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21/06/2009

J'y crois pas

Après avoir lu cette note, "Croyez vous aux psys ?" chez Le coin du hérisson (via Grangeblanche), j'avais envie d'y aller de mon petit avis.


Moi j'ai un problème :ce sont souvent les papas qui n'y croient pas...
Déjà pour poser les choses, je dirai comme ça au pif, que dans 80% des consultations, je vois l'enfant et la maman seuls.
Je dirai en gros toujours au pif que sur les 20% qui restent, 15% viennent en couple et en gros, 5% c'est le papa tout seul qui s'y colle.
Est que c'est révélateur ? Oui mais de quoi ? Est ce que les pères ne "croient pas" au psy ? Ou bien c'est juste culturel, et c'est à madame de s'ooccuper des problèmes de santé des rejettons, que ce soit psy, médecins kiné ou orthophoniste. Si les autres professionnels de pédiatrie voient aussi les mères en priorité, alors ce n'est pas que moi hein (ouf ).
Mais y'a tout de meme de ça. Parce que ça arrive souvent quand meme que Papa soit là, là dans la salle d'attente, ayant emmené toute la petite famillle à l'hopital pour la consultation et quand j'appelle l'enfant dans la salle, maman et rejetton se lèvent et papa reste dans son magazine.
Plusieurs fois j'ai meme entendu des mères demander "tu viens avec nous ?" et le père dire ou faire signe que non...
Ooops.... Il y a eu quelques fois où j'ai été déliberemment provocateur en disant des phrases comme "ah ben, j'espère que c'est pas moi qui vous fait peur ? " ou bien, avec le sourire "Ah non désolé c'est même motif même punition pour tout le monde".
Mais sincèrement, mon impression, dans ces cas là, c'est que Papa s'en tappe. Il s'en contre fout du psy.
Car une fois dans la salle de consultation, venu contraint et forcé, Papa ne dit rien, laisse tout le monde causer, ou bien juste en remet une petite couche sur les défauts ou troubles du comportement de l'enfant. Mais Papa ne se remet pas en question...Ouh là non, il est pas venu pour ça lui. C'est sa femme qui voulait voir un psy pour le gamin, lui il a fait le taxi, si en plus on lui demande de se remettre en cause...Nonmého ca va pas ou quoi ???


Ouais je caricature car il y a aussi des pères charmants, ouverts, intéressants et intéressé par la psychologie de leur enfant et ce qu'ils peuvent faire. Mais dans la plupart des cas, quand même, le fond du truc, c'est que le père n'y croit pas. La psy c'est de la connerie de bonne femme qui a trop lu Femme actuelle et Biba.
Le gamin avec un bon coup de pied au cul, ca ira mieux. Et puis lui, dans son temps, on prenait pas de tant de temps à parler et à pleurer sur son sort (déjà entendu...).
Et comme pour Le coin du Hérisson, moi aussi plusieurs fois j'ai entendu "de toute facon j'y crois pas, à la psychologie".
Ben merde.... Je suis rangé dans le meme clan que la foi ? La scientologie ou l'imposition des mains ?
J'aurai passé cinq ans à la fac pour des conneries ?
Le pire c'est que les gens qui me disent "j'y crois pas" le pensent sincèrement : ca a toujours été des hommes et toujours dans le sens où c'est bien pour les femmes de causer et pleurer, mais quand on est un mec, on avance et on se tait,point barre.

A la limite, il me laisse le gamin, parce que ça peut lui faire peut etre du bien, mais jamais le papa ne se remettra lui en question...IL n'y croit pas...
Et lorsque les gens en face ne sont pas en position de se questionner, de changer, je ne peux rien travailler bien entendu. Bloqué.

En tout cas, vous qui croyez un tant soit peu à la psycho, entrez dans ma secte aujourd'hui, conditions tarifaires intéressantes. Bien entendu j'en serai le grand gourou, et promis j'essaierai de bien me tenir avec les nouvelles recrues, jeunes, blondes et à forte poitrine.
Pour les autres, c'est 1500 Euros cash. Mais vous irez mieux ensuite, ça vaut le coup. Venez nombreux.

