psy. MAis surtout, surtout, ta dernière remarque me fait jubiler : effectivement, pour cet psy analysante non-stop, il faut lui faire remarquer ce travers et l'interpréter (retour à l'envoyeur).

Celine : merci de tes remarques, qui rejoignent ce que je pense à 100%. On est psy au boulot, et pas en dehors. Faire remarquer les travers ou les névroses des autres à tout bout de champ, c'est profondément déstabilisant.
Un truc du genre "Mais tu interpretes toujours tout ce qu'on te dit comme ça ? C'est pour te donner un sentiment de compétence ? Ca te rassure ?".
Hmm je savoure déjà ce moment ! Encore merci.
Idem pour les gens qui ont peur de nous en soirée, je me reconnais aussi (terrible ça ! "Ah...Tu es psy....Zut....Je vais rien oser dire moi alors !")
Merci de ton passage !

Écrit par : spyko | 01/04/2010

Je préfère encore l'angoissé de soirée (à qui je peux répondre "t'en fais pas, je suis qu'en première année, j'y connais rien encore") que le pseudo connaisseur qui extrait ses informations de la rubrique "psycho" d'un magazine people et les tient pour vrai (même quand tu lui dis que c'est du flan si y a pas un minimum d'études faites sur le sujet, non, non, lui il SAIT... ah qu'est-ce que ça peut m'énerver !).

Écrit par : Prose | 01/04/2010

Bon, tant qu'on est dans les clichés moi j'ai une vraie question qui me traine dans la tête depuis des années...

Avez-vous oui ou non créé un "IKEA PSY" ? Sinon, comment se fait-il que vous ayez tous la même déco dans vos cabinet (mmm les tentures sur le sofa...) et enfin, last but not least, "la vague " de Hokusay est elle oui ou non imprimée a l'arrière de vos diplômes???? (perso je ne vois que ça pour expliquer qu'elle soit dans tous les cabinet ;))) )

;)))))

a+


yann (qui non c'est une rumeur urbaine n'a JAMAIS consulté de psy ;) )

Écrit par : yann | 01/04/2010

Prose : les magazines féminins et people sont une source intarissable de lieux communs sur la psychologie. Et effectivement, certains croient tout savoir parce qu'ils ont lu un truc sur l'Oedipe dans la rubrique de psycho de Femme Actuelle.
M'enfin...

Yann : Zuuuuuttt....Qui t'as dit pour le Ikea Psy ?
J'espère qu'ils ne t'ont pas parlé non plus du catalogue de vêtements psy ?
Je suis même sur qu'il y a aussi un magazine de tendance coiffure homme (genre j'ai les cheveux longs, parceque ça fait non conformiste, mais j'ai qd même une montre à 500 euros au poignet).
De toute façon, je travaille en hospitalier. Moi j'ai le droit au catalogue ameublement du CHU, c'est nettement moins sexy, je te prie de me croire !

Écrit par : spyko | 02/04/2010

Ah ça serait cool qu'à l'hôpital il y ait un bon gros fauteuil bien confortable aussi, mais bon on se contente des chaises snif snif
Même le fauteuil de ma psy a pas l'air si confortable que ça.
Allez, envoyons IKEA dans les CHU lol

Écrit par : Opale | 02/04/2010

Ouais mais je suis sur que t'as quand même punaisé un poster de hokusay dans ton bureau... hein ??? Allez avoue, au moins une carte postale quoi, allez, entre nous... on t'en voudras pas...

;)))

Sinon pour la vêture, non je n'ai rien remarqué de très homogène si ce n'est au contraire le grand n'importe quoi : un de mes psys avait des chaussettes rantanplan (!) et un autre (60 ans bedonnant) portait le gilet de cuir (!!!)...

Enfin on rigole mais le coup des chaussette rantanplan ca m'a fichu en l'air une séance... j'arrêtais pas de me dire "mais qu'est ce que je fous là à parler avec un mec qui met des chaussettes rantanplan mais qu'est ce que je fouuuus laaaaa????? au secooooours!!!"

;)))

a+

yann

Écrit par : yann | 02/04/2010

Ouais mais je suis sur que t'as quand même punaisé un poster de hokusay dans ton bureau... hein ??? Allez avoue, au moins une carte postale quoi, allez, entre nous... on t'en voudras pas...

;)))

Sinon pour la vêture, non je n'ai rien remarqué de très homogène si ce n'est au contraire le grand n'importe quoi : un de mes psys avait des chaussettes rantanplan (!) et un autre (60 ans bedonnant) portait le gilet de cuir (!!!)...

