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09/10/2009

Tous aux abris....!

Vous êtes tranquillement en train de prendre votre pause déjeuner dans la cuisine du service. Tous le monde discute tranquillement. Quand soudain, la porte s'ouvre et entre Jacqueline, une des secrétaires du service, venue elle aussi prendre sa pause.
Vous remarquez aussitôt un frémissement dans la cuisine. Les infirmières qui, jusque là, prenaient leur temps et profitaient de la pause, se mettent à regarder leur montre et à dire "oh il est déjà 13h00", "faut vraiment que je vous laisse", "désolé je dois partir".
Dès que Jacqueline arrive, le vide se créé en quelques minutes. Ça, c'est assez ahurissant.

Alors, vous, en bon psychologue neutre, les premières fois, vous vous dites que, tiens, c'est bizarre. Et après plusieurs fois, vous n'y trouvez plus une coïncidence, mais vous voyez bien que c'est une fuite et pas autre chose. Enfin pas une fuite, une évacuation sanitaire quasiment !
Les premières fois, en bon psychologue-qui-ne-juge-pas-et-ne-prend-pas-partie, vous décidez de ne pas suivre le mouvement et de continuer votre repas en compagnie de Jacqueline. Bien mal vous en prend ! On vous retrouvera une heure après, le visage décomposé, le dos courbé sous le poids du fardeau qu'on vient de vous déposer.

Car Jacqueline est adorable. Pas méchante pour deux sous. Mais Jacqueline semble avoir vécu tous les malheurs du monde. Tous. Sans exception. La mort d'un enfant, une enfance difficile, la maladie, des grosses et petites catastrophes du quotidien. Dès que Jacqueline ouvre la bouche, c'est "chronique d'un  malheur annoncé".
Alors, au début, bien sur, on compatit. Pas facile cette vie. Pauvre femme. Et puis, petit à petit, l'empathie commence à diminuer...

On commence à s'agacer car, quelque que soit le sujet abordé en cuisine, quel qu'il soit, absolument n'importe lequel,  en deux minutes, Jacqueline arrive à orienter les choses de telle sorte qu'on arrive à parler d'un des ses malheurs. 
Vous parlez de la météo : ça lui rappelle le temps qu'il faisait lors de l'enterrement de sa pauvre maman. Vous parlez TV : justement elle a vu hier une émission sur la maladie qu'elle a eu petite. Vous parlez de vos soucis à vous : et là, pas de bol, Jacqueline a vécu pire. Mais vraiment pire, et elle vous fait comprendre en deux secondes que vos malheurs, c'est peanuts, pipi de chat...
Là, on commence à moins compatir qu'au début. Cette litanie non stop de malheurs, prêts à sortir à n'importer quelle occasion, n'importe quel moment, ça commence à devenir lourd à porter. Surtout lors de la pause déjeuner où on aimerait bien décompresser, faire des blagues à deux balles et penser à autre chose.

Et vous commencez à comprendre que Jacqueline n'arrive à exister qu'en se posant en victime. Certes, elle a eu une vie très difficile, mais elle retourne complètement le truc en faisant de ses malheurs sa carte de visite. Et pire que ça, au fond, elle semble se persuader que ses soucis font qu'on lui doit de s'intéresser à elle, qu'on lui doit de l'écouter.

En bon psychologue que vous êtes, vous prenez sur vous les premières fois. Vous vous dites qu'elle a besoin d'un peu d'écoute et que ça va l'aider. Méchantes collègues qui fuient va ! Vous, au moins, vous restez un peu.
Mais hélas, vous comprenez vite que c'est sans fin. Heureuse d'avoir une oreille, Jacqueline va alors déverser des flots de plaintes, de soucis à n'en plus finir. Vous essayer de rebondir, vous dites quelques phrases pour l'aider à avancer, prendre du recul, mais vous comprenez vite que Jacqueline n'écoute rien. Elle déverses des torrents de récriminations, elle ouvre le robinet des plaintes et rien ne semble les arrêter. Elle s'arrête, écoute vos remarques d'un air poli, et bing, reprend aussitôt là où elle en était arrêtée, comme si vous n'avez rien dit.

