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20/07/2009

Ridicule

Il y a des souvenirs dans sa carrière qu'on aimerait mieux oublier, mais bon, ils sont là, il faut bien faire avec...
Des casseroles qu'on se traîne, des gaffes, des situations où on aurait bien aimé pouvoir appuyer sur la touche "rewind" et refaire la scène.

Le premier souvenir dont je me rappelle, c'était la première année où je travaillais.
Je devais aller dans le service qui s'occupe des bébés hospitalisés, rencontrer une maman. Comme j'étais un peu nouveau, je ne connaissais pas encore grand monde. J'arrive dans le service, je demande aux infirmières où se trouve la chambre de l'enfant.
Quand j'arrive l'enfant est confortablement installé sur les genoux de sa maman, en train de boire son biberon. Comme il est contagieux, la maman a enfilé une surblouse verte par dessus ses vêtements, et je me dois d'enfiler la même également.
Je commence l'entretien : pourquoi il  est là, quel âge a-t-il, des frères, des soeurs...Etc... Au fur et à mesure, mes questions se font plus personnelles et je vois la maman avoir un petit sourire en coin, que j'ai du mal à interpréter.
A plusieurs reprise, elle tourne la tête vers le bureau des infirmières (la chambre est vitrée) et leur sourit...
Moi je ne comprends rien et continue l'entretien, jusqu'à ce que la "maman" finisse par éclater de rire :
"Ah...Désolé...Je ne peux plus... Je suis infirmière ici, je suis pas la mère !" et elle se tourne vers le bureau des infirmières qui rigolent de plus belle.
Ben oui, je pouvais pas deviner, sa surblouse cachant sa tenue d'infirmière, moi ne connaissant pas encore l'équipe, elle qui me laisse faire l'entretien....

Je me souviens aussi d'une gaffe. Qui m'a bien servi de leçon maintenant : Règle absolue : quand on rentre dans une pièce et qu'on ne sait pas qui est qui (mère, père, grand mère, tata, amis...), on n'essaie pas de deviner. Jamais.
La preuve : j'arrive dans une chambre voir un petit garçon. Je le découvre avec une dame aux cheveux gris, aux vêtements vieillots que je prends pour la grand-mère .
Je dis bonjour et je lâche : "Ah, excusez moi, je reviendrai quand sa maman sera là !".
Et la dame de se tourner vers moi : "mais je suis la maman...!"
Flottement.... Un ange passe....
Super, l'entretien commence sous les meilleurs augures...

Evoquons aussi le merveilleux entretien que l'on fait et où, ensuite, arrivant aux toilettes et se regardant dans la glace, on constate qu'on a sur la joue une merveilleuse tâche d'encre laissée par un stylo qui fuyait. Depuis combien de temps, combien de patients...Mystère....

Evoquons aussi ma mémoire qui me joue des tours (j'ai un mal fou à retenir les noms des patients, j'oublie très vite).
J'accueille une famille. Comme je ne les connais pas, je pose toutes les questions d'un premier rendez vous : composition de la famille, classe de l'enfant, antécents, etc....
Et quand la famille sort et que j'ouvre le dossier, je découvre dedans mon écriture. Sur une feuille datant d'il y a quelques mois....J'avais vu cette famille déjà !! Mais aucun souvenir, mais alors là, rien de chez rien.
Du coup, ils ont du se demander quel était ce psy qui leur reposait strictement les mêmes questions qu'il y a trois mois... Mais ils ne m'ont rien dit....
Honte.....Où me cacher, vite, une ile déserte !

Enfin, la dernière, une des fois où je me suis senti le plus mal. C'était il y a plusieurs années, les clé USB n'existaient pas encore.
J'étais convié à une conférence, où je devais parler une demi heure. J'avais préparé un beau petit exposé sur Powperpoint, tout était nickel. Je le grave donc sur un CD et m'en vais à la dite conférence.
Plusieurs intervenants, j'attends mon tour. Quand mon tour arrive, je donne mon CD au médecin qui supervise la journée et je me lève face à la salle.
Sur l'écran rien. J'attends....
Je me tourne vers le médecin qui me fait non de la tête. Je m'approche. Il me dit : "il n'y a rien sur ton CD"... Hein ? Mais si il y a quelque chose, je le jure, regardez, je clique, j'ouvre, et là, vous voyez bien que... Ah non... Zut...Il n'y a rien, c'est vrai !
(mais qu'est ce que j'ai foutu, arghhhh !!)

Toussotements dans la salle, ça s'agite....
"Vous avez des notes pour faire votre exposé sans l'ordi ?"
"Des no... Ben non....J'ai juste ramené mon CD  (ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas paniquer).
"Vous pouvez peut être faire un petit résumé à la salle ?
"...." (gloups)

C'est alors qu'un autre organisateur s'approche, demande ce qui se passe. Et me dit : "Mais vous m'aviez envoyé votre exposé par mail la semaine passé pour lecture ?"
"Euh...Oui c'est vrai
"Et bien, j'ai mon ordinateur portable ici, il doit être encore dedans alors."