Enfin on rigole mais le coup des chaussette rantanplan ca m'a fichu en l'air une séance... j'arrêtais pas de me dire "mais qu'est ce que je fous là à parler avec un mec qui met des chaussettes rantanplan mais qu'est ce que je fouuuus laaaaa????? au secooooours!!!"

;)))

a+

yann

Écrit par : yann | 02/04/2010

Ouais mais je suis sur que t'as quand même punaisé un poster de hokusay dans ton bureau... hein ??? Allez avoue, au moins une carte postale quoi, allez, entre nous... on t'en voudras pas...

;)))

Sinon pour la vêture, non je n'ai rien remarqué de très homogène si ce n'est au contraire le grand n'importe quoi : un de mes psys avait des chaussettes rantanplan (!) et un autre (60 ans bedonnant) portait le gilet de cuir (!!!)...

Enfin on rigole mais le coup des chaussette rantanplan ca m'a fichu en l'air une séance... j'arrêtais pas de me dire "mais qu'est ce que je fous là à parler avec un mec qui met des chaussettes rantanplan mais qu'est ce que je fouuuus laaaaa????? au secooooours!!!"

;)))

a+

yann

Écrit par : yann | 02/04/2010

euh, t'as remarqué je voulais te l'envoyer ce message !!! ;)))

"mmmmmm très intéressant, 3 fois hein... dirait ta collègue"

;))))

Écrit par : yann | 02/04/2010

Tu radotes yann lol
Han les chaussettes rantanplan tu m'étonnes, impossible de se concentrer , on doit penser qu'à ça et contenir son fou rire comme on peut...

Moi c une femme ça doit aider lol, pas de chaussettes rantanpla, toute mimi et gentille et toujours bien habillée :-) et toc! lol

Écrit par : Opale | 03/04/2010

Un billet rassurant sur la santé mentale des psys : ils ne sont donc pas tous obsessionnels...
En tant que prof j'ai pour ma part détesté les collègues pour qui l'élève intéressant et digne d'attention était celui qui réussissait parfaitement en classe...

Écrit par : Rosa | 03/04/2010

Depuis tout à l'heure je me demande quel sens ça a de lire les blogs en pyjama au lieu de profiter des rayons de soleil de ce matin...

J'peux pas avoir les coordonnées de ta collègue ?

(bonnes Pâques à tertous !)

Écrit par : Luc | 04/04/2010

Opale : les CHU ne sont plus très riches. Alors le mobilier passe après tout...Et le mobilier pour le psychologue, après,après, après tout...

Yann : ah j'adore ton anecdote sur les chaussettes Rantanplan....Ca casse la crédibilité ce genre de choses, c'est sur ! Si en plus ce psy te dit "je trouve que vous êtes encore immature et trop ancré dans l'enfance", ça donne pas envie de lui faire manger ses chaussettes ?

Rosa : les psys sont ils tous un peu tarés ? hmmm hmmm...Intéressant...

Luc : lire les blogs en pyjama le matin...Zut si c'est un grave signe de désordre mental, on va être interné en même temps alors

Écrit par : spyko | 05/04/2010

J'en ai connus aussi, des psys comme ça. Psy jusqu'au bout des ongles, analysant tout et n'importe quoi tout le temps avec tout le monde... mais pas foutu de s'assoir par terre avec un môme, pas foutu de regarder l'autre en face, de vrais sauvages de la vie quotidienne...
Alors j'applaudis des deux mains et des deux pieds à ta note.

L'un des plus beaux compliments que l'on pouvait me faire fut un temps était, après une longue soirée, apprenant que j'étais psy "ha ben ça se voit pas"... Ben non, ce n'est pas écrit sur le front. Maintenant, je m'en fiche, et puis d'abord on ne me fait plus ce genre de compliment...

Écrit par : psyblog | 06/04/2010

merci pour ce texte qui m'a bien fait rire, moi - même psy j'ai eu l'occasion de rencontrer quelques spécimens en tant que stagiaire, puis aussi dans les conférences et groupe de travail... je vais faire circuler le lien àquelques amis-collegues qui devrait eux aussi bien rire!

Écrit par : Opale | 07/04/2010

Ma matinée n'avait pas très bien commencé et je suis passée sur ton blog et en lisant les commentaires de chacun je suis morte de rire. Merci. Bonne journée.

Écrit par : celine b | 07/04/2010

Psyblog : content que tu ne sois pas sur le modèle des psys que j'ai décrit....OUF ! (mais je m'en doutais un peu à force de te lire tout de même)

Opale : ne nous moquons pas de nos confrères, grace à leur sens interpretatif non stop je suis persuadé que nous en apprenons plus sur nous même, ils sont charitables en fait. On devrait peut etre même les remercier.