13:10 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

Commentaires

C'est exactement ça, un truc de bonnes femmes, et un coup de pied au cul pour ne pas en faire des chiffes molles. Pas que les hommes, tu sais, combien de femmes encore pensent ça (mets toute ma famille déjà, et les "mais tu nous pompes avec tes questions, arrête de te faire des noeuds au cerveau, pourquoi tu parles de tout ça?", etc, etc).
Les têtes effarées quand j'ai dit être allée chez un psy, carrément angoissées quand il s'est agit d'emmener ma fille (un mois pour convaincre mon mari qu'il n'allait pas se faire manger), qui allait visiblement assez mal, puisqu'elle pleurait sans cesse.
Parfois, je fais du prosélytisme, avec mon mari surtout, en bref, j'explique ce que je viens de lire, et qui, par chance, me semble éclairer une situation précise (exemple, les batailles au moment de partir le matin). Mais je n'ai jamais pu leur faire ouvrir un bouquin, faut que je me tape le boulot, lecture et note du synthèse. (Je te passe les sourires entendus sur mon côté gentiment évaporé quand ledit bouquin leur est passé aux dessus du crâne à la page2). Et la restitution : pas à n'importe quel moment encore. Et de la chance, j'ai un mari très très à l'écoute et conciliant. Bien plus facile que ma famille. On soigne les bleus aux genoux, c'est tellement plus facile que de se remettre en question...Et ce n'est pas très agréable non plus, de se voir transformé en un persécuteur, de voir ses souvenirs ou sa tristesse simplement niés, il en faut de la volonté pour poursuivre sa route malgré tout...et accepter finalement de laisser ceux qui ne veulent pas entendre derrière soi, et s'occuper du mieux qu'on peut de ceux qui dépendent de vous, et pour lesquels le boulot n'aura peut-être pas été inutile.

Écrit par : lechalote | 21/06/2009

Vous m'en voyez rassuré. Je pensais presque qu'il n'y avait que mon paternel pour me dire que ça ne sert à rien les psy, la preuve, les gens en voient pendant 10 ans sans jamais aller mieux.

Je comprends à l'instant la partie assassine qu'avait ce propos dans la bouche de mon père : "Tu n'arriveras jamais à te sortir de tes problèmes par l'analyse" et la révélation qu'il me faisait : "Je n'ai jamais réussi moi-même à avancer comme ça".

Et dire que je l'ai écouté... Bon. Gagner des sioux (oui parce que je suis fauché quand même en ce moment) et prendre rendez vous pronto. Voire prendre rendez-vous pronto sans attendre de redevenir un petit bourgeois pour ça.

Je vous dois combien pour ces deux prises de consciences docteur ? :)

Écrit par : Leto | 21/06/2009

Leto : on peut négocier les tarifs. Je suis gourou d'une secte assez arrangeante en fait. Disons que la prise de conscience initiale est offerte par la maison ;-)

Lechalote : Chacun ne peut pas suivre la même voie. L'important est que vous ayez trouvé la votre, que votre questionnement, votre recherche vous amène un mieux vivre. Ca c'est précieux. Pour les autres... On ne peut pas les changer contre leur gré...

Écrit par : spyko | 21/06/2009

Cher Spyko,

Je suis étonné que mon précédant billet n'est suscité aucun commentaire. Sans doute n'ai-je pas été suffisamment clair, et peut-être trop long?

Les "hommes" pas intéressé par la psychologie ont la facheuse tendance à ne pas m'intéresser, surtout s'ils se présentent avec cette seule aversion.

Écrit par : Rodrigue | 21/06/2009

rodrigue : oui je m'apercois qu'il y a tout un lot de commentaires que j'avais completement zappés dans le billet precédent. Sorry !

Écrit par : spyko | 24/06/2009

A la décharge des papas : ils n'ont pas toujours le temps de trimballer les enfants chez les psy et les médecins et de toutes façons, en cas de traitement, ce n'est pas eux qui gèrent. Ils n'aiment pas les hopitaux, les toubibs, les médicaments.... la maladie en général.Ils sont un peu trouillards.