Sauvé.

Mais juste un peu ridicule. J'avais gravé un CD vide... Honte honte honte.
Autant dire que maintenant, quand je participe à une conférence, j'ai ma clé USB, l'exposé imprimé au cas où et la plupart du temps, une copie du ficher envoyé à l'organisateur. Non mais.


Allez, le ridicule ne tue pas. Je vais m'en remettre.
Ah oui, je vais aussi essayer de ne pas mettre deux chaussettes de couleurs différentes (noire/marron) et consulter toute la journée comme ça s'en m'en rendre compte....
Si, si. Déjà fait.



10:19 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

Cher Psy,

Toutes ces petites gaffes sont bien charmantes!

Tous les soignants font à peu prêt les mêmes! Il m'est arrivé d'être abordé dans le métro par un ancien patient dithyrambique sur la qualité de mes soins de kiné que j'avais vu pendant presque deux mois presque chaque jour l'année précédente ... Et totalement incapable non seulement de me souvenir de son nom, mais même, dans un premier temps, de son visage!
Un coup à refroidir vos plus fidèles supporters!

Bonnes vacances et décompression

Écrit par : Rodrigue | 20/07/2009

"Règle absolue : quand on rentre dans une pièce et qu'on ne sait pas qui est qui (mère, père, grand mère, tata, amis...), on n'essaie pas de deviner. Jamais."

J'ai connu ça, aussi...
Bonjour madame, bonjour Marie, Bonjour monsieur... Vous êtes le grand-père, sans doute ? .... Non, non, je suis le papa....

Ne jamais présupposer quoi que ce soit sur qui que ce soit... jamais... Rires !

Et ne jamais arriver sur ton lieu de travail ... en chaussons, surtout pour ta première journée... Jamais...

Écrit par : psyblog | 20/07/2009

Ca fait un petit moment que je viens suivre votre blog que je trouve tout à fait sympathique à lire :]. Je suis elève infirmière, en deuxième année et en report cette année pour problèmes de santé.

En plus, quand on entre dans une chambre avec des gens malades, si en plus on rajoute une boulette, on à tout gagné, on peut tout recommencer! Je me rapelle, mon premier stage de première année, j'étais en stage en centre de rééducation, en traumato. Un patient sonne pour que je l'aide à s'assoir au bord du lit et le mettre au fauteuil. Donc je cherche ses chausons, je n'en trouve qu'un. Je m'enerve, ronchonne dans mes dents, je farfouille, sous le lit, sous l'armoire, dans la salle de bain, sous le regard du patient... Et puis j'entends le patient rire dans ses dents "vous pouvez la chercher longtemps la deuxième!", il lève son bas de pantalon, il n'avait plus qu'une jambe [c'était un accident qui lui était arrivé petit, heureusement qu'il n'était pas là pour ça!]. Il à bien rigolé, mais ça m'a servi de leçon! On observe avant de faire une c*******!

Et toute les fois ou j'ai appellé des dames "monsieur" parce qu'en les regardant vite fait elles avaient l'air un peu masculines...

C'est honteux, j'avoue, mais c'est vrai, on à tous nos petits boulets qui nous apprennent les leçons...

La première anecdtote m'a vraiment fait marrer! Combien de fois je me suis faite "bizuter" par les infirmières en arrivant!

Écrit par : Mawie | 22/07/2009

Rodrigue : Ah ! Il n'y a pas que moi qui oublie les patients, ça me rassure ! Je suis scié par certaines collègues qui arrivent à se rappeler d'un patient vu il y a cinq ans et qui te font un résumé du dossier sans oubli...

Psyblog : Je ne présuppose plus rien maintenant, ca c'est sur. Ca évite les gaffes. Poser le psy comme un Gaston Lagaffe en début d'entretien, ça le fait pas....

Mawie : humour noir mais qui m'a fait rire pour ton anecdote !

Écrit par : spyko | 24/07/2009

J'suis très en retard, mais je reprends avec délice tout l'historique de votre blog... Et là je suis obligée de commenter, c'est trop drôle...

Dans la catégorie à éviter... que j'ai testé récemment :
Aller à un entretien d'embauche...avec deux chaussures différentes !!!! :D Ne me demandez comment c'est possible ! J'ai tellement rigolé quand je m'en suis rendu compte... (Heureusement des chaussures style "rando" très similaires, mais quand même !)

Alors merci pour l'histoire des chaussettes... ça me rassure, ce genre de gaffe arrive même aux psy les plus expérimentés ;).

Écrit par : Eclypx | 29/09/2011

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