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08/04/2009

Nos amis les Chirs

Après avoir lu l'excellent billet de Med'Celine au sujet des chirurgiens, je peux aussi en rajouter une louche de mon côté.
Parce qu'il faut le savoir, au cas où vous l'ignoreriez, le chirurgien à l'hôpital est un demi-dieu. Pas moins.
Ayant l'insigne honneur d'opérer et donc d'avoir la vie des patients entre les mains, il faut le préserver de tout stress, toute contrarieté, courber l'échine, apporter le café les petits gâteaux et supporter les sautes d'humeur.
Bon, s'il y a des chirs qui me lisent, SVP, si vous n'êtes pas comme ça, dites le moi ! Je suis prêt à réviser mon jugement, mais pour l'heure, euh... Je n'ai pas rencontré de spécimen de chirurgien qui déroge encore à cela.

Bref chez moi, à l'hôpital où je suis, c'est pareil. Tout le monde doit faire place nette pour le chirurgien.
Par exemple, je me souviens très bien qu'un jour, à la demande du chirurgien lui même, je suis allé voir un patient en entretien.
Mais, inconscient que je suis, que n'ai je donc pas fait, je suis venu le voir à l'heure de La Visite (mettez svp des majuscules lorsque vous parlez de quelque chose en référence au Chirurgien).
Or, la Visite, vous voyez bien ce que c'est: le demi-dieu, suivi d'un aéropage d'internes, externes, infirmières qui disent "oui, monsieur" et qui écoutent d'un air pénétré les Saintes Paroles proférées lors de la dite Visite.

Bref, je voyais mon patient dans sa chambre lorsque je me suis fait éjecté en beauté par le chir et sa clique.
Car voyez vous, chez nous, il y a des règles immuables. Lors de la visite, le chirurgien fait les chambres une par une, DANS L'ORDRE. Et pas autremment.
Qu'importe que le psychologue y soit en entretien ou pas. Non, non, il n'est pas possible de sauter la chambre 3 et passer à la 4. On aurait pu y revenir en fin de visite et laisser le temps au psy de finir. Non vous dis-je, c'est impossible.
C'est écrit quelque part, dans Les Tables de La Loi des Chirurgiens : la visite se fait dans l'ordre des chambres pour ne pas perturber les habitudes de notre bien aimé médecin.
Donc bref, je me suis fait éjecté alors même que c'est le chir qui m'avait demandé de passer...Quant au respect pour mon travail... Bah...Une autre histoire ça.

Et je vous passe ce qu'endurent les infirmières quelques fois, et que je ne sais qu'à moitié probablement. C'est clair qu'opérer est quelque chose d'infinimment stressant pour le chir, je le reconnais. Il a une énorme responsabilité entre les mains, pas de doute.
Mais pour autant, la règle tacite qui veut que l'infirmière se doit de tout supporter des humeurs du chirurgien à cause "du-grand-stress-qu'il-a", ça me semble un peu exagéré... On fait comprendre aux filles qu'elles doivent, en intervertion, rester calmes et supporter les humeurs du grand chef, les noms d'oiseaux, les colères, parce qu'il a beaucoup de stress et que c'est-pas-de-sa-faute-le-pauvre.
Qu'il y a une règle tacite bien claire : "ce qui se passe au bloc doit rester au bloc". Silence. N'allez pas vous plaindre ensuite mesdames, c'est comme ça. Le chir doit évacuer son stress, ça tombe sur vous, ça fait partie du job. Point barre.

Bon je reconnais à leur décharge qu'ils font un métier de barge, des horaires pas possible et une pression constante. Que c'est clair, je n'aimerai pas être à leur place.
Mais ça serait bien d'améliorer les choses tout de même ?


09:58 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

Commentaires

oui ils ont un métier de barge, des horaires dingues et la pression, mais ils l'ont choisi, non ?

Écrit par : nine | 08/04/2009

Ah! Alors ça ne venait pas que de moi, alors?? Je suis presque rassurée. Bon,,je raccroche, j'ai un scotome para central qui débute, les doigts s'emmêlent!

Écrit par : Med'celine | 08/04/2009

D'une part les choses ont un peu évolué, je me souviens de personnages fort compétents mais à la personnalité disons "borderline" qui, heureusement, ne se rencontrent plus. Par contre, l'anesthésiste qui était le même depuis l'examen initial jusqu'au réveil de l'opéré, se conjugue en trois: un à l'examen initial, un au bloc, et encore un au réveil! Ce qui multiplie les risques de mauvaise communication, mais leur permet sans doute des horaires un peu moins fous. Quand aux visites, on pourrait en écrire des thèses!

