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27/01/2010

Dites "Je le jure"

Je viens de recevoir ma convocation pour le tribunal dans quelques temps. Pour un enfant vu à l'hôpital il y a quelques années, dans une affaire de violences familiales.
Autant le dire, je ne suis pas très fier ! Allez déposer derrière la barre, ce n'est pas ce que je préfère, ce n'est rien de le dire.
Ce qui m'ennuie, c'est que j'essaie de faire aussi bien que je peux mon métier, d'aider les enfants que je peux rencontrer, de proposer une aide et une écoute. Et que une fois au tribunal, la perspective change du tout au tout : me voilà mis en position quasi d'accusé, sommé de m'expliquer sur ce que j'ai dis/demandé/entendu dans l'entretien avec l'enfant,  titillé par l'avocat de la défense qui cherche des failles, des fautes, qui décortique tout ce que je peux dire pour me discréditer...
(Pardon pour les avocats qui me lisent... Mais j'ai une vision assez critique de la défense, il est vrai !)
Tout comme je n'aime pas le coté "théâtre" du tribunal, les effets de manche de certains avocats, la technique du "c'est celui qui crie le plus fort qui a raison" pour impressionner tout le monde.
Ce n'est pas la première fois que je me rends au tribunal. Ce n'est pas pour autant une partie de plaisir. Je me dis que si ça peut aider l'enfant que j'ai vu, alors ça fait aussi partie du job. Mais qu'est ce que je n'aime pas ça !...

Pour l'heure, moi ça va, les avocats ont plutôt toujours été sympas avec moi. Mais des collègues m'ont raconté certains procès auquels elles étaient appelés...Et c'était carrément l'attaque personnelle de l'avocat de la défense : remise en cause violente des capacités professionnelles, critiques personnelles, accusations d'incompétences.... Le tout pour permettre à un abuseur sexuel de recouvrer la liberté, ça a de quoi irriter, lorsque vous avez vu l'enfant en entretien auparavant et constaté les dégats psychiques...

Bref, je vais tâcher d'être à la hauteur, de faire valoir la parole de l'enfant. Et jusque là, je vais me mettre à une pratique intensive du Yoga, me mettre sous perfusion de tisane au tilleul, écouter de la musique planante, parler à mes plantes vertes.... 
Ca devrait m'aider à affronter tout ça hein. Les psys peuvent ils être stressés eux aussi ? Mais non madame, c'est impossible ça, JA-MAIS !

 

16:22 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook

Commentaires

Bien sûr que les psys peuvent être stressés, non mais...
Qu'est-ce que j'aimerais pas être à ta place en tous les cas. Je comprends ce que tu ressens et je te conseille d'appliquer ton petit programme de "mise en zénitude" en gardant en mémoire le but de cette audience : aider ton patient. Ce n'est pas toi qui est accusé, hein !
bon courage.
Tu nous raconteras, d'ac ?

Écrit par : chabada | 27/01/2010

Bon courage, j'en sors, enfin il y a quinze jours et ct pour une "simple" demande d'AEMO, rappelez-vous que l'avocat vous attaque parce que c son job, vous ,vous avez fait le votre, zen et re-zen!

Écrit par : Zéb' | 27/01/2010

En voila une belle note, pas que vous soyez stressé (non non) mais que vous soyez homme (si si).

C'est la psychanalyse qui est mis à mal par la défense (défense= nom qui peut être bien discuté tout de même).
Mieux vaux le sourire et les yeux curieux d'un enfant, qu'un future bien noir.

bon courage

Écrit par : Myriam F. | 27/01/2010

Oui, c'est comme quand les patients découvrent que leur médecin aussi peut être malade... Un vrai choc!
Je n'ai jamais été convoquée devant quelque tribunal que ce soit, je pense que je me shooterais au zolam si c'était le cas... Au moins pour dormir correctement la veille! Les attaques personnelles sont ce que j'aurais le plus de mal à mettre à distance. Chacun joue dans sa cour, les avocats cherchent la petite bête, toi, tu dois penser à la relation individuelle aidante que tu as construite avec l'enfant, avant tout.