Vous ressortez de la cuisine mal à l'aise face à tous ses malheurs. Un peu malheureux pour cette femme et sa vie compliquée. En même temps, vous vous sentez en colère face à Jacqueline avec l'impression qu'elle a abusé de vous et de votre écoute. Mais elle est tellement gentille que vous vous en voulez d'être en colère contre elle. Mais oui, vous êtes un monstre ! 
Seulement à force d'éprouver ce malaise face à elle, vous prenez vos distance, c'est trop lourd, bien trop lourd et quotidiennement. Et vous voilà à regarder votre montre quand Jacqueline entre dans la cuisine et à faire comprendre que "Oh zut je n'avais pas vu le temps passer".

Comment faire comprendre à Jacqueline qu'elle est simplement insupportable ? Energivore ? Pas évident parce qu'elle ne se rend surement pas compte de ce qu'elle provoque.
Cyrulnik dirait qu'elle n'a pas trouvé de facteur de résilience. Qu'elle est restée enfermée dans son statut de victime, sans rien trouver pour rebondir.
Vous, vous vous dites simplement qu'elle vous les brise menu, mais en même temps, vous ne pouvez pas vous empêcher de vous trouver méchant à éprouver cela. C'est assez pervers comme truc ! Vous l'écoutez, et vous n'en pouvez plus. Vous ne l'écoutez pas, et vous vous le reprochez...


Peut être avez vous déjà croisé quelqu'un comme ça un jour ? Si vous savez comment guérir la jacquelinite, surtout, n'hésitez pas. Je suis preneur.
Pour l'heure, oh, zut, je n'avais pas vu le temps passer, je dois vous laisser...A bientôt

 

09:17 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook

Commentaires

Ma grand-mère est exactement comme ça, depuis toujours, et ça s'aggrave avec l'âge... Elle fait fuir tout le monde, et même ses proches ne la supportent plus. Son discours est bien réglé, et très culpabilisant. Moi aussi je cherche une solution! Help!

Écrit par : maxene | 09/10/2009

Dieu que votre article me parle. Sauf que moi, c'est ma mère.
Après 15 ans de culpabilisation à cause de ce genre de retours (Je n'osais plus me plaindre de rien, ni demander de l'aide à personne quand j'allais mal, au point que les parents me ramassaient à intervalles réguliers, à la petite cuillère en se lamentant "mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Quand est-ce que tu vas grandir un peu ?"), je viens tout juste de réaliser que j'avais le droit de dire quand je suis mal, et de dire quand j'ai besoin d'une oreille ou d'un coup de main concret, quels que soient l'importance de mes emmerdes au yeux des autres.
Je n'ai pas réussi à trouver de parade vis à vis d'elle. Depuis 3 semaines, j'ai décidé, purement et simplement de couper les ponts à 100%, pour une durée indéterminée.

Dans la mesure ou votre Jacqueline est n'est pas une proche, peut-être que l'option de lui dire clairement "MAIS T'ES UN BOULET, TU TE COMPORTES COMME UN BOULET ALORS FORCEMENT IL T'ARRIVE QUE DES MERDES. ET MAINTENANT JE VEUX PLUS T'ENTENDRE SINON JE T'ECLATE ESPECE DE ROTONDITE COSMIQUE !" reste valable.

Sinon la seule solution efficace pour l'individu lambda au quotidien est bel et bien la fuite. Il faut, à mon sens, être un professionnel et l'avoir en patiente pour l'écouter suffisamment activement -et obligatoirement- et y réfléchir suffisamment pour trouver le ou les boutons déclenchant un début de cheminement intellectuel vers la résilience....

Écrit par : _Leto_ | 09/10/2009

Dans une telle situation, je crois que j'aurais moi aussi envie de fuir, je ne crois pas que je me sentirais coupable, en tout cas plus maintenant. Je me sens très facilement coupable au quotidien, même quand ça ne se justifie pas, mais j'apprends à prendre mes distances avec certaines personnes, celles que je considère comme "nocives". Je pense que si j'avais un proche resemblant à Jacqueline ou une collègue, je lui dirais ce qui me gène dans son attitude, avec diplomatie, mais j'exprimerai mon ressenti. Car si personne ne se jette à l'eau, cette femme ne se rendra peut-être jamais compte qu'elle est insupportable. Si vous parvenez à lui exprimer votre ressenti, peut-être ne vous écoutera t-elle pas, c'est même probable, mais au moins ce se sera dit, et il me semble que c'est un excellent moyen de se débarasser de la culpabilité. A partir du moment où on ose dire ce que l'on pense, sans agressivité, je crois qu'on se sent plus paisible. Pour moi, dans ce cas, la fuite est une solution pour se protéger, mais fuir sans mettre des mots sur ce qui se passe, je trouve que c'est dommage.