Écrit par : Rodrigue | 08/04/2009

Pour une fois je vais me faire l'avocat du diable. Certe des "comme tu dis" j'en ai connu à l'hopital , et même des très cons avec l'externe que j'étais.. du style ...tu imagines. Mais là où je suis l'ambiance générale est tout à fait différente et le chir gynéco qui fait beaucoup de cancéro est un type super attentionné, aux malades, aux autres professionnels et partout où il passe on est sous le charme, pourtant c'est un ancien de Gustave Roussy, donc il aurait pu prendre de sales habitudes, et dans l'ensemble tous nos chirs sont sur le même mode( m'enfin le gynéco c'est le plus top!). et puis je vais défendre mon ex et tous ses potes chirurgiens de CHU ou de privé, ils sont super cool...pas du tout comme ça...tu es peut-être dans un hopital où il règne cette espèce de tradition désuette? ou alors je suis dans un coin où on a appris aux chirurgiens que plus on est sympa, plus on reçoit en retour...? Thétis aux pays des merveilles?

Écrit par : Thétis | 08/04/2009

Nine : ils ont choisi certes, mais j'essayais de comprendre le pourquoi du comment et de trouver des circonstances atténuantes
Med'celine : a priori non, ca ne venait pas que de toi ! Ou alors on a une sale tête tous les deux ?
Rodrigue : les choses ont probablement évolués oui. Ceux dont je parle d'ailleurs sont les plus agés effectivement.
Thetis : comme je l'écrivais plus haut à Rodrigue, les choses changent surement, les mentalités aussi. Le "mandarin" imbu de ses prérogatives se fait plus rare. Et je suis bien content de voir que les chirs que tu connais ont cette approche humaine qui manque encore dans les services où je passe. J'ai bon espoir pour les années qui viennent alors

Écrit par : spyko | 08/04/2009

C'est un peu caricatural, la description de la visite, le gentil psy, le méchant chir et les pauvres infirmières. Il ne manque rien, on dirait un soap américain qui respecte les quotas ethniques.
Je ne suis pas un grand fan de l'approche chirurgicale des patients mais ils font un job effectivement difficile. La majorité des chirurgiens que je connais sont des gens sympas. La féminisation de la spécialité je pense y participe.
Je finirai juste avec une histoire récente, une patiente jeune qui va mal, arrêt cardiaque, réanimation 30 minutes, un coup d'écho et on trouve un épanchement péricardique. AUcun de nous n'avait fait une ponction péricardique, appelle le service de chir, arrive l'interne et un senior. Super zen, une aiguille, il ponctionne. Ca ne suffit pas, remasse 30 minutes, elle est en train de mourir. Notre chir très zen me regarde, tu veux que je fenestre le péricarde? Plus rien à perdre, je répond oui.
Dans le box, en bras de chemise, une mauvaise aspi, il prend un bistouri et il lui fait une sous xyphoidienne, quand il ouvre le ventre, un geyser de sang, partout, hémopéritoine. Il ouvre le péricarde, il met la main dans le thorax et fait un massage cardiaque interne pendant 5 minutes. Malheureusement, nous ne la sauverons pas.
Après je lui dis chapeau, tu l'as fait souvent la ponction péricardique, non c'est la première fois. Double coup de chapeau. Il est reparti désolé de n'avoir pu mieux faire.
Pas grande gueule, cool. C'est ça aussi être un chirurgien. Oser mettre les mains là où vous n'oseriez même pas imaginer les mettre.
Alors, oui, il sont chiants et caractériels parfois mais ça change et je crois que l'immense majorité sont des mecs et filles biens qui ont un vrai désir de faire le mieux possible pour leurs patients.
Moi prendre la défense de la chirurgie on aura tout vu.
Désolé pour la longueur du commentaire.

Écrit par : stephane | 08/04/2009

désolé Stéphane si j'ai pu paraître caricuratural. Je ne parle que de ce que je connais et donc que des chirs que je pratique au quotidien...
Pour la visite, je n'invente rien, promis juré, c'est vraiment comme ça dans le service.

Sinon je suis prêt à changer d'avis, c'est bien ce que je disais en début d'article. Et il y avait beaucoup de second degré aussi.
Alors si la plupart des chirs sont le contraire de ceux que je connais, TANT MIEUX !

Écrit par : spyko | 08/04/2009

Les commentaires sont fermés.