N'empêche qu'on est quand même bien mieux derrière nos bureaux que devant un prétoire (orthographe non garantie...). Bon courage!

Écrit par : Med'celine | 27/01/2010

J'ai vécu cela aussi. Le tribunal. A plusieurs reprises. Je me rappellerai toujours de l'accusation de l'avocat de la défense : "Mais vous auriez pu voir, vous être psy, quand même !" Et là je me suis retrouvé en position d'accusé . (enfin, dans ma tête à moi) Quelle épreuve !
Et il m'avait fallu défendre point par point ce que finalement l'on me reprochait d'avoir fait ou de n'avoir pas fait.
Jusqu'au secret professionnel, dont la levée avait été mise en cause par ce même avocat de la défense.
Trois quart d'heure d'interrogation... Pfff, j'étais vidé.
Bon courage à toi, psy... Calme ! Calme !

Écrit par : psyblog | 28/01/2010

Merci à tous pour vos encouragements... Je prépare doucement tout cela, essayant de parer aux objections, aux questions... Je vous tiens au courant

Écrit par : spyko | 28/01/2010

C'est scandaleux que les avocats mettent en doute la parole des experts, notamment quand il s'agit de maltraitances à enfants. Tiens, rien qu'à Outreau, c'est tout juste s'ils n'ont pas tenté de décrédibiliser la noble corporation de psychologues... quelle misère!

Écrit par : pedopsy | 28/01/2010

Courage...
Un post a disparu.. ?! Pourtant il était très bien et donnait une assez bonne vision de vos journées !! Et c'est ce genre de post que j'aime, en tant qu'étudiante en psycho !
En tout cas, j'espère que tout se passera au mieux pour vous à cette audience,
ainsi que pour l'enfant!

Écrit par : Isabelle | 29/01/2010

Ah pedopsy, si vous n'existiez pas, il faudrait vous inventer...! Toujours une parole gentille et aidante ;-)
Néanmoins, ca serait intéressant d'ailleurs de reparler d'Outreau, de la notion de crédibilité, des expertises psychologiques, des protocoles d'entretiens avec les enfants abusés, des grilles de validation du discours de l'enfant, etc...
Je suis d'accord avec vos propos, les avocats peuvent mettre en doute la parole de l'expert, poser des questions, etc. Ce que je n'aime pas, c'est la "foire" que quelques avocats font : s'attaquer à la personne et non aux certificats, être volontairement méprisant, rabaissant dans le but de faire craquer, vociférer, gesticuler pour impressionner l'auditoire. Ca je déteste. Me permettez vous ?

Isabelle : oui, il a disparu : je ne l'ai pas du tout assumé à la relecture. Pour tous les autres qui ne l'ont pas lu, je listais ma journée d'hier, remplie de situations lourdes et très diversifiées. Mais à la relecture, ça m'a paru geignard et plaintif, et je me suis dit que d'autres avaient probablement des journées tout aussi dures. Donc j'ai enlevé !

Écrit par : spyko | 29/01/2010

Bon, je vais avoir une parole gentille et aidante. Attention, faudrait voir à pas me prendre pour une tafiolle, ça ne se reproduira plus...
"Si ce blog était totalement sans intérêt, je ne condescendrais pas à l'illuminer de temps en temps de mes critiques."
Voilà, ce sera tout.
^^

Écrit par : pedopsy | 31/01/2010

Ok pedopsy, j'ai bien compris que c'était exceptionnel ;-)
Néanmoins, une fois que l'on a saisi votre humour et votre façon de dire les choses, vos coups de griffes ne sont pas toujours inutiles. Déstabilisants certes, mais pas inutiles.

Écrit par : spyko | 01/02/2010

Bonne chance Mr Psyko.

Écrit par : Derek | 01/02/2010

J'arrive un peu après la bataille... est-ce passé, bien passé ?
Et j'ai loupé le post-éclair, c'est vraiment dommage, je mets le site dans mes favoris (mais pourquoi ne l'était-il pas déjà ? n'importe quoi !) pour ne plus rien rater.
Bon courage si la date fatidique est encore à venir...

Écrit par : Marie | 10/02/2010

Les commentaires sont fermés.