Écrit par : manoli | 09/10/2009

Les Anciens savaient très bien comment s'y prendre avec ce genre de sujet. Ecoutez-bien, je vais vous livrer le secret mystérieux des Grands Anciens, et gratos en +!
Il faut, devant la foule assemblée, démontrer à Jacqueline qu'elle n'est qu'un boulet maudit des Dieux dont la seule présence attire sur l'assemblée un regard suspicieux des Créateurs. Sa faute est impardonnablete il convient de lui faire expier dans un holocauste rédempteur.
On pourra ensuite la sacrifier, avec plus ou moins de souffrances selon l'envie de soulagement ou le besoin de rendre l'acte plus solennel.
Cette solution n'a que des avantages: on se débarrasse du boulet, qui se sent enfin utile à quelque chose, on accroît le soulagement, la piété et la vertu de l'assemblée, et on renforce son pouvoir personnel.
Que du bonheur, vous pouvez me remercier.

Écrit par : pedopsy | 09/10/2009

Maxene : pas évident quand c'est qq'un de proche... Et les personnes âgées ont effectivement du mal quelquefois à exprimer autre chose que des plaintes.

Leto : ah j'adore ta phrase ! Qu'est ce que ça ferait du bien des fois de se débarasser de notre politesse habituelle et tout sortir brut de décoffrage !
Pour ce qui concerne ta maman, oui pas évident, j'en conviens. Heureusement qu'à l'âge adulte,on peut arriver à prendre de la distance et à ne plus trouver comme allant de soi la culpabilisation et les plaintes.

Manoli : je pense qu'effectivement dire un peu les choses serait plus sain. La fuite n'est pas la meilleure solution, disons que c'est la moins couteuse en énergie tout de suite, là maintenant. Mais c'est sur qu'elle ne résoud rien du tout.

Pedopsy : un sacrifice rédempteur, que n'y avais je pensé ! Je vais tout de suite argumenter auprès de Jacqueline afin de lui démontrer qu'une éviscèration publique à la prochaine pleine lune rendrait enfin utile sa longue vie de larmes, en apportant paix et chance à tous ses collègues. Faut un peu que je m'entraine avec mon opinel avant, mais ça devrait le faire.

Écrit par : spyko | 09/10/2009

J'ai été dans la situation de Jacqueline pendant quelques mois. Plaintes continuelles, changements de sujet pour ramener la discussion vers mes propres soucis, et puis bien sûr les "oui, c'est triste pour toi, mais moi c'est pire parce que...".
Comme tu l'as souligné, on ne s'en rend absolumment pas compte. Ca s'installe petit à petit et ça devient très vite le comportement qu'on adopte 24h/24.
Il a fallu qu'une amie coupe les ponts avec moi pour que je réalise vraiment à quelle point j'étais devenue invivable. Après coup, je me dis qu'elle a eu raison de le faire. Ce n'était pas une fuite lâche mais de l'autopréservation de sa part. On n'est pas fait pour écouter en permanence les malheurs des autres ! (On a généralement assez à faire avec les siens !)

Si tu veux l'aider, la fuir ne suffira pas - d'autres le font et apparemment elle ne comprend pas / ne veut pas comprendre.
Puisque tu la connais peu, je dirais que la meilleure chose à faire est de la remettre franchement à sa place. Quitte à être brusque, quitte à la blesser si elle ne prête pas attention à ce que tu dis. Histoire qu'elle ECOUTE au lieu d'entendre.
C'est un mal pour un bien. Déjà parce qu'elle devrait arrêter de t'ennuyer. Ensuite parce que ça lui permettra peut-être d'avoir un délic, une révélation concernant sa façon d'être au quotidien.
Ca a fonctionné avec moi. Ca m'a achevé sur le moment mais aujourd'hui je me rends compte qu'il fallait que quelqu'un me secoue une bonne fois pour toute et me dise simplement "Tu es victime parce que tu le veux bien, parce que tu te poses toi-même en victime".

J'espère qu'elle en prendra conscience. Subir sa vie, ressasser ses traumatismes n'a jamais aidé personne...

Écrit par : Prose | 09/10/2009

mais, cette jacqueline c'est ma soeur ! 35 que j'essaie de trouver une solution a son mal... toujours rien en vue.
peut etre pourrions nous les mettre en contact ;)

Écrit par : ju | 09/10/2009

a la lecture des commentaires, c'est dingue toutes ces jacqueline !!!

