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13/02/2009

Zéro info

On m'appelle aux urgences pour un jeune homme qui vient d'être adressé à l'hôpital par son psychiatre habituel.
J'arrive dans le bureau des infirmières et là, je vois les internes et les infirmières en train de rigoler au dessus du dossier.
Je demande ce qui se passe.
"Regarde le courrier du psychiatre, me dit l'infirmière.

Pour info, on a l'habitude que nos amis psychiatres soient très très peu informatifs dans leurs courriers. Sous couvert de la confidentialité des entretiens, les courriers sont le plus souvent laconiques...
Confidentialité des propos en entretiens, je suis tout à fait d'accord, et heureusement qu'elle est là ! Mais ne distiller les infos qu'au compte goutte, là, non. On peut au moins évoquer à son correspondant une pathologie, lister des troubles, parler de l'évolution du patient... Un minimum d'infos globales, utiles pour la prise en charge et qui ne trahissent pas le secret des entretiens.

Bref, je jette un coup d'oeil au courrier du-dit psychiatre...Qui gagne le pompon du courrier le plus baclé :(haut la main !) :

"Cher confrère,
Je vous adresse pour hospitalisation le jeune X.
Bien confraternellement
Dr Y."

Voila. C'est tout.
Motif de l'hospitalisation ? Nada
Quel pathologie présente le patient ? Pas d'info.
Qu'attend le psychiatre de nous ? On sait pas.

Waouh...Avec un courrier comme ça, c'est clair qu'on va être efficaces. Genre le psy suit le gamin depuis deux ans, connait tout de ses difficultés, mais nous, champions du monde de la psy, pas la peine de nous donner UNE info, on va tout débrouiller aux urgences hein.
(et il est bien connu qu'un service des urgences est l'endroit rêvé et idéal pour prendre son temps, se poser, discuter trois heures avec la famille pour tout saisir des difficultés ).

Bref. Moi aussi, ça m'a fait rigoler...
L'interne me dit que ça serait vraiment réjouissant de répondre :

"Cher confrère,
Vous nous avez adressé l'enfant X pour hospitalisation.
Nous l'avons bien hospitalisé.
Confraternellement"

Enfin, le moins rigolo dans tout ça, c'est que le pauvre gamin et sa maman ont été obligé de reprendre avec nous toute leur histoire, de tout répêter pour qu'on se fasse une idée des difficultés et surtout de ce qu'on pouvait faire. Je trouve pas ça très sympa tout de même...Surtout que leur histoire était fort lourde et pas évidente à redire à des inconnus.

09:14 Publié dans Hopital | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

ah ça!! j'ai les mêmes qui m'orientent les patients pour pb sociaux et veulent savoir ce que je peux proposer... Ben rien... secret pro hein!!

Écrit par : Zéb' | 10/12/2009

Les commentaires sont fermés.