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23/12/2008

Découper le patient en petits bouts...

Et oui, les vacances étaient attendues, car le rythme au travail était bien soutenu ces dernières semaines

Quand je pense que le rôle du psychologue à l’hôpital, auprès des enfants et familles hospitalisées, est d’offrir un espace de parole, une autre écoute, un autre temps, loin des soins, diagnostic et autres…
Difficile pour le psy lui même de proposer cela lorsque le téléphone a sonné x fois pour demander à passer dans x chambres et voir x situations « urgentes »…
Difficile une fois la porte de la chambre fermée, devant le patient, de prendre sur soi, d’oublier le stress ambiant, le service rempli, les coups de fils, les demandes en attentes, et d’offrir ce vrai moment d’écoute à la personne, au calme, se donner le temps...

Je me demande si quelque fois, on ne me prend pas pour un urgentiste de l’âme. Hop une larme ici, vite le psy. Oh, un petit coup de blues là, le psy. Tiens une réaction agressive, le psy…
Il est clair que le  rôle du psy peut être important, et que les patients ont réellement besoin d’écoute et de parler, c’est on ne peut plus fondamental dans un lieu comme l’hôpital.
Mais j’ai l’impression aussi qu’on m’appelle aussi pour tout et n’importe quoi, pour tout ce qui fait partie d’une relation de soin ordinaire.
Je veux dire, quand le médecin est obligé d’annoncer un diagnostic, c’est évident que ce n’est pas un moment facile. Mais est ce que tout les patients veulent pour autant en discuter avec le psy ? Ou est ce le médecin qui, voyant quelques larmes couler, craignant de ne savoir gérer l’émotionnel, culpabilisant peut être par le diagnostic d’avoir blessé l’autre,  se déculpabilise à bon compte en appelant le psy ?
Est ce obligé que l’infirmère m’appelle dès qu’un enfant a eu peur d’un soin ? N’a t elle pas dans son rôle d’infirmière aussi une part de relationnel à travailler ? Consoler, expliquer, ca en fait partie non ?

Attention, je ne fais de généralités ! Certaines infirmières, certains médecins sont conscients qu’il leur faut prendre en charge une part relationnelle aussi avec le malade. Mais d’autres la fuient quasi systématiquement.
Je ne voudrais pas que le malade soit « découpé », en bouts à l’hôpital : le médecin annonce le diagnostic, stop les larmes c’est pour le psy, l’infirmière fait la piqure, stop la peur c’est pour le psy. Une personne, c’est un tout, le médecin doit aussi avoir une part d’écoute, l’infirmière également, et le psy est là pour toute personne qui a besoin d’un peu plus.

Peut être aussi que je rêve et qu’on en arrivera à tout découper en petits bouts pour que chaque petit bout de soin puisse étre coté, facturé. Chacun son rôle. L’infirmière ne prendra plus la main du patient, le médecin ne réconfortera plus. Chacun se renverra la balle, et le patient se trouvera morcellé, et morcellé entre tous les intervenants.
Non, là, je cauchemarde. Allez, c’est bientôt la nouvelle année, je veux croire que ça n’arrivera pas !

15:24 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Dans ce métier, il y a des hauts et des bas...

Écrit par : consultation psychologue en ligne | 11/01/2012

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