Écrit par : ju | 09/10/2009

Prose : merci de ton témoignage sincère, qui m'a beaucoup touché. Etre un peu malmenée, confrontée à toi même t'ai aider à te depasser. C'est une chose importante à entendre pour moi qui ai tendance à être trop gentil en croyant que rien n'est mieux que les bons sentiments... Ta dernière phrase "tu es victime parce que tu le veux bien" me titille.... Je pense qu'elle ferait son effet, mais c'est tellement à l'opposé de mes habitudes (rudoyer les gens). C'est pour ça que ton témoignage m'a touché dans le sens où il prone l'inverse de ce que je fais. Et que c'est toi qui a sans doute raison. Merci beaucoup d'être passée.

Ju : fondons le Club des Jacqueline : une fois par semaine, elles pourront se retrouver et déverser ensemble leurs malheurs...En préservant nos oreilles !

Écrit par : spyko | 09/10/2009

Malheureusement, je ne connais pas comment soigner la Jacquelinite... en tous cas je comprends tout ce que tu contes là.
Remarque, peut-être lui offrir à Noël un ouvrage de Cyrulnik.
Cela occupera ses pauses en solo... d'essayer de le comprendre (j'ai voulu le lire, mais je n'ai pas réussi à accrocher pourtant je suis intéressée par le sujet).
En attendant Noël, trouve un autre moment pour tes pauses :-p

Écrit par : Chab'instit | 09/10/2009

Je suis plutôt au clair avec ces gens-là : les infirmières ont un réflexe sain. La fuite.

Ensuite, dans un deuxième temps, entre quatre yeux, poser les choses et faire une intervention à l'américaine.
- Jacqueline, si tu ne te prends pas en main immédiatement avec un thérapeute, je suis désolé mais à l'avenir je ne t'écouterai plus. Tu n'écoutes pas. Je ne suis pas bien dans cette relation. Mon énergie est vidée. Soit tu l'acceptes et on continue à se parler, soit tu ne changes pas et, même si je compatis avec tes problèmes, je ne resterai pas à les écouter. C'est comme ça et pas autrement.


Oui, je suis capable de le dire et oui, je l'ai déjà fait (pas sur ce problème là mais avec ces mots-là). Et ça a marché. Mais les personnes en face tenaient à la relation.

Si tout le monde fuit Jacqueline sans lui dire pourquoi, ça ne marche pas. Fuir si elle refuse de changer, une fois qu'on lui a expliqué. Mais pas avant.

Bises
w

Écrit par : Ron | 10/10/2009

Cette Jacqueline , c'est ma grand mère maternelle , une vraie plaie vivante depuis toujours , une victime du sort , une complainte permanente ...c'est vraie qu'elle a eu une vie difficile , a perdu son mari , sa fille ainée ( ma mère) d'un cancer ... Mais elle a toujours eu une grande famille pour l'entourer et éponger sa misère .Les consultations chez les psychiatres se sont succédées sans la moindre ébauche d'apaisement .Peut être n'est elle pas accessible à une thérapie? Depuis le décès de ma mère , j'ai décidé de fuir , j'ai coupé les ponts simplement, sans éclate ni parole blessante . Cette femme éprouve une véritable souffrance enkystée et ancienne , j'éprouve de la compassion mais je ne peux rien même plus l'écouter . La fuite est le seul moyen que j'ai trouvé pour me protéger .
Pour changer le regard des Jacqueline sur le monde hostile qui les entoure, il faut qu'elles adhèrent un minimum au projet .

Écrit par : Sandrinej | 10/10/2009

J'ai PLUSIEURS Jacqueline à intégrer au club, qui gravitent dans mon cercle de connaissances.
Comme chez beaucoup des personnes qui ont déjà commenté, l'une de mes Jacqueline est ma grand-mère. Beaucoup de plainte, répartie sur les mêmes sujets, et une surdité évidente à mes propos (lorsque j'arrive à les poser). Peut-être que les mamies pensent que tout est derrière elles, qu'elles se sentent du coup devenir ininterressantes aux yeux de leurs cadets et que pour informer ceux-ci qu'ils lui doivent regain d'interêt et respect, mamie leur en fout plein la vue avec tout ce qu'elle a subi...C'est vrai que ça cloue le bec et qu'on observe un silence respectueux...mais ça peut faire fuir.