Celine : Dès qu'une matinée commence mal, tu viens me voir ici. On dit du mal des collègues et hop, c'est reparti. (Quoi, la déontologie ? C'est quoi ce truc ??)

Écrit par : spyko | 07/04/2010

merci pour ce texte qui m'a bien fait rire, moi - même psy j'ai eu l'occasion de rencontrer quelques spécimens en tant que stagiaire, puis aussi dans les conférences et groupe de travail... je vais faire circuler le lien àquelques amis-collegues qui devrait eux aussi bien rire!

Ecrit par : Opale | 07.04.2010
ps: je change de surnom je viens de m'appercevoir qu'une autre personne avait le même!

Écrit par : Philea | 07/04/2010

les psys sont des humains et comme tous les humains sont des névrosés en puissance alors il faut garder les pieds sur terre, bref rester humain et humble avant tout.
Bon c'est pas le quart de philosopher ni de psychologiser:)))

Écrit par : Totem | 07/04/2010

PS. J'ai voulu dire : "quart d'heure" mais vu l'heure tardive le cerveau...........

Écrit par : totem | 08/04/2010

oups merci Philea d'avoir changé ton pseudo, je viens juste de voir que tu avais le même que moi :-)

Écrit par : Opale | 10/04/2010

Boh, c'est de la prise de contrôle standard, non ? Les métiers d'autorité ou de communication donnent des outils qui facilitent la manipulation, et les psys sont les deux à la fois.

Cette volonté de remettre l'autre en question est un signe d'inquiétude, en général.
Déstabiliser l'autre est plus facile à assumer qu'être pris en défaut. Détournons le risque, même imaginaire.

A titre préventif, en somme.

Une forme (plus ou moins) légère de compulsion dans la relation à l'autre.
Par exemple, les personnes qui refusent d'avouer leur ignorance et voudraient avoir réponse à tout, engendrent des mécanismes bien connus des psys.
Les psys eux-mêmes n'en sont pas affranchis, tout comme les médecins ne sont pas immunisés contre les maladies. C'est même pire, les psys savent utiliser les mécanismes de leur métier pour se convaincre qu'ils vont bien.

Ces psys manipulateurs se trouvent régulièrement être eux-mêmes enfants de prof ou de gens d'autorité. En fait, cette femme qui prend un air concentré sur ton cas, a probablement peur que tu voies qu'elle se sent fragile, surtout devant un pair.

Tu veux t'en faire une alliée ou une amie ?
(on n'a jamais trop d'alliés dans le travail, surtout si elle est compétente par ailleurs)

Rassure-là sans en avoir l'air. Sans entrer dans le jeu ("tiens, il ne se laisse pas abuser par mes ruses minables") ni chercher à la déstabiliser en retour ("je me sens bien avec ce type, il est rassurant. Solide, et rassurant") Tu peux te faire des copains et des copines, comme ça, et découvrir derrière les barrières des gens qui valent vraiment le coup, insoupçonnés.

En fait, les personnes qui remettent en question les autres, ont peur de se remettre en question elles-mêmes. En général parce que ceux qui les ont remis en question pendant leur éducation ont été, au mieux maladroits, au pire mal intentionnés. D'où les protections et le refus de baisser la garde. Ces personnes se savent fragiles (sinon elles ne se protégeraient pas) et ont besoin avant tout de confiance et de patience. Ca les soulage, et ces moments de répit leur permet des prises de conscience salutaires.

Si c'est toi qui es ce pourvoyeur de tranquillité, tu seras ancré, pour ces personnes, aux prises de conscience et aux libérations. Tu deviendras quelqu'un de précieux, qu'on aime et qu'on protège à son tour.
(le plus dur, pour aider, c'est de savoir quand ne rien faire, et, surtout, d'y parvenir)

Il y a des cas où le mieux est de rester loin, certain(e)s sont tellement enfermés dans leur "combat" que le mieux est de ne pas trop s'y intéresser, tu ne ferais que te fatiguer, voire te faire déglinguer. Ta fatigue te dira quand rester et quand il est temps de s'éloigner. Elle en sait beaucoup plus sur toi que tous les questionneurs et humm...-hummeurs du monde.

Peut venir alors une autre question, plus importante pour toi : choisis-tu bien les gens vers qui tu te tournes pour te confier ou échanger ? Il y a peut-être des gens avec qui tu te sentirais mieux, mais que tu ne vois pas (classe sociale, habitudes éducatives, etc.) pour les mauvaises raisons, sans le savoir. J'ai dit "peut-être" ; et quand bien même ce serait vrai, toi seul sais si ça vaut le coup de s'y intéresser.