Écrit par : marie lo | 26/06/2009

Très amusant ! Effectivement les hommes n'y croient pas. Mais il faut dire qu'avec la ribambelle dé confrères crétins surmédiatisés, cela ne donne envie à personne de venir nous consulter.

Je n'ai qu'un tiers d'hommes dans ma clientèle. La plupart du temps ils sont bien plus compliqués que les femmes et arrivent toujours dans des états catastrophiques. Il faut dire que l'homme peut tout, tout le temps, tout seul et qu'il n'a pas besoin de consulter parce qu'il n'est pas une "fiotte" ou qu'il n'est pas "fou".

Quand à ceux qui ont des problèmes mais ne croient pas en notre discipline, il leur reste les copains, la délinquance, l'alcool, la toxicomanie, pour tenter d''aller mieux :)

Écrit par : philippe | 29/06/2009

Marie Lo : les pères ont la trouille et le cachent en décrédibilisant les psys ? Ah ouais, ca me convient bien comme hypothèse ça !

Philippe : J'imagine effectivement que chez les adultes, les hommes arrivent quand vraiment ils arrivent plus DU TOUT à gérer les soucis... Et oui, faut être fort, pas se plaindre, pas pleurer, etc.... Alors à force de tout remballer, contenir, c'est le principe de la cocotte minute : si y'a pas de soupape, ça pête. (moi je m'assume très bien dans le rôle de la soupape...)
Sinon pour ceux qui préfèrent les copains, déjà, c'est positif, on peut raler et déblaterer sur les soucis, ça permet d'évacuer et de prendre du recul. C'est toujours mieux que la fuite dans les toxiques.

Écrit par : spyko | 29/06/2009

Je ne pense pas que les pères n'y croient pas, je pense qu'ils sont tétanisés. Je suis allée voir un psy quand j'avais 20 ans pour régler des problèmes que j'avais eu enfant avec ma soeur aînée. Ma mère s'est beaucoup impliquée dans le processus, mon père beaucoup moins. En réalité, il avait tellement peur que le psy me fasse réaliser qu'il n'avait pas été un bon père dans certaines circonstances qu'il préférait prétendre que tout ça n'était que baratin. Prétendre de ne pas y croire est un bon mécanisme de défense en cas de reproches potentiels. C'est bien plus facile que de se prendre la réalité dans la figure et de voir sa conduite remise en question et condamée.

Écrit par : Héloïse | 13/12/2013

Hello,

Psyko? Es tu encore parmi nous? Voilà tellement longtemps que tu n'as pas donné de signe de vie... Je passais voir si pour 2014 tu pensais nous honorer d'un signe... Peut-être en est-il pour toi comme pour tous les sites de psys qui ont fleuri à "notre" époque... Ils ont périclité ou fermé de par la lassitude de leurs auteurs... Moi-même d'ailleurs voilà bien longtemps que j'ai quitté la blogosphère! Et je me rends compte qu'il n'y a pas de véritable relève (je ne compte pas les "blogs" qui sont juste là pour faire de la pub aux cabinets de certains collègues)...

Enfin peu importe...

Je venais réagir à ce billet qui m'avait échappé... J'ai un élément de réflexion... Et si on questionnait le rapport de causalité autrement? N'y aurait-il pas en réalité à la base de notre pratique une sur-représentation statistique de constellations familiales où les pères sont symboliquement peu présents dans les situations où nous intervenons?

Dans ma pratique de psy je me rends compte que nous ne voyons pas les familles lambda. Nous voyons les familles qui sont le plus fragilisées psychologiquement (forcément, on est psy et ce sont ces familles là qu'on reçoit! S'il n'y avait pas de problème "psy" elles ne viendraient pas nous voir!). J'imagine que tu ne reçois pas toutes les familles qui passent par ton service, mais seulement celles pour lesquelles la confrontation à la maladie de l'enfant favorise l'écolosion ou l'aggravation de fragilités qui étaient déjà là ou à l'état latent dans le fonctionnement familial.