Pour mes autres Jacqueline, plusieurs options:

1. La manière de _Leto_, un bon hurlement salvateur avec risque de retournement de veste hypocrite de la part de tous ceux qui ont fuit Jacqueline jusque là...mais qui te ferait tellement de bien!

2. La laisser causer en l'ignorant presque, mais cela demande un certain don pour le détachement (voire la décorporation!) et en face de Jacqueline c'est presque surhumain.

3. Donner dans la plainte-tsunami de ton côté aussi! Quitte à ne parler que des petites tracasseries quotidiennes, parle! déverse! blablate à n'en plus finir! Et quand elle cherche à te couper la parole pour te prouver à quel point ses emmerdes sont glauquissimes à côté des tiennes, adopte son comportement, continue à parler de TOI! Soit Jacquelinette comprendra, soit Jacquelinette affichera un désinterêt aussi profond que l'Atlantique à ton égard. Méthode testée.

4. La fuite. Mais il y a une certaine frustration là-dedans, celle de la laisser sans lui avoir tendu la perche pour qu'elle puisse comprendre qu'elle saoûle autant qu'une bouteille de rhum Charette.

Voilààààààà! Allez tiens bon!

Écrit par : Coco | 10/10/2009

Chab : J'aimerai prendre mes pauses en décalé sur Jacqueline, mais la traitresse n'est jamais là aux mêmes créneaux horaires... Pour Cyrulnik, je ne sais pas lequel tu as tenté de lire mais certains sont plus accessibles que d'autres.

Ron : Dans l'absolu, j'adore ta façon d'être confrontatif, direct, sans méchanceté, avec la volonté de se préserver.
Si Jacqueline me hante jusqu'à en faire un post ici c'est qu'elle drolement énergivore et que je ne me suis pas assez protégé. Donc il faudrait que j'arrive à dire les choses comme ça oui. J'ai encore un peu à progresser là dessus (j'en reparlerai ici je pense). Merci de ton passage en tout cas

Sandrine : on a choisit la fuite tous les deux... Et je suis d'accord, il faut que quelqu'un comme ça désire changer pour que ce soit possible. Mais peut etre qu'en étant tres confrontatif comme d'autres le disent ici, c'est le premier pas pour la prise de conscience.

Coco : merci de ton manuel abrégé de survie face aux Jacqueline ! L'ignorance face aux Jacqueline requiert une pratique boudhique intensive et ancienne. Pour ma part, c'est mission impossible. La complainte me vrille le cerveau en 10mn... Quant à la plainte tsunami, ca me ressemble tellement pas, je crois que ça me couterait encore davantage de me plaindre que de subir sa conversation...
Je vais tenir bon, merci pour tous ces conseils !

Écrit par : spyko | 10/10/2009

Félicitations pour ton blog, il est extremement interessant.

Assez curieusement, j'ai décidé de devenir psychologue alors que j'ai un très mauvais souvenir des psy qui ont jalonnés mon enfance. Evidemment je me demande si je prends la bonne direction. Tes posts m'ont rassuré sur ce point, c'est très instructif d'avoir pour une fois le point de vue du psy et non du patient.

Bonne continuation.

Écrit par : Redhead | 12/10/2009

Readhead : il a des bons et des mauvais psys, il y a des moments dans la vie où on est prêt à être aidé, d'autres non... Heureusement que tu n'es pas resté sur tes mauvaises impressions de ton enfance. Merci de ton passage !

Écrit par : spyko | 12/10/2009

ah! si tu savais... (=soupir de Jacqueline)

Écrit par : une instit | 13/10/2009

J'avais commencé, il me semble "un merveilleux malheur" mais je n'ai pas pu lire plus que quelques phrases. Lesquels sont plus accessibles ?

Écrit par : Chab'instit | 14/10/2009

Je ne pense pas que l'on puisse aider de telles personnes en les écoutant.J'ai perdu des journées ainsi, jusqu'au moment où j'ai compris qu'il fallait au contraire, leur dire une bonne fois "non, je ne vous écoute plus, vous vous répétez, vous ne me dites rien de nouveau, revenez lorsque vous aurez des choses vraiment nouvelles à me dire" car dans leur cas leur discours les empêche d'agir: il prend la place de l'action, et justifie l'inactivité.

