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28/09/2009

Contre transfert

Si vous ne connaissez pas le blog "Juste Après Dresseuse d'Ours", je vous recommande chaudement le dernier billet.


C'est brut, c'est dur, mais c'est rare que quelqu'un ose écrire ce qu'on a tous pu ressentir un jour ou l'autre, sans oser en parler au risque de subir l'opprobre de collègues, qui eux, saints et saintes de la Santé, n'ont jamais, oh non, jamais, eu de sentiments négatifs pour un seul patient...


Le contre-transfert négatif, et oui, ça existe. Si on arrive à le repérer à temps, tant mieux. C'est déjà ça pour éviter de s'y empêtrer.
Quand on arrive pas à le repérer à temps, là... C'est souvent trop tard et le consultation est déjà partie en jus de boudin...
Rien à faire, les soignants sont tous des humains. On est pas toujours gentils, et on n'a pas toujours des pensées gentilles non plus.


C'est terriblement épuisant pour le psy d'essayer d'être empathique lorsque le patient en face est antipathique. Oui, avec certains patients le courant ne passe pas. Ca arrive. C'est pas plus de sa faute que de la mienne mais ça arrive.
Et on fait quoi alors ? Ben, on essaie de mettre ça à part, de travailler sur soi, de comprendre pourquoi CE patient déclenche autant de choses chez nous. Il faut bien se connaître pour reconnaitre tout ça, ne pas se mentir, ne pas faussement accuser le patient d'être à l'origine des difficultés.
Et malgré tout, rester toujours en position d'aidant.


Je me souviens de mères qui arrivent dans le bureau en me prenant de haut, sachant déjà tout sur le gamin et ses problèmes, et demandant juste finalement au psy d'acquiescer au diagnostic qu'elles avaient fait, de parler au gamin de ce qu'elles pensaient qu'il devait dire...
Pas évident de prendre de la distance. Pas évident de refréner les sentiments et les émotions qui pointent à la surface. Pas évident, même si on le sait pertinemment, de se dire "allez, cherche un peu pourquoi elle se comporte comme ça...Ce n'est pas dirigé contre toi, il faut creuser..." 

Pas évident non plus d'avoir à faire à un gamin tête-à-claque. Un arrogant. Ou un opposant. Tous les gamins n'ont pas la tête des mômes des pubs Kinder. Pas évident d'être confronté à mur de silence ou d'opposition. Pas évident quand on est là pour aider que l'autre refuse notre aide.
Et lorsqu'on éprouve de la colère envers un gamin, à qui en parler ? Sans être jugé d'incompétent, de sans-coeur.
Tout le monde en pédiatrie a déjà trouvé un gamin antipathique, insupportable. Qui ose le dire ? Non pas pour coller une étiquette au gamin, qui n'y est pour rien lui, mais simplement pour en faire part comme un problème professionnel "je suis en difficulté car je n'arrive pas à être soignant auprès de cet enfant, le courant ne passe pas". 

J'ai donc adoré ce billet exutoire, qui résume ce qu'on peut tous éprouver dans un moment de colère ou d'abattement. Et qu'on ose jamais raconter...  Je pense qu'on peut parler de tout, de nos actes les plus glorieux, comme de ceux dont on est le moins fier. C'est comme ça qu'on avance non ?

 

 

 

Commentaires

J'ai lu ce billet et il m'a paru familier . J'avoue avoir déjà ressenti cette impression de "trop plein" , avoir détesté , avoir eu envie de fuir ...certains de mes patients d'oncologie transpirant la mort et dégoulinant la souffrance .Pour tout un tas de raisons : mon impuissance à les guérir voir même tout simplement les soulager à moins que cela ne soit la terrifiante image en miroir qu'ils me renvoient , de ce que je serai peut être demain ?
Les spykologues ne sont pas faits pour les chiens , mais pour les humains et même les médecins , justement , travailler sur toutes ces émotions , ces ressentis , permet de rester un médecin humain , c'est déjà pas si mal !

Écrit par : sandrinej | 28/09/2009

Les psychologues peuvent aider, c'est vrai.
Mais avant tout, il y a, à l'hôpital, l'équipe, au sens large : chacun pouvant être confronter à ses faiblesses, ses peurs, ses limites, c'est important que l'équipe soit le lieu où en parler, trouver du soutien, passer le relais pour tel ou tel patient si c'est trop insupportable pour non.
Il y a souvent tout une dynamique d'équipe à remettre en place, car petit à petit, le chacun pour soi, le cancan, les jalousies, finissent par l'emporter. Alors qu'on est tous dans le même bateau, autant s'entraider.

Écrit par : spyko | 29/09/2009

J'ai la chance de travailler dans une équipe jusqu'à présent très soudée , où la parole est ouverte et le relais peut se faire dans les situations difficiles .C'est ce qui m'a fait choisir de rester en secteur hospitalier dans un tel service alors que je suis généraliste .

Écrit par : Sandrinej | 29/09/2009

Je suis bien d'accord avec ton billet et celui de "juste après dresseuse d'ours". Dans mon milieu, à un autre niveau, je vis aussi ce type de difficultés. Pas toujours facile d'aider les enfants antipathiques, d'être disponible pour les parents qui sont désagréable... pas facile non plus d'aider un enfant dont les parents nous pourrissent la vie.
Heureusement, dans notre milieu, dans l'école où je bosse en tous cas, ce n'est pas tabou et nous pouvons en parler entre collègue, nous soutenir.
Merci à toi d'avoir abordé ce sujet.
A bientôt.

Écrit par : Chab'instit | 29/09/2009

Chab : le probleme doit être effectivement le même à l'école... Tous les enfants n'ont pas une tête d'ange et pourtant il faut arriver à prendre sur soi et travailler aussi avec eux

Écrit par : spyko | 01/10/2009

Yes et tous les parents ne sont pas agréables à côtoyer... pourtant il faut les recevoir régulièrement. En plus, on les voit chaque jours de l'année !
Mais bon, il y a aussi tous ceux qui font que je vais bosser avec le sourire et qui me font craquer ! Il y a aussi ces parents avec qui il est agréable d'échanger. Heureusement ! Ils ne faut pas les oublier ceux là !

Écrit par : Chab'instit | 01/10/2009

Les commentaires sont fermés.