Or... Quid de la place du père dans les familles représentant un terreau plus favorable aux fragilités psychiques chez l'enfant?

On se rend compte qu'elle est toujours complexe. Pas toujours bien assumée par le père lui-même... Ou alors, le père est "empêché" de tenir sa place par une maman qui laisse peu de place au père (et elle se foutra totalement de savoir si papa peut ou pas venir au rv avec le psy - d'autant qu'il faut jongler avec les heures de disponibilité des uns et des autres et que de caler 4 agendas -celui du psy, de l'enfant, de la mère et du père - relève de la gageure!). Entre le père totalement démissionnaire et la mère abusive-toute-puissante qui ne lui laisserait aucune place, il y a une infinité de déclinaisons de situations expliquant la difficulté que nous rencontrons à voir les pères mobilisés dans le soin psy de leurs enfants.

Certains disent ne pas y croire... Mais ça n'est pas spécifique au travail du psy. Ils ne croiraient pas plus aux propositions de l'orthophoniste, ou ne verraient pas plus l'interrêt d'accompagner l'enfant chez le psychomot', et même chez l'orthodontiste puisque ça n'est pas un soin urgent obligatoire... et surtout parce que ça les pompe sévèrement d'accompagner leurs enfants.

D'ailleurs... Perso... je trouve que les situations où les pères se mobilisent authentiquement dans les prises en charge des enfants... Sont celles qui sur le plan clinique réussissent le mieux et le plus rapidement... Parce que justement cette capacité d'engagement du père témoigne de la place réelle qu'il occupe dans la famille auprès de l'enfant... Une place qui en étant réellement tenue est déjà en soi un facteur équilibrant.

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Par rapport au fait "de ne pas y croire", je trouve l'expression intéressante.

Personne ne se demande s'il croit ou pas aux antibiotiques... Ou aux vaccins... On y souscrit ou pas... On est pour ou contre... Mais on ne se pose pas la question d'y croire.

Cette expression renvoie l'action du thérapeute au registre de la croyance et non pas au registre de la science.

Et comme cela l'est écrit plus haut... A force de voir certaines personnes (pas forcément psys d'ailleurs) utiliser le vocabulaire psypsy à tort et à travers, en faisant des interprétations sauvages etc... On voit en effet la psychologie ravalée au rang d'un simple discours coupé de tout fondement clinique, scientifique ou empirique.

Le champ du "développement personnel" qui mélange philosophie de bazard, spiritualité à la carte et psychologie de bas étage, en a rajouté une couche sévère.

Si la maman des enfants est hyper réceptive à ce genre de conneries... Je trouve que le père qui n'y croit pas est un type très sain d'esprit! Et on peut arriver à travailler avec lui dès qu'on s'appuie ostensiblement sur certains éléments qu'il peut apporter pour comprendre l'enfant. Je me souviens d'une situation où un père était constamment invalidé par une mère qui psychologisait et intellectualisait tout pour mieux ne rien voir de la réalité des problèmes de leur enfant... Tu métonnes qu'il ne pouvait plus y croire le bonhomme! Depuis que sa femme psychologisait et interprétait... L'enfant n'allait pas mieux, bien au contraire!

Or c'est là tout le problème de la vulgarisation psy : ça ne fait j'amais qu'entretenir l'inflation d'un discours psypsy que tout le monde pense pouvoir s'approprier dans des guides pratiques de recettes ou des émissions de télé... Afin de l'utiliser dans l'espoir de régler ses problèmes sans jamais aller consulter un vrai pro! Ne plus y croire c'est inévitable!

Par curiosité vas voir sur google les blogs consacrés à la psychologie ou la psychanalyse. Mis à part les blogs publicitaires de cabinets... La majorité des blogs ne sont pas tenus par de vrais professionnels. Ils sont plus fantaisistes les uns que les autres, et certaines personnes se réclament de formations bidons non officielles ou de titres pas forcément légitimes... Mais ça il faut le savoir... Bref... La confusion persiste et s'entretient allégrement!

Comment y croire alors?

A bientôt j'espère!

Écrit par : Jack | 02/01/2014

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