Ohlala, j'ai été super long. C'est pas grave si t'as pas tout lu (pfff, si c'est le cas t'auras pas lu jusque là non plus. Chuis une sacrée flèche, ce soir, hein...) Dans le cas oui, j'espère que je t'ai pas encombré le temps de lecture péniblement. Bonne soirée.

Écrit par : BLA | 13/04/2010

BLA : merci de ton commentaire. C'est vrai que c'est rassurant de se dire que ces personnes comblent qqchose en se comportant comme cela (manque de confiance, inquiétude)... Ca permet de les voir autrement et de moins se sentir déstabilisé.
Quant à savoir si je choisis bien les gens à qui je parle. Bonne question. Pour cette collègue, j'évite maintenant le plus possible de me tourner vers elle car son attitude est énergivore pour moi, ça me met mal à l'aise, provoque plein de questions et finalement m'apporte plus de désagrements qu'autre chose. Donc j'évite. Mais cependant, dans son domaine, elle est particulièrement pointue et occasionnellement, c'est utile de se tourner vers elle...
Maintenant quand j'y suis obligé, je m'y prépare en sachant que j'aurai le droit à qq remarques sarcastiques, qq remises en questions personnelles. Je prends tout ça moins à coeur, un peu plus de distance.
Merci de ton passage

Écrit par : spyko | 13/04/2010

Hummmmmm.... Et ça vous angoisse ? Pourquoi tant de haine ? Hummmm ? :-D

Je plaisante... Et je partage totalement votre position si délicatement expliquée. Personnellement je ne serais pas aussi patient... Et oui... Pas envie d'être (le) patient avec certain(e)s collègues... Je les enverrais bouler bien sèchement... Une fois une collègue m'a fait le coup en pleine réunion parce que j'exprimais un peu de colère à l'égard d'un partenaire de travail qui m'avait raconté un bobard éhonté, en espérant que j'ignorais le problème en question... Voilà qu'elle voulait se mettre à analyser ma colère et mon contre transfert, devant les autres professionnels du service (non psys)... Bref... Je crois que la collègue ne recommencera pas de si tôt... Je lui ai répondu assez vertement que j'avais déjà une très bonne adresse pour mes séances de contrôle, et que je l'avais pas sollicitée ni payée à cette fin... et que je ne risquais certainement pas de le faire de si tôt.

Cela me saoule quelque peu ces "concours symboliques de quéquette" où certains psys s'amusent à vouloir être le psy du psy... Il y a nécessairement une recherche de jouissance particulière à le faire... Narcissique dans le "meilleur" (mais tout de même très déplacé) des cas... Voire carrément "perverse" ou d'emprise parfois, puisque c'est toujours une jouissance qui se fait au dépend de l'autre... et parce qu'elle se situe dans une perspective où l'un prétend savoir ce qu'il en est de la réalité psychique de l'autre mieux que lui-même... Alors que le processus d'interprétation dans la cure n'est jamais qu'une question, une proposition posée par l'analyste... et jamais une vérité toute faite balancée de façon péremptoire.

Bref... Pour ma part, je pense que les collègues qui se conduisent comme la vôtre ne cessent pas d'exhiber quelque chose de leurs propres problématiques là où ils prétendent pointer celles des autres dès qu'ils ouvrent la bouche... Non seulement ce n'est pas à leur honneur... Mais en plus ça me questionne sur la façon dont ils peuvent travailler avec leurs patients... Voire... sur leur équilibre.

Écrit par : Jack_Addi | 10/05/2010

Jack Addi : j'adore ce concept de concours de quequettes ! Ca me fait rire et ca relativise les choses (et les interpretions sauvages à venir, elles me feront rire aussi vues comme ça).
Bravo pour votre repartie à votre collègue, réjouissant à entendre ! Pour l'instant, je ne l'ai pas remise à sa place fermement. Sans doute très gentil. Et longtemps complexé en étant le petit jeune de la structure face à cette dame ancienne, qui se positionne comme "celle qui sait". Mais bon, l'expérience et les années aidant, il est temps de lui signifier que je suis collègue et pas patient.

Merci de votre commentaire ;-)

Écrit par : spyko | 11/05/2010

Merci de votre commentaire. Plussoyez autant que vous voudrez :-)

Écrit par : spyko | 20/06/2010

Bravo! trois bravo!!!!

Écrit par : Denis Béland | 23/10/2011

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