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09/03/2009

Y'a des jours

Y'a des jours où j'ai envie de râler, j'y peux rien, ça fait du bien. De toute façon, mieux vaut que ça sorte non ? Plutôt que je n'assassine un patient par exaspération dans les prochains jours...

Bref, la semaine passée, tranquillement en consultation avec un petit patient. On frappe. Le chef de service entre dans mon bureau.
Généralement, quand même, les gens, lorqu'ils voient que je suis en entretien, s'excusent et reviennent ensuite.
Mais là, non. Il entre. Déjà ca m'agace passablement.

Pour me parler d'un patient, le tout devant mon patient à moi qui n'en perdait pas une miette (le secret médical ? Mais c'est quoi c'te chose ???)
Gentiment (c'est le chef de service quand même !), je lui propose de passer le voir en fin d'apres midi pour reparler de tout cela "au calme". Mais non, le bougre continue sur sa lancée... Je me contiens....
Pour finalement me demander pour son patient un RDV urgent. Mais vraiment urgent me dit-il.

Alors "vraiment urgent," ça veut dire que, depuis quelques mois, comme ma collègue est en arrêt, je gère le service, pour les soucis psy, tout seul alors qu'on était deux auparavant. Ce qui veut dire que ma disponibilité s'est envolée et mes RDV disponibles repoussés aux calendes grecques.
Donc voilà, le chef de service m'explique donc que c'est une vraie urgence (sous entendu : ca valait bien la peine que je te flingue un entretien non ?).
Désespéré de me faire entendre, je lui file le premier créneau que je trouve sur mon agenda pour qu'il me fiche la paix, moi et mon patient.
Ouf.

Et le rendez vous "urgentissime" était cet apres midi. Une ado. Sympa, la jeune fille, je ne lui en veut pas : polie, réflechie, beaucoup d'introspection, consultation intéressante..Mais..Mais...Mais...
L'urgentissime raison qui fait que Môssieur le chef de service entre dans mon bureau, réclame un rdv de suite pour SON patient c'est que...La demoiselle est en conflit avec son petit ami.... Peine de coeur. Elle voudrait rompre, elle n'ose pas, elle est perdue...

Arghhh...
Waouh, quelle urgence...


Quand je pense qu'à coté de ça aujourd'hui, j'ai géré une tentative de suicide, une suspicion de maltraitance, une ado en refus de soin...Je me dis que l'urgence est décidemment toute relative... Bousculer mon planning pour une peine de coeur, tout de même... Bon ok, je l'ai un peu aidée quand même, cette ado (allez,  du positif quoi !!!)


Quant au respect par le médecin de ma consultation, n'en parlons pas.... On s'imagine qu'on peut interrompre un entretien sans souci et que je reprendrai surement avec l'enfant EXACTEMENT là où j'en étais avant. Pas de souci.
Mais c'est impossible...On perd tout de l'émotionnel, de l'intensité qui s'est crée. Plein de choses ne sont plus "reprenables" ensuite.
Vous m'imaginez dire au patient "alors on en était où ? Ah oui, vous pleuriez en me disant que vous alliez me parler du décès de votre mère. On peut reprendre là ? Ok ? Allez y, repleurez...On y va , à vous maintenant.".
Sans commentaire.

Bref, maintenant, vous le savez, SOS peines de coeur, c'est moi. N'hésitez pas, je bousculerai mon agenda pour cela...
Si je me mets à recevoir en urgence tous les ados qui se sont fait plaquer par le petit copain ou la petite copine, je vais pas chômer moi...!

Commentaires

Z'auriez dû lui balancer à la tête au chef de service le "respect du patient et lui dire qu'il attendrait la fin de votre entretien... Tout chef qu'il est, ça lui aurait fait du bien d'être rappelé à l'ordre :

"Naméo, t'es pas chez mémé ici, y a des gens qui travaillent et d'autres qui souffrent, alors t'es gentil, à moins qu'il y ait un fou furieux à l'accueil, une prise d'otage en salle de scanner, tu attends la fin de MA P***** DE SEANCE ET TU LAISSE MON PATIENT PROFITER DU SEUL MOMENT OU Y A QUELQU'UN POUR L'ECOUTER AU LIEU DE LUI MARCHER DESSUS COMME LE FONT EN PERMANENCE LES GROS CONS DE TON ESPECE !"

Bon vous pouvez édulcorer, mais à terme, ça devrait vous apporter un certain respect et en plus les patients vont vous adorer MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHA.

Accessoirement, pour lui faire regretter au chef fallait la mettre sous Lexo la petite qui s'est faite plaquer lololol

Écrit par : Leto Mode "Génocidage" de Cons | 09/03/2009

J'aime bien le mode génocidage de cons...Ca fait du biiieeeen !
Mais bon, si je veux garder mon boulot encore quelque temps, je vais tâcher de laisser mon chef en vie, ça va faire tâche sur mon CV sinon

Écrit par : spyko | 09/03/2009

Comment pouvez-vous ne pas vous faire respecter à ce point ? Vous comptez continuer comme ça longtemps ? Vous ne rendez service à personne en agissant ainsi: ni le chef de service à qui vous aller donner des habitudes déplorables, ni à votre patient . Je ne comprends pas, tout simplement.

Écrit par : Rodrigue | 10/03/2009

cher Rodrigue...Le fruit d'une (longue) éducation de bonnes manières et de respect de son supérieur font que je ne rentre pas dans le lard de mon chef de service comme ça.
Je suis plutot à discuter de cela plus tard, à froid, loin de toute ambiance conflictuelle.
J'ai déjà expliqué souvent aux médecins du service (dont le chef de service) pourquoi il fallait éviter d'interrompre un entretien...
Ensuite quoi faire ? Dire au chef de service "maintenant sortez de mon bureau ? ". Je me vois assez mal faire ça, mais peut etre que je manque de courage simplement.

Je pense qu'on en reparlera au fil des notes du blog de toute facon

Écrit par : spyko | 10/03/2009

C'est ce qu'on appelle se retrouver entre le marteau et l'enclume, on dirait! Il m'arrive d'avoir des soucis similaires lorsque le téléphone sonne. On s'en sort par une pirouette, mais des fois, on a une exaspérante tendance à l'amnésie des faits précédant l'interruption malencontreuse. Le "on en était où?" ne m'est pas inconnu!!
Et merci de me faire l'honneur de me mettre en lien chez toi! C'est gentil tout plein, ça!

Écrit par : Med'celine | 10/03/2009

Tant que vous lui en parlez après à froid, en effet, vous pouvez être doublement gagnant : garder votre job, réussir à éduquer votre chef.

Mais n'oubliez pas cependant, une fois que vous lui aurez dit gentiment une fois, il ne faudra pas hésiter à lui rentrer dans le lard la seconde fois, parce que sinon, ce sera foutu ^^

Parce qu'il en va dans ce genre de situation comme dans la rupture du contrat amoureux : une fois, c'est un accident, deux fois, c'est une aventure à laquelle il va falloir mettre un terme définitif, ou une récidive révélatrice d'un manque de communication efficace qu'il va falloir résoudre.

En général, il faut se barrer à ce moment là.

Même si certains attendent la troisième fois (confirmation de la relation extraconjugale, ou troisième écart, signe que l'autre s'en fout royalement).

Oui, j'adore les paralèlles qui n'ont, à priori, rien à voir mais qui, pourtant, sont tellement similaires !!! ^^

Écrit par : leto | 11/03/2009

Les commentaires sont fermés.