Écrit par : Rodrigue | 14/10/2009

J'ouïs-sens Un-fini(e) d'une plainte qui sait-tire jusqu'à l'infini... Et qui n'attend certainement rien d'autre que vous écoutiez en silence en vous gardant bien de proposer la moindre ébauche de questionnement et encore moins de solution...

Lacan disait que les honoraires que l'on verse à l'analyste ne sont pas là juste pour réserver votre place dans son agenda... mais pour lever ses propres résistances à vous écouter... Parce que franchement... C'est plutôt sain d'avoir envie de fermer les oreilles quand on entend parler d'horreurs et de tragédies humaines à longueur de temps... Et surtout... si la personne qui vient les déverser veut juste jouir du récit des déplaisirs de son histoire, et n'attend pas de vous une seule seconde que vous puissiez devenir l'agent d'un début de questionnement ou de l'amorce d'un mieux être !

Alors ! Qu'alliez-vous faire dans cette galère ???

Moi ma solution pour éviter les Jacquelines ? Je ne mange JAMAIS dans mon service, je reste disponible pour le travail mais ne laisse jamais la moindre ouverture pouvant faire croire que je suis prêt à entendre les drames privés de mes collègues... Mais j'indique volontier le nom de quelques personnes compétentes sur le secteur à qui me les réclame. En famille et en société ? Je dis en plaisantant que je suis en tarif de week-end ou en tarif de nuit et qu'il faut déjà sortir 150 euros en espèces avant de commencer à me parler... Une façon rigolote de dire "stop ! ma journée de boulot est finie !"

Je sais... ça peut parraître un peu sévère... et peu compatissant... Mais...

Jacqueline nous montre une fois de plus que dans 99% des cas, les gens qui viennent s'adresser à nous en dehors de notre cadre de consultation, et qui n'ont pas fait la démarche d'aller voir un confrère... et bien... c'est souvent parce qu'ils n'ont pas toujours autant que cela envie que ça change...

Je sais qu'on aime assez peu cette image d'Epinal du psy qui s'enferme dans sa tour d'ivoire dans laquelle on n'est admis que sur rendez-vous... Personnellement je ne l'aimait pas du tout au début de ma pratique et je m'étais dit que jamais je ne voudrais ressembler à ça...

Et avec le temps je me suis rendu compte que... sans cette tour d'ivoire... Je devenais la victime de hordes déchaînées de Jaquelines de tout poils qui venaient "consulter gratuitement" en attendant que je les caresse dans le sens du poil sans jamais dire quoi que ce soit qui puisse les contrarier...

Il fallait que j'écoute sans pouvoir faire mon travail de psychologue... Puisque contrairement à une idée bien trop répendue... Le psychologue n'est pas là simplement pour écouter... Mais pour proposer un espace de parole A PARTIR DUQUEL S'OUVRE UNE POSSIBILITE DE QUESTIONNEMENT ET DE CHANGEMENT... Si l'espace de parole qu'on propose ne permet pas cela... on ne fait pas notre job... Pire encore... on fait de l'anti-travail de psy !!!

Alors... Si on veut voir un psy... qu'on prenne donc rendez-vous !

Oups ! On m'appelle pour une synthèse... Je dois vous laisser... Mais je suis ravi d'avoir découvert votre blog cher confrère.

Jack

Écrit par : Jack_Addi | 15/10/2009

Préparant le titre RNCP de pschologue du travail au CNAM, je devrais être indulgente avec toutes les Jacqueline de la terre...
Et cependant, je viens de passer 8 mois entre deux Jacqueline (si, c'est possible, on peut y survivre...)
Deux Jacqueline ensemble, perpétuellement dans la surenchère : mes hémorroïdes font plus mal que les tiennes, mon glaucome est plus grave que le tien, ma tension est plus élevée, etc.
Deux Jacqueline en stéréo, de quoi devenir fou. Car vous ne les subissez pas qu'à l'heure du déjeuner, mais toute la journée, dans le même bureau...

Je vais bien, hein... j'ai réussi à les quitter, à changer de poste, donc de bureau. Bon, mes hémorroïdes me font un peu mal, et puis j'ai la migraine, mes règles sont très douloureuses et durent depuis trois semaines, et d'ailleurs je suis en pleine grossesse extra-ut&rine, et avec ma mycose vaginale, c'est l'enfer, mais vous voyez, avec mon diabète, depuis que mon mari m'a quittée, et que ma grand mère est morte, je relativise... ;o)))
etc, etc.

Signé : une victime de Jacqueline

Écrit par : C2 | 16/10/2009

Chab : un merveilleux malheur, c'était pas un des plus compliqué. Mais c'est vrai qu'il faut s'habituer au style de l'auteur, qui passe du coq à l'âne, il faut suivre, pas tjs évident c'est vrai
Rodrigue : merci de tes conseils. A lire tout le monde, je crois qu'effectivement il faut dire qqchose et ne pas laisser les choses s'accumuler, c'est sain pour moi et pour Mme Jacqueline idem probablement
Jack Addi : ne jamais manger dans le service, j'aimerai bien qqfois mais au niveau timing, je n'y arrive pas. Donc.... Sur ce que vous dites, concernant les gens à l'affut d'une consultation gratuite en nous parlant sans fin de leur malheur, j'avais fait un post anciennement là dessus. Je parlais des dîners où certains, apprenant ma profession, ne trouvaient rien de mieux que gâcher ma soirée en prenant la place à coté de moi pour me parler de leur malheur...
C2 : eh je pense que tu maitrîses le discours façon Jacqueline ! Horreur, est ce contagieux ?

Écrit par : Spyko | 17/10/2009

Moi j'ai connu une Jacqueline. Sauf que celle-là, elle était pas gentille du tout. En plus de la Jacquelinite, elle souffrait de jalousie maladive envers tous ceux pour qui ça allait bien.

Je l'ai consolée, écoutée, donné des conseils pour qu'elle avance, et pour me remercier, elle a foutu le bordel dans mon couple, m'a menti, a raconté des méchancetés sur moi àç mes amis...

Depuis, ma solution aux Jacqueline est claire : prenez la fuite, vous ne pouvez pas les aider et elle va apportera rien de bien.

Écrit par : Camille | 18/10/2009

C'est étrange de constater que c'est une pathologie qui semble quasi exclusivement féminine... personne ne semble évoquer un Jacques qui fonctionnerait de cette façon... et je confirme, des Jacqueline en consultation de gynéco ... j'en ai des quantité ! je connais leur nom par coeur, et ça me gache l'heure d'avant. Parfois j'écoute... un peu, parfois je les bouscule... un peu, parfois je leur rentre dans le lard... un peu ... et merde ! elles reviennent. Une chose est sûre, maintenat je me fixe des limite temps, et ne me gène plus pour leur dire: "on va s'arrêtre là pour aujourd'hui".... petite phrase de spy ?
Quelqu'un pourrait développer les raisons de cette quasi féminisation exclusive de cette personnalité ?
Merci

Écrit par : Thétis | 05/11/2009

Camille : ouh là tu es tombé sur une Jacqueline pas piquée des vers ! La fuite était surement la plus sage des solutions effectivement !

Thetis : Moi je trouve qu'on "on va s'arrêter là pour aujourd'hui", c'est poli, concis, et ça montre qu'on peut écouter mais pas indéfiniment. Soit elle enregistre ça, et la prochaine fois elle saura qu'elle aura de l'écoute mais si elle sait être concise et ne pas se perdre dans des trucs inutiles. (déjà elle aura progressé notre Jacqueline !)
Soit elle se vexe, et ben... tant pis !

Écrit par : spyko | 06/11/2009

Jacqueline est hystérique et il ne sert à rien de l'écouter. Il faut lui apprendre à penser plutôt qu'à éprouver et ne pas hésiter à se moque d'elle (gentiment).

Écrit par : philippe | 17/11/2009

Philippe : merci de ton passage. Je lis toujours assidument ton blog mais je ne peux pas laisser de commentaires de mon côté, il faut être inscrit pour cela.
Quant à Jacqueline, oh oui, que ce serait bien qu'elle pense sans se laisser envahir par ses affects... Par contre, je me demande si elle est accessible à la moquerie, même gentille. J'ai un doute. Il faudrait que j'essaie...!

Écrit par : spyko | 17/11/2009

Effectivement Spyko, comme je sors très largement du cadre psy pour m'aventurer dans des sentiers moins fréquentés, il m'arrive d'être traité de "gros con". Cela ne me dérange pas. Toutefois, le fait d'être enregistré sur le blog permet d'être traité de "gros con" par des gens qui ont pris le temps de s'inscrire. C'est plus intéressant que d'être traité de "gros con" à la volée, par un quidam qu'on ne reverra peut-être jamais !

Écrit par : philippe | 17/